Jean-Michel Robert

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lundi 16 mars 2009

Dylan Thomas (1914-1953)

MERCI à L'AMI QUI M'A OFFERT CETTE NOUVELLE TRADUCTION

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mercredi 11 mars 2009

ARMEN LUBIN (4)

CHOIX DE TEXTES

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mardi 10 mars 2009

Armen Lubin (3)

CHOIX DE TEXTES

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lundi 9 mars 2009

Armen Lubin (2)

CHOIX DE TEXTES

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dimanche 8 mars 2009

Armen Lubin (1903-1974)

LA TABLE ABSOLUE

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dimanche 8 février 2009

Nora Nord


ANDRé LAUDE (1936-1995)


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mercredi 28 janvier 2009

Michel Merlen, la poésie comme quittance du vivre (7)

POèMES INéDITS


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mercredi 31 décembre 2008

Michel Merlen, la poésie comme quittance du vivre. (6)

POèMES INéDITS

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vendredi 19 décembre 2008

Michel Merlen, la poésie comme quittance du vivre. (5)

MALAISES RéPéTés

Douleur persistante sous les côtes flottantes. Est-ce la rate, le pancréas? Tension en fougère au mitan du dos. Est-ce le coeur, les poumons? Mais non, c'est la poésie. La poésie qui cogne, taraude, fait les cent pas dans le corps en jachère. Une immense courbature pose son balancier sur les deux épaules du quotidien. Le jeune homme gris veille. Dans l'alambic du lyrisme ordinaire, les instants-citrouilles se transforment en mots-carosses. Michel Merlen est né poète comme d'autres naissent les yeux pers.

Peser sur le langage, c'est chercher querelle à sa généalogie, c'est faire descendre la chair dans les choses. Le repos avant la souffrance, la grisaille avant la beauté, donnant donnant. Sur papier extra strong , le désir obèse pend dans la vacuité des cuisses. Nourriture d'urgence. Vertige de la lenteur. Crécelle des jours somatiques. Chorus sur le front de l'obscur. Le poulpe du dérisoire qui bat sur l'impériale de l'autobus. Michel Merlen épie, ausculte, fait craquer la solitude dans les chorus de Coltrane ou un refrain de Souchon. Griffonnés, graffiti, sans remords, sans retouche. Pas un jour sans poème.

Et soudain, contre le fourgon des mots gris qui stationnent, le foutre des couleurs. Oasis où il fait bon désespérer, où la vie cingle plus fort. Les gradins des stades, les passantes désirables jusqu'aux phalanges, mais surtout les jours chômés des cimaises. Travail en osmose avec les peintres, Rancillac et Ipoustéguy le monumental, tout particulièrement. Fête des pores et de l'acrylique. La tête sort du bloc de plâtre. L'anxiété quitte ses cantonnements. La rue devient possible. Poitrine ouverte, Michel Merlen tisonne les tiroirs de passé amoureux. Tranquillement. Par inadvertance. Presque par effraction.

Sous le plafonnier aux hallogènes, l'orgasme bleu cobalt se mêle aux fragrances des neuroleptiques. Temesta rime avec Kafka et Tranxène avec ultime prolégomène. Black-out. A la périphérie du coeur, la tendresse fait des heures supplémentaires. S'ouvrir au réel. Réapprendre les gestes les plus simples. Prendre possession de ses contraintes. Lutter contre la satisfaction immédiate du plaisir. Dans l'écume de la nuit, faire le brouillon d'une caresse, habiter sa souffrance, voler aux mots ce qu'ils ont de plus urgent. La poésie aussi, ça sert à ça.

Au long des boulevards béants, Michel Merlen tient tête à ses névroses par des zooms d'instants brefs, d'émotions à gros grumeaux, à la limite du permis de vivre, quand le sang n'en peut plus. Toute amnistie de la chair se révèle impossible, la terrible tristesse des manchettes des journaux campe dans la poche-revolver. Un sourire qui s'affaisse. Une nuit d'amour dans une chambre d'emprunt. Le souvenir du bonheur comme une vieille lettre de créance. Des vers sous perfusion, somnambules, insoutenables, tandis que dans le lointain un klaxon bloqué sur deux notes ânonne le mot folie. Regardez donc par la fenêtre, allumez une blonde américaine, scrutez le visage de votre voisine, voyez, il est juste l'heure de lire la poésie de Michel Merlen.

Patrice Delbourg (Préface à Généalogie de hasard)

(A suivre: poèmes inédits, probablement la semaine prochaine...)

jeudi 9 octobre 2008

Michel Merlen, la poésie comme quittance du vivre. (4)

CHOIX DE POèMES.

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mercredi 8 octobre 2008

Michel Merlen, la poésie comme quittance du vivre (3).

CHOIX DE POèMES

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mardi 7 octobre 2008

Michel Merlen, la poésie comme quittance du vivre (2)

BIBLIOGRAPHIE

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lundi 6 octobre 2008

Michel Merlen, la poésie comme quittance du vivre.(1)

Dès que l'ennui tourne le dos, je rejoins quelques êtres et lieux de ma micromythologie, certains parcours tirent toutes les courtes pailles du rituel, les rues infatigables. Le regard picote les lumières et les rapines à venir.

Années 80. Presque chaque semaine, avant le rendez-vous au Pont de l'Epée, j'inspecte mes librairies. Chez Oterello, surréalisme, livres précieux, espèce protégée. Emiettant mille minuties, le propriétaire m'accorde le privilège de feuilleter l'édition originale de La sauterelle arthritique. Mine de masque au mur, André Breton, les yeux fermés, protège les bonds, les souffrances ironiques de la petite Gisèle. Au Partage des eaux Alex a sauvé de la noyade deux exemplaires de Poètes d'aujourd'hui: Roger Gilbert-Lecomte et Saint-Pol-Roux patientent au sous-sol. Se sont-ils compris? Dans la vitrine de Tshann le reflet d'Yves Martin ricane à l'infini. Aucun doute, le petit jour a fait bouillir son vin. Quelques restos, quelques cafés plus loin, L'oeil écoute. Sous surveillance du cyclope claudelien, je maraude dans les oeuvres complètes de Marcel Aymé -cuir bleu- illustrées par Topor, lequel , tombé amoureux de la Vouivre, laisse l'inspiration se balader pieds nus dans la sinuosité des vipères.

Mais l'inspection la plus longue, celle qui exige la patience méticuleuse de démineur, m'attend rue du Cherche-Midi, à la librairie des éditions du même nom, qui abrite également les publications des éditions Saint-Germain-des-Prés. Dans les rayons, des milliers de recueils se blottissent comme des orphelins; mais l'expérience instruit la méthode: je n'effectue mes prélèvements que dans la contexture des collections Poètes contemporains, Haut langage, Poésie pour vivre, Blanche. Les autres étiquettes constituent l'immense quantité négligeable des victimes de la flibuste. J'ai ainsi lié connaissance avec Alain Morin, hallucination errante; Jocelyne Curtil au point de non retour; Daniel Biga, le volatile Mohican; André Shmitz, dompteur d'éclairs rapaces; tant d'autres...Cette fois, c'est La peau des étoiles qui attire mes doigts. Auteur: Michel Merlen. Je lis: "Les femmes sont des puits où je n'ose descendre / pourtant d'elles montent des enfants"... Ecriture autodéfense, vers atémis; le titre ne ment pas: trouver les mots pour soulager l'épiderme à vif des lueurs trop lointaines.

Michel Merlen incarne par excellence le poète tel que l'envisageaient Jean Breton et Serge Brindeau, en 1964, dans Poésie pour vivre (Manifeste de l'homme ordinaire): "La vie ordinaire devient trop enlaçante pour qu'on la néglige, c'est elle que nous inscrivons." Mais aussi: "Le langage à son tour irrigue le monde qui l'a fait naître, il exprime comme il peut le "réel", mais il le transforme, et cette métamorphose paraît plus vraie que l'expérience primitive... Que votre écriture soit aussi insolite et contradictoire que la magie ordinaire..." Il ne s'agit donc pas d'énoncer banalement la banalité; pour ça, nul besoin de poètes. Il se trouve pourtant des escouades d'auteurs qui, semble-t-il, ne retiennent que la première phrase de l'extrait cité plus haut. Aussi une multitude de textes indigents, sous couvert de "lyrisme ordinaire", ont-ils été promus poèmes, quand bien même ils se satisfont de traînasser au ras - pas même des pâquerettes.

Le quotidien, l'ordinaire, certes, mais en perpétuel mouvement avec l'imaginaire, la colère, l'émerveillement, la violence, l'amour... et surtout, surtout: le style. Celui de Michel ne saisit la banalité, le "jour le jour", que pour en révéler le chant, "l'absence absolue de frontières", blues , souvent, du temps rauque, déréliction nomade qu'éclairent fugitivement la beauté féminine ("Je veux qu'on le sache / j'ai de l'admiration pour tout ce qui est vivant / pour le pain chaud de tes cuisses / les fraises de ton sexe..."), la mer en marées-marelles d'enfance, le génie de certains lieux: Hyères, la Tunisie, quelques dédales parisiens (" Je n'étais pas encore blessé à mort quand j'étais à Tunis, à Hyères, à Port Cros"). La blessure originelle: l'abandon. Fils de l'absence, mère "made in America", Michel sait que la plaie ne cicatrise pas, elle saigne ailleurs, et l'âme se heurte au front du père - qui aurait voulu écrire - ("ils n'ont pas voulu / ni te tuer ni que tu vives / ils ont fait l'amour mal / le hasard d'une naissance s'est levé.").

L'Algérie, la guerre, douleur, cette fois, de toute une génération (Venaille, Laude...) au coeur des trente - pas si "glorieuses" qu'on l'affirme. Désertion, prison des Baumettes, régiment disciplinaire. Michel, refusant de tuer, sortait avec son arme, mais sans cartouches. Déserteur de l'odieux, il le reste, il faut échapper aux constrictions du temps, respirer enfin à pleins regards, capter le hasard au lisse d'une épaule, les coïncidences fondantes, l'instant va-nu-pieds; sûr, au bas du boulevard, s'ouvre le passage vers les rues de la mer. Poète marcheur, il ne débusque pas le pittoresque comme le piéton de Paris; s'il y a connivence avec Fargue, c'est la haute solitude. Celle-ci ne s'élève pas sans risques ("je sors des hôpitaux / pour me soigner / au vent cinglant des villes...je ne sais pas pourquoi je marche"), l'identité menace dissolution, les particules de soi sont hautement instables, l'abattoir du silence attend froidement l'aboiement muet de qui l'homme en blouse blanche prend la main, sans lui dire bonjour. Michel ne camoufle pas, ne maquille pas les paupières tremblantes; sa poésie, comme celle de Chambelland, n'hésite pas à dénuder le noyau, comme celle de Delbourg où xanax peut rimer sans remords avec Astyanax. Alors la violence s'impose, vitale. Mais peu de rapports avec les incantations somptueuses d'Artaud, l'humour désarticulé d'un Michaux désespérément jubilant. Michel, dans la tiédasserie qui en ces temps s'impose, s'accorde le luxe d'être une violence modeste.

"Il te faut créer pour te faire entendre". Le verbe entendre occupe tout son sens, l'auditif comme simple médium de comprendre, puis d'aimer, non d'amour mesquin et possessif, retranché, mais celui de faire corps avec tout ce qui palpite: les galets mouillés par le large attestent l'été des corps, les trottoirs pluvieux des villes reflètent l'urgence des rencontres, ça clignote le vertigineux, pendant que, plus tôt, plus tard, ou simultanément, "le beau temps tient / grâce au sourire des passantes." Le jeune homme - non sans anxieuse pudeur - déboutonne son gris, parce que les mots l'ont retrouvé. Alors, vite, écrire, le langage prouve la présence, comme les traces de lynx dans la neige.

Si j'étais sérieux, rationnel, exégète, j'établirais le corpus des poèmes de Merlen où, de toute évidence, l'altérité fusionne avec le mystère d'être soi, unique (sans propriété, contrairement à Stirner). Mais je ne suis pas très méthodique. Je me laisse aller à repérer une généalogie du hasard, et je ne vois -si je m'en tiens à la poésie contemporaine - qu'un seul cousin par alliance de Michel Merlen: Gérald Neveu, qui, tout simplement, espérait: " dans la nuit de la nuit / faire pousser une autre nuit / à grands coups de tête."

Jean-Michel Robert

(à suivre: choix de poèmes de Michel Merlen)

vendredi 30 mai 2008

Jean Pierre Nedelec (oui, pas de trait d'union au prénom)

"EUROVéLO JOURNAL" VIENT DE PARAÎTRE

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jeudi 17 avril 2008

André Laude


Je ne t'attends pas
je t'atteins d'un seul coup d'aile
je te baigne d'eau douce
je dénoue tes frondaisons
chaque secousse du désir me rapproche
du centre de la flamme
on parlera bientôt de noces de feux
qui se sont croisés dans les campagnes
abordés avec cette fraîcheur de source aux lèvres
et puis apprivoisés à petits coups de
silences
on parlera bientôt d'un pays habitable
vérifié par le vol des abeilles
nous n'aurons pas assez de mains ardentes
pour cueillir le coton blanc des légendes
nous n'aurons pas assez de nuits transfigurées
pour faire cet enfant de jasmin et de jour
qui posera son front sur la mer
jusqu'à ce que la blessure se taise
dans chaque homme saccagé par les songes

Riverains de la douleur (Verdier 1981)

(transmis par Alain Simon, l'ordinateur de Jean-Michel Robert faisant défaut)


samedi 12 avril 2008

à l'oiseau, à la miséricorde

DEMAIN

Le vent demain lèvera mes ombres;

le poisson arrondira ses lèvres blanches sur mon nom;

la voix du feu secondera la mienne et le fil n'aura jamais été plus tendu ni plus musical.

Demain.

L'eau, la première, la très noire, dans ses gestes lavera le souffle qui ne m'appartient plus;

la bouche que je n'ouvrirai pas sinon pour entrer dans la tendre mort - et vous aurez tenu mes mains dans les vôtres -

Ah, demain, seulement demain;

il faut pour l'heure s'efforcer de ne pas défaillir à tâcher de pénétrer dans l'aiguille par la pointe

Roger Kowalski (1934 - 1975)

Le Silenciaire (Chambelland, 1960) La Pierre Milliaire (Les Cahiers de la Licorne, 1961) Augurales (L.E.O,1964) Le Ban (Chambelland, 1964) Les Hautes Erres (Seghers, 1966) Sommeils (Grasset, 1968) A l'Oiseau, à la Miséricorde (Chambelland, 1976) Un sommeil différent (La Différence, coll. Orphée, choix de poèmes par Claude Michel Cluny et présentation par Yves Martin.) Poésies complètes (Le Cerche-Midi, 2001)

jeudi 5 juillet 2007

rituel du fleuve et des saumons

Les fleuves qui remontent à la source pour mourir

souffrent dans le ventre des poissons

-

les saumons ramènent avec eux

tous les fleuves

-

Et les fleuves vaillants rament contre le courant

-

Les fleuves qui ont tant voyagé

de tropique en tropique

de pôle en pôle

sont exténués, éclats bleus et froids

-

Les fleuves qui remontent à la source pour mourir

ramènent avec eux le poème du désir

et du renoncement

-

et les poissons calment les fleuves

comme on calme dans la nuit noire les petits enfants

-

André Laude "Rituel des fleuves et des saumons" RITUEL 22 (éd. La Table Rase).