Jean-Michel Robert

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dimanche 12 juillet 2009

sentimental

au-delà de ce mur fantôme contre lequel le temps aime à lever la patte

qu'es-tu devenue Ilona berlinoise à quinze ans si jolie

aujourd'hui à notre âge tu es probablement assez grasse maman et mémé

volontiers tu permettais que j'aventure de doigts et paumes tes fesses et tes seins mais

c'est tout

toujours ta main gardienne pour assagir la mienne

et ta moue de refus bien gentil

quand je partis tu m'offris ton foulard et tes larmes

mais j'eusse préféré souvenir plus obscène garder

pour toi mieux que cette colère plus ou moins attendrie dont

on peut sans doute faire quelque chose

mais quoi

mercredi 8 juillet 2009

comme on dit

sous les cils bruns d'un tueur difficile à éteindre la nuit s'épuise

la souplesse d'un chat rassemble les distances

on récapitule un corps

et un reflet ruiné

le contre-jour menace il y a

ce mouvement des mains dans le courant

volonté d'envol vers un oubli palpable

ces lambeaux léchant cloisons et tempes il y a

comme on dit

des disproportions venimeuses

il faudra bien pourtant de tout le doux des lassitudes

peser

comme les dormeurs s'enfoncent dans la vase des lampes

la bouche ouverte

hurleuse de blés

samedi 4 juillet 2009

on n'est pas gouverné

à l'horizon les parfaits coupables échangent de sanglantes devises

tout en jouant à l'aveuglette un pauvre chapeau de paille

infiniment pourrissant

les rues se faufilent où les tentations pétaradent

la pluie se coquette en langue de vipère

-

saison peu avouable:

des nudités sautillent dans les yeux du montreur d'ours

s'aventurent même parfois dans ceux

de l'ours en personne

brute aux limpidités touffues qui danse sa vieille habitude

entre la haine et le dédain

-

triez vos appétits recoiffez vos remords

saluez l'innocente aux alibis majestueux

qui s'éloigne

tranquille

balançant dans la blancheur du short

son cul moulé comme mon âme

voudrait l'être