Jean-Michel Robert

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mercredi 29 avril 2015

Au gré des rayons - 1 - (Poésie du Québec)

Alain Simon et moi avions une projet : une anthologie au seul gré de notre bibliothèque. Alain a commencé bien avant moi (voir son blog en lien). Relisant hier Paul-Marie Lapointe, j'ai résolu de commencer par la poésie du Québec. Suivront la Suisse, la Belgique, les pays arabes, Haïti... bref, la poésie francophone de près et de loin *. Donc, pas question d'exhaustivité, seuls les poètes qui honorent mes rayons seront proposés à la curiosité des promeneurs et promeneuses. Je n'indiquerai que les titres qui passent par chez moi, à chacun de compléter si, bien sûr, le coeur lui en dit plus long.

J'ai prévu pour le mois de juin de saluer quelques auteurs dont l'oeuvre d'éditeurs, de critiques, de concepteurs estompe trop souvent l'oeuvre poétique ou / et "littéraire": Louis Dubost, Jacques Morin, Claude Vercey, Jacques Brémond, Roland Nadaus (un voisin), Jacques Fournier, François Vignes, Alfred Eibel...

  • Deux poèmes par auteur : j'ai retrouvé seize Québécois, et je n'ai pas fini de fouiller...

Paul-Marie Lapointe (1929 -2011)

Les vers de l'auteur sont coupés classiquement à la ligne, mais aussi en leur sein même. Ne disposant pas ici de l'outil pour ainsi espacer, j'indiquerai les blancs par la barre oblique.

-

Maisons hautes / je rampe mon seul fils

chantaient les nonnes trois / tu m'exacerbes

Je m'en fous ma belle gueule / je dis

l'homme rote dans le bain noir / mon herbe

est rose / je suis le seul garçon saoul

qui t'éventre / nous en avions trop envie

rien n'empêche ça n'valait pas le sou

Enfin t'es pas mal et j'en fais ma vie


train de nuit qui va toujours le même chemin et qui me traîne par les cheveux / j'ai quitté mon village tranquille avec des lampes par la fenêtre et le sommeil clair des berceuses de rotin / train de nuit des malles coffres de larmes et les yeux de la gare dans mon front / ils dorment / ceux qui voyagent marchent en dormant / il y a celui de la tête dans les bras / tête de départ / l'autre a mis ses pieds contre la vitre du paysage vertigineux / les exils des abandons dans les arrêts prolongés et tous ceux de nos liens avec leur bagage / et ce coeur qui prend toute la place que nous n'avons pas prise

("Le réel absolu" Editions de L'Hexagone)

(A suivre : Hélène Dorion et Jacques Brault)

lundi 27 avril 2015

Nos printemps 70

Je viens de regarder ce qu'on pourrait appeler un documentaire tout subjectif diffusé sur le site de F.3 : "Nos printemps 70". En peu de temps, sans élégie, sans dégoulinades, j'y ai vu mon image dans ce miroir déformant à peine, juste déformant pour n'être pas un passé inversé.

Le narrateur a mon âge. Il a vécu à peu près ce que j'ai et ce que nous avons vécu. Oh, rien de très héroïque, mais la bonne foi d'une naïveté pleine d'avenir. Cette foi qui vous fait oser. "Ma faculté d'être déçu dépasse l'entendement", disait Cioran. Me concernant, je retrancherai "déçu" de la proposition. Parce que mieux que la foi, j'ai connu et connais des êtres. C'est-à-dire des présences absolues - qui n'exigent rien, même pas que je sois là.

samedi 25 avril 2015

"détonateur des mondes" (2)

Suite du billet du 18 mars

DERNIER ENTRETIEN D'YVES MARTIN AVEC ALFRED EIBEL ET ERIC DUSSERT (extrait)

Alfred Eibel

ALFRED EIBEL : Eric veut savoir si vous vous souvenez de votre premier livre d'enfant ou d'adolescent. Avez-vous, comme beaucoup, découvert la littérature avec Jules Verne ?

YVES MARTIN : Pas Jules Verne. C'est mon grand-père, pendant la guerre ou durant les autres périodes où les petites maladies de l'enfance du genre varicelle et compagnie m'amenaient chez lui que j'ai beaucoup lu. Tous les livres qu'avait ma tante. C'était une femme âgée qui adorait la lecture. Elle était institutrice et avait déposé ses livres chez mon grand-père. Il y avait là toute la collection Nelson que j'ai lue, je peux dire « in extenso ». Et quelques livres au grenier, notamment beaucoup de livres de ma tante sur les régions de France. C'était formidable, c'était passionnant, une façon de voyager. J'ai lu beaucoup beaucoup, peut-être six ou sept fois « Les Misérables » de Victor Hugo et un livre que je n'identifie pas qui avait un titre comme « L'Auberge rouge ». Je le trouvais très très chouette. J'ai lu tous les livres que je trouvais là, j'ai fait connaissance avec des auteurs oubliés aujourd'hui, Marcel Prévost, Cherbuliez, Blasco Ibanez et bien d'autres.

AE : La collection Nelson était bien cette collection cartonnée crème et vert avec une jaquette ?

YM : C'est ça, avec une guirlande. Je lisais ça dans mon lit de malade, un grand lit de campagne. On y montait presque avec une échelle, il y avait un énorme édredon rouge où venait souvent dormir le chat.

AE : Et quel âge aviez-vous à ce moment-là ?

YM : C'est variable. Il ya eu la période de guerre et les périodes intermédiaires. Quand j'avais épuisé tous ces livres, je les relisais, ça ne me dérangeait pas du tout. Je m'inprégnais complétement.

AE : Vos parents vous voyaient avec ces livres à la main ?

YM : On était en Côte d'Or... mes parents ne les voyaient jamais.

AE : Ils ne vous encourageaient pas et ne vous décourageaient donc pas non plus...

YM : Ma mère étant jeune avait été une grande lectrice. D'ailleurs, dans un de nos appartements à Paris, rue des Eaux dans le XVIe, il y avait toute une bibliothèque de jeune fille que j'ai lue in extenso elle aussi. Ca allait du « Lys dans la vallée » en passant par les livres des « Feux Crosés ».

AE : « Les Feux Croisés », c'était cette collection dirigée par Gabriel Marcel dans laquelle on trouvait beaucoup d'auteurs étrangers ?

YM : Oui. A l'époque, j'ai beaucoup lu Dickens. Je crois que ses livres étaient ceux que je préférais. Je trouvais ça... de grand style...

AE : C'est un auteur dont vous gardez un bon souvenir ?

YM : « Les grandes espérance »... Oui, c'est un auteur qui m'a beaucoup marqué.

AE : Lorsque vous avez gagné votre vie, vous souvenez-vous d'un moment où vous avez acheté un livre ?

YM : Le premier livre acheté, c'est difficile à définir.

AE : Pas forcément le premier.

YM : Une fois que mes parents se sont établis à Paris, ils étaient à Lyon pendant la guerre, une fois que la guerre a été terminée, ils n'avaient pas le temps de s'occuper de moi. Ils étaient dans le commerce. La samedi, j'allais d'abord chez mon père qui me disait toujours – il savait que j'adorais lire - «  bon, si tu veux, je te donne de l'argent pour acheter un livre. Je pense que tu as envie d'en lire un. » Alors je disais « oui » et je partais dans une librairie qui était près de l'avenue de l'Opéra, entre le boulevard de l'Opéra et le Boulevard des Italiens, tenue par des Russes qui avaient beaucoup de livres de poésie. Je peux dire que, tous les samedis, tous les week-ends, je m'achetais un livre.

AE : Grand lecteur de prose, à quel moment et pourquoi êtes-vous devenu l'immense lecteur de poésie que l'on sait ?

YM : J'ai commencé à lire la poésie au préventorium d'abord où j'ai découvert Apollinaire, Max Jacob, etc. Puis au plateau d'Assy où j'ai rencontré à ce moment-là des gens, un libraire notamment qui était le frère de Maurice Bardèche. Alors là, effectivement, je n'ai plus lu que de la poésie pendant dix ans. Très jeune, je lisais de la prose. J'ai d'ailleurs écrit des romans dès l'âge de douze ans. Ils ont été jetés par mon père.

AE : Pour quelle raison ?

YM : Bêtement, pour faire de la place.

AE : Sans égard.

YM : Sans égard. C'était des romans dans le genre Mauriacien, la pluie...

AE : De sombres histoires provinciales ?

YM : Pas provinciales, mais avec beaucoup de sensations comme l'automne, la pluie, le vent...

AE : Avec une nature très présente alors ?

YM : Oui, chose que j'aimais beaucoup chez Mauriac, plus que ses histoires de famille qui m'intéressaient assez peu.

AE : En fait, c'est l'ambiance.

YM : Oui, dès le départ, c'était l'ambiance, le climat. Si je ne suis pas devenu romancier, c'est que le roman-roman ne m'intéresse pas beaucoup.

AE : Vous diriez ça aujourd'hui encore ?

YM : Même aujourd'hui. Je suis plus sensible à l'écriture, à la reconstitution, aux odeurs qu'à des histoires quelconques qui me laissent un peu froid.

AE : Depuis que je vous connais, j'ai toujours été frappé par une véritable connaissance de la littérature du XXe siècle et d'auteurs de second ou troisième rayons que la plupart des gens ignorent...

YM : Je crois que j'ai été formé, comme quelques-uns de mes amis, par les libraires de l'époque, libraires d'occasions ou d'éditions originales. Et très rapidement, quand j'ai commencé à travailler, j'ai consacré chaque mois un budget relativement important à acheter une dizaine d'éditions originales. Peu à peu, je me suis constitué une bibliothèque de gens qui étaient fort connus à leur époque mais sont ensuite tombés dans l'oubli (...)

(A suivre : témoignage de Hubert Haddad)


'' Les hôpitaux. La cortisone

Les jambes tatouées de fougères

ressemblent à celles fleuries qui là-bas

cachaient les armes, le crotale aux amitiés très particulières (...)

IL veut mourir dans des draps propres

La mort : ni lavandière, ni blanchisseuse, ni cousette.

Une branche de marronnier raconte une histoire toujours plus drôle.

La mort. Des gants-plastique. Toucher rectal. ''

Yves Martin ("Le Pommier", éd. Le Pont sous l'Eau)

mardi 21 avril 2015

exaltation incomplète

 

Vivent les ploucs, les hors tendance, vivent les paumés dans leur paumes gribouillées d'illisible , les laboureurs, les blessés de leurs sillons, le gris hurleur de ciels, le soleil flemmard bavant vaguement un Est vaseux, les balançoires du vertige, la chute des eaux suicidaires, la sueur au front des prolos de la nostalgie, la pipistrelle qui du front fait un grenier, le grenier qui d'une poupée fait une enfance, vivent la pluie sur le crâne de la sagesse, la calvitie de l'espoir, l'hymne coquelicot, le rat qui ronge le jour, les mots qui digèrent le silence, le silence qui défèque la fable, les voix égarées dans la toux, l'équilibre qui doute, vivent les drapeaux troués qui éternuent leurs couleurs, les rencontres déchirées bégayant leur transparence, le culot des insectes et des amours d'être visibles, la sève qui pactise avec les yeux fermés, les rires dans le miroir inerte, vivent les chiens qui laissent leurs puces aboyer, vivent les clowns au trapèze avec les feuilles hors saison, le cafouillage de trop voir, le vent dans l'émotion jupe-culotte, l'amour fou en son asile, la brillance des lèvres, les fruits improvisés à chaque caprice du rouge, le rouge opportuniste de la timidité, de la révolte, de la honte, de la colère, des joues giflées et des fuchsias, le temps qui pleurniche ses lilas, le sommeil des loups dans la rage fauve, les fées qui pétaradent dans mes chaussons, vivent les chats félinement eux-mêmes, vivent les passereaux dont ils font un petit jeu agonisant, les vieilles dames dont la vie se distribue déjà en bijoux sans mémoire, les routes pluvieuses frissonnant les lumières, vivent les héros incompris, ils ont sauvé le Monde mondain de l'évasif, vivent les pâquerettes qui rappellent au désordre le vert des gazons pleutres, l'immensité assoiffée de grands yeux, vivent les maladresses d'éprouver, de risquer ce qui reste de soi, les chatouilles par surprise sous les doigts sans empreintes, les soeurs des copines de la miséricorde, le courant d'air entre le naître et le mourir, le rhume qui s'ensuit, bref : vivent les détails.

lundi 13 avril 2015

Quand tout vous semble vain, foutu...

il reste un truc : la mémoire, celle des "gens bien" qu'on et que j'ai eu la chance de connaître. Alors on (je) n'achète pas d'arme ( pas d'S : une seule suffit). (Je vouvoie, signe de respect ou de distance ?... Je n'ai pas la réponse)

dimanche 12 avril 2015

POURuQOI

je voulais écrire un truc beau qui parle des dames qui ont eu le courage de me voir, parfois longtemps. Mais, hélas, ce n'est pas beau. Alors que ce l'était.

samedi 11 avril 2015

rien

même pas lui... c'est vous dire...

vendredi 10 avril 2015

Je parlais de Chinoises dernièrement, dernier des derniers, car je n'en connais aucune sauf celle qui paraît dans la clip d'Alain Bashung

Elle tellement belle que quelques secondes suffisent à la la femme d'être telle qu'en elle même. Le clip se titre "je passe le sas sensasse", si je me souviens. Non "je passe pour unes caravane".

enre( je ne fus jamais moiste)

Je regarde le dessin à l'encre de Chine que je fis pour la femme que j'aime (1982)... J'en suis au même de Chine : pas évolué, le mec.

jeudi 9 avril 2015

je n'ai jamais été maoiste

mais je fus chinoise, tellement elles sont belles.

quand on

se dit que tout est foutu, qu"il n'y aura de Révolution, que les nouveaux chanteurs sont nuls, quand, bref, on ose encore "se dire... " on est gâteux... Mais ya des femmes qui aiment, pas toujours en dentier. Bref, ya des femmes. Mais j'ai pas le même âge. Elles non plus. Ah! vous avez été... A l'époque. L'époque des fougères folles. Je t'aimerai à l'époque. Bonjour.

sans déconner

Je vais entrer, toujours beau gosse, en ma soixantième année (Verlaine n'a tenu qu'à 52) Pourtant, j'aime toujours la même... Irrécupérable, le mec.

Ne me reproche pas d'être belle... c'est ni ta faute ni la mienne ou ce n'est... Dieu ou Aphrodite, peut-être...

assasin en retyard non rentardrrrr

Depuis dix minutes a passé l'heure du crime... Je suis nul : j'assassine toujours en retard, donc pas. Les victimes auraient toutoutes droits de déposer (délicatement) plainte. Mais très belles. (ça compte plus de dix minutes).

mercredi 8 avril 2015

bataille

Commet être"positif" dans un pauvre vbog non, je me trompe, BLOG... Le négatif c'est moi... encre que MOI n'est pas certain d'être LUI, ce qui fait beaucoup de PERSONNES dans mon petit chez moi. C'est pourquoi on se bat. Méchamment.

lundi 6 avril 2015

à jamais

À JAMAIS

1

J'avais quinze ans quand, d'un putsch éclair entre mes tempes, tu pris ta part de pouvoir dans mon naufrage corps et Mal, chair et nuit, noyade et jour infiniment. Moi dont l'utopie caressante n'avait alors conçu qu'un avenir de femme aux seins majeurs, je fus crevé en plein centre, baïonnette limpide, petit regard qu'attise ce risqué sourire, mobile des crimes intimes tremblant de mentir la légitime défense.

2

Grâce soudaine de ce frêle féminin qui perfore les cécités, de la séduction éclairant ses premières syllabes, ses esquisses de danse se sachant vertige peu à peu. Enfin j'ai vu. Il s'agissait bien de la beauté. Elle boit à sa source pour aggraver ma soif.

3

Ainsi je devins mirages dans le désert de Jamais, ainsi je surpeuple l'impossible. J'avais quinze ans, tu en danses douze en courte jupe ; ton Bonjour la soulève, complicité des patins à roulettes, de l'arrêt en toupie pour la révélation des jambes dont l'a-peine de duvet blond fanatise le lisse, dont l'impudeur s'envenime de visage pur.

4

Innocence des grands yeux où pourtant, où fugace, l'équivoque ironise le bleu ; de la voix où le doux exagère mon prénom, de l'haleine trop proche qui chuchote la mienne au risque de buée d'âmes.

5

Je suis assis dans l'herbe. Ton approche se veut au-dessus des pas ; Qui c'est ? Tes doigts fondent mes paupières, ils ignorent poser la question définitive, tandis que tes cheveux frôlent mes joues et ma rage sans défenses. Tu sens le matin, le savon transpercé de désir, désir affolé d'être vague, d'être vaguement ce jeu incandescent de se jouer.

6

J'ai quinze ans. Brusquement le spectre amoureux irise des temps insoupçonnés corps. Vous serez désormais adorables du premier au dernier sang. Vaste monde. Vaste chant Vaste manque.

7

La honte ne s'imposa pas trop : je m'étais si bien déjoué les complots qu'il fut certain qu'aux plages de mes seules îles désertes s'échoueraient les orgies naufragées.

Les cartes, la géographie inhumaine, merveilleuse, les latitudes, les courants pervers ne sinuent qu'en mes rétines. Ouvrir, fermer, ouvrir, fermer les paupières suffit. Nous suffit. Vous ne pourrez pas nous trouver, nous prouver.

Nous : flagrant délit absolument privé.

8

Je sais bien que je t'invente, la multitude de toi est mon eau, mon argile et mon souffle ; je sais bien que tu n'existes telle qu'en nous-mêmes, telle qu'en elles-mêmes notre ébloui les change : ta présence me condense les petites inconnues dont le regard ne put que jeter un sucre à ma lumière ; il fond à l'infini dans tes salives. Mais aussi clair tu murmures celles dont la musique de gestes fins étranglent l'invisible, celles dont le prénom m'entêtent son temps : l'âge d'enfer mélodieux.

9

Notre âge n'obéit pas. J'avais vingt ans, tu en dansais douze. Tu les danseras à jamais, quels que soient mes sédiments. J'avais vingt ans. Chaque jour tu trouvais le bout des doigts d'où me souffler un baiser sans pénombre. Il voltige. Ma fourbe indifférence l'abandonne à la légère. Tu es si jeune. Tu ignores le mot gageure. Ta meilleure amie a parié que tu n'oserais pas, à l'heure du bisou d'adieux, chaparder mes lèvres. Tu osas. J'esquivai in extremis. Depuis, je suis la risée des regrets éternels.

10

De temps en temps j'avais cent ans, puis j'avais l'âge flottant, l'age du cœur taillé, j'avais juste à temps, je ne fais pas ton âge, j'ai à jamais : seul attentat à la pudeur, mon crime relève des juridictions évanescentes. Elles ne jugent qu'en appel – toujours en appel – afin qu'en ta nudité soit belle l'impatience de mon éternel recours en grâce.

Entrée

J'entrerai, à la fin du mois, dans ma soixantième année... Cependant, j'aime, comme quand j'avais quatorze ans, aussi bien les beautés de trente ans (légèrement plus ou moins) que les jeunes adolescentes testant leur féminité...

Bref : je souffre. Mais comme plein de gens, plus que moi, en bavent, et pour des maux moins volatils, je ne me plains qu'avec mon ombre, laquelle n'est même pas "en deuil de moi-même".

Je sais

que beaucoup lisent ce blog

mais n'osent ou n'éprouvent pas le besoin de commenter... Je les comprends : trouver les mots, ou que les mots nous trouvent n'est pas espace d'évidence. J'ai ouvert ce blog -grâce au grand Alain Simon - histoire d'être le plus tôt possible en communion, loin des connotations religieuses. Tout ça pour dire : votre parole me manque, même si elle me bouscule (oh, l'Agité, l'Insolent...). Même si je ne comprends pas même

dimanche 5 avril 2015

Joyeuses... "La prière jamais n'a sali mes genoux" Robert Desnos.

Ô, vous, toujours salissant vos genoux par la prière, toujours adorant la couille promue sainte relique, ou la vieille dent pourrie, ou le bout de bois ayant servi de cure-dents à sainte Ursule (ah ! onze mille vierges !)... ô vous qui vous croyez objets du regard divin, parmi les milliards de galaxies, parmi tous les mômes qui crèvent de maladies, de faim, de pollution, de guerres, de viols... ô vous mal, très mal ressuscités qui vous croyez monothéistes, au non du père, du fils, du saint esprit, de la sainte vierge, de tous les saints et saintes auxquels vous adressez vos ex-voto, au nom de la sainte église catholique apostolique et romaine qui - a et fait - massacrer au long de son histoire plus d'êtres humains que Staline, Hitler, Mussolini, Kissinger, Pinochet, Léopold II et Léon Zitrone réunis... ô vous qui avez si peur d'être libres, chers idolâtres...Je vous les souhaite joyeusement merdiques... Votre lâcheté, ou votre infantilisme (banni de l'enfance) -"ou" inclusif-, est si minable que je vous plaindrais, si je ne me plaignais pas en priorité.

"Et Dieu créa la peste, le choléra, les séismes et tout un tas de petits microbes modestes et mortels, surtout pour les pauvres... Et Dieu dit que c'était bien..." (La Genèse)

samedi 4 avril 2015

celle

Vous avez sans doute connu ces moments où vous arrivez - par surprise - nulle part, parce que l'autre est absent. Certes, rien n'était convenu, pas de rendez-vous, mais vous aviez confiance en la disponibilité des hasards. La confiance, petite gamine de la foi qui n'oublie qu'au bon moment. C'est ainsi que certains retards inventent la présence, celle qui.

vendredi 3 avril 2015

se méfier de ce qui semble.

En première partie du débat, chaque fois qu’elle prenait la parole, je me disais : « Quelle conne ! » : approximations historiques, postillons de rumeur, remâché de la presse dominante… Quand on a abordé le sujet suivant, je l’ai trouvée subtile et pertinente ; alors que j’eusse éprouvé un plaisir crétin mais certain - à et de - continuer le massacre mental, à m’abandonner totalement à cet instinct qui prédispose à simplifier pour vivre.

pourquoi j'ai voté blanc (virginal) au second tour de ce qui ne tourne pas.

j’honore mes morts

je chatouille mes charniers

jetant quelques pétales ambigus à ceux qui sont morts d’un instant

morts de la finesse d’un avant-bras

morts d’une seconde pubescente

à ceux qui fondirent à jamais dans une soif de chevilles

à ceux qui sont morts de blancheur

d’étourderie plissée

d’un contraste de mèches

d’un vent rêveur de front

morts d’un léger débraillé entre jean et T. shirt

d’un nombril ricochant sur d’invisibles paumes

morts d’un regard où le Mal

souriait une innocence catastrophique

morts d’un frôlement

d’une complicité sans avenir

d’un petit rire trancheur de veines

morts d’un reflet de genou

d’une marelle fruitée

oui j’honore mes héros

les charognes de la lumière

les poignardés d’étonnement

j’honore les cocus du Mystère

et je leur jure fidélité

avant de m’envoler vers la victoire

comme toutes les justes causes

Al-Allaj, crucifié qui en vaut bien, au moins, un autre.