Jean-Michel Robert

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dimanche 31 août 2014

Joli conte.

LE PAPA : "Il était une fois, un enchanteur qui se demandait s'il valait mieux, en ce jour pourri, se tuer, tuer les autres, adopter un chien, adopter au hasard, renoncer aux saisons, vider les couleurs, chatouiller les orages... et autre trucs très intelligents. En fin de compte, bon bougre, il s'inscrivit au chômage : formation bricoleur.

Bonne nuit, mon enfant.

Ou Bonjour : je sais plus trop.

L'ENFANT : Merci Papa, j'adore quand tu mens mieux que moi."

Jeune fille, jeune garçon,

pour cette fois, accorde un peu d'attention à cette expérience d'un vieux : ne crois pas aux manuels officiels... Cherche avec celles et ceux que tu aimes et qui ont montré courage.

Révolte-toi toute ta vie, sinon ta vie ne sera qu'une molécule de l'infiniment nul (Merde, mes propos, on dirait de l'Ancien Testament).

Que tout cela ne t'empêche pas de rire, d'aimer, d'être aimé(e) : une vie, une seule, dans l'éternité... On fait ce qu'on peut.

(Tout ce qui précède n'est pas une leçon mais un simple chagrin).

samedi 30 août 2014

Boris Vian, "Le déserteur" (2)

"Monsieur le Président Je vous fais une lettre

Que vous lirez peut-être Si vous avez le temps Je viens de recevoir Mes papiers militaires Pour partir à la guerre Avant mercredi soir Monsieur le Président Je ne veux pas la faire Je ne suis pas sur terre Pour tuer des pauvres gens C´est pas pour vous fâcher Il faut que je vous dise Ma décision est prise Je m´en vais déserter

Depuis que je suis né J´ai vu mourir mon père J´ai vu partir mes frères Et pleurer mes enfants Ma mère a tant souffert Elle est dedans sa tombe Et se moque des bombes Et se moque des vers Quand j´étais prisonnier On m´a volé ma femme On m´a volé mon âme Et tout mon cher passé Demain de bon matin Je fermerai ma porte Au nez des années mortes J´irai sur les chemins

Je mendierai ma vie Sur les routes de France De Bretagne en Provence Et je dirai aux gens: Refusez d´obéir Refusez de la faire N´allez pas à la guerre Refusez de partir S´il faut donner son sang Allez donner le vôtre Vous êtes bon apôtre Monsieur le Président Si vous me poursuivez Prévenez vos gendarmes Que je n´aurai pas d´armes Et qu´ils pourront tirer"

"Pauvre Boris" de Jean Ferrat

"Tu vois rien n'a vraiment changé Depuis que tu nous a quittés Les cons n'arrêtent pas de voler Les autres de les regarder Si l'autre jour on a bien ri Il paraît que " Le déserteur " Est un des grands succès de l'heure Quand c'est chanté par Anthony Pauvre Boris

Voilà quinze ans qu'en Indochine La France se déshonorait Et l'on te traitait de vermine De dire que tu n'irais jamais Si tu les vois sur leurs guitares Ajuster tes petits couplets Avec quinze années de retard Ce que tu dois en rigoler Pauvre Boris

Ils vont chercher en Amérique La mode qui fait des dollars Un jour ils chantent des cantiques Et l'autre des refrains à boire Et quand ça marche avec Dylan Chacun a son petit Vietnam Chacun son nègre dont les os Lui déchirent le cœur et la peau Pauvre Boris

On va quitter ces pauvres mecs Pour faire une java d'enfer Manger la cervelle d'un évêque Avec le foie d'un militaire Faire sauter à la dynamite La bourse avec le Panthéon Pour voir si ça tuera les mythes Qui nous dévorent tout du long Pauvre Boris

Tu vois rien n'a vraiment changé Depuis que tu nous a quittés"

"Je mourrai d'un cancer à la colonne vertébrale" (Boris Vian).

Je mourrai d'un cancer de la colonne vertébrale Ça sera par un soir horrible Clair, chaud, parfumé, sensuel Je mourrai d'un pourrissement De certaines cellules peu connues Je mourrai d'une jambe arrachée Par un rat géant jailli d'un trou géant Je mourrai de cent coupures Le ciel sera tombé sur moi Ça se brise comme une vitre lourde Je mourrai d'un éclat de voix Crevant mes oreilles Je mourrai de blessures sourdes Infligées à deux heures du matin Par des tueurs indécis et chauves Je mourrai sans m'apercevoir Que je meurs, je mourrai Enseveli sous les ruines sèches De mille mètres de coton écroulé Je mourrai noyé dans l'huile de vidange Foulé aux pieds par des bêtes indifférentes Et, juste après, par des bêtes différentes Je mourrai nu, ou vêtu de toile rouge Ou cousu dans un sac avec des lames de rasoir Je mourrai peut-être sans m'en faire Du vernis à ongles aux doigts de pied Et des larmes plein les mains Et des larmes plein les mains Je mourrai quand on décollera Mes paupières sous un soleil enragé Quand on me dira lentement Des méchancetés à l'oreille Je mourrai de voir torturer des enfants Et des hommes étonnés et blêmes Je mourrai rongé vivant Par des vers, je mourrai les Mains attachées sous une cascade Je mourrai brûlé dans un incendie triste Je mourrai un peu, beaucoup, Sans passion, mais avec intérêt Et puis quand tout sera fini Je mourrai.

Boris Vian

Il mourut du coeur : il s'en doutait. ( "Il n' y a pas de cancer du coeur" Patice Delbourg ).

Moi qui suis moins doué, je mourrai de l'humble cancer des fumeurs ( Gauloises brunes sans filtres si vous m'en adressez...), comme tous mes oncles et mon père. Je n'ai d'ailleurs jamais rêvé de vivre très vieux. Plein de rides et ignoré des JEUNES femmes. Un trou, en fin de compte, c'est pas mal pour philosopher à vide.

Jean-Michel

vendredi 29 août 2014

Pouquoi n'est-on pas plein de haine ?

Pour Eric.

Parce qu'il y a encore des gens qui vous prennent en stop : ils ont vu que vous aviez très mal au genou, ils sont donc attentifs aux autres : les inconnus. Parce qu'il existe encore des associations de bénévoles, avec ce que ce terme comporte de Bien souvent inconscient, parce qu'il est des amis qui ne sont pas morts et qui pensent à vous, vous écrivent même des lettres, ce qui se fait rare. Parce que tant de gens nous ont donné beaucoup sans penser à quelque "remboursement"... Simplement un truc qui se dit poésie.

Parce qu'on pense à tous les fous rires, aux cris des enfants pas sages, aux animaux, les végétaux respectueux d'être, juste être ; à l'odeur de l'herbe du petit jour. Le petit jour que je suis parfois.

Nous sommes en guerre...

Ainsi tout banquier, gros actionnaire, haut fonctionnaire, policier gradé, procureur, juges médaillés sont des ennemis. Ne sont-ce pas eux, ou leurs pères spirituels qui organisèrent la rafle du Vèl'd'Hiv' ? Le matraquage des étudiants, des ouvriers, la noyade en Seine des Algériens, les écrasés du métro Charonne, l'arrestation brutale des étrangers sans papiers à la queue des soupes populaires... Le napalm ... Quand on choisit comme métier celui d'obéir, on est un criminel en puissance, puissance qu'ils ne se sont privés d'exercer : assassins de familles juives, de la grand-mère jusqu'au bébé, sans compter les homosexuels, les syndicalistes, les militants de gauche, les Tziganes... et même les patriotes de droite... Beau travail des fonctionnaires "français" qui eussent tous mérité une balle dans la tête... Mais on manquait de pain, de munitions et de petits chefs pour reconstruire cette belle France. Aujourd'hui, ils imposent LEUR Europe. Bon courage, les enfants. (Au fait, les enfants, vous a-t-on appris que Clemenceau, "le tigre", a envoyé la troupe massacrer les Mineurs du Nord ? A refusé les propositions de Paix de l'Autriche, et, ensuite de l'Allemagne, en 1916-1917 ?... Deux ans encore de chair, très jeune chair humaine sacrifiée.(Je respecte bien trop les félins : ni chat ni tigre n'a fait autant de victimes que ce gâteux féroce, à belles moustaches, appelé Clemenceau).

1: (Si tu choisis d'être flic ou militaire, tu choisis d'obéir aveuglément... Les de Gaulle sont rares en vos rangs, et je ne connais guère de préfets dignes de Jean Moulin, quant aux sous-préfets, je ne connais aucun enfant qui rêve de le devenir).

2 : (Renseigne-toi sur tous les massacres et pillages coloniaux de nos "démocraties").

mercredi 27 août 2014

Hans et Sophie Scholl, vous n'en avez probablement

jamais entendu parler: les "historiens" adorent le silence, leur silence. Les Roses Blanches, mouvement allemand, antinazis, mené par des gosses ! Bonne retraite, chers vivants ! ""C'est incroyable la vitesse à laquelle on s'habitue à l'horreur..." Sophie

Mon frère.

J'ai un petit frère. Quand je dis "petit" ce n'est en aucun cas réducteur, car, dans sa vie, il a été souvent plus grand que moi... J'aime bien dire : "mon petit frère", ça me rend l'impression idiote que je peux le protéger, comme avant sa naissance, quand je voulais qu'on le nomme Ivanhoé.

Ma mère,

femme douce et honnête, bien qu'elle a vécu le pire, n'aime pas mes "coups de gueule". La violence, même juste verbale, lui fait peur, même juste. Petite, elle a subi tant de bombardements : elle a raison de détester la violence, sa vie le prouve... même si moi aussi j'ai raison, et en ai honte. Ma mère est belle.

mardi 26 août 2014

En cet univers,

tout plein de galaxies, on est bien peu de chose, sauf, qu'à notre infime niveau, on aime, et donc on hait. C'est ce "on" qui agite l'imperfection. Tout cela finira mal, et c'est fort bien. Sauf pour la poussière qui souffre.

Tous les gens qui s'agglutinent pour révérer le pape sont des cons,

pire : des pauvres cons. Pire encore : certains feront des enfants, livrés au catéchisme ; pire encore pire : à l'école privée religieuse... Pire plus pire que moins pire : face à eux-mêmes, crucifiés dès la naissance, comme al-Hallaj.

Leçon de morale (à partir de 7 ans révolus : âge, dit-on, "de raison")

"Jouir et faire jouir sans faire de mal à soi ni à quiconque, voilà, il me semble, le fondement de toute morale."

Chamfort

Je cite de mémoire, mais les mots importants sont là.

Deux exemples de vraies démocraties (contemporaines) :

La Commune de Paris, et les Anarchistes espagnols. Si vous trouvez mieux, faites-moi la gentillesse de vos informations. Pour l'heure, je suis malade et très fatigué, ce qui justifie mon absence sur les barricades qui, décidément, ne s'élèvent pas.

Le sabre et le goupillon (Jean Ferrat) Camarade (Jean Ferrat)

Comme cul et chemise comme larrons en foire J'ai vu se constituer tant d'associations Mais il n'en reste qu'une au travers de l'histoire Qui ait su nous donner toute satisfaction Le sabre et le goupillon L'un brandissant le glaive et l'autre le ciboire Les peuples n'avaient plus à s'poser de questions Et quand ils s'en posaient c'était déjà trop tard On se sert aussi bien pour tondre le mouton Du sabre que du goupillon

Quand un abbé de cour poussait une bergère Vers des chemins tremblants d'ardente déraison La belle ne savait pas quand elle se laissait faire Qu'ils condamnaient l'usage de la contraception Le sabre et le goupillon Et maintes éminences et maints beaux capitaines Reposaient le guerrier de la même façon Dans le salon chinois où Madame Germaine Grâce à ses pensionnaires réalisait l'union Du sabre et du goupillon

C'était le temps rêvé de tous les militaires On leur offrait des guerres et des expéditions Que de manants joyeux sont partis chez Saint-Pierre Le cœur plein de mitraille et de bénédictions Du sabre et du goupillon Quand ils s'en revenaient et d'Asie et d'Afrique Ils faisaient régner l'ordre au sein de la nation Les uns possédaient l'art d'utiliser la trique Les autres sans le dire pensaient qu'elle a du bon Le sabre et le goupillon

On n'sait plus aujourd'hui à qui faire la guerre Ça brise le moral de la génération C'est pourquoi les crédits que la paix nous libère Il est juste qu'il aillent comme consolation Au sabre et au goupillon L'un jouant du clairon l'autre de l'harmonium Ils instruiront ainsi selon la tradition Des cracks en Sambre et Meuse des forts en Te Deum Qui nous donneront encore bien des satisfactions Le sabre et le goupillon.


"Que venez-vous faire, Camarades,

Que venez-vous faire ici ?

Ce fut à cinq heure, dans Prague,

Que le mois d'août s'obscurcit."


Je me souviens du mois d'août 1968. Nous avions reçu des jeunes Tchécoslovaques, et nous ne savions pas, n'osions pas leur dire que leur pays venait d'être envahi par les Soviétiques, militaires soviétiques : ces brutes enfants de Staline, du sabre, de la foi moustachue, et non, et surtout pas du Communisme (comme certains "historiens" le savourent à dire)...

lundi 25 août 2014

Uaujourd'hui (l'erreur d'orthographe est volontaire)(fragment du journal "d'un peu")

Uaujourd'hui n'est pas un jour ni un hui, c'est moi.

Savez-vous l'étymologie d'aujourd'hui ?... Ca vous laisserait rêveurs, c'est-à-dire non compétitifs, c'est-à-dire indignes des marchés,

donc de la vie mortellement tiédasse.

Les oiseaux, les chats errants, les chiens sympas, les pâquerettes, les coquelicots, des enfants inconnus me parlent... et je ne leur dois rien qu'un peu d'âme. Ils ne me doivent rien qu'un peu.

Si peu. Si nous.

dimanche 24 août 2014

Poème peu appris au collège.

Boris Vian

"Tout a été dit cent fois

et beaucoup mieux que par moi

aussi quand j'écris des vers

c'est que ça m'amuse

c'est que ça m'amuse

c'est que ça m'amuse

et je vous chie au nez"

Boris Vian ( "Je voudrais pas crever" livre publié à l'époque par le courageux Jean-Jacques Pauvert)

Je suis un peu gonzesse,

parce que je pleure quand je ne peux tuer. Faire face à tous ces crimes, ces êtres puants de pouvoir, d'argent, de diamants, d'or... et de bonne éducation...m'inspire une juste et vaste haine. Mais je n'ai pas les armes, ce sont eux qui les vendent... avec la bénédiction de nos élus, de nos élus, avec notre bénédiction, donc... Dieu en plus, avec le Pape et ses anges habillés en fraises. Oui, je suis un peu gonzesse, parce que je pleure, parce j'aime et parce que je hais ; je suis même, si j'ose, à moitié femme : un homme total.

Si la France

avait un minimum de dignité, elle jugerait tous les présidents, députés, sénateurs, juges, procureurs, banquiers, gros actionnaires qui ont tué tant d'humbles personnes. Mais la France n'a plus, depuis longtemps, la dignité des Révolutionnaires de 1792-93, elle a massacré les Communards, les Noirs africains, les Noirs esclaves, les Asiatiques, les Indiens d' Amériques et les Indiens de l'Inde... Enfants des génocides, vous êtes innocents, mais vous devez savoir, et devenir la belle gueule de la révolte. Moi je ne suis plus de ce monde, je ne suis plus qu'une voix que le cancer ne manquera pas de magnifier.

"Enivrez-vous" (Baudelaire), poème soigneusement caché aux élèves.

" ENIVREZ-VOUS

Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous !

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge ; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise."

"Il fait un froid structuraliste" (Yves Martin)

Yves Martin

Pour qui veut se flinguer, un problème se pose : ce monde est dégueulasse, tout forcément finira mal, le Rien déjà a colonisé une sacrée part de notre espace-temps, on n'enseigne plus l'Histoire, on n'enseigne plus la littérature que dans ce qu'Yves Martin appelait "Un froid structuraliste", les révolutions sont toutes détournées au profit des mafieux et/ou des fanatiques, quant à l'amour fou... Bref, qui veut se flinguer ne devrait pas hésiter. Pourtant il ne se tue pas (pas lui), juste parce qu'il connaît des gens bien. Ces gens sont d'ailleurs si bien qu'ils n'imaginent même pas sauver une vie.

(On peut, dans le froid structuraliste, analyser l'adverbe "Bien" qui, quand il n'est pas nom commun - "Mon bien, mes biens, les biens collectifs, bien mal acquis..." - se comporte comme adjectif qui ne s'accorde pas : dit-on "Un femme bienne" ?)

Jean-Michel (linguiste enrhumé)

samedi 23 août 2014

Si, en définitive, j'ai une lettre à écrire :

Monsieur le Président,

Je vous fais une lettre que vous ne lirez pas, puisque vous ne fréquentez plus que des "communicants", faute de camarades.

Monsieur le président, vous êtes un menteur, un lâche, un mou, un nul, un traître, "flamby" vous va bien : vous n'entrez dans l'Histoire que par vos histoires de cul(s) et de complicité avec le Capital auquel vous avez donné 40 milliards d'euros pendant que les travailleurs pauvres et les chômeurs crèvent de faim et de froid dans la rue (pas la vôtre). Mais vous n'en avez rien à foutre, les pauvres ne dynamisent pas une carrière. Vous êtes une figure de l'immondice humaine, pire que Sarko, car lui, au moins, avait la franchise de dire qu'il gouvernait pour ses amis milliardaires.

Vous vous prétendez socialiste. Jaurès, s'il le pouvait, vous chierait dans le nez, ce qui vous obligerait à ouvrir la bouche énonçant la sincérité des excréments qui vous habitent de l'anus jusqu'au "socialisme" .

"Flamby", tout bien réfléchi, vous ne méritez même pas ça, parce beaucoup d'enfants trouvent ça bon, le "Flamby".

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, ma plus sincère nausée de savoir que vous vivez.

Jean-Michel Robert

Comme aujourd'hui je n'ai rien à dire,

je vous prie d'aller lire mon billet concernant Bashung et Christophe qui sont, aujourd'hui, plus intéressants que ma mauvaise humeur (billet du 22:08.). Vous pouvez aussi trouver un inédit de Saint-Mars publié sous le titre "C'est étonnant" toujours en ce mois. Bonne bourre.

vendredi 22 août 2014

Bon, y en a assez des demi-mots...

Saint Paul était un fasciste avant l'heure, tueur de juifs chrétiens, et qui, à la suite d'une chute de mule devint chrétien fanatique, hurleur et misogyne (lire ses épîtres). La plupart des prêtres et de leurs dupérieurs hiérarchiques (le "d" est volontaire), ont plein la gueule de saint Paul. Mais lisez, lisez saint Paul... au mieux, vous rigolerez tant cet être méprise tout amour d'homme à femme, réciproquement ; cet être, au total, hait les corps. Votre corps. Et vous allez encore écouter ces fayots qui vous font messe, pire : vous confessent. D'ailleurs, publiquement, ils vous considèrent comme leurs brebis... Bêêê, bêêê... Voilà votre foi (en latin).

Jean Tardieu

Connu surtout pour son poème " La môme Néant". Je tiens à mettre au jour un texte très éloigné de la naïveté.

"LES MOTS DE TOUS LES JOURS

Il faut se méfier des mots. Ils sont toujours trop beaux, trop rutilants et leur rythme vous entraîne, prêt à vous faire prendre un mur - mure pour une pensée.

Il faut tirer sur le mors sans cesse, de peur que ces trop bouillants coursiers ne s'emballent.

J'ai longtemps cherché les mots les plus simples, les plus usés, même les plus plats. Mais ce n'est pas encore cela : c'est leur juste assemblage qui compte.

Quiconque saurait le secret usage des mots de tous les jours aurait un pouvoir illimité, - et il ferait peur."

Jean Tardieu

J'ai froid aux mains.

L'âme va-t-elle jusqu'au bout des doigts ? Ce serait une explication : à âme glaciale, mains froides... Au fait, avez-vous vu le film "Luke la main froide", Paul Newman. Certes, je ne suis pas aussi beau que lui, mais il a incarné en ce film la révolte absolue. Avec un talent proche de la foi. Moi ça commence par les mains... la tronche suivra.

Mourir

Pour les privilégiés comme moi -sauf accident ou héroïsme forcément inattendu(s)- la mort n'est qu'une fatigue un peu plus profonde que d'habitude.

Alain Bashung

"J'ai beau me creuser M'inoculer du sucre candi Du sérum physiologique J'ai mauvaise mine Les danses d'ici Se différencient Des danses du ventre Mouillent la redingote Parfois la chemise Je peux pas m'empêcher De m'empêtrer Dans ton chandail

Aller au charbon Aller aux ouailles Chercher la houille J'ai beau invoquer Interroger mes cellules grises Sophistiquer l'attirail

Les danses d'ici Versent des litanies Emblèmes problèmes De camélias qui m'oxydent Il manque un wagon Un boute-en-train Des victuailles

Aller au charbon Aller aux ouailles Chercher la houille Et pour finir Recommencer Se lever tôt Ne rien retenir

Tout ceci n'est Pas pour me déplaire C'est de l'orangeade Qui perle à mon front Les yeux me piquent Et je pars me frotter l'abdomen Aux Comores

Aller au charbon Aller aux ouailles Chercher la houille Et pour finir Recommencer Se lever tôt Ne rien retenir Ne rien retenir"


"(...) Rendez-vous sur la lande

À l´endroit où l´on s´est épris

Les gens sont des légendes

Mais leurs âmes prennent le maquis

Dans les herbes folles

Tu peux courir

C´est pas un jeu

(...)

Rendez-vous sur la lande

Et qu´enfin cesse l´hallali

Qu´on me presse une orange

De ma peine je ferai mon lit

Dans les herbes folles

Tu peux courir

Pour des aveux

Non-lieu

Non-lieu.."


(...) "La nuit je mens

Je prends des trains

a travers la plaine" (...)


"Pousse ton genou, j’passe la troisième Ça fait jamais qu’une borne que tu m’aimes Je sais pas si je veux te connaître plus loin Arrête de me dire que je vais pas bien C’est comment qu’on freine Je voudrais descendre de là C’est comment qu’on freine

Cascadeur sous Ponce-Pilate J’cherche un circuit pour que je m’éclate L’allume-cigare je peux contrôler Les vitesses c’est déjà plus calé C’est comment qu’on freine Je voudrais descendre de là C’est comment qu’on freine

Tous ces cosaques me rayent le canon Je nage dans le goulag je rêve d’évasion Caractériel je sais pas dire oui Dans ma pauvre cervelle carton bouilli C’est comment qu’on freine Je voudrais descendre de là C’est comment qu’on freine

Je m’acolyte trop avec moi-même Je me colle au pare-brise ça me gêne Ça sent le cramé sous les projos Regarde où j’en suis je tringle aux rideaux C’est comment qu’on freine Je voudrais descendre de là C’est comment qu’on freine"


(...) "Mes circuits sont niqués

D´puis y a un truc qui fait masse

L´courant peut plus passer

Non mais t´as vu c´qui passe

J´veux l´feuilleton à la place

Vertige de l´amour.

Tu t´chopes des suées à Saïgon

J´m´écris des cartes postales du front

Si ça continue j´vais m´découper

Suivant les pointillés yeah!

Vertige de l´amour

Désir fou que rien ne chasse

L´cœur transi reste sourd

Aux cris du marchand d´glaces

Non mais t´as vu c´qui s´passe

J´veux l´feuilleton à la place

Vertige de l´amour.

Mon légionnaire attend qu´on l´chunte

Et la tranchée vient d´êtr´ repeinte écoutez

Si ça continue j´vais m´découper

Suivant les pointillés yeah!" (...)


"D´heures en heures L´apiculteur se meurt Il a eu son heure Il a fait son beurre Happy apiculteur

D´heures en heures L´apiculteur effleure La fin du labeur Happy apiculteur

Dans une autre vie Les marguerites s´effeuillent au ralenti Personne n´est vainqueur Les proies les prédateurs Savourent le nectar D´une pomme d´api Happy apiculteur

L´heure c´est l´heure On n´est pas d´humeur A verser des pleurs Fières sont les ouvrières Le jour en tailleur Le soir en guêpière Quand la mort vous susurre Des serments veloutés Que rien n´est moins sûr N´aura plus d´importance Ni la chaleur Ni les piqûres

Happy apiculteur Happy apiculteur

D´heures en heures L´apiculteur se meurt Trouve l´interrupteur Une oasis Aux allées bordées d´épagneuls Que la splendeur n´effraie plus Happy apiculteur Happy apiculteur Happy apiculteur Happy "


"À perte de vue

Des lacs gelés

Qu´un jour j´ai juré d´enjamber,

À perte de vue

Des défilés

Des filles à lever,

Des défis à relever,

Des prix décernés à tes yeux,

À perte de vue

Dodelinent des grues,

Les pieds dans la boue

Qui eût cru

Qu´un jour nos amours

Déborderaient

Fassent oublier aux ajusteurs

La clé?

Plus de boulons

Pour réparer la brute épaisse

Ma pute à coeur ouvert

Trop de cuirassés

Pas assez d´écrevisses

Pour une fricassée

{Refrain:}

Donnez-moi des nouvelles données {x6}

À perte de vue

Du déjà vu,

Du déjà vécu

Se précipitent

À mes trousses,

Qu´en dit le héron?

Il en sait long

Qu´en dit l´éolienne?

Elle me fait hello

Voies d´eau dans la coque du Poséidon

Hamacs éperonnés

Est-ce un espadon

L´oeuf d´un esturgeon

Ou un concours de circonstances

Qu´aurait engendré ce paysage désolé

De n´être pas resté ?

{au Refrain}

À perte de vue

Des lacs gelés

Qu´un jour j´ai juré d´enjamber,

À perte de vue

Des défilés

Des filles à lever Des défis à relever

Des prix décernés à tes yeux

Des prix décernés à tes yeux"





"Continents à la dérive Qui m'aime me suive Gouffres avides Tendez-moi la main

Rêves et ravins Règlent nos moulins Calent nos chagrins

Le temps écrit sa musique Sur des portées disparues Et l'orchestre aura beau faire pénitence

Un jour j'irai vers l'irréel Tester le matériel Voir à quoi s'adonne La madone

Un jour j'irai vers une ombrelle Y seras-tu Y seras-tu Y seras-tu

Continents à la dérive Une vague idée me guide C'est l'heure où je me glisse Dans les interstices À l'article de l'amour Je redeviendrai l'enfant terrible Que tu aimais

Un jour j'irai vers l'irréel Un jour j'irai vers une ombrelle Y seras-tu Y seras-tu Y seras-tu Y seras-tu Y seras-tu"


"Tu vois ce convoi Qui s’ébranle Non tu vois pas Tu n’es pas dans l’angle Pas dans le triangle Comme quand tu faisais du zèle Comme quand j’te volais dans les plumes Entre les dunes Par la porte entrebâillée Je te vois rêver À des ébats qui me blessent À des ébats qui ne cessent Peu à peu tout me happe Je me dérobe je me détache Sans laisser d’auréole Les cymbales les symboles Collent On se rappelle On se racole Peu à peu tout me happe Les vents de l’orgueil Peu apaisés Peu apaisés Une poussière dans l’œil Et le monde entier soudain se trouble Comme quand tu faisais du zèle Comme quand j’te volais dans les plumes Entre les dunes Par la porte entrebâillée Je te vois pleurer Des romans-fleuves asséchés Où jadis on nageait Peu à peu tout me happe Je me dérobe je me détache Sans laisser d’auréole Les cymbales les symboles Collent On se rappelle On se racole Peu à peu tout me happe


"Au pays des matins calmes Pas un bruit ne sourd Rien ne transpire ses ardeurs J'aimais quand je t'aimais J'aimais quand je t'observais J'étais d'attaque J'sais plus qui tu es Qui a commencé Quelle est la mission Soldat sans joie va déguerpis L'amour t'a faussé compagnie Des nuits sans voir le jour À se tenir en joue Des mois à s'épier passés à tenter De s'endormir hanté Ne plus savoir J'sais plus qui tu es Qui a commencé Quelle est la mission Soldat sans joie va déguerpis L'amour t'a faussé compagnie L'amour t'a faussé compagnie Sais-tu qu'la musique s'est tue Sais-tu qu'un salaud a bu l'eau du nénuphar L'honneur tu l'as perdu sur ce lit de bataille Soigne les hommes à poigne Soulage la pâtissière Erre, erre, erre, erre... J'sais plus qui tu es Qui a commencé Quelle est la mission Soldat sans joie va déguerpis L'amour t'a faussé compagnie L'amour t'a faussé compagnie"


"Pousse ton genou, j’passe la troisième Ça fait jamais qu’une borne que tu m’aimes Je sais pas si je veux te connaître plus loin Arrête de me dire que je vais pas bien C’est comment qu’on freine Je voudrais descendre de là C’est comment qu’on freine

Cascadeur sous Ponce-Pilate J’cherche un circuit pour que je m’éclate L’allume-cigare je peux contrôler Les vitesses c’est déjà plus calé C’est comment qu’on freine Je voudrais descendre de là C’est comment qu’on freine

Tous ces cosaques me rayent le canon Je nage dans le goulag je rêve d’évasion Caractériel je sais pas dire oui Dans ma pauvre cervelle carton bouilli C’est comment qu’on freine Je voudrais descendre de là C’est comment qu’on freine

Je m’acolyte trop avec moi-même Je me colle au pare-brise ça me gêne Ça sent le cramé sous les projos Regarde où j’en suis je tringle aux rideaux C’est comment qu’on freine Je voudrais descendre de là C’est comment qu’on freine"


"Entre tes doigts l'argile prend forme L 'homme de demain sera hors norme Un peu de glaise avant la fournaise Qui me durcira Je n'étais qu'une ébauche au pied de la falaise Un extrait de roche sous l'éboulis Dans ma cité lacustre à broyer des fadaises Malaxe Le cœur de l'automate Malaxe Malaxe les omoplates Malaxe le thorax Issu de toi Issue de moi On s'est hissés sur un piédestal Et du haut de nous deux on a vu Et du haut de nous deux on a vu Tes calculs mentholés dans ta bouche ça piquait J'ai pas compté j'escomptais Mais une erreur de taille s'est glissée Et j'y suis resté Malaxe Le cœur de l'automate Malaxe Malaxe les omoplates Malaxe le thorax Issu de toi Issue de moi On s'est hissés sur un piédestal Et du haut de nous deux on a vu Et du haut de nous deux on a vu Malaxe Malaxe" (ad lib)


"Il m'aura fallu faucher les blés

apprendre à manier la fourche

pour retrouver le vrai

faire table rase du passé

la discorde qu'on a semée

à la surface des regretsn'a pas pris

le souffle coupé

la gorge irritée

je m'époumonais

sans broncher

Angora

montre-moi

d'où vient la vie

où vont les vaisseaux maudits

Angora

sois la soie

sois encore à moi

les pluies acides

décharnent les sapins

j'y peux rien, j'y peux rien

coule la résine

s'agglutine le venin

j'crains plus la mandragore

j'crains plus mon destin

j'crains plus rien

le souffle coupé

la gorge irritée

je m'époumonais sans broncher

Angora montre-moi

d'où vient la vie

où vont les vaisseaux maudits

Angora

sois la soie sois encore à moi"


" (...) Je ne sais plus qui tu es

Je ne sais plus où tu m'as mis

où tu m'as rangé

où tu me situes (...)"


LES MOTS BLEUS (chanson de Christophe reprise par Bashung, chef- d'oeuvre où la simplicité des mots exprime la fragilité autant que l'immense force d'aimer, bien mieux, bien plus humain que n'importe quel travail universitaire.)

"Il est six heures au clocher de l'église

Dans le square les fleurs poétisent

Une fille va sortir de la mairie

Comme chaque soir je l'attends

Elle me sourit

Il faudrait que je lui parle

A tout prix

Je lui dirai les mots bleus

Les mots qu'on dit avec les yeux

Parler me semble ridicule

Je m'élance et puis je recule

Devant une phrase inutile

Qui briserait l'instant fragile

D'une rencontre

D'une rencontre

Je lui dirai les mots bleus

Ceux qui rendent les gens heureux

Je l'appellerai sans la nommer

Je suis peut-être démodé

Le vent d'hiver souffle en avril

J'aime le silence immobile

D'une rencontre

D'une rencontre

Il n'y a plus d'horloge, plus de clocher

Dans le square les arbres sont couchés

Je reviens par le train de nuit

Sur le quai je la vois

Qui me sourit

Il faudra bien qu'elle comprenne

A tout prix

Je lui dirai les mots bleus

Les mots qu'on dit avec les yeux

Toutes les excuses que l'on donne

Sont comme les baisers que l'on vole

Il reste une rancœur subtile

Qui gâcherait l'instant fragile

De nos retrouvailles

De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus

Ceux qui rendent les gens heureux

Une histoire d'amour sans paroles

N'a plus besoin du protocole

Et tous les longs discours futiles

Terniraient quelque peu le style

De nos retrouvailles

De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus

les mots qu'on dit avec les yeux

Je lui dirai tous les mots bleus

Tous ceux qui rendent les gens heureux

Tous les mots bleus"

Christophe

jeudi 21 août 2014

sémantique

Le mot "péché" ne signifie rien. Concernant ce qui fait mal ou bien, il n'y a que "délits", "crimes" et "amour".

C'est étonnant

Evangile selon Mars : " Si les femmes savaient à quel point elles m'intimident, une bonne moitié m'eût humilié tandis que l'autre moitié m'eût adoré. Ainsi la Confiance ne règnera jamais. Ainsi soient-elles."

Lire la suite

charge d'âme (10)

J'ouvre un temps qui m'ouvre c'eût pu

être un ou plusieurs autres mais

si et seulement si car seul existe le passé

On ne relève pas d'autres traces

La lumière : une catastrophe

qui s'acharne aveuglément sur l'amas bipède

sourd aux caresses dont le parfum c'est

oublier la mémoire

Même celles qui avaient

rageusement confettisé

leur citation à comparaître

naquirent par contumace

Bizarre : ça me fait rire

nerveusement

mais c'est agréable de rire sans raison

je veux dire : sans prétexte

reprise (7)

Je reproduis un dialogue (fin juillet 2008) échangé avec une amie dont le pseudonyme était Cerise. Je le réédite, parce que - vous l'avez constaté - je suis depuis quelque temps en charge d'âmes.'''

- CERISE : Question: peut-on remâchouiller une vieille âme desséchée et espérer retrouver ne serait-ce qu'un arrière goût de remords ? ou bien faudra-t-il en utiliser des neufs dans une âme bien fraîche pour retrouver le goût de l'authenticité ? C'est une vraie question, non ?

- JEAN-Mi : Question difficile de petit fruit rouge, qui, sans vergogne, attaque tardivement et par surprise la sagacité des vieilles branches, et cela sans méchanceté, ce qui ne facilite rien. - Je pense, comme ça, pris au dépourvu (comme la cigale du poète), qu'une âme n'est jamais neuve ni fraîche, laissons ça aux sorbets. - Les âmes apprennent, vivent, et ne se comprennent jamais que par l'évidence de communier, de temps en temps, en ce qu'elles peuvent de beauté, laquelle comprend l'humanité tremblante de toute sa fragilité, de son impalpable, et de sa définition volatile. - L'enfant -pervers polymorphe - mais en même temps innocent est une petite pousse, ou surgeon de l'âme du monde dans lequel il tombe, comme ça, sans avoir pu faire valoir le moindre droit de vote préalable... Ha! ha!... - Pardon : je me sens redevenir un "sans-coeur d'anar", comme disaient certains fonctionnaires des années 70... Mais je ne vais pas t'imposer une thèse de doctorat, petite Griotte. - Je crois, pour résumer, que l'on a une petite idée (vraiment très très petite) de l'âme et du mystère, en se perdant dans l'altérité totale : les animaux, les plantes, les espaces, les ciels (pas les cieux !) , le hasard, le rêve, l'amour et la colère... - Aussi ai-je peur que mon âme finisse par se faire mal voir par l'Eternité, que celle-ci la laisse couiner dans un coin, avec tous les hamsters de la transcendance.

Et mon ami "l'Agité" d'ajouter :

- Oui, l'âme se nourrit de ces altérités, sans t'oublier Toi, mon cher frère, toi, qui que tu sois: la plus curieuse des altérités, "la plus drôle des créatures" ("Mon frère" Nazim Hikmet (?)).

"On se nourrit de peu, mais un peu chaque jour".(tjrs dimey, je sais!)

Mais les remords me semblent lui être étrangers.

Ou seulement quelques heures, si l'on se nourrit d'aïoli, puiqu'un vieil homme me disait "L'aïoli mal préparé, il reproche jusqu'à l'âme".

Peut-être aussi dans les amours sadiques, mais je manque de vécu sur ces cris de douleurs dans les draps ( l'aïe au lit, vous l'aurez deviné).

mystico-gazeusement vôtre.

(En parlant de moustique, j'ai toujours pensé qu'une fois collé à l'idéale structure de la toile d'araignée, il ne pouvait que s'exclamer: " c'est beau, l'infinie perfection " avant de songer à son éternité.)


Poème de Nazim Hikmet, pendant la guerre d'Espagne :

" En prison, sur la pierre de la fontaine

Yousouf l’Infortuné a dessiné son bateau.

Un prisonnier qui boit à la fontaine

Regarde la proue effilée du bateau

Glisser sur des mers sans murs.

Près de la fontaine un arbre tout blanc

Un prunier.

Ouvre encore une voile, Yousouf l’Infortuné

Attire vers toi le port où tu vas

Et arrache une branche au prunier

Pour que les pigeons de la prison suivent ton sillage.

Prends-moi aussi Yousouf

Sur ton bateau.

Mon bagage n’est pas lourd:

Un livre, un cahier et une photo.

Allons-nous-en, frère, allons-nous-en

Le monde vaut la peine d’être vu.

La mer s’est calmée

Rougeurs dans le ciel

C’est l’aurore

La nuit qui nous semblait infinie

Est finie.

Voici devant nous la Barcelone du Frente popular

Fini notre voyage

Amenez les voiles, l’ancre à la mer!

Les pigeons qui suivaient notre sillage

s’en retournent dire aux copains

que nous sommes arrivés à bon port.

Et Yousouf, envoyant un juron magnifique

Aux fers et aux murs de là-bas

Agite vers la ville qui nous fait face

Sa branche fleurie de prunier.

Mon regard va de lui à Barcelone:

Et sur la ville, là-bas, tout au fond

Je vois des flammes se tordre

là-bas je vois côte à côte

Lénine, Bakounine, Robespierre

et le paysan Mehmet qui gît à Doumloupinar…

C’est ainsi que Yousouf et moi

Passagers d’un bateau

Né de la fontaine d’une prison

Nous avons vu à Barcelone dans l’aurore

La liberté se battre en chair et en os

Nous l’avons regardée les yeux en flammes

Et comme la peau brune et chaude d’une femme

De nos mains d’hommes affamés

Nous avons touché la Liberté."

Aux gamins.

Certains de mes amis savent combien ma révolte se tourne contre moi.

Comment contenir la violence quand on n'a pas d'autre arme que la poésie,

les dernières cartouches que Georges Henein a presque toutes brûlées.

Je suis la dernière cartouche, seulement si une barricade, la vôtre, s'élève en rigolant.

Georges Henein, poète égyptien de langue (entre autres) française

Je méprise

votre vie. Elle n'atteint pas celle d'un papillon, qui se rit des filets, et qui sait sans l'énoncer que sa poudre d'ailes est un amour de soleil. Je vous méprise, avec votre costume-cravate, uniforme des bouffeurs de mondes, de compétitivité, de taux... Ah ! les taux ! Quand on vous enterrera la terre sera plus riche que vous, à l'incroyable pour cent. Et même, si le dimanche, vous portez jean et chemise aux vents, pour le barbecue, vos enfants sont malheureux pour vous. Estimez-vous heureux : vos enfants sont bons. C'est pourquoi il chieront sur votre mémoire, mémoire qui vous ignore de se souvenir.

PS. Les coloniaux européens ont massacré au moins 17 millions de Noirs africains, une bonne partie eut les mains coupées par ordre de Léopold II, roi des Belges - une majorité de cons adorent toujours ce monstre "civilisateur".

Si vous êtes curieux, vous saurez comment la Belgique, le USA, la France ont assassiné Lumumba pour mettre au pouvoir leur dictateur.

Patrice Lumumba

Léopold II, roi des Belges, qui fit fortune dans le caoutchouc, au prix des mains et des têtes coupées (Pas grave : c'étaient des Noir(e)s. Et même, parfois, que des enfants noirs... rien, quoi)

Si vous avez honte d'habiter une rue, une avenue, un place, une impasse... baptisée Léopold II, révoltez-vous, exigez qu'on renomme le lieu "Pâquerette" ou "Coquelicot". Si vous n'avez pas honte, vous êtes moins conscients qu'une paramécie sans cils.

mercredi 20 août 2014

Il n'y a pas de justice dans mon pays. Il n'y a que des gens déguisés avec des robes marrantes marionettisés par les ombres du fric. Et des gens bien, tous victimes.

"L'Europe ! l'Europe, l'Europe ! " (de Gaulle)... La France a été condamnée maintes fois par la Cour européenne des Droits de l'Homme : son système judiciaire ne respecte rien d'humain. Le Parquet est aux ordres du pouvoir exécutif. Le "secret défense" met à l'abri tous les assassins et escrocs politiques. Les prisons sont moins bien tenues que les zoos, et le jeune voleur de vélos s'y fait violer en série, et le mafieux fortuné y fait la loi. Tout le monde le sait. Au premier titre, les élus, procureurs, les juges, les avocats, les flics, les responsables pénitentiaires, tous... Ils mènent cependant belle carrière, sans remords apparent . Ah ! ça y va les comparutions immédiates pour les pauvres, sans avocats informés. Mais en plus, ils ont le culot de te faire morale et violence si - par exemple - tu es trop impécunieux pour être à jour fiscal : tu es une proie si facile, sans comptes en paradis. Savez-vous que l'administration fiscale a protégé Cahuzac pendant des lustres alors que les fonctionnaires honnêtes alertés et alertants se faisaient punir, rétrograder, placardiser ? (consignes de droite et de "gauche"... "Moi, président... " (Vous vous rappelez l'anaphore...) - Combien de cahuzacs (antonomase) ont-ils protégés et protègent-ils ? - Ce sont les mêmes protecteurs des pouvoirs (hommes et femmes de mains) qui vous font saisie sur salaire, vous qui avez tant de mal à payer votre loyer. Et de mal, en général.

Au fait ! Qui a assassiné Robert Boulin ? (entre autres)

PS. Nous ne pouvons même pas suivre l'exemple de Thoreau puisque la loi nous oblige à percevoir salaires et pensions sur UN COMPTE EN BANQUE (Oui, depuis 1973, la loi Giscard-Pompidou vous soumet, ainsi que l'Etat, à la toute-puissance bancaire... couple Pompidou, béni par les saints banquiers, et amateurs d'art contemporain, ce qui nous a valu ce furoncle appelé Centre Pompidou... (Quand les banquiers se piquent d'"avant-garde" artistique, celle-ci n'est plus qu'une charogne). Le bas de laine avait ses vertus. ' '

PS 2. Tous les juges, procureurs, hommes politiques honnêtes, ou essayant de l'être furent assassinés, ou enfermés dans les caves de la société. Avec internet et quelques lectures, vous saurez à quoi ne pas vous en tenir.

Pourquoi je ne voterai plus.

J'ai longtemps pensé que voter était un devoir, considérant celles et ceux qui ont lutté, luttent encore et meurent pour ce droit. Cependant, il est évident que depuis pas mal de temps le vote n'est devenu qu'un mauvais théâtre où nous n'avons plus le choix qu'entre des droites, lesquelles sont soumises à l'Union européenne, celle-ci n'étant qu'un avant-poste de l'Empire étasunien. Voter, faire voter, n'est plus que l'alibi des puissances qui dominent dans le pur mépris des peuples (Votre vote au référendum de 2005, chers citoyens français, à été jeté aux chiottes par ceux que vous avez élus... De quoi agiter la gidouille du père Ubu).

Je ne fournirai plus (comme électeur) d'alibis aux assassins et leurs lèche-cul politiques, barbouzes et faux témoins.

Ah, quand je vois s'agglutiner des multitudes, tout à la dévotion du Pape, ou de quelque autre personnage, dieu médiatique. Quelle nausée !

Oh, pauvres gens idolâtres ! Les larmes me lavent les yeux. Et quand les yeux sont propres, mépriser, haïr, plaindre, se battre et renoncer se mêlent dans le gris absolu.

PS. Puisque les forces progressistes sont incapables de fonder une nouvelle Internationale, le seul désespoir qui reste est la rue et la violence. Dommage. La dignité mérite mieux. La Liberté sera vaincue, mais elle aura au moins saigné. Il n'y aura plus d'Histoire pour témoigner des taches rouges et libres.

lundi 18 août 2014

Aimer

« Comme ils sont beaux les siècles à venir.

Si vous saviez comme j’aurais voulu vivre parmi vous.

Ne me croyez pas si ferme que j’en ai l’air. Je comprendrais, je vous l’assure, je suis fort pressé, sollicité sans relâche par le dehors et le grand espace du futur. Je chercherais.

Si quelque esprit dans ce temps-là peut se mettre en relation avec ce qui restera de moi, qu’il tente l’expérience, il y aura peut-être encore quelque chose à faire avec ma personne. Essayez.

Ne me laissez pas pour mort, parce que les journaux auront annoncé que je n’y suis plus. Je me ferai plus humble que je ne suis maintenant. Il le faudra bien. Je compte sur toi, lecteur, sur toi qui me vas lire, quelque jour, sur toi lectrice. Ne me laisse pas seul avec les morts comme un soldat sur le front qui ne reçoit pas de lettres. Choisis-moi parmi eux, pour ma grande anxiété et pour mon grand désir. Parle-moi alors, je t’en prie, j’y compte. »

Henri Michaux

dimanche 17 août 2014

reprise (6)

Pour Laurent

conjuration

Ils restaient encore longtemps après la réunion officielle dans la nuit souterraine de la section des métallos.

Ils restaient pour se taire, se regarder droit dans le silence jusqu'au petit matin.

C'est ainsi qu'ils espéraient, sans réserve, puisque alors le pire n'était pas encore certain.

commentaire d' Anna Jouy :

se taire dans les yeux des amis peut parfois agiter les cils des papillons qui changent, paraît-il-, le cours du monde...

vendredi 15 août 2014

reprise (5)

Quand on aura satellisé ce qu'il faut de papiers gras et de canettes, quand la guerre des étoiles sourira le plus fruité rouge à lèvres, quand on se demandera ce que c'est "un militaire",

quand on aura célébré religieusement le dernier arbre avec la dernière baleine, quand on dira: "C'était comme ça un lièvre.", quand chanter ne sera plus compétitif, quand il y aura du "malgré tout" dans les yeux,

quand le chat matinal me ronronnera des nouvelles de l'herbe après l'ondée, quand on ne sera plus en danger d'aimer, quand Noé embrassera les petits de Cham,

quand on aura la peau du frisson au sable et du sable au frisson, quand la mort ne sera qu'une façon de parler,

quand la nostalgie chantera à cloche-pied, quand les chats-huants pardonneront à la nuit blanche, quand tout le monde dira:"C'est top tard",

quand la dernière grande guenon aura roulé une pelle à l'expert épuisé, quand le rire courra plus vite que mon passé,

quand les corneilles me tricoteront un pull, quand le petit jour dira franchement :"Tu as tout faux mais moi aussi.", quand l'inconnue ne supportera plus de l'être,

quand la neige s'apprendra par coeur, quand le mauve gueulera plus fort que moi, quand l'enfance dira : "T'es encore là !"... Alors, peut-être, on vieillira.

lundi 11 août 2014

charge d'âmes (9)

Tous plaqueront sur leur front

la paume de la fièvre

et la fonte des fronts inondera

les monstrueuses vallées tiédasses

Les prêtres mesuraient certes

le diamètre des auréoles mais feignaient

d'ignorer pi tant ils craignaient de révéler

l'impossible circonférence du Bien

Chaque fois que des doigts

de mains ou de pieds le saint

se coupe les ongles il les mange

reliquaire de lui-même

Les oiseaux et les lys scellèrent alliance

contre l'Église : ils avaient appris que Jésus

niait leur immense effort de vivre

la volonté de puissance fainéante

dimanche 10 août 2014

charge d'âmes (8)

Les couleurs inconsolables

habitent l'âme qui perçoit la reptation

des aubes radieuses :

la grisaille vraie

L'humanité pressentait bien l'imminence de sa fin

pour l'avènement de l'Idéal :

depuis des mois les femmes n'accouchaient plus

que de thyrses de lilas mauve

Il ne se déplaçait jamais

sans la cage

où un mélodieux oiseau était la prison

surpeuplée des crimes inaccomplis

On avait peine à comprendre celles

qui résistaient

à l'autorité bienveillante de l'aujourd'hui

ce despote éclairé

jeudi 7 août 2014

charge d'âmes (7)

La conscience n'aspirait plus

qu'à une retraite

de bonne mère tranquille

nid de minuscules larcins

Elles sentent bon

le vent d'infini qui les hante

toutes ces blancheurs toutes ces passions

assujetties aux pinces à linge

Sur la scène de crime on ne releva

aucune empreinte d'ange

On ne put identifier que

l'ironie d'un ADN d'étoile

Certains instants

sont à eux seuls la bonne saison

celle qui fertilise assez pour qu'on aille

à la cueillette des indifférences vénéneuses