Jean-Michel Robert

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lundi 22 décembre 2008

copeaux des temps paumés

La chimie du milieu fanatiquement juste lui-même

catalysait la saponification des âmes

On était à l’orée de l’âge parfumé

aux zombies de lavande

Convaincu d’intelligence avec

un sourire complice

les milices timides l’arrêtèrent

à l’aube d’une ironie

Vautré dans le déni de lumière

il se décompose à l’abri des volets clos

Non il ne fait pas jour

le soleil couve les rages ruinées

Dans le regard inconsolable

le bleu s’épuise

tandis qu’au plus gelé de la pâleur

le noir est un cerveau heureux

S’il se laisse regarder assez longtemps

l’arbre en fleurs se fait

monstre d’hésitation

Je dors dans ce monstre

Les rétines pianotées d’empreintes

de détails pointus de pistes sinueuses

en ces temps d’enquête et de quête

le détective souffrait à la loupe

Entre le rhum et la cendre

une silhouette déplace ses braises

Plus haut la chair paisible dort

de la catastrophe du juste

Où est-il le café-épicerie-cinéma ?

Où sont les voix à casquette à béret ?

L’absence prend l’apéro sans pistaches Au fond

dans un coin l’horloge du Temps emmuré pleure des mouches

Assez de patience pour

s’aimer à petit feu

les vieux mariés en trouvaient

dans une colère de jouvence

Le blanc

qui neige noir

sur ses propres terres

agonise en souplesse dans les chats gris

Etrange pays

où ceux qui marchent

dans la boue

du même pas salissent le ciel

Au cœur des pesanteurs

en un éclair

l’orage rature à la gorge

un instant trop vécu

Après une longue carrière de crimes parfaits

l’assassin savourait sa retraite

dans le confort tiède

d’une médiocrité bien méritée

On n’a pas beaucoup envenimé cette semaine

se disait la vipère

dans sa langue maternelle

saturée de mort caillée

La détresse dure dans la fatigue

d’un bouquet sans regard

La mémoire se dessèche

fane chez un visage impossible à sourire

Dans la gare désaffectée la nostalgie

se meurt

elle agonise des voyages mal respirés

bien au chaud sous les décombres

Autre ordre du Temps

Un instant d’enfance

colonise le ciel où le vertige du bleu

joue la toupie des mythes centrifuges

Le froid titube sa solitude

Les regards voyageurs lui rongent le front

Il n’en souffre plus vraiment Au ralenti

la gare de Lyon s’effondre dans son cerveau

Attention pèlerin !

Dans l’enfance des villages

dont le présent t’ignore avec tant d’évidence

une image sans reflet épuise les fenêtres

Tandis que je m’attardais

dans la végétation des losanges froids

les points complotaient

un réseau d’indémêlables rides

Chut Ecoute

La pleine Lune trinque avec les tempes

avec ses petites sœurs soumises

aux gravitations consternées

On la sent bien cette blessure d’univers

Les années-lumière coupent au hasard de leurs veines

Ca saigne du destin

au long des espaces ahuris

L’avenir raté signe

son inéluctable achèvement

Maintenant sûrement la liberté s’impose

Il faut d’urgence devenir bricoleur

samedi 20 décembre 2008

limaille de poétique (version complète et définitive)

Pas à tergiverser :

seul regard présent

celui qui croise d’évidence

l’étonnement sauvé du massacre

Bien que voltigeamment énergumène

c’était un brave homme qui en toutes saisons

neigeait silence

pour que les mots y laissent des traces de lynx

Le demi-jour

et le regard chuchotaient leur complicité

dans une boîte crânienne

truffée de micros

Lorsque les yeux s’absentent les couleurs

mènent grand tapage Elles volent pillent troquent

mélangent contours chairs et parfums

Seul le rouge sans fruit a peur d’être libre

Notre héros dormait bouche grande ouverte

en un rêve gobeur de manque

Ainsi la capillarité du grand Poumon pouvait purifier

aisément les prosodies inconsolables

Oh tu peux bien

te retourner brusquement

tu ne verras jamais l’enfant

au regard brûleur de nuques

Tu veux savoir ce qu’est

le contre-courant

C’est la mémoire lumineuse :

le sang remonte au flanc de son taureau

Courage ! Aie l’esprit d’épeire !

Sache tisser ce regard innocemment

impitoyable où la rosée meurt

dans le même piège que les mouches

L’infini nez rouge éternue la révélation

d’un grouillement comédien gavé d’alcestes

mais nuancé d’ophélies pendues à l’étranglement

des didascalies coulantes

Il ne mourait pas trop souvent mais

quand ça lui arrivait il s’enterrait

dans la sage dérision pour conjurer le fou

rire saturé de veuves

J’épuise le jour dans mon élevage d’ombres

rigoureuses sélections croisements abstraits urgence

de créer la belle éternelle nuit blanche

la Vierge des chuchotements

En vertu des chimies du lieu

dans la cour de la Sorbonne

une légèreté sans masse se condense

au front de Victor Hugo

Un cri d’atmosphère

capturée par une géométrie tranchante

C’est à peu près ainsi que le regard résume

la perspective douloureuse

Chut Tais-toi Regarde le cirque

Les fauves rejoignent la part féline du silence

D’un fouet flâneur le dompteur encagoulé

soumet à son âme la cage

D’iridescences en jeunes reflets

tout à sa dévotion fruitée

la lumière mûrit à son image

autour du gris à vif

Ce silence taille directement

dans la masse épuisée qui progresse

colonise en dentelles féroces

les vestiges d’une voix sans défense

La lumière en présence n’était pas

assez fluide pour purifier le Temps

laver la voix affranchir le visible

d’un regard rongé par ses propres archives

Des copeaux de langage se rassemblent se mêlent

mélangent se contractent en présent super-dense

Une petite question naïve fait détonateur

Du haut de l’explosion pleuvent des journalistes

Ce craquement des mots

c’est une douleur cachée sous son bois sec

qu’infiniment piétinent

de trop lourdes transparences

climat montagnard (version complète et définitive)

CLIMAT MONTAGNARD


Aux temps où les alpages t’honoraient

d’être tes draps

tu dormais éminemment respirante

Tes seins commandaient au retour des troupeaux

Idéal repos pour le Temps ce paysage

où les sommets frôlent la tête des vieillards

et où la neige

digère les petites communiantes

Selon le décret émis par

la Béatitude pubertaire

il suffit d’une fiole de génépi pour boire

les hauteurs par la racine

Irréversible fonte

la détresse du froid c’est la reptation

invisible du glacier

dans un veuvage de haute moraine

N’aie crainte d’ahaner

au long du pas de l’âne cérébral :

le crâne a été promu

de pavillon d’octroi à refuge des myrtilles

Ici culmine le sens

vertigineux de tomber amoureux

élévation tremblante des grands cœurs

collectionneurs de précipices

poudre d'oiseaux (version complète et définitive)

POUDRE D’OISEAUX


Sur la branche les voyages

se rassemblent et s’emplument

Enfin palpite un nid

où le ciel couve sa part de sang

Tout va bien

les miettes de fraternité tourbillonnent

Aussi peut-on voir le vent partager

le pain entre la pesanteur et les oiseaux

C’est quoi ce bruit ? Ca cogne ça cogne

Ne t’inquiète pas

ce n’est que la panique pointue

du rouge-gorge piégé par ma paresse

La blancheur fanatique

c’est ce cygne craché par une jeune banquise

cette pureté palmipède qui prêche

dans un désert de pages

L’aigle plane couleur d’orage dédaigneux

l’embrasement bêlant entre les serres

En bas la foule rassemble le chant

pour la célébration des foudres avachies

Autour du rire blessé

se resserre le cercle des busards

impatiemment gourmands de voyager

de l’évidence à la charogne

Impitoyables les rémiges de l’épervier

tranchent le temps naïf

La plaie saigne une intangible pluie

vitrioleuse de nostalgies

Perforant les paupières les martins-pêcheurs

sortent des yeux endormis

Dans chaque bec un rêve convulsif

agite encore l’agonie d’aimer

A un vertige épuisé

un vol sinueux de passereaux

entre les flaques de pesanteur

montrait la voie

Apaisement Repos

La femelle grèbe

menue conscience d’étang

balade sur son dos les remords nouveaux-nés

dimanche 14 décembre 2008

variations sur un thème à petits seins

VERSION COMPLèTE ET DéFINITIVE


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