Jean-Michel Robert

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 31 octobre 2008

casse

fin de matinée ses feuilles brillent une fortune appel au casse tendre et or le froid renaît lumineux d'être visages regards sourires croisés éternité epsilon bonheur rapide comme une extase de piaf coeur de l'infime où de toute évidence la vie sera belle toute la vie

mercredi 8 octobre 2008

exaltation incomplète

Vivent les ploucs, les hors tendance, vivent les paumés dans leur paumes gribouillées d'illisible , les laboureurs, les blessés de leurs sillons, le gris hurleur de ciels, le soleil flemmard bavant vaguement un Est vaseux, les balançoires du vertige, la chute des eaux suicidaires, la sueur au front des prolos de la nostalgie, la pipistrelle qui du front fait un grenier, le grenier qui d'une poupée fait une enfance, vivent la pluie sur le crâne de la sagesse, la calvitie de l'espoir, l'hymne coquelicot, le rat qui ronge le jour, les mots qui digèrent le silence, le silence qui défèque la fable, les voix égrées dans la toux, l'équilibre qui doute, vivent les drapeaux troués qui éternuent leurs couleurs, les rencontres déchirées bégayant leur transparence, le culot des insectes et des amours d'être visibles, la sève qui pactise avec les yeux fermés, les rires dans le miroir inerte, vivent les chiens qui laissent leurs puces aboyer, vivent les clowns au trapèze avec les feuilles hors saison, le cafouillage de trop voir, le vent dans l'émotion jupe-culotte (déception garantie), l'amour fou en son asile, la brillance des lèvres, les fruits improvisés à chaque caprice du rouge, le rouge opportuniste de la timidité, de la révolte, de la honte, de la colère, des joues giflées et des fuchsias, le temps qui pleurniche ses lilas, le sommeil des loups dans la rage fauve, les fées qui pétaradent dans mes chaussons, vivent les chats félinement eux-mêmes, vivent les passereaux dont ils font un petit jeu agonisant, les vieilles dames dont la vie se distribue déjà en bijoux sans mémoire, les routes pluvieuses frissonnant les lumières, vivent les héros incompris, ils ont sauvé le Monde mondain de l'évasif, vivent les pâquerettes qui rappellent au désordre le vert des gazons pleutres, l'immensité assoiffée de grands yeux, vivent les maladresses d'éprouver, de risquer ce qui reste de soi, les chatouilles par surprise sous les doigts sans empreintes, les soeurs des copines de la miséricorde, le courant d'air entre le naître et le mourir, le rhume qui s'ensuit, bref: vivent les détails.

dimanche 5 octobre 2008

octobre

PUTAIN, QUEL ZEF !

Lire la suite

jeudi 2 octobre 2008

propos sur le bonheur (déférence gardée envers Emile Chartier)

Etant loti d'une implacable lucidité, d'un sens aigu du possible, je n'espère pas plus loin que le giron d'une ourse où je poserai ma tête de corbeau. Fermer les paupières sur la fermentation de l'absence de rêves et voir le noir remonter lentement à sa source. Dans ce confort primitif, prévoir en toute rationalité les contre-courants, les contre-couleurs, tel est le secret du bonheur froid.