Jean-Michel Robert

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samedi 29 novembre 2014

Comment

dire à un ou une ami(e) : "tu m'as beaucoup appris" sans le ou la faire rigoler ?

Après...

après... sans l'avoir mérité, je reste de ceux qui ont un "après". Caprice des dieux ?... Ce serait trop facile... Chacun sait, au tréfonds, qu'il n'y a ni dieux, ni anges, ni démons, ni diable, mais qu'il n'est que ce prolétariat* appelé "molécules", qui a fini par se croire âmes. Ainsi finiront-elles, les âmes, atomes soumis aux caprices de l'univers. C'est beau. Mais personne pour le voir, et s'en délecter. C'est triste, mais ça passera. Aussi suis-je à moi-même l'Enfer et la Miséricorde qui trinquent. A la vôtre.

  • Posez la question aux lycéens : personne ne leur a appris les mots "prolétaire" et "prolétariat", sauf certains... leurs grands-parents très vieux.

Je suis contrarié paskeu

je voudrais éprouver cette faillite humaine avec humour, mais je pense toujours à des gens honnêtes et qui ont simplement aimé et travaillé. Alors je ne sais plus ce qui relève de l'humour ou/et du rien inondé de larmes, noyade aussi atroce que n'importe quelle suffocation. Rien de romantique.

reprise (ça continue)

Encore un internude (non:lude) paskeu j'ai eu la flemme de continuer la saga en cours.

IRLANDAIS, ALLEZ, ENCORE UN EFFORT POUR INVENTER LA FOI. LE MONDE SUIVRA.

On connaît presque toutes les turpitudes de l'Eglise apostolique catholique et romaine,

c'est même elle qui inventa le népotisme

en vertu de l'interdiction aux papes de baiser,

ils firent donc des neveux,

comme des gibbons passant d'arbres en femmes généalogiques.

Tout le monde sait que ces êtres plein d'amour ont collaboré avec Hitler et son étron Pétain, et bénirent l'Italie fasciste à l'assaut de l'Abyssinie. Et que les prêtres franquistes sont en voie de béatification ; les négationnistes presque réintégrés.

Tout le monde sait qu'ils ont protégé les pires nazis en collaborant, exfiltrant pour la CIA, - Staline n'étant pas plus fleur ;

qu'ils ne protégeaient les enfants juifs qu'au prix de leur conversion.

Ô les cloches de Notre-Dame déglinguant le silence à l'arrivée du Maréchal !

Fières devaient-elles être de leur boucan témoin de l'identité française.

Un nouveau truc pas gentil qu'on apprend après des décennies de viols sur enfants pauvres (pauvres, forcément) - les riches compenseront au denier du culte -

oui un truc, enfin c'est officiel (ce qui n'était que notoire) : l'impunité des curetons assurée par le Vatican et les politiques (avec flics et procureurs comme lèche-culs),

curetons censés évoluer en transcendance,

ils ont - entre confessions -, les serviteurs du divin, oui ils ont sorti leur bite, ce qui n'eût été que farce, ou naturelle miction, s'ils ne l'avaient introduite dans la misère.

Tout le monde le sait, vous aussi.

Allez faites baptiser votre bébé !... vous serez en règle avec le viol collectif des âmes et des anus, et n'oubliez pas les communions : il y est question de chair et de sang, de quoi tenir jusqu'au prochain jambon-beurre.

Quand je serai moins fatigué je parlerai des liens de l'Eglise, des banques et de la mafia (écoutez Bernard Lavilliers en sa chanson "troisièmes couteaux"),

ce n'est pas nouveau... le Moyen Âge : 1000 ans, l'impérialisme : tous les temps...

Notre seule arme : l'Insolence.

Ah, quand je vois ces multitudes serviles se rassembler autour du moindre pet papal, je sais que tout est perdu, sauf miracle.

Excuses officielles du Pape pour les viols d'enfants

Lien permanent : http://jeanmichelrobert.alainsimon.net/dotclear/index.php/2009/11/27/1626-encore-un-internude-non-lude-paskeu-j-ai-eu-la-flemme-de-continuer-la-saga-en-cours

vendredi 28 novembre 2014

Maintenant que je suis vieux,

que je ne possède rien que des livres, un ordinateur (pour combien de temps ?), et surtout un passé, je me dis que j'ai fait au moins mal. Entre les âges de 17 et 20 ans, j'ai exercé de tout petits pouvoirs, j'ai mesuré à quel point il était aisé de convaincre, pour peu qu'on ait face à soi des personnes en quête ; à quel point participer aux pouvoirs constitués conduisait inexorablement aux compromissions "stratégiques". Quelle honte ! Alors j'ai pris le parti des fainéants, non pas des indifférents, mais de ceux qui, venus au monde sans l'avoir décidé, sont sommés d'obéir et le refusent. Pas du tout compétitifs, carrières évanescentes... Mais solidaires des perdants du "Marché", qui sont souvent plus dignes que toute dignité médaillée. Je ne me connais de supérieur(e)s que ceux et celles que j'ai choisi(e)s, c'est ainsi que la hiérarchie de l'âme (laquelle n'appartient pas aux religions) se moque de la hiérarchie officielle comme une bernache d'une clef de douze. Pour l'anecdote, j'ai décidé de tout dire ("tout" à ma mesure) par le poème qui parfois est poésie, face à l'hypocrisie et à la tiédasserie qui tiennent lieu de conscience.

Tous les Empires se sont effondrés, de Trajan à Staline, de Paris à Dien Bien Phu... sans compter Alexandre... Il en sera de même de l'Empire étasunien relayé par les auxiliaires de l'Union européenne... Je ne connais, dans l'Histoire, de démocraties que la Commune de Paris, la Confédération iroquoise, la Catalogne anarchiste, les premiers soviets de 1917... et quelques autres, mais qui ont duré si peu, ou moins emblématiques... Il existe encore, peut-être, quelques tribus qui ignorent que nous existons... Le massacre fut ou sera (avec le temps... passé simple et futur compliqué se confondent) leur avenir. Ah, CIA, ITT, BP, TOTAL, DGSE, Kissinger, Jacques Foccart... Chers lycéens, vous apprend-on qui fut Lumumba, Mossadegh, Steve Biko, Thomas Sankara... tous frappés par nos "démocraties" ?

Certes, il en sera ainsi : l'effondrement de l'Empire capable, entre autres par la NSA, de violer n'importe qui dans le monde.

Il s'effondrera. Mais à quel prix, aujourd'hui que le glaive, César, peut trancher les étoiles ?

Je ne possède rien que du passé. Mais, on le sait, ça ne durera pas.

Ah, si la poussière, après son fou rire, pouvait pleurer, ça ferait une boue sacrée.

mercredi 26 novembre 2014

Voici donc le texte que m'a adressé "l'Agité", quelques mois

avant de rejoindre en Mémoire Bernard Dimey, Boby Lapointe, Felix Leclerc, Jean-Roger Caussimon... qu'il aimait tant, ainsi que toute musique des hauteurs.

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TEXTE DE CHRITOPHE RENOUARD -

Michel n'était pas un saint, loin de là ! Quand il partait sur un coup de tête, le soir, dans son bar à putes, sa femme me téléphonait parfois pour que je le conduise (j'ai toujours refusé : trop cher) ou m'invitait à attendre son retour. Faut dire qu'il avait la rentrée chaude et elle avait peur. Mais on s'en fout : l'hagiographe se moque de ces détails. Et puis elle était moche et con comme la mère Ubu. - A dire vrai, en ce moment où le quotidien est merdique, les distractions rares et l'avenir incertain, je me me remémore ce que j'ai reçu pour revoir le beau, le bon . Et j'ai d'autres hagios qui traînent dans ma tête, la nuit, à l'heure des douleurs solitaires et que je dicterais volontiers au matin ( à l'heure de la libération intestinale). Hamidou, ça lui plaît : ça le change des autres patients et des plaintes. On a l'autobiographie qu'on peut et ce que j'ai reçu m'a toujours plus ému que les anamnèses (au sens médical). Mais toutes ne sont pas du même thème. et je n'ai pas envie de phagocyter ton blog. - A toi te dire ! Dans un tout autre style, ce matin, en vengeance pure, comme Boby donnait un croissant au chien le Dimanche, j'ai dicté ça : je l'avais croisée 7 ans auparavant. Après 4 ans de chasteté volontaire, je l'ai recroisée. Elle m'a positivement charmé et séduit. 2 mois après, elle était enceinte d'un bébé surprise, inattendu. C'est ballot pour une Ass Soc du planning familial.




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Madame Guénau et Gaëthan. J'ai déformé légèrement les noms surtout celui de Mme Guénau mais M. Guénaud   il s'en fallut de peu mon cher... (le grand Georges). En fait, non, aucun risque : Madame G n'était pas une putain, ce n'était pas dans ses possibilités, trop usée . - Quand elle avait vraiment besoin d'argent pour une bonbonne de gaz ou de rouquin, comme d'autres dames du même lieu, elle allait faire le ménage  chez un épicier, couscous, marchand de sommeil, meublés etc. Immonde personnage qui faisait crédit à double la semaine = 2 fois plus cher. Mme G et d'autres s'en foutaient : elles n'avaient pas appris à lire ni à compter. Sa richesse était son enfant, enfin celle qui vivait encore. Ah! Elle aussi était bien fatiguée, déformée par le saf et les coups reçus des visiteurs du soir et son visage était triste. - Ces personnes étaient sous la responsabilité de Mme P : une autre hagio nécessaire, la mère de mon meilleur ami fjp, évoqué chez Michel. - Elle protégeait tant qu'elle pouvait ces femmes, enfants et hommes des services sociaux, alors même qu'elle était Ass Soc., et même prof d'AS. - J'ai traîné chez eux pas mal d'années, et certains sont devenus des proches. D'ailleurs, Jean-Mi, parmi mes 40 convives de mes 40 ans, tu as rencontré 4 ou 5 enfants et un couple adulte. - Pour nous permettre d'avoir de l'argent en plus des bons caf, nous allions taper les grandes familles du coin, héritiers de la richesse du XIXe et modelés par la dse. Pour cela, parfois nous devions bien accepter qu'ils entrent et visitent un ou l'autre foyer. Certain(e)s s'habillaient comme pour un safari; d'autres restaient eux-mêmes : du meilleur chic, grands patrons ou notaires. - Gaethan + ou - 40 ans, je le connaissais un peu par mon père, relation professionnelle.  Nous lui avions parlé d'un projet. Parlé et budgété ! - Il est venu, flanqué de l'AS de sa boîte. Il savait que ça ne nous plairait pas. Salut ch et tout bas désolé pour l'as mais c'est une exigence du CE, salut fjp, bonjour Madame bonjour Monsieur et il a fait le tour des 10 ou 12 personnes, embrassant les enfants qui voulaient bien, en serrant la main de chacun avec une légère inclinaison du buste. - Parmi eux, Pat  a dit : « Si j'avais su , j'me serais lavé ce matin. » Là, Catherine, 7 ans d'âge civil alors, (elle, tu l'as vue, Jean-Mi), a sorti bien fort en regardant l'AS debout et à l'arrière du groupe: C'est quoi , ça ? FJP : Ca, c'est une AS. Catherine : Ca fait peur et puis c'est môche. Moi : peut-être mais c'est elle qui dira oui ou non pour les vacances : Gaethan ne peut pas décider seul. Alors Catherine est allée s'asseoir sur les genoux  du patron et lui a fait de gros câlins. Et Pat de rajouter Et puis elle est pas polie : si ma fille rentrait chez des gens sans dire « Bonjour », j'lui aurais fichu une sacrée paire de baffes. - Patricia était bonne comme du pain blanc mais peu douée pour la diplomatie avec les services sociaux. Du coup,  on lui volait temporairement mais régulièrement un ou plusieurs enfants pour leur bien. - l'AS vexée : Bonjour à tous. Vous savez, je milite à ATD Quart-Monde. Exacte copie de la voisine des Arple (in mon oncle, de Tati) qui dit à Gérard tu sais, je connais de belles histoires. Silence général. Nous 3 inclus. Il y a des moments où toute parole est vaine, comme on dit lors d'un décès. Et là, c'était vraiment un enterrement de première classe ! Aucun n'a rien demandé  à Mme P ni FJP ni moi : ces personnes étaient chez elles, et, par principe, nous n'intervenions qu'à leur demande ou pour protéger un enfant ou un adulte. - L'AS a insisté Si !  ATD 1/4 monde, vous connaissez certainement . FJP Déjà, le 1/3 monde pas certain qu'ils aient eu le temps de visiter. Et Gaëthan de conclure : J'crois qu'ils s'en fichent du tiers comme du quart, d'ATD.'' -

Alors, sortant de sa torpeur de mauvais rouge et de lassitude existentielle, Mme Guénau a dit : Si, si, on les a vus à la télé y'a 2 ou 3 ans avec ch et FJP.(nb : la marche du siècle). Même qu'après, ils nous ont expliqué que c'était un truc créé par des riches et des curés pour remplacer... ah! j'sais plus mais c'est en allemand. Si, j'me souviens : Lumpenprolétariat c'est écrit aux wc. Vous vous souvenez ? quand on a rien d'autre que ses enfants et que les riches veulent nous les prendre. (je concède aisément que notre culture politique à fjp et moi était très sommaire ! ) -

Ah ! Mme Guénau, vous nous avez tant récompensés, tant confortés ce jour-là : Toutes ces heures à papoter de tout et de rien autour d'un café,  à essayer d'être en humanité ensemble, malgré nos différences et vous, le cerveau abîmé par les coups de poings et de vin, vous nous l'avez offert. -

Vous ne saviez pas lire les paperasses en français mais vous citiez Marx ou Engels (?) en Allemand. Et à bon escient !

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Mme Guénau est morte. Si le paradis existe, elle saura expliquer à Marx et Engels la réalité de leur théorie. - Enterrement de sous-pauvre : juste 15 ou 20 sous-pauvres, le doc, Mme P,fjp et moi. Et un vieux curé en retraite qui a même accepté, malgré ses réticences, de dire le Credo en latin car  ça fait plus sérieux et consommer beaucoup plus d'encens que nécessaire. - Quelques fleurs du parc et du jardin de mes parents. Rien d'autres.  Ah si ! Une caisse de 12 Château Margaux pour le repas de funérailles. Gaëthan avait déposé ça comme d'autres mettent 2 francs à la quête. - On a tél pour l'inviter au repas : Non,merci,  je suis un étranger de la famille mais si on m'invite encore, je reviendrais volontiers... seul!

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Mme Guenau ne lisait pas le français mais elle parlait Allemand et mourait en Latin. Sa fille a été prise en charge par un service soc, en foyer. 5 mois après, elle a rejoint sa mère, la tête dans une cuvette de wc chargée d'harpic. Enfin libérée de l'ennui.

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Ecce Homo : l'agité., moi... L'agité a demandé à son infirmier de lui relire ses dernières hagiographies. De prime abord, il n'était pas enchanté : récemment installé en libéral , tout ce qui commence par Agio le répugne... Il a accepté par gentillesse, et il en avait déjà tapé pour moi. - En écoutant donc ces hagios, ; sur mon trône ; tel un roi,  l'agité s'est aperçu qu'il parlait beaucoup de lui. Autant assumer et, sans fausse pudeur, écrire mon hagiographie : on n'est jamais si bien servi que par soi-même !

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A sept ans,  à la rentrée, la maîtresse nous avait demandé d'écrire 1, 2 ou 3  métiers rêvés qu'on voulait faire, en nous laissant la journée pour y  réfléchir. Elle m'a redonné mes papiers avec ses commentaires quand elle a vidé ses placards  pour finir dans un mouroir : - " Mes 3 rêves : 1-  être maman. 2- docteur pour les enfants qui vont pas à l'école. 3- saint comme Dom Helder Camara.'' - Elle m'a parlé gentiment, seule à seul - c'était une excellente douce personne dont le nom signifiait fleur bleue.  Maman lui avait posé problème, ce qui se comprend aisément :  tu sais que maman ce n'est pas possible. Elle a noté ma réponse dans son cahier personnelle : Oui, je sais mais vous avez demandé nos rêves. Il te reste docteur pour enfants handicapés ou saint pour les pauvres. Ou les deux en même temps. Dans son cahier perso, elle a aussi ajouté : Je lui souhaite vraiment les deux.

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Avant-texte : je cite ce  Grand Professeur, chir (dont je tais le nom) : lors d' une remise de médaille des plus importantes et méritée. Après les panégyriques d'usage où l'on avait rappelé tout ce qu'il avait découvert et apporté dans sa spécialité, il dut prendre la parole et promit, comme chacun, d'être bref. - Et il le fut !... La découverte dont je suis le plus fier, bien qu'elle soit  ancienne, reste encore d'avoir trouvé, seul, le chemin du sein nourricier de ma mère. Voilà, j'ai fini. Merci d'être venus. Le buffet est ouvert.

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L'agité n'a pas une telle humilité. Aussi, son auto-hagiographie sera plus longue, 3 fois plus longue ; 3 actes humanisants dont le souvenir qui me dissipe parfois de la profonde vanité (au sens Qo :Tout n'est que buée et poursuite de vent ).

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a-   L'agité psychotrope. Je me suis assis à la place du conducteur, son père, éjecté-mort lors de  l'accident .  J'ai tenu sa main et , sans doute, le coeur et l'âme de cette gamine , restée place passager, boîte crânienne ouverte. Les secours arrivés peu après m'ont dit que toute intervention était inutile et que c'était fini. Ils m'ont permis de rester quand même car on se connaissait : c'est  eux qui m'avaient formé en 3e et 4e année de secourisme.

- Notre coeur-à-coeur a duré et dure encore   entre 36 ans de ma vie  et son éternité.

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b- L'agité maïeuticien. Un mois de  Février, l'agité se promenait, plateau de la Margeride ou de Sauveterre. - Une bétaillère s'arrête : chic un stop-spontané ! La jeune femme : -'' Tu peux me conduire à Florac ?" - '' J'ai pas le permis. - ' M'en fous! Tu peux me conduire ou pas ? - 'Oui, je sais vous conduire.'' (où l'on notera le belgicisme spontané de l'agité dès qu'il est troublé : je peux , je sais. On n'a pas réussi à atteindre Florac d'une traite, même de brebis, malgré la bétaillère. Sa voiture en panne, elle était retournée prendre la bétaillère. Mais Bébé n'avait pas prévu d'attendre ce retard technique. - On s'est installé à l'arrière, c'est plus grand : la bétaillère a cet avantage. Elle et son Bébé ont créé la vie, seuls devant mon corps frémissant et tremblant comme un agnelet dans la neige. - Seuls, ou presque, Bébé était bleu : cordon entouré autour du cou, manque d'air. L'agité a déroulé le cordon et lui a soufflé dans les bronches. C'est là toute son intervention. Elle a pris Bébé sur elle et on est parvenu  à rejoindre Florac, Ils ont été pris en charge. Elle, complètement usée et sous sédatif. Lui, au chaud. - On m'a demandé le nom de la mère. "J'sais pas. Le nom et prénom désiré pour Bébé. "J'sais pas. Le nom du père. " J'sais pas. " Enfin,  vous connaissez votre nom quand même ? Oui, mais je ne suis qu'un touriste. - J'ai demandé à m'asseoir et j'ai eu un café. C'est votre premier ? Ce n'est rien, c'est l'émotion. - Oui, c'était mon premier... - Après j'ai su répondre : ''La maman est américaine ; elle s'appelle Ford, Betty Ford . Mais son diminutif usuel est : « Bed » (hommage à la bétaillère). Bébé, si sa Maman est d'accord se nommera comme dans son pays : Zéboullon Peen-O'schet, comme le général mais avec une autre torthographie : (Zébulon c'était pour tounicoti tounicota  comme son cordon et Pinochet pour m'en moquer.) et j'étais certain que ça ne passerait pas à la mairie, même en cas de décès de Maman. Mon nom à moi est   Tito (surnom d'enfance) Utalii (= étranger en swahelii). Vous voyez, seul Bébé est vraiment Français.'' -

J'ai laissé les clés de la bed à l'accueil : trop d'émotions : il me fallait absolument prendre un bain de béquilles dans la neige. - J'ai téléphoné quelques jours plus tard, de Millau. '' Bébé va très bien, sa maman aussi. Elle nous a raconté ; elle  aimerait  vous remercier. - Je sais comment : en changeant le prénom de Bébé. - De toute façon, ça ne sera pas accepté : vous vous en doutez bien ! - Madame, remerciez la mère de ma part  : puceau et déjà Papa, c'est rare. - Ca nous  arrive parfois,  avec des filles des Causses.' - Ouais, comme Marie ? Vierge et mère.'' - Ca, j'm'en fous... mais bravo, jeune homme. Dites: vous vous êtes quand même bien foutu de moi ! '' - Je n'ai jamais eu ni cherché à avoir des nouvelles, peur d'être déçu de ses choix ou triste de sa vie ou de tomber amoureux...

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c- L'agité usurpateur et tueur. Dans certaines communautés de bénédictins, le dernier office (complie) s'achève sur ces simples mots : Donne-nous la grâce d'une bonne mort. Ca m'a toujours épaté, ces fort gaillards à l'âme bien trempée, entrer dans le silence et la nuit avec une demande aussi banale. - L'agité a usurpé la place de Dieu : il a tué et donné la grâce d'une bonne mort. A un vieil homme fatigué. - Après échange et accord plus ou moins exprimé de son fils : ce type de parole ne pouvait pas s'exprimer nettement mais le regard , si. Avec aussi  les dits et non-dits du très humain médecin de famille : l'air de rien, sauf de douceur, il m'avait expliqué de ne surtout pas mélanger tel et tel médication : Cela risquerait de l'endormir à jamais ou pour toujours. Avec la bru, bien présente et humaine, surtout. - Nous avons passé des nuits, en alternance, à veiller ce vieil homme, humecter ses lèvres, le caresser etc. Elle lui chantonnait parfois des berceuses du début XXe. Moi, je passais l' ave verum corpus de Mozart sur mon petit radio-cassette. - Quand il sortait de son trop profond sommeil, on sentait qu'il en était détendu. Et ils nous réclamait. non,il nous quémandait, nous implorait.On le sentait. Ses yeux étaient opaques, ses bras inertes mais son attitude envers moi suffisait à susciter la jalousie de ses 3 filles qui s'en occupaient depuis si longtemps, la journée. Il parvint, Dieu sait comment à m'orienter vers un coin de sa pièce, chargé d'objets et de dossiers. J'ai décidé de lui mettre sur le torse et lui faire toucher ces objets. La nuit, bien sûr, dans la crainte qu'une des 3 filles me surprenne en plein vol. - Les papiers, dossiers ? Un testament ? Non. Ses médailles de 14-18 ? Non plus. Je vous épargne l'inventaire de 50 ans de souvenirs. Je me suis attaqué aux tableaux. Rien. J'ai démonté les lustres et les appliques. Il a serré ses doigts sur l'une, ralliant des forces que nul n'imaginait encore possible: Un simple angelot en laiton dont les mains suspendent deux ampoules. Je lui ai laissé, le cachant dans sa couche et j'ai posé sa main dessus. (NB stupide : je l'avais coupé de l'électricité et enlevé les ampoules !) - Puis j'ai repassé l'Ave verum. Là, il fut complètement détendu, parvenant même à entrouvrir une lèvre. Il voulait s'exprimer. Très intimidé, de peur de le replonger dans la nuit, de l'égarer, j'ai tenté : C'est la musique ? puis '' C'est l'angelot ?" Je ne sais pas comment il m'a répondu mais c'était ça : les deux réunis. - Le bon doc est venu, comme chaque jour vers 6h30, avant sa propre toilette, sa tournée et l'agitation de la maison. Il s'est assis sur le lit et lui a dit Monsieur, vous avez l'air paisible et heureux ce matin. Ca me fait plaisir. Puis il me demanda, plein de douceur : Vous vous êtes trompés dans les doses ? « Non docteur, il m'a demandé son angelot et ma musique. » Alors, au vieil homme : Monsieur, je peux avec vous ? '' J'ai démailloté l'ange de la couche et on a posé nos 3 mains ensemble;  j'ai fait jouer l' Ave verum. - Vous êtes avec les anges et vous les entendez chanter. C'est ça.? - Le doc m'a glissé Si ce n'était pas impossible, je jurerais avoir vu une larme couler. Moi aussi, Docteur, au moins de votre oeil..

Puis, au vieux : ''C'est long, hein, Monsieur. - Je sais. - Je ne vous ai jamais menti :  la nuit prochaine, les ailes et le chant des anges vous porteront avec eux. Je vous le promets .'' Puis il lui demanda s'il pouvait l'embrasser et lui dit Au revoir, Monsieur . Je vous aime bien.. - Dans le couloir, il me demanda: ''Ca va aller, vous? - Merci docteur, merci pour tout ;  mais ça va aller : c'est lui qui me donnera la force. - Puis il sortit un flacon entamé, un truc contre l'acnée, je crois... - Prenez ça quand même dans votre poche. On ne sait jamais. Avec ce flacon, personne ne vous inquiétera. Enfin : cette nuit, je dors au cabinet. Vous connaissez mon numéro. Bon courage, Monsieur.'' Et il m'a baisé le front , geste qu'il me refit longtemps après dans une autre circonstance. - La nuit suivante, sans rien expliquer, j'ai proposé à son fils et à sa bru de venir. Ils avaient évidemment compris. Et nous avons écouté l'ave verum, les mains entourant l'ange sur son maigre ventre. - A 5 heures tapantes, j'ai demandé  au fils un verre d'eau. Il n'était pas dupe et j'ai eu le temps de faire l'injection antiacnéique. - Il revint et se pencha sur son père. - In seinem Armen, das Vater war tot (d'après Goethe : der Erlkönig) - L'angelot est dans ma pièce, accroché face à mon lit. J'ai mis une photo.

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Fin de l'hagiographie de l'agité. - Sur mes 3 rêves d'enfant, j'ai dû renoncer aux deux premiers. Ne me reste plus que la sainteté, mais je m'en fous désormais. Non parce que je l'ai déjà atteinte. Non parce que ça ne rapporte pas assez. Peut-être parce que celle des autres me nourrit plus. -

C'est long, je sais, mais c'est ma vie. Et Jean-Mi peut couper.

jeudi 20 novembre 2014

Deo gratias

Entouré de ces milliards de galaxies, corpuscule de l'Histoire fourmillante de massacres, d'épidémies, de famines, de séismes... bref, de catastrophes naturelles et humaines, - n'est pas humble qui se croit miraculé.