Jean-Michel Robert

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jeudi 27 août 2009

à Clément

On allait au square, on passait devant la charcuterie, la charcutière nous offrait des olives noires, au fond du square les lions de pierre ne tarissaient pas d'eau claire, ils avaient des entrailles de source, ils crachaient à flot continu dans un bassin qui ne se laissait jamais déborder, on courait les rejoindre, on s'allongeait près d'eux, on adoptait leur pose, on crachait les noyaux le plus loin possible, Mémé nous traitait de dégoûtant, on n'était pas un fauve limpide.

(Les jupes noires éclaboussent, éd. La Bartavelle, 1991.)

mercredi 26 août 2009

à mon cousin de l'"West"

Sur les parquets cette jeune fille de ménage révélait des patinages vertigineux, on envoyait les regards y glisser tout en feignant de lire la biographie de Buffalo-Bill, les Indiens brandissaient des tomahawks fort peu conventionnels, se livraient à des rites qui pour être inédits n'en témoignaient pas moins de leur soif de sacré, le sang charriait tous les galops de l'Ouest, la jeune fille s'en allait, le sol rutilait, ne restait qu'à dépouiller les bisons morts entre les tempes.

manuel

Le temps

ne connaît pas la perspective

Nous devons creuser nous-mêmes

J'ai plein d'espoir sous les ongles

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(Ed. Le Pont de l'Epée, 1982)