Il s'écoute vieillir
Le fauteuil flottant est son ultime pillage
Ce qui restait de sauvage en lui
il l'a laissé mourir dans son chat
Son chagrin désormais ronronne en un félin lémure
Il passe son temps à se friser les rides
à se lisser la grande époque
Il navigue à la légère
tout à fait célibataire
-
Ainsi tangue l'usure du vieux pirate
caprice fatigué des étoiles
Il se retourne dans le carbone
que le cosmos a choisi à sa place
Une mousse jaunâtre humilie sa jambe de bois
et celle-ci souffre autant
que le membre fantôme
tout becqueté de mouettes et de chatouilles en deuil
Lentement coule sa plus belle île
la pesanteur n'ironise même pas
elle triomphe grossièrement
Adieu marmonne le vieux
mec de peu de foi
il ne se verra plus que de dos
-
Il s'éloigne sous le ciel sous le beau
bleu cyanose
Il diminue diminue Déjà
à force de hausser les épaules
il n'a plus toute sa tête
Oui le voilà tout en épaules
tout en perchoir
Un perroquet lui tient lieu d'âme
la bronchite de tempête
Oui le temps tousse Le temps
tousse à l'intérieur
-
Il diminue il diminue vers le soleil couchant
-crâne peu crédible-
A force de hausser l'horizon
le Monde boit la perspective
et digère les éloignés
-
Maintenant tout n'est plus qu'océan
océan et sirènes pas fraîches que noyés ébahis
On ne sait pas si l'on nage ou si l'on prie
mais sûr
c'est fatigant Et le présent
picole les fatigués
épuise son espace de grimacer
immensément la transparence