Jean-Michel Robert

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vendredi 30 mai 2008

Jean Pierre Nedelec (oui, pas de trait d'union au prénom)

"EUROVéLO JOURNAL" VIENT DE PARAÎTRE

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jeudi 17 avril 2008

André Laude


Je ne t'attends pas
je t'atteins d'un seul coup d'aile
je te baigne d'eau douce
je dénoue tes frondaisons
chaque secousse du désir me rapproche
du centre de la flamme
on parlera bientôt de noces de feux
qui se sont croisés dans les campagnes
abordés avec cette fraîcheur de source aux lèvres
et puis apprivoisés à petits coups de
silences
on parlera bientôt d'un pays habitable
vérifié par le vol des abeilles
nous n'aurons pas assez de mains ardentes
pour cueillir le coton blanc des légendes
nous n'aurons pas assez de nuits transfigurées
pour faire cet enfant de jasmin et de jour
qui posera son front sur la mer
jusqu'à ce que la blessure se taise
dans chaque homme saccagé par les songes

Riverains de la douleur (Verdier 1981)

(transmis par Alain Simon, l'ordinateur de Jean-Michel Robert faisant défaut)


samedi 12 avril 2008

à l'oiseau, à la miséricorde

DEMAIN

Le vent demain lèvera mes ombres;

le poisson arrondira ses lèvres blanches sur mon nom;

la voix du feu secondera la mienne et le fil n'aura jamais été plus tendu ni plus musical.

Demain.

L'eau, la première, la très noire, dans ses gestes lavera le souffle qui ne m'appartient plus;

la bouche que je n'ouvrirai pas sinon pour entrer dans la tendre mort - et vous aurez tenu mes mains dans les vôtres -

Ah, demain, seulement demain;

il faut pour l'heure s'efforcer de ne pas défaillir à tâcher de pénétrer dans l'aiguille par la pointe

Roger Kowalski (1934 - 1975)

Le Silenciaire (Chambelland, 1960) La Pierre Milliaire (Les Cahiers de la Licorne, 1961) Augurales (L.E.O,1964) Le Ban (Chambelland, 1964) Les Hautes Erres (Seghers, 1966) Sommeils (Grasset, 1968) A l'Oiseau, à la Miséricorde (Chambelland, 1976) Un sommeil différent (La Différence, coll. Orphée, choix de poèmes par Claude Michel Cluny et présentation par Yves Martin.) Poésies complètes (Le Cerche-Midi, 2001)

jeudi 5 juillet 2007

rituel du fleuve et des saumons

Les fleuves qui remontent à la source pour mourir

souffrent dans le ventre des poissons

-

les saumons ramènent avec eux

tous les fleuves

-

Et les fleuves vaillants rament contre le courant

-

Les fleuves qui ont tant voyagé

de tropique en tropique

de pôle en pôle

sont exténués, éclats bleus et froids

-

Les fleuves qui remontent à la source pour mourir

ramènent avec eux le poème du désir

et du renoncement

-

et les poissons calment les fleuves

comme on calme dans la nuit noire les petits enfants

-

André Laude "Rituel des fleuves et des saumons" RITUEL 22 (éd. La Table Rase).

jeudi 29 mars 2007

BENJAMIN FONDANE (1898-1944)

COLèRE DE LA VISION

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lundi 12 mars 2007

LA POéSIE DE JACQUES KOBER (4)

QUELQUES TEXTES (2)

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dimanche 11 mars 2007

LA POéSIE DE JACQUES KOBER (3)

QUELQUES TEXTES (1)

"Je crie parce que mon hôpital est dans ma gorge."

Jacques Kober

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samedi 10 mars 2007

LA POéSIE DE JACQUES KOBER (2)

PARUTIONS RéCENTES

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LA POéSIE DE JACQUES KOBER (1)

A L'éCUME, A LA FAUVETTE

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jeudi 18 janvier 2007

TENDRE BARBARE

extrait de TENDRE BARBARE de Bohumil Hrabal:

"Vladimir surveillait à la longue-vue les corbeaux survolant lentement Liben pour aller à Chabry via Slosberg. Ensuite il avait déposé l'instrument et dit: " Maestro, l'oiseau le plus sage du monde, c'est le corbeau ou la corneille. Ils ne volent pas en rang, pas en formation semi-militaire dans le ciel. Ils se baladent comme ça leur chante et ça ne les empêche pas d'atteindre leur but. Et en plus, qu'est-ce qu'ils sont modestes! Ce sont des espèces de Diogène noirs. Quand ils s'abattent sur un champ, ils prennent le blé en herbe, quand il n'y en a pas, ils prennent la paille, et quand il n'y a plus de paille, ils attaquent les meules de foin ou d'engrais et ça leur suffit. A partir de maintenant, je mettrai mon chapeau noir de rabbin comme si je me posais un corbeau sur la tête. Et puis je vais m'acheter un col roulé en leur honneur. Et en plus ils font leurs nids et éclosent par milliers dans les couronnes des arbres du château du baron Chotek à Veltrusy, et lorsque l'hiver arrive, à Bohnice les arbres en sont pleins et les fous de l'asile les appellent les poules de Bohnice.. Et puis les vieux corbeaux ont le flair pour reconnaître l'odeur de poudre et quand quelqu'un arrive avec un fusil, ils s'envolent. Et puis, dites donc, Maestro, Maestro! Vous avez déjà vu un corbeau écrasé sur la route. Moi jamais, des hirondelles, des grives, des faisans, des perdrix, des lièvres, ça oui, mais un corbeau, jamais... Et pourquoi? Parce qu'ils ont un radar tellement précis qu'ils prennent leur vol lentement, mais presque au même moment que passe la capote de la voiture. Avec un cerveau comme celui d'un corbeau, je fais la nique à la gravure avec cinquante ans d'avance... Je vous dis, Maestro, le corbeau, c'est mon oiseau préféré..."