Jean-Michel Robert

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vendredi 29 mai 2015

Tout à l'heure,

dans le grand désordre de mes pensées, m'en est apparu une d'évidence : à quoi bon rester courageux s'il n'est plus de femme pour me consoler ? Consoler, pas réconforter.

jeudi 28 mai 2015

"il ferait volontiers de la terre un débris / et dans un bâillement avalerait le monde"

Faire le ménage m'ennuie, faire la vaisselle m'ennuie, faire mes courses m'ennuie, les sports m'ennuient, les bavards politiques m'ennuient, faire la queue à la poste m'ennuie, la plupart du temps m'ennuie... et je n'ai même pas le droit de décemment me plaindre. Alors je le fais indécemment.

trop sensible

Des trucs qui m'agacent ce sont les cris des femmes terrorisées (souvent au cinéma), et la sonnerie du téléphone (des anciens... les nouveaux sont plus respectueux des tympans). J'ignore encore quelle liaison on pourrait établir... mais certainement, il y a de la mauvaise volonté associée au boucan. (sans compter les musiques de films qui sont censées compenser par leur tonitruance l'inanité des mises en scène).

mardi 26 mai 2015

Pour clearifier :

je reçois beaucoup de commentaires rédigés en anglais... sans doute de la pub. Cependant, si un anglophone, même maladroitement, fait un effort de français je le publierai. God save ce qu'il peut.

Sans compter les emmerdements.

Reprise du titre. (pensée pour Boris)

lundi 25 mai 2015

Où être bien ?

Une partie du confort moral consiste à simplifier ce que sont les êtres et les faits. Mais n'est-on pas bien dans le confort ? Cher canapé ?... Chères passions agonisantes ?

dimanche 24 mai 2015

Le pire,

c'est la colère vague, celle qui a trop de raisons d'être. Et qui, bien sûr, ne trouve que vous (l'individu) pour se venger. Non, je me trompe : il y a sans doute pire, certainement pire. Parce qu'il n'y a pas que mon pire. Hélas.

vendredi 22 mai 2015

Le rien était avant

nous et le sera après.Tout le reste on l'a appris, et sera oublié par rien, ce qui est sa mission. Si Dieu existe...

Ce matin, sur France Culture,

était invité Teveschesko (pardon pour l'orthographe). Il a résumé presque ce que je pense. Mais il semblait animé d'un espoir qui ne fait plus partie de mes desserts. Pardon aux fruits.

jeudi 21 mai 2015

Lucien Becker

avait titré "Rien que l'amour" et "Rien à vivre" :

"la lumière qui s'écoule sur moi / quand je marche dans la nuit / m'a fait au visage de grandes blessures / que le jour ne peut refermer / c'est un visage vraiment nu / qui se fixe à ma chair dépaysée / quand le monde cherche le matin / dans les tas d'ordures et de rues..."

mercredi 20 mai 2015

Bon, c'est presque 9h,

faut que j'aille faire des provisions : belle histoire mêlant l'aventure, l'amour et je ne sais quoi.

Sans grand intérêt,

mais précieux : les détails. Comme par exemple, ce petit qui me dit Bonjour, alors que je ne le connais pas. Ma gueule doit lui être sympa. Ou cette fleur qui a choisi mon balcon. Ou ces belles lettres d'amiti(e)s, toujours finement de leur auteur, hauteur. Ou ce vieux militant dans le froid, toujours volcanique à l'intérieur... Ou cette voix douce résumant ainsi le vertige : "Ca aurait pu être quelqu'un d'autre."

pré...

comme c'est beau ces glace qui nagent

reflétant des soleils et lunes

ces gouttes qui animent des corps

on appelle ça "le passé"

allons passons

puisque c'était prévu

j'allais dire : prévécu

mais je n'ai pas osé

de crainte de déranger

les oiseaux qui dorment sous leur plumage

duvet parfait qui ignore

voltiger un peu de temps

mardi 19 mai 2015

IL est des lieux

des voix rauques mais pleines d'humain

ce sont des lieux autant que des êtres

autant que collines odeurs de filles et de fougère

mais bien mieux encore que moins bien

Quand j'avais dix ans,

on disait : "un pépé de soixante ans". J'ignorais que "pépé" signifiait la fin de ses amis et de toute histoire d'amour. C'est-à-dire de toute histoire.

Au fait, j'avais oublié.

Mais comme ce n'est qu'un fait, l'humanité "gèrera" avant d'être foutue. Au fait, gérez-vous bien vos morveux et vos comptes?

lundi 18 mai 2015

Tellement de tucs me foutent en rogne,

que je les tais, pour la plupart, histoire de préserver votre santé. Quant à la mienne, de santé, elle se fout complétement de moi, ce que je lui rends bien.

suite à un petit retard (de fric)

PASKEU yen a des GRANDS, on m'a privé de vous faire signe. Pardon à celles et ceux qui ont pu croire à de la désinvolture. Seule ma fatigue mérite respect.... quant à l'épuisement...

dimanche 10 mai 2015

aimer

c'est la plus belle des beautés de la vie, si l'on vit encore un peu.

c'était dimanche

il y avait

plein de pâquerettes et de boutons d'or

pour emmerder le vert

et y avait du soleil

s'il avait eu le courage des petites fleurs

il aurait espéré

il y avait

mais sauf quelqu'une

ET

Il fut "et puis" et très tard, ainsi il fut "aussi', mais pas plus fier, dommage.

samedi 9 mai 2015

papes, plus grands criminels de l'Histoire.

On ne vous ne l'apprend, pauvres gosses, mais sachez bien que ce qui a tué le plus dans l"Histoire, c'est l'église... merde, je suis baptisé ! c'était à l'âge sans mots. Bon caté, non caté, pauvres gosses.

encore plusque une belle histoire

Il la fut la, et là en plus. En plus : ça veut dire aimer toujours et à jamais... Jamais

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nouveau billet

pas si nouveau : ....... etc.

Oui : j'ai bonne volonté

mais y manque une haine.

comme il était très très tard, il décida de rajeunir, et de bricoler une démocratie.

<pre></pre>

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nous nous sommes tant aimés

C'est le titre d'une émission que je regarde parfois sur les sites de F3 ou F2, je sais plus. Je viens de regarder ce qui concerne Suzanne Flon : elle devait dire mes poèmes à La Verrière, mais, malade, ce fut Leny Escudero qui s'y colla... J'en revenais pas... et n'en reviens pas : des gens comme ça osent dire les textes d'un obscure ! J'ai revu Leny Escudero lors d'un salon littéraire. Il ne se déplaçait plus qu'avec une bouteille d'oxygène ... Il a trop fumé... Je finirai comme ça. Et j'en n'ai rien à foutre... Je n'en est rien, c'est plus poli.

vendredi 8 mai 2015

Pas d'illusions :

Chez moi c'est Chémoua

aussi je ne fais que rarement la poussière (elle ne m'agresse pas)Je ne lave pas les vitres (elles me protègent de ce que et ce qui pourrait trop transparaître) Je ne nettoie à l'eau de Javel que les chiottes et la salle de bain, pakeu je tiens encore à mon bas-ventre et ce qui s'ensuit, de moins en pire. Pakeu c'est bien vu de mal dire (mais ça bande, vers quelle ?). Elles le savent, c'est pourquoi on les appelle elles-seule , non Elles-même -

le Sacré

C'est moi qui l'invente :

c'est ainsi que fougères, cabanes, copains, petites amoureuses, chauve-souris, le Crime d'Escoire, le saint Dédé, mes parents qui furent et sont toujours Jacquy et Momo  ; Alain, Olivier, Jean-Christophe, Max... sont sanctifiés... sans compter Annie, Viviane, Josiane... plus sorcières que saintes... mais , fanatique, je l'étais : saints, saintes, sorcières... c'est la même superstition... Ah, que l'on est joliment superstitieux quand on est môme... Je le ... suis toujours, mais... Chut ...

encore et toujours : une belle histoire.

A cette époque, en ce temps-là (on croyait encore au Temps),

Il se dit : "je vais être Chevalier !"

Mais il n'y avait plus en carrières

que des patrons et contremaîtres

Alors il fut Zorro

et fut arrête comme noir

Je crois savoir que, depuis, on lui a fait la peau.

encore une belle histoire

Il était 12 h 58,

et il n'avait toujours pas faim.

La faim l'atteindra-t--elle encore ?

Non. Peut-être ce soir

En attendant reste à désespérer goulûment :

l'appétit sans organes.

13 h 07 : Merde, je suis lent, et peu compétitif.

ON BlOQUE MON BLOG? AUSSI VOUS DEVINVEZ

&aa

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jeudi 7 mai 2015

fautzs oublillinéesn yn truc comme çççça

paskeu titrer c'est souvent limiter.

A cette époque

c'était le temps des époques

il décisa

No,n

Ni on décidéz* e bref, il fut monstr"eusem"ent beau.

mais elle était belle, dans tous les sens.

CHais pourquoi ya un mot ou même des moits

pour dire "très belle" et très "très gentille en même temps qu'érotique (mais puceau ! j'étais... ) Y avait le disque de Cohen : " The sisters of mercy..." Merde qu'est-ce quelle était blonde et intelligente. La chance, on la mérite parfois.

mercredi 6 mai 2015

Histoire du monde

En ce temps-là,

c'était ce temps-là. Merde y en a marre dirent des jeunes cons, intelligents , cultivés, femmes et hommes, pleins d'avenir, quoi.

Mais vinrent les dieux, et surtout Dieu.

Depuis, le remords rigole ;

jaune, parce qu'il a bon goût,

et bave un peu sur l'incolore.

Il me souvient

Il écrivit un texte à propos du Temps.

Il se demansait, non : demandait s'il y avait une particule élémentaire de cette dimension appelée "temps"... Vraiment rien à foutre, ce mec !

Est-ce que je me démange, non me demande, moi, s'il est une particule élédémente, non : élémentaire de ma juste violence ? Oui, je me le demande. Mais je ne réponds pas : je ne suis pas une balance, pourtant symbole de la Justice.

Puisqu'on en est aux symboles : les chaussons à queue adorent les allumettes aqueuses.

Non, sans séconner, non : déconner : le Paradis est encore mieux que moi-même. Quant à l'enfer c'est encore mieux que soi-même. Donc, j'ai peur de reins, non : de rien. Sauf des emmerdements.

Le présent

Dans ce temps-là (oui on était dedans), on n'imagineniait pas, ni même imaginait que l'on pourrait compter le Temps à 10 puissance moins 9.

Existe-t-il une particule élémentaire du Temps 10 puissance moins très vertifineux, non... vertigineux ?...

Peu importe. A notre échec, non : notre échelle, il n'y eut que l'instant vague, appelé vulgairement mais justement coup de foudre.

C'est un truc qui commence au milliardième de la beauté, un truc très lumineux que les atomes ne savent pas compter.

Mais ça compte toute la vie, pour peu que la vie soit nulle en maths et en beauté. Pour peu.

sans compter

Elle était une fois,

c'était un petit Paradis intime, entre nous, nous, maîtres pacifiques et souriants du monde.

Mais le monde ne l'entendait pas de cette oreille, oreille que pourtant j'avais tant gratifiée de langue et de salive, mes seules richesses pudiques.

Après, vinrent plein d'oreilles hors langue, la confusion que d'aucuns appellent réalité.

Après s'imposèrent des langues qui prétendaient signifier le réel.

Après, je fus fou un peu.

Et ce fut après pour toujours.

Bien fait, connard ! disent les adverbes

qui ignorent la cruauté de la nuance.

Mais c'est fait,

le c apostrophe, parfait coupable, qui innocente la belle couleur.

Sans compter trop de framboises d'être femme et très lèvres.

Bon moraliste.

Le père- Sais-tu que le gouvernement "socialiste" donnera au long de son mandat 40 milliards au grand patronat. Pour qu'il embauche.

"Ha ! Ha ! Ha !" déclarent les chômeurs, tous ivrognes, évidemment. (Et le père d'ajouter) : " Aucun fonctionnaire ne contrôle - trop peu nombreux - ce que fignolent les Groupes avec leur armée d'avocats, leurs paradis fiscaux, leurs rétro-commissions, leur crédit impôt-recherche, recherche qui ne trouve rien, mais qui palpe... Ajoutons : Secret-Défense... C'est pas beau, la Démocratie, mon enfant, mon amour ?

Le petit- Si Papa, mais je préfère quand Girflet est dans le jardin.

Le père -Ah, oui merde, j'avais oublié la Table Ronde. Tu m'en veux pas ?

Le petit -Je t'aime quand-même, parce que des fois tu te souviens de toi. Tu me protèges le beau. C'est pourquoi j'ai des bons copains... et une fiancée.

Le père- Ne complique pas tout... Allez, dodo.

mardi 5 mai 2015

Mon bon moraliste.

Aimer sans foutre est peu de choses / Foutre sans aimer n'est rien (La Fontaine).

Décidément, même dans le déduit, Jeannot ne pouvait réprimer ses pulsions de moraliste. La volonté d'édifier pousse ses fables hors poésie. Mais je n' apprécie pas QUE la poésie, aussi me suis-je souvent régalé de lire ou dire ses apologues dont la subtilité, l'élégance lucide sont l'oeuvre d'un grand écrivain.



Parmi celles que je sais par coeur, "Les animaux malades de la peste" reste malheureusement d'actualité. " (...) On n'osa trop approfondir / Du Tigre ni de l'Ours, ni des autres puissances, / Les moins pardonnables offenses. / Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins, / Au dire de chacun, étaient de petits saints..."

On sait le réquisitoire du loup contre l'âne coupable d'avoir brouté en douce un peu d'herbe... et la condamnation à mort qui s'ensuit. "Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal...", ce fainéant, ce chômeur, ce SDF, cet assisté, ce bougne, ce nègre, ce romano, ce youpin, ce métèque, ce rouquin, cette sorcière, cette pute, ce drogué, cet alcoolo, ce boiteux, ce top pâle, ce trop coloré, cette gouine, ce pédé, ce syndicaliste... cet être toujours tout désigné pour l'expiation, le voilà de nouveau, et comme jamais depuis Vichy, peste essentielle.

Les lamentables "débats" ayant vainement bavé "l'identité nationale", les brutes gouvernantes ont trouvé de nouveaux baudets pour remplacer avantageusement les sans-papiers qui commencent à s'user ( pire : s'organiser et se défendre ) : les Roms. Oui, tu sais : les Romanichels, les Bohémiens, les Tziganes et autres Gitans qui savent même pas où qu'i z' habitent et qui z'en profitent de not' sécu ces loqueteux voleurs, mendiants et guitaristes (Inscrivez-vous au Prix Manuel Valls, socialiste tamponné, pour gagner le rhinocéros ébahi d'honneur, doté d'une médaille à la menthe, pour tout acte de Haute Dénonciation).

D'après les sondages, même ceux publiés dans les feuilles de "gauche", les Français (les simples mâtins) approuvent majoritairement.

Pas étonnant : la conscience n'a pas fondamentalement changé depuis les temps féodaux, les temps de France profonde abrutie de misère, de superstitions (parmi lesquelles, bien sûr, la religion) et de haine vague. Bel été en vérité.

Me croirais-tu, mon enfant, si je te disais que j'ai connu une fugitive époque où l'on n' osait s'avouer "de droite", encore moins raciste ou xénophobe, et où les religions étaient quantité négligeables ?... Mais c'était une époque complexée. N'en parlons plus : à trop revivre, je risquerais de vieillir . *

  • Je sais que mon ami l'Agité eût trouvé les fulgurances de Dimey ou / et Caussimon, rien que pour m'aider.

Pierre Drachline

"Le misanthrope libertaire"

François Bott le 3 octobre 2013 dans la rubrique Littérature française

"Drachline massacre l’époque actuelle en rajeunissant l’art du pamphlet.

Claude Roy évoquait « le beau noir » de Cioran. De même, on pourrait parler du « beau noir » de Pierre Drachline. Celui-ci cultive les idées sombres, les idées noires comme des fleurs vénéneuses. C’est son jardin d’hiver, et le pessimisme est sa seconde nature. Tant pis si cela entame le moral des ménages et si cela désespère Billancourt, comme on disait jadis. Il faut reconnaître que notre époque ne donne guère à Pierre Drachline l’occasion de réviser le jugement qu’il porte sur elle. Dans ce livre – “Pour en finir avec l’espèce humaine et les Français, en particulier” –, il rajeunit l’art du pamphlet. Il retrouve le ton, l’accent, la verve, la virulence de la littérature anarchiste du dix-neuvième siècle, notamment “La Belle France” de Georges Darien, qui pouvait commencer une nécro par ces mots retentissants : « La mort n’est pas une excuse ».

Pierre a hérité de celui-ci le goût et le talent de la formule assassine. Il a dû se réveiller de méchante humeur le jour où il a entrepris ce procès de l’espèce humaine, dans la grisaille des petits matins de Paris. Il y dénonce, d’une plume féroce, les tares, les méfaits, la barbarie, les mensonges, les illusions, la bêtise, la médiocrité, la désespérance d’une époque tombée sous le pouvoir absolu de l’argent et sous « la dictature de la normalité ». Ce misanthrope libertaire stigmatise la résignation, la soumission de la plupart des gens, et leur complicité avec ce pouvoir « sans visage » : ce que La Boétie, l’ami de Montaigne, appelait déjà « la servitude volontaire ». Pierre Drachline assure que la bêtise humaine est la seule chose qui ne l’ait jamais déçu. La bêtise divine, n’en parlons pas… Tout le monde passe à la moulinette, y compris les belles âmes, les écolos, les humanistes, les humanitaires. Pierre n’épargne personne, pas même lui. Son livre est une bouffée d’oxygène, d’autant qu’il se termine par une très jolie, très émouvante déclaration d’amour à la littérature. La vraie. F.B"

Je commence par cet article de François Bott parce Pierre Drachline, éditeur, publia de cet auteur, "Eloge de l'égotisme", F. Bott, éditions de l'Instant. En cette époque finissante, F.Bott était un responsable des pages littéraires de ce qu'était le journal de RéFéRENCE Le Monde, mon "poil dans l'âme" eut donc droit à trois ou quatre lignes... signées Pierre Drachline. Depuis, c'est fini. Poésie ? A'Xisteplus.

Bien avant de publier, je connaissais Drachline par les éditions Plasma grâce auxquelles j'ai pu lire Benjamin Fondane, André frédérique, Maurice Blanchard et tous les textes de Léo Ferré.... Concernant ce dernier, j'ai demandé, lors d'un déjeuner avec quelques auteurs promus par François Vignes, à Pierre Drachline si cette édition de Ferré n'avait pas aidé les édition Plasma. Si, m'a-t-il répondu, comme la chimiothérapie, on survit encore un peu de temps, et on crève.

André Frédérique

Benjamin Fondane

Cet homme, s'il est classé trop facilement "misanthrope", dément, en actes, le qualificatif. Qui, à part lui et quelques attardés de la compétitivité eût et eussent songé à éditer les auteurs cités plus haut ? Mais il ne ne s'est pas contenté du sursis de la chimio : éditions Manya : Daniel Zimmermann, "Nouvelles de le zone interdite ; "Vivre surprend toujours", Patrice Delbourg, "Bureau des latitudes", même auteur, "La légende des petits matins", Jean-Claude Pirotte ... Editions de l'Instant : "Eloge de l'égotisme", François Bott, "Le soleil des taupes", Claude Herviant (premier roman d'un poète Rougerie. Mort trop jeune) et je sais que Drachline commanda un ouvrage à Christian Bachelin... Il fallait avoir un sacré culot éditorial pour, à l'époque, commander quoi que ce fût à Bachelin !... mais la faillite survint avant.

Des éditions de l'Instant / Table Rase, je relis souvent l'ouvrage de Pierre Drachline : "Le coeur à l'horizontale" :

"Je gagnai la gare sous la pluie fine. Le hall était à peine éclairé et les colporteurs se frayaient difficilement un passage parmi les voyageurs, les mendiants et les autres égarés allongés à même le sol. J'apprécie la connivence qui existe entre les clandestins de la nuit. Ces passagers des gouffres nocturnes savent que toute vérité meurt avec l'aube. Aussi mentent-ils pour soigner ceux qui les écoutent. La nuit est une passante qui s'offre aux esseulés. L'aube, elle, se vend aux laitiers, aux policiers, aux trains qui partent à l'heure, à la tristesse du jour. Les pendus et les noyés se comprennent plus que l'air et l'eau..."

Pierrre Drachline, éd. L'instant / La Table Rase, 1988.

""''

ça part du coeur et de la salive.

C'est assez difficile de rester honnête c'est-à-dire fidèle aux rêves de sa jeunesse, insolent ; ignorant les ambitieux que les contingences sociales imposent parfois, la soif de posséder, le fayotage, les excuses frelatées... les honneurs dont le très bas fait médailles.

La tentation, on appelle ça...

pas celle de saint Antoine. Je n'ai guère de fiertés : être champion de judo c'était facile, bouillonner les grèves dans mon lycée aussi, séduire - parfois à ma grande surprise - aussi, plus difficile fut de croire en mes poèmes. Seuls les autres m'y tinrent debout.

Seuls des amis d'enfance ou tout nouveaux, ou toutes nouvelles m'inspirent la foi. Aujourd'hui, que je vis cette tristesse mathématique qui impose à mon âge le malheur frappant les amis d'enfance, je crache à la gueule de qui ose parler de mort naturelle. Un crachat, malheureusement, ça s'essuie. On peut même appliquer un peu de parfum sur sa surface déglairée.

Une belle histoire de la poésie.

Au début, il frisait sur le crâne.

Après, il ne frisa plus qu'à l'intérieur.

On appela ces bouclettes poésie.

Après, donc, il fut poète, c'est-à-dire une décoiffure invisible.

Une belle histoire d'univers

Il visita un vieux rêve faisant crypte.

C'était bien le sien. Après, il interdit visite à tout touriste. Même lui. Car sa boîte crânienne aussi faisait désormais crypte. (C'est fou ce que ça crypte de par les rues).

Après, il s'avisa que ce vieux rêve manigançait les jeunes rêves naïfs.

Seront-ils un début de monde ?

Une belle histoire d'amour.

Il se demanda.

Après, il se répondit n'importe quoi, ce qui, par hasard, approchait au plus près les référents. Après, comme elle faisait beau, il aima très dehors, mais au plus loin de la référente,

laquelle, trop vague, n'occupait qu'un espace timidement allusif. Sauf les grands yeux.

Alors après, il décida qu'elle n'y aurait plus de sens.

C'est ainsi qu'il devint maître de conférence.

lundi 4 mai 2015

Dangereux pervers.

Certains et certaines savent précisément comment, par qui, pourquoi, pour quoi, ils furent sauvé(e)s. Moi pas. Pourtant je suis là et suis plus vague ce soir où les oiseaux pétillent en toute ignorance et toute mousse de mes champagnes révolus.

On appellerait ça l'âme si quelques temps perdus ne débordaient, blancheurs hors verre.

Pour faire quoi ?

Mouiller légalement le C'est fini ?

C'est bizarre : j'aime ça.

dimanche 3 mai 2015

Hervé Delabarre.

Je l'évoquais tout à l'heure, l'oeuvre de ce beau poète.

Jeanne d'Arc, dont on dit rarement ce que sa "propagande" de l'époque doit à la duchesse d'Anjou, fut ce 1er mai, comme chaque année, objet de la crasseuse dévotion du front national.

Hervé Delabarre, depuis longtemps, avait fait poétiquement justice :

Jeanne d'Arc écoutant ses voix, par Léon de Bénouville, 1859.

"POUR UNE RéHABILITATION DE JEANNE D'ARC

La vérité jaillira des flacons de parfum

Des salières et des piments rouges

Elle s'appellera Crêpe de Chine

Shantung

Dentelle noire des Ardennes

Sophisticated Lady

-

Brûlant tous les feux rouges

Sa voix déraillera tragique

Dans les résédas écrasés

Dans les fourrures dont on a fait sauter les plombs

Avant que les incantations de son pouvoir magique

La reprennent juste au point de s'éteindre

-

Enfant

Elle aime scalper ses poupées

Avec l'alphabet se ses ongles avant de s'endormir

Dans le feu de leurs robes défaites

Tachées de géraniums rouges

Jusqu'au petit matin des voix qui l'ouvrent

-

Passés les chiens de garde les tours de guet les masques

Les genêts déposent à ses genoux le cérémonial des bottes de sept lieues

Idole primitive sculptée à la lumière du désir

Elle ouvre au voyageur de nuit les couloirs de ses rêves poignardés d'iris

Les intersignes qui autorisent aux plus vertigineux rapports

-

A la vitrine de l'oiseleur

Dans les garrigues des jours d'épreuve et de blasphème

Les dents de lait ouvrent leur éventail de visions

Qui s'éparpillent sur de longs corps de femmes

Enduits de beurre de cacao et de pommade rose

Où la lecture pour un enfant

Déroule au hasard des rues et des bois

Les heures liquides soumises aux coquillages des devinettes

Sa robe de merles caressée d'anches et de dolmens

0ffre l'espièglerie des livres d'Instruction

Des gravures soigneusement choisies pour des leçons de choses

-

L'enseignement moral et civique dénudé jusqu'au ventre

Le petit doigt comme il se fait à la couture parfumée de l'ornière

Y honore la flibuste de déclarations officielles

Aimez d'insoumission

Magnifiez le plaisir

A toute langue miséricorde

L'épouvante est un ver à soi

-

Les cris des engoulevents

A depuis toujours soulevé sa poitrine

Belle de s'être donnée de se donner encore

Son miroir lui tend

Brûlée de toute ses cicatrices

Une nuit délivrée aux cavernes de lait

-

Promise à l'agenda des venelles

A l'école buissonnière des yeux et des doigts

Qui grappillent le cerceau du puits

Elle charme le feu des mangues

De la langue d'aspic divine de son sexe

-

Magicienne

Morte criée d'une trop forte étreinte

Les paillettes de sa peau et de ses délires

Brillent toujours

Dans les sarcophages aux ailes de libellules

Où nous les retrouvons

Explorateurs de labyrinthes et de pyramides

Où ne règne que la femme

Coiffée de plumes aux flammes intarissables"

("Danger en rive", Hervé Delabarre, in "Poètes singuliers du surréalisme et autres lieux", Alain-Valéry Aelberts et Jean-Jacques Auquier, ed. 10/18, 1970)

Chais pas vous, mais moi, ni en histoire ni en leçon de choses... ni en récitation, mes maître(sse)s d'école ne m'apprirent tout ça.

samedi 2 mai 2015

"boxe, boxxxe" (Nougaro)

J'aime bien certains polars, tant romans que films, lorsque l'auteur a du style, c'est-à-dire le langage qui du détail (personnages, temps, lieux...) fait l'essentiel poétiquement violent. L'intrigue importe peu. J'ai remarqué que, dans les films, bien souvent, pour signifier à la fois la solitude, la désespérance, mais en même temps la force de caractère, la résolution, le jusqu'au bout du ou de la juste on le ou la représente, au moment critique, courant à l'aube jusqu'à plus d'haleine, ou boxant un gros truc très lourd jusqu'à l'épuisement. Sûr, cette personne en veut...

Pour ma part, tout aussi juste, je préfère relire "Le Boxeur de l'Ombre", d'Alain Morin :

" Voyageur pris entre deux signes / l'instant où le pêcheur jette le filet / est illuminé / l'instant où il se retire / est inquiétant / l'invisibilité du jour / n'est pas une bonne prise... Maintenant l'invisible brise sa route / plonge au centre / resurgit indemne, l'horizon sous le ventre... Il s'est dévêtu / il pense à Eve de Granach / Une Eve qui rate son entrée au paradis terrestre / parce qu'elle a de petits seins... Il passe le tranchant de sa main / à travers la flamme / elle continue en esprit / ce qu'elle achève en lumière... S'entendre avec le temps en zigzag / qui dérègle les montres / et synchronise les attentes... Je brosse mon smoking luisant / pour d'invisibles rencontres... On ne sait presque rien des numéros des rues / Sinon qu'ils se jettent parfois la nuit / de leur lucarne bleue / dans les rues désertes / et qu'ils s'en vont chiffrer les rêves des hommes... Boulon égaré / qui cherche le pas de vis de la nuit... Pas perdus / pas pour tout le monde / à qui sait regarder marcher..."

("Le boxeur de l'ombre", éd. Fagne, 1975, préface d'Edmond Humeau - "L'écriture lumière", éd. Formes et langages, 1971 - "La Source", id. 1971 )

Beaucoup de livres essentiels d' Alain Morin ont été publiés par les éditions Rougerie, dont "Le Purgatoire", bouleversant.

A consulter le bel article de Christophe Dauphin, site "Les hommes sans épaules".

vendredi 1 mai 2015

sopalinement (reprise complétée)

tentative de convaincre une abrutie que les races humaines n'existent pas - un oiseau mort dont je ne sais que faire, même avec des kleenex - signer un chèque - le recyclage de la plume d'oie - le recyclage des historiens - les prix nobel d'économie - le mec heureux d'être une bagnole - la fatigue du présent - l'épuisement de l'avenir - la viande sans chagrin - le bouton d'or sans gorge - ramasser une pièce d'un centime - parler jeune - se taire hors d'âge - toutes les déclinaisons de la foi officielle - ma voisine en pilou - mon voisin en cravate - sa femme voilée - mon double de clef de l'énigme - mon double en général - même pas de brigade - trier ses déchets - trier ses poèmes - feuilleter ses déceptions - les livres de paul de roux - une femme flic ("fliquette" est un mot trop mignon pour la dénotation d'un tel taf) - ne marchez pas sur la chaussée - ancien testament - thorez "fils du peuple" - vieux bouddhiste réincarné en boîte de cassoulet - date limite échue - beautés échues - laideur non datée - christ jouissant sur la croix - jouisseurs de cette jouissance - règles du jeu - jeu de société - bout de ficelle - temps à bout - esclavagisme de mon banquier - rêves séparés - réveil - réel qui s'obstine en sa présence - femmes qui mentent innocemment - mecs qui violent à la légère - pages littéraires du Monde - massacres économiquement programmés - toi qui fais la gueule parce qu'il pleut - toi qui aimes pleuvoir d'être un peu ma tronche - décorations - ça clignote - oui oui regarde cette guirlande de crétins qui n'ont rien à se reprocher - ça clignote - propos du curé à l'enterrement de mon ami - vertige de vous aimer quand vous étiez autres - si vous pouviez - si maintenant était ailleurs - c'est-à-dire où je veux - "non, je ne peux pas, ma mère m'attend à quatre heures et demie" - trouve-moi la clef de douze et n'importe quel marteau - la phénoménologie de l'esprit - vous devrez être à jeun pour la prise de sang - huis clos ? les livres de robbe-grillet - une robe-grillon qui ne chante pas sa chute - les champs-élysées - attendre que l'eau monte à ébullition - attendre que la nuit visite la rosée - on n'en sait rien - les femmes en retard (pléonasme) - les hommes rigolardement racistes (plus inquiétants) - les yeux des fauves encagés - ta photo qui n'est pas toi puisqu'il est interdit de sourire à son image pétrifiée - attention attention le train annoncé au quai 2 bis arrivera au quai 1 sous réserve que la Terre tourne encore - la "musique" perforatrice de tempes au restaurant où on allait sans doute comprendre les mots de l'autre - "vous êtes allergique aux boutons d'or" - rédaction de l'ordre du jour - mutisme des désordres de la nuit - émission médicale: caprices du duodénum - retraités pourrissant devant les séries TV - arbres pourrissant d'être ignorés - hommes politiques citant Léon Dierx - bulletin météo - santé de la bourse - histoire "drôle" rabâchée - la tronche des mannequins - ma tronche dans mon oeil morne - l'insupportable présence de certains - l'absence de l'Autre - les coups contenus qui rongent les poings - les tentatives de séduction des salsifis - les tentatives de séduction des avocates d'affaires - le rien, ma seule affaire promise à l'avenir - le vrai qui se tient pour tel - la maîtresse du lieutenant étranger - la bavasse - bzzz - la mouche sur le nez de l'Amour.

JOURNEE INTERNATIONALE DE REVENDICATIONS DES TRAVAILLEURS,

c'est ce que du premier mai ont voulu faire les délégués des prolétaires au congrès de Paris de 1889, et non "fête du travail, fête du printemps et du muguet", formules destinées à aseptiser, folkloriser un jour où les travailleurs, au prix du sang, de la mort, de condamnations iniques, luttaient, entre autres, pour la journée de 8 heures, 36 h au moins de repos hebdomadaire, la fin du travail des enfants, la fin du travail de nuit dans tous les secteurs où il n'est pas socialement indispensable, la création de comités d'hygiène et de sécurité... jusqu'à - y croirez-vous ? - la fin de l'armée permanente. Cette dernière revendication étant pensable parce que - à l'époque - les socialistes et anarchistes croyaient encore à l'organisation et à la coordination du combat mondial contre l'internationale capitaliste - Aujourd'ui, a'xist plus.

Le 30 avril 1973, la manchette du "Parisien Libéré", accompagnée d'une photo de Mireille Mathieu broutant des clochettes blanches était :

"DEMAIN, C'EST LA FÊTE DU MUGUET PORTE-BONHEUR !", aucune allusion aux véritables origines et objectifs, car on sait bien que tous les droits conquis par les classes laborieuses le sont par la vertu des porte-bonheur et de la providence... L'expression "état providence" me donne envie de tataner les doux visages des journalistes, économistes, politiques et autres "élites" qui l'ont peu à peu imposée au langage usuel.

Le premier mai 2013, j'ai évoqué le massacre de Fourmies 1891. Aujourd'hui voici les événements de Clichy, heureusement moins dramatiques, même année.

La manifestation ayant marqué un temps d'arrêt, la police voulut s'emparer du drapeau rouge. Bagarre, fusillade. Les anarchistes Henri Decamps, Charles Dardare, Louis Leveillé sont arrêtés, et malgré leurs blessures, ils seront non seulement privés de soins mais aussi copieusement tabassés... Au procès, la peine de mort sera requise !... La cour se montera moins cruelle en se contentant de 3 à 5 années de prison.

Ce sont eux que voulait venger Ravachol en préparant un attentat contre le procureur.

A consulter : "1er mai", André Rossel, éd. de la Courtille, 1977. Peut-être est-il encore disponible d'occasion.

Ouvrons le dialogue

- J'aimerais qu'en ce 21e siècle la solidarité internationale des exploités soit plus puissante que celle des exploiteurs : OMC, Banque mondiale, FMI, Union européenne... que la finance et sa valetaille cessent de ronger nos salaires, nos droits... Enfin, de la justice, quoi.

- La providence y pourvoira, mon fils.


MA FÊTE INTIME DU PRINTEMPS

Dans les jardins du Luxembourg, passe le fantôme d'Eugène Cochet.

Il mâchouille un poème.

Les quolibets, les farces cruelles, la folie ne sauraient plus l'atteindre.

Il marche, contemplant l'irisation insolite d'une parole en l'air.

Je ne l'aborderai pas.

Je sens sous ma paume ton épaule, le lisse rappel à l'ordre.

Tu es belle. Ta robe est bleue. Ce bleu et moi n'avons jamais cru aux fantômes, nous nous foutons de la poésie, et la même chair nous hante.