Jean-Michel Robert

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vendredi 16 décembre 2011

Roland Dubillard avait prévenu (2)

DONNER (extrait)

Donner un arbre est-il possible ?

Cet arbre-là, que j'avais sous la main,

je l'ai donné ou j'ai cru le donner.

J'aurais donner des feuilles de laurier tout aussi bien.

J'ai demandé autour de moi

quelque chose à donner, la première venue.

J'ai vu l'arbre et j'ai dit : l'arbre.

Il résonnait comme un silence où la parole est prête.

L'ai-je coupé ? Je ne l'ai pas coupé.

Ai-je parlé de chaque feuille ?

La nuit était si grande ! On aurait dit qu'avec son clair de lune,

elle avait chaque feuille à elle ;

et elle a emporté dans son silence mon silence intact.

Qu'ai-je donné ? Est-ce qu'on donne ?

La moindre pierre ne m'appartient pas.

Qu'ai-je donné ? Mais ce grand désir de donner

lui-même ne m'appartient pas.

C'est par la nuit que tu me tiens, ma belle.

C'est par la nuit que je disparaîtrai.

Roland Dubillard ("Je dirai que je suis tombé" Gallimard, 1966)

jeudi 15 décembre 2011

Roland Dubillard - mort hier - avait prévenu : " Je dirai que je suis tombé."

DE L'EAU

Comme l'eau, entre les doigts,

Fait penser à la profondeur

De toute l'eau,

Mais aussi de tout ce qui est gouffre :

Comme le vol d'un seul oiseau...

Comme de l'eau paraît partir,

Ton sourire entre mes deux doigts,

S'en va, - mais c'est pour m'en aller.

Roland Dubillard ( "La boîte à outils", éd, L'Arbalète, 1985 ).

mercredi 30 mars 2011

Yves Martin (5)

Extraits de “Biographies".

Elle s'inclina. Étincela

Noua, d'un trait, ses cheveux courts.

Dire que nous aurions pu marcher ensemble

Devant la seule maison qui me bouleverse.

La pluie s'est tue. Paris lève

Une auto, des hommes chantent

Elle prend une cigarette, l'abandonne

Je m'avance, hésite, tremble.

L'ombre bleue, les passants limpides

Un baiser immense. Une vie immense

Je te prends l'épaule, nous nous prenons la main

Ne plus écrire. Le coeur est formidable.

Je ne veux pas chanter le peuple

Car, je ne connais ni son étroite peine

Ni son lent amour, ni ses guerres

Légitimes, illégitimes.

Je ne veux pas chanter les femmes

Car je ne les connais pas

Hors des créatures splendides

Qui ne m'ont pas aimé

Que je n'aurais su aimer.

Je veux être un homme

Ni trop droit ni trop amer

Doucement, longuement mourir

Vivre parfois

Parce que rien d'autre n'est possible.

jeudi 10 mars 2011

Yves Martin (4)

CHOIX DE POèMES (suite)

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jeudi 24 février 2011

Yves Martin (3)

CHOIX DE POèMES (La parenthèse ayant été plus longue que prévu, on peut consulter la catégorie "comme ça, juste pour le plaisir" pour accéder aux deux premières parties du "dossier" Yves Martin).

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dimanche 2 janvier 2011

Yves Martin (2)

BIOBIBLIOGRAPHIE

YVES MARTIN RÉSUMÉ PAR LUI-MÊME EN 1974

Né le 13 octobre 1936 à Villeurbanne (Rhône). La drôle de guerre le bourlingue à Lyon où il fait le mur de chez les Jésuites en un coin de Côte d'Or paisible chez un grand-père et une grand-mère comme on en voit sur les gravures. Paris. Études dans un collège religieux jusqu'à la 3ème. Tombe malade. Plateau d'Assy. Deux amis lui font découvrir la poésie. Passion pour Rilke, pour Jacques Prével, pour une tonne de poètes. Rentre dans la vie normale où il s'ennuie prodigieusement. Loupe son baccalauréat. Un ami de la famille a l'idée de le caser dans le notariat où il se trouve toujours. Parallèlement s'enflamme pour le cinéma.Fonde Le Nickel Odéon avec notamment Bertrand Tavernier et Bernard Martinand, qui fut pour quelques-uns “un révélateur.” Publie après pas mal de tribulations en 1964 son premier livre, un roman-poème Le Partisan. Cherche à publier un Mini-Cinéma français avec Bernard Martinand qui a eu et a encore bien des malheurs. Réputation de haut gosier. Se sent très seul quand il voit passer une jolie femme ou une petite fille dont l'univers lui sera à jamais inconnu.

Texte publié dans “Je rêverai encore”, premier livre de nouvelles d'Yves Martin (Alfred Eibel, Editeur. 1978).

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BIBLIOGRAPHIE (établie par Dominique Joubert pour l'édition de Le Manège des mélancolies, trente ans de poésies inédites, éditions La Table Ronde, 1996).

POÉSIES

CHEZ GUY CHAMBELLAND

Le Partisan, avec une préface de Jean Breton. (Repris, suivi de Le Marcheur, par la Table Ronde, coll. “La Petite Vermillon”, 1996.)

Biographies, 1966.

Poèmes courts suivis d'un long, 1969.

Le Marcheur, 1972.

Je fais bouillir mon vin, 1978.

De la rue elle crie, 1982.

Mr William, 1984.

Le pommier, 1993.

AUX ÉDITIONS LA BARTAVELLE

Assez ivre pour être vivant, 1987.

Je n'ai jamais su choisir, 1990.

L'Hôpital vole, 1992.

AUX ÉDITIONS TABLE RASE / ÉCRITS DES FORGES

La mort est méconnaissable, 1990. Prix Apollinaire 1991.

PROSES

Je rêverai encore, Alfred Eibel puis Le Tout sur le Tout, 1978.

Un peu d'électricité sous un grand masque noir, Le Cherche-Midi, 1979.

L'enfant démesuré, Le Tout sur le Tout, 1983.

Retour contre soi, Le Dilettante, 1987.

Visions d'Anvers, Le Tout sur le Tout, 1987.

Testament zéro, La Bartavelle, 1990.

Vigneux-sur-Seine ou le flâneur n'est jamais perdant, Ville de Vigneux-sur-Seine, 1991.

Le Nymphéa et le Confetti (avec Christian Zeimer), Voix, 1992.

Gris bonheur, La Bartavelle, 1992.

Bouton d'or, Le Milieu du jour, 1993.

Les Surprises perpétuelles du poisson-girafe (avec Didier Chenu), Passeport 92-93, Fragments Éditions, 1993.

Mes prisonnières, Zulma, 1994.

PRÉFACES, POSTFACES, CRITIQUES

“Une rencontre”, in Patmos, d'Ilarie Voronca, Le Pont de l' Épée, N°59, 1977.

"Les charmes de l'ombre ou une promenade peut-être imaginaire avec Roger Kowalski", Grandes largeurs, 1984, repris en préface au recueil Un sommeil différent de Roger Kowalski, La Différence, coll. “Orphée”, 1992.

“Emmanuel Lochac: l'invisible en prières”, Jointures n° 9, 1986.

“Postface en forme de feuilleton”, postface à Faire un tour de Jean-Michel Robert, La Bartavelle, 1988.

“François Coppée ou la foi naïve du flâneur”, in Dizains de François Coppée, Le Pont sous l'Eau n°3, 1989.

“Claude de Burine ou la magie du vrai”, Les Hommes sans épaules, n°3, 1992.

Préface à Opaque précédé de Les grand-froids d'Alain Morin, Saint-Germain-des -Prés, 1975. (1)

“Pierre Perrin, un poète solitaire”, postface à Manque à vivre de Pierre Perrin, Possibles, 1985. (2)

1 et 2: ajoutés par J-M. Robert

DOSSIERS CONSACRÉS À YVES MARTIN

Possibles, n° 18-19. 1979.

La Sape, n° 31, 1992.

Brèves, n° 44, 1994.


OUVRAGES PARUS DEPUIS 1996

Les rois ambulants, Zulma, 1996.

Le cinéma français 1946-1996, Méréal, 1998. Prix Simone Genevois.

Il faut savoir me remettre à ma place, Le Cherche-Midi, 1999.

Aux amis, L'Arbre, Jean le Mauve, à l'initiative d'Eric Dussert, 2000.

Les charmes de l'ombre, Préface à "Poésies complètes" de Roger Kowalski, Le Cherche-Midi, 2000.

mercredi 29 décembre 2010

"Je multiplie les portes imprévues." (Yves Martin, 1936-1999). (1)

Ma contribution, parmi d'autres (dont celle d'Alain Simon), au "dossier" Yves Martin à paraître en 2011 dans la revue DECHARGE (en lien).

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lundi 8 novembre 2010

Il y aura une fois?

Texte à paraître dans "le cahier collectif" ANDRE BRETON PERSISTE à l'initiative de Jacques Kober.

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mardi 5 octobre 2010

"L'archiviste du vent"

PAUL VINCENSINI (1930 - 1985)

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samedi 2 octobre 2010

citation

HAMM - On fait ce qu'on peut.

CLOV - On a tort.

(Samuel Beckett)

JEAN-MI - Je sais (Un temps) mais je ne peux pas m'en empêcher, (Un temps) comme de me souvenir.

mercredi 11 août 2010

nocturne

La nuit. Il reconnaît la nuit. La soeur du silence, comme un grand oiseau, se gonfle et se moule dans la chambre. Les heures, comme des plumes, planent avec une désespérante lenteur. Les bruits étouffent, les lumières vacillent et meurent. Le vide est prêt pour une création. Certains soirs le vide reste lui-même, sans espoir, sans nécessité. Parfois il y a une grande attente, mais c'est une déception. Plus rarement, ce vide appelle avec intensité une décision brutale.

- Philippe Soupault, En joue !, éd. Lachenal & Ritter.__,

lundi 16 mars 2009

Dylan Thomas (1914-1953)

MERCI à L'AMI QUI M'A OFFERT CETTE NOUVELLE TRADUCTION

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mercredi 11 mars 2009

ARMEN LUBIN (4)

CHOIX DE TEXTES

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mardi 10 mars 2009

Armen Lubin (3)

CHOIX DE TEXTES

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lundi 9 mars 2009

Armen Lubin (2)

CHOIX DE TEXTES

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dimanche 8 mars 2009

Armen Lubin (1903-1974)

LA TABLE ABSOLUE

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dimanche 8 février 2009

Nora Nord


ANDRé LAUDE (1936-1995)


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