Jean-Michel Robert

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samedi 7 janvier 2012

félin (misère de la poésie, poésie de la misère, etc.)

Ce vilain matou ! si vilain ! mais c'est moi !

Non non toi tu n'es que miaou

Mais ce miaou ! c'est moi !

Certes, si tu en es fier.

lundi 27 septembre 2010

coeur léger

de tant les ressasser ses pisseuses déesses

il finira sans doute par y croire

déjà quelques sectes pétillent

au pointu de la langue

à la moindre occasion

ce rien tremblant de duvet blond

le délicat d’une cheville

il se récite les blancheurs

chaparde les tout petits

sourires de fruits confits

n’hésitant pas à essuyer de l’âme

ce que le Mal n’a pas pu digérer

il accomplit son devoir d’humilité

en attendant le jour

où des murmures qu’il a semés

il récoltera la tempête

un vent phénoménal à décorner tous les démons

à voltiger toutes les raisons

de vivre et de mourir alors

peut-être apprendra-t-on

ce que légèreté veut dire

dimanche 15 août 2010

colonie

ses yeux cherchaient une tristesse

pour y cueillir quelques myrtilles

nous

nous cherchions

à effleurer ses seins naissants

nous

douze ans

morveux

tous les mystères au bout des doigts

ses tétons n’étaient pas si lointains

une chanson d’Otis Redding

deux pouces pirates

dans un vertige 45 tours

elle nous laissait oser

indifférente

ainsi tard dans la nuit le dortoir des garçons

pouvait encore faire tournoyer les slows

dans le fiel chuchotant

certes

le mot salope était trop chaud

mais il fondait bien dans la bouche

à la fin il nous fallait

chacun pour soi

arracher du plaisir

dans les draps humiliants

tandis que là-haut les nuages

achevaient en douceur

la bataille de polochons

mardi 17 novembre 2009

prise de conscience précoce de la condition humaine

C'était une envie pressée, on demandait à sortir de la classe, le maître refusait, la tripaille préparait un sale coup, s'acharnait à nous humilier, à nous puer devant tout le monde, à nous écraser comme ça, en plein jour, entre le soleil et la merde.

jeudi 29 octobre 2009

projet constructif

je fouillerai l'ivre du tiède

y trouverai quelques chats à fouetter

en attendant

le furieux fond dans l'évidence des entrailles

en dégageant

une forte odeur de destin

lundi 26 octobre 2009

poésie

le héron a laissé ses empreintes dans le cerveau

de la jolie malade allongée sur la glace

où les patineurs gravent

leurs sensations obscènes

quel ange les a piqués?

quel dégoût les bafouille?

faut-il voir là l'élégance fin de saison?

fin de tout?

ou bien plus simplement des fins publicitaires?

peu importe

le héron est bien loin maintenant

il dilapide ses errances au long de nos billards

il y laisse des plumes

le hasard les voltige au vent de ces rencontres qui

n'en doutons pas

bouleverseront le monde

vendredi 25 septembre 2009

sourire de jupe

la jupe froissée un peu sourit les cuisses ce doré

qui se charme alors le fond des yeux

il semble qu'on devrait l'achever là le temps

sans grands regrets ni confession

juste épeler la tiédeur en cette nuit textile

vers le slip en finesse qu'on amadoue facile

tant son sérieux laisse à désirer

de blasphèmes à lécher où ça sent l'algue

et le noyé à l'aise

dans sa sereine décomposition

jeudi 27 août 2009

à Clément

On allait au square, on passait devant la charcuterie, la charcutière nous offrait des olives noires, au fond du square les lions de pierre ne tarissaient pas d'eau claire, ils avaient des entrailles de source, ils crachaient à flot continu dans un bassin qui ne se laissait jamais déborder, on courait les rejoindre, on s'allongeait près d'eux, on adoptait leur pose, on crachait les noyaux le plus loin possible, Mémé nous traitait de dégoûtant, on n'était pas un fauve limpide.

(Les jupes noires éclaboussent, éd. La Bartavelle, 1991.)

mercredi 26 août 2009

à mon cousin de l'"West"

Sur les parquets cette jeune fille de ménage révélait des patinages vertigineux, on envoyait les regards y glisser tout en feignant de lire la biographie de Buffalo-Bill, les Indiens brandissaient des tomahawks fort peu conventionnels, se livraient à des rites qui pour être inédits n'en témoignaient pas moins de leur soif de sacré, le sang charriait tous les galops de l'Ouest, la jeune fille s'en allait, le sol rutilait, ne restait qu'à dépouiller les bisons morts entre les tempes.

manuel

Le temps

ne connaît pas la perspective

Nous devons creuser nous-mêmes

J'ai plein d'espoir sous les ongles

-

(Ed. Le Pont de l'Epée, 1982)

dimanche 12 juillet 2009

sentimental

au-delà de ce mur fantôme contre lequel le temps aime à lever la patte

qu'es-tu devenue Ilona berlinoise à quinze ans si jolie

aujourd'hui à notre âge tu es probablement assez grasse maman et mémé

volontiers tu permettais que j'aventure de doigts et paumes tes fesses et tes seins mais

c'est tout

toujours ta main gardienne pour assagir la mienne

et ta moue de refus bien gentil

quand je partis tu m'offris ton foulard et tes larmes

mais j'eusse préféré souvenir plus obscène garder

pour toi mieux que cette colère plus ou moins attendrie dont

on peut sans doute faire quelque chose

mais quoi

mercredi 8 juillet 2009

comme on dit

sous les cils bruns d'un tueur difficile à éteindre la nuit s'épuise

la souplesse d'un chat rassemble les distances

on récapitule un corps

et un reflet ruiné

le contre-jour menace il y a

ce mouvement des mains dans le courant

volonté d'envol vers un oubli palpable

ces lambeaux léchant cloisons et tempes il y a

comme on dit

des disproportions venimeuses

il faudra bien pourtant de tout le doux des lassitudes

peser

comme les dormeurs s'enfoncent dans la vase des lampes

la bouche ouverte

hurleuse de blés

samedi 4 juillet 2009

on n'est pas gouverné

à l'horizon les parfaits coupables échangent de sanglantes devises

tout en jouant à l'aveuglette un pauvre chapeau de paille

infiniment pourrissant

les rues se faufilent où les tentations pétaradent

la pluie se coquette en langue de vipère

-

saison peu avouable:

des nudités sautillent dans les yeux du montreur d'ours

s'aventurent même parfois dans ceux

de l'ours en personne

brute aux limpidités touffues qui danse sa vieille habitude

entre la haine et le dédain

-

triez vos appétits recoiffez vos remords

saluez l'innocente aux alibis majestueux

qui s'éloigne

tranquille

balançant dans la blancheur du short

son cul moulé comme mon âme

voudrait l'être

mardi 23 décembre 2008

le démineur distrait, éditons Polder, 2005

PRéFACE D'ALFONSO JIMENEZ

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jeudi 20 novembre 2008

la mort dans l'âme (texte publié dans la revue "décharge" en 1999)

Avant-propos de Valérie Rouzeau.

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samedi 5 juillet 2008

Après, j'irai chanter.

J'AI BU LA PROMENADE (Poèmes publiés dans la revue DéCHARGE, N°113, mars 2002.


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vendredi 10 août 2007

APRèS, J'IRAI CHANTER.

LE CHÂTEAU à ROULETTES (15)


CA NOUS QUITTE (suite)


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