Jean-Michel Robert

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samedi 26 juillet 2014

"Le hasard et la nécessité"

Beaucoup de gens ne se font pas à l'idée qu'ils ne sont au monde que par simple coïncidence, c'est pourquoi ils ont besoin d'un Dieu, un truc au-delà qui les a voulus présents dans l'infinité (relative) de l'univers. La plupart est constituée de personnes inoffensives, qui se contentent de prier, d'acheter des cierges ou autres jouets, comme au temps du Papa Noël... Mais un certain nombre a constitué des pouvoirs. Ce sont des ennemis, tes ennemis, toi, mon enfant, miracle du hasard.

vendredi 25 juillet 2014

Inconvénients intimes de la culture.(L'univers, mauvais bricolage ?)

Plus je m'informe, plus cette nausée insidieuse - qui ne va jamais à vomir - me gagne l'âme. On ne dégueule pas son âme. Dommage.

Clin d'oeil à Pascal (Il ne doit pas aimer).

La personne qui se dit : "Je n'ai plus rien à foutre de tout", si elle est de l'espèce humaine, se demande en même temps si c'est à jamais.

jeudi 24 juillet 2014

"Je crois en la Justice de mon Pays."

Phrase qu'ont énoncée à peu près toutes les crapules en présence de journalistes (sinon, pas la peine de croire). Au fait, l'assassinat de Robert Boulin ? (entre autres) Où en sont les procureurs, si obéissants ? Ils ont sans doute trop de pauvres à faire juger très vite, très très vite, en comparution immédiate, des voleurs de vélos, de motos... voire quelques assassins débiles ou très intelligemment "en série", pour rassurer le bon peuple.

Obéir c'est un métier.

Je préfère les Clochards.

Combien ça vaut ? (deuxième époque)

Et je ne reviendrai jamais Avec l'argent gagné dans les prairies lyriques Guider mon ombre aveugle en ces rues que j'aimais

mercredi 23 juillet 2014

ce qui reste d'une silhouette

mardi 22 juillet 2014

Tout le monde sait,

ou devrait le savoir que la prospérité et démocraties prétendues de notre "civilisation" ne sont dues qu'à l'esclavagisme, aux génocides des Indiens américains, des Africains, aux pillages colonialistes sur tous les continents... Notre supériorité ? On avait des armes plus tueuses que des flèches. C'est tout. Notre "civilisation" ? Elle finit par quelques rots devant le 20h et quelques vomissements devant les sports truqués. Mais pas de problèmes : les Chinois, les Indiens, et sans doute quelques démons achèveront la planète avant que vos enfants en fassent.

Ainsi, je le prends très bien quand on me "traite" de sauvage.

Comment être plus méchant ?

Tout en restant juste et presque humain ? Faut-il poser la question aux bébés ?

lundi 21 juillet 2014

raciste

Je n'aime pas les Juifs, je n'aime pas les Musulmans, je n'aime pas les Français, ni les Anglais, ni les Ricains, ni les Jaunes, ni les Pygmées, ni les Pharmaciens, ni moi, parfois... moins souvent... (on ne va pas citer le monde, c'est trop long et rond), je n'aime pas, en général.

Je n'aime que des personnes.

Et

tu ne me dis rien.

Combien ça vaut ?

Et des mains vers le ciel plein de lacs de lumière S'envolaient quelquefois comme des oiseaux blancs

Le pire :

j'ai gardé le réflexe de me réciter des poèmes d'Apollinaire, ce gros cul.

.

Le chapeau à la main il entra du pied droit Chez un tailleur très chic et fournisseur du roi Ce commerçant venait de couper quelques têtes De mannequins vêtus comme il faut qu'on se vête

La foule en tous les sens remuait en mêlant Des ombres sans amour qui se traînaient par terre Et des mains vers le ciel plein de lacs de lumière S'envolaient quelquefois comme des oiseaux blancs

Mon bateau partira demain pour l'Amérique Et je ne reviendrai jamais Avec l'argent gagné dans les prairies lyriques Guider mon ombre aveugle en ces rues que j'aimais

Car revenir c'est bon pour un soldat des Indes Les boursiers ont vendu tous mes crachats d'or fin Mais habillé de neuf je veux dormir enfin Sous des arbres pleins d'oiseaux muets et de singes

Les mannequins pour lui s'étant déshabillés Battirent leurs habits puis les lui essayèrent Le vêtement d'un lord mort sans avoir payé Au rabais l'habilla comme un millionnaire

Au-dehors les années Regardaient la vitrine Les mannequins victimes Et passaient enchaînées

Intercalées dans l'an c'étaient les journées veuves Les vendredis sanglants et lents d'enterrements De blancs et de tout noirs vaincus des cieux qui pleuvent Quand la femme du diable a battu son amant

Puis dans un port d'automne aux feuilles indécises Quand les mains de la foule y feuillolaient aussi Sur le pont du vaisseau il posa sa valise Et s'assit

Les vents de l'Océan en soufflant leurs menaces Laissaient dans ses cheveux de longs baisers mouillés Des émigrants tendaient vers le port leurs mains lasses Et d'autres en pleurant s'étaient agenouillés

Il regarda longtemps les rives qui moururent Seuls des bateaux d'enfant tremblaient à l'horizon Un tout petit bouquet flottant à l'aventure Couvrit l'Océan d'une immense floraison

Il aurait voulu ce bouquet comme la gloire Jouer dans d'autres mers parmi tous les dauphins Et l'on tissait dans sa mémoire Une tapisserie sans fin Qui figurait son histoire

Mais pour noyer changées en poux Ces tisseuses têtues qui sans cesse interrogent Il se maria comme un doge Aux cris d'une sirène moderne sans époux

Gonfle-toi vers la nuit Ô Mer Les yeux des squales Jusqu'à l'aube ont guetté de loin avidement Des cadavres de jours rongés par les étoiles Parmi le bruit des flots et les derniers serments




Guillaume Apollinaire(1880 - 1918)

Il pleut...

comme dans Verlaine, mais ce n'est qu'à La Verrière, village qu'on disait jadis "à la campagne" et qui n'est plus que la banlieue humide, pleine d'Arabes qui me disent "Bonjour" comme peu de Gaulois, parce qu'ils se rappellent (Les petits Bougnouls) que nous chantions ensemble... et que personne n'a chanté avec Vercingétorix.... Oui, je vais sortir le peu, ce qui reste d'une silhouette.

dimanche 20 juillet 2014

Bon, puisque vous vous en foutez aussi,

je ne vois pas pourquoi je ne me bourrerais pas la gueule... Ca ne fera mal qu'à moi... Mal que je connais avec majuscule depuis qu'il tutoie Johnnie Walker et Blanche Neige... A moins que ce ne soit que la simple Sainte Vierge, vous savez : celle qui baise sans faire l'amour.

reprise (chais plus quel numéro)

IRLANDAIS, ALLEZ, ENCORE UN EFFORT POUR INVENTER LA FOI. LE MONDE SUIVRA (Une p'tite bière ?)

on connaît presque toutes les turpitudes de l'Eglise apostolique catholique et romaine

c'est même elle qui inventa le népotisme

en vertu de l'interdiction aux papes de baiser

ils firent donc des neveux

comme des gibbons passant d'arbres en femmes généalogiques

tout le monde sait que ces êtres plein d'amour ont collaboré avec Hitler et son étron Pétain, et bénirent l'Ilalie fasciste à l'assaut de l'Abyssinie. Et que les prêtres franquistes sont en voie de béatification; les négationnistes presque réintégrés.

tout le monde sait qu'ils ont protégé les pires nazis en collaborant - selon - avec la CIA et le KGB.

qu'ils ne protégeaient les enfants juifs qu'au prix de leur conversion.

Ô les cloches de Notre-Dame déglinguant le silence à l'arrivée du Maréchal !

fières devaient-elles être de leur boucan témoin de l'identité française

un nouveau truc pas gentil qu'on apprend après des décennies de viols sur enfants pauvres (pauvres, forcément) - les riches compenseront au denier du culte -

oui un truc, enfin c'est officiel (ce qui n'était que notoire) : l'impunité des curetons assurée par le Vatican et les politiques (avec flics et procureurs comme lèche-culs)

curetons censés évoluer en transcendance

ils ont - entre confessions -, les serviteurs du divin, oui ils ont sorti leur bite, ce qui n'eût été que farce, ou naturelle miction, s'ils ne l'avaient introduite dans la misère

tout le monde le sait, vous aussi

allez faites baptiser votre bébé, vous serez en règle avec le viol collectif des âmes et des anus, et n'oubliez pas les communions: il y est question de chair et de sang, de quoi tenir jusqu'au prochain jambon-beurre.

Mesquineries

Voilà que l'orage déchire ma petite ville. Bel été. Et j'ai cette mesquine pensée : "Vais-je sortir à six heures pour acheter mes Gauloises ?... " et cette autre : " Si je me pends, me pendrai-je aussi autour du cou cet écriteau : GREVE GENERALE " ?

vendredi 18 juillet 2014

criminalisation syndicale

immondice (Photo non retouchée)

Vous ignorez peu-être que dans la grande distribution, adhérer à un syndicat combatif vous condamne, à brève échéance, au chômage, tant patrons, petits chefs, vigiles s'acharneront contre vous (Pourtant le pouvoir "socialiste" vient de distribuer des millions à ces sociétés). Vous ignorez peut-être que des syndicalistes ont été condamnés pour avoir blessé des flics. Leurs armes ?... des oeufs. Les marchands d'armes devraient investir dans la volaille. Il s'est donc trouvé des flics faux témoins, et des juges pourris pour condamner ces dangereux syndicalistes armés d'oeufs chargés. Les juges... probablement, il en existe d'honnêtes, au placard... les procureurs, pareil. Savez-vous que bon nombre de magistrats rêvent de la Légion d'Honneur et font toutes les courbettes pour l'obtenir ? Et quand je dis "courbettes" c'est pour ne pas choquer les moins de 18 ans. (Au fait, préférez-vous être jugé par un magistrat médaillé, ou presque nu ? Normalement, s'il est médaillé, il est meilleur, plus sûr, non?) Savez-vous que François Hollande -avant son élection- avait promis l'amnistie de ces syndicalistes, promesses aux chiottes, comme toutes les autres, je veux dire celles faites au Peuple... Et maintenant, l'immondice appelé Manuel ("proche de Dieu", ou "Dieu est avec nous" étymologiquement) vient confirmer cette trahison, avec son ton mussolinien et ses effets de menton. Si on m'apprenait que ces juges, ce président et ce ministre viennent de recevoir une balle dans la tête, je ne suis pas sûr que ça me couperait l'appétit.

L'ordre

Ganelon... à moins que ce soit une puanteur anonyme

jeudi 17 juillet 2014

La Commune (Jean-Roger Caussimon)

Louise Michel ''

La Commune est en lutte

Sans doute, mon amour, on n’a pas eu de chance

Il y avait la guerre

Et nous avions vingt ans

L’hiver de 70 fut hiver de souffrance

Et pire est la misère

En ce nouveau printemps...

Les lilas vont fleurir les hauteurs de Belleville

Les versants de la Butte

Et le Bois de Meudon...

Nous irons les cueillir en des temps plus faciles...

Refrain

La Commune est en lutte

Et demain, nous vaincrons...

Nous avons entendu la voix des camarades :

"Les Versaillais infâmes

Approchent de Paris..."

Tu m’as dit : "Avec toi, je vais aux barricades

La place d’une femme

Est près de son mari..."

Quand le premier de nous est tombé sur les pierres

En dernière culbute

Une balle en plein front

Sur lui, tu t’es penchée pour fermer ses paupières...

La Commune est en lutte

Et demain, nous vaincrons...

Ouvriers, paysans, unissons nos colères

Malheur à qui nous vole

En nous avilissant...

Nous voulons le respect et de justes salaires

Et le seuil des écoles

Ouvert à nos enfants...

Nos parents ne savaient ni lire ni écrire

On les traitait de brutes

Ils acceptaient l’affront...

L’Égalité, la vraie, est à qui la désire...

La Commune est en lutte

Et demain, nous vaincrons...

Les valets des tyrans étaient en plus grand nombre

Il a fallu nous rendre

On va nous fusiller

Mais notre cri d’espoir qui va jaillir de l’ombre

Le monde va l’entendre

Et ne plus l’oublier...

Soldats, obéissez aux ordres de vos maîtres

Que l’on nous exécute

En nous visant au cœur

De notre sang versé, la Liberté va naître...

La Commune est en lutte

Et nous sommes vainqueurs

La chanson des vieux amants (Jacques Brel), extrait.

Finalement, finalement

Il nous fallut bien du talent

Pour être vieux sans être adultes

Oh, mon amour

Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour

De l´aube claire jusqu´à la fin du jour

Je t´aime encore, tu sais, je t´aime

Et plus le temps nous fait cortège

Et plus le temps nous fait tourment

Mais n´est-ce pas le pire piège

Que vivre en paix pour des amants

Bien sûr tu pleures un peu moins tôt

Je me déchire un peu plus tard

Nous protégeons moins nos mystères

On laisse moins faire le hasard

On se méfie du fil de l´eau

Mais c´est toujours la tendre guerre

Oh, mon amour...

Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour

De l´aube claire jusqu´à la fin du jour

Je t´aime encore, tu sais, je t´aime.

Les amants tristes (Léo Ferré)

Comme une fleur venue d´on ne sait où petit Fané déjà pour moi pour toi dans les vitrines Dans un texte impossible à se carrer au lit Ces fleurs du mal dit-on que tes courbes dessinent

On dit dans ton quartier que tu as froid aux yeux Que t´y mets des fichus de bandes dessinées Et que les gens te lisent un peu comme tu veux Tu leur fais avaler tes monts et tes vallées

Tu es aux carrefours avec le rouge mis On y attend du vert de tes vertes prairies Alors que j´ai fauché ce matin dans ton lit De quoi nourrir l´hiver et ma mélancolie

Mélancolie mélancolie la mer revient Je t´attends sur le quai avec tes bateaux blêmes Tes poissons d´argent bleu tes paniers ton destin Et mes mouettes dans tes cris comme une traîne

Je connais une femme lubrique à Paris Qui mange mes syllabes et me les rend indemnes Avec de la musique autour qui me sourit Demain je lui dirai des hiboux qui s´envolent J´en connais dans ma nuit qui n´ont pas de fourrure Qui crèvent doucement de froid dans l´antarctique De cette négation d´aimer au bout de l´ombre Mes oiseaux font de l´ombre en plein minuit néon Sous les verts plébiscites

Tu connais une femme lubrique à Moscou Qui mange tes syllabes et les met dans ton bortsch Il connaît une femme lubrique à Pékin Qui mange sa muraille et la donne au Parti Demain nous leur dirons des hiboux qui s´envolent J´en connais dans leur nuit qui n´ont plus de jaquette Qui crèvent doucement de froid sous leur casquette Avec leurs beaux yeux d´or mêlés du Palomar là-bas Vers les voix de la nuit des étoiles perdues J´entends des sons lointains qui cherchent des caresses Et dans les faits divers là-bas ça s´exaspère Et ça tue le chagrin comme on tue la flicaille Au coin d´un vieux soleil exténué des glaces

Mélancolie Mélancolie la mer se calme Je vois monter partout des filles et des palmes Avec des fruits huilés dans la fente alanguie Les matelots me font des signes de fortune Ils se noient dans le sang du soleil descendant Vers l´Ouest toujours à l´Ouest Western de carton-pâte Le dentifrice dans la nuit se tient au rose Un néon de misère emprunté à tes yeux

Viens je t´emmènerai là-bas vers les grands astres Dans le désastre du matin ou chez Renault Voir comment l´on fabrique un chef et des autos Voir la pitié grandir sur des croix qui s´enchristent

Je t´aimerai sur la chaussée et son collant Ton goudron j´y prendrai le suc de mes cavales J´aurai l´air d´un roi nègre tu mettras à la moelle Où je glouglouterai repu ton sentiment

Ton sentiment a le goût de gazelle Ton ventre n´est qu´un champ de lavande à midi Et mon couteau qui crisse en y fauchant ma mie Est d´un faucheur distrait qui s´éploie sous ton aile Il est au féminin ton sentiment Il est comme ces demoiselles qui en ont à revendre Et qui le vendent bien

Ton sentiment me fait gonfler mes voiles d´ange Ton sentiment me fait du bien au sentiment Et les fleurs du pavé poussent des cris étranges Moi qui viens du pavé vers toi et me dressant

Et moi je ne te prends que ce que je te dois Si je n´avais que du sentiment à t´filer Il y a bien longtemps que tu m´aurais banni De ton fief de ton cul de ta loi de tes langes Il y a bien longtemps que tu te serais cassée

Mais tu m´as réveillé Et tu nous as tirés de notre mort quotidienne Et puis toi tu te meurs dans la rue à midi Sous des floppées de soleils mous Et de ces mecs qui te prennent dans les mirettes Et qui te mirent bien dans l´os Des fois que leur labo pourrait leur renvoyer subito Ta dégaine grandeur naturliche A la mesure de leur page Des fois le soir ils te prendraient impunément Ils s´empaquetteraient de toi De ton devoir de grue Comme dans un journal

Au fond t´es un journal

Je te lis je te plie je te froisse et tu cries Quand on froisse la soie la forêt sa copine Lui fait des cris de sœur lui fait des cris sublimes La soie du crépuscule a des cris de velours Dans des lits de parade Dans ces feuilles d´automne Des taches de rousseur sur la gueule des bois Je te lis je te plie je te froisse et tu cries

Au fond t´es un journal

Tu t´en prendrais plutôt pour cinq colonnes Chez toi le fait divers sonne comme un outrage Tu es partout chez toi et même aux mots croisés Tu m´y fais deviner les armes de ta voix Je t´aime et verticalement c´est bien Tu croises dans mes eaux quand je suis ton pirate Je te lis je te plie je te froisse et tu cries

Quand je t´aurai bien lue y compris les annonces

J´irai au marché aux poissons Et t´envelopperai de moules vertes

Au fond t´es un journal mouillé

Avec ta robe imprimée en blanc et noir Et tes paroles que personne ne pourra plus lire Tu seras ma dernière nouvelle effacée sur le sable

Tu seras mienne pour la mort je t´aime

Et même avec la fin du monde La fin du monde abstraite où tout n´est que chiffré Avec ces cœurs d´acier leurs battements trichés Avec ces poumons d´or dans les cages-ascenseurs Où l´on se tient debout où l´on se tient ailleurs Tu vas descendre là pour t´entendre rêver Même le rêve gueule à n´y pouvoir plus rien Le silence est rempli du silence trop plein Quand ça déborde on croit venue la fin des temps De ces temps mesurés sur des machines obscènes Où les minutes ont des cons qui se promènent En se prenant pour l´Éternité Et même avec la fin du monde Je me démerderai pour que t´y voies que dalle Que dalle c´est pas mal ça ne fait que passer Ce rien qui prend ses aises aux week-ends de la mort Quand les ballots y accélèrent leurs victimes Enchâssée enchristée encollée à mon froc Tu partiras là-bas vers des boutiques fantastiques Vers le supermarché où l´on vend la paresse Où l´on vend de la mort aussi quand on s´y laisse Où l´on vend la fumée et le vent en paquet Et l´on paie en sortant avec des sortilèges

L´instant

Au cent millième de seconde Je te regarderai Tu monteras du fond des âges Tu te prosterneras Je te tendrai la main Et tu m´agrippera

L´instant

Il va fondre sur toi comme la foudre Trois cent mille bornes à la seconde Il n´aura plus le temps de s´attarder au feu rouge On grillera les feux d´alarme Et ma pensée qui te devance

Regarde

Ecoute bien le chant de cet enfant maudit Que tu croiras ton mec et qui n´est qu´un mirage Oublié par ma mère au fond d´une poubelle Cette éternelle nuit

Bien se laver le cul c´est donc ça le désordre!

Regarde-moi là dans mes yeux regarde il vient l´instant

Comme à l´automne les bandits jaunes Qui font aux arbres des hold-up mordorés Et tu vas t´envahir Et tu vas t´immerger Et te coloniser Tu es seule dans mes pattes

Comme un saxo gueulant des chants désespérés Tes cris sont des violons des rues Des hautbois en plastique Des flûtes de laiton Et tu t´en fous C´est là il est là Entends la mer qui te remonte dans la gueule Et cette marée double au fond de tes yeux-feu Dans le feu de tes yeux mon regard s´est éteint

Crie crie crie

TU es moi JE c´est toi Comment t´appelles-tu? Tu t´appelles la nuit dans le ventre des filles De ces filles qui roulent au bord de la mort lente Tu t´appelles l´amour Tu es toutes les femmes Tu es TOI tu es ELLES Des niagaras vernis me tombent dans la gueule

Crie crie crie

Tu n´es plus là parce que tu es moi Et que je suis ailleurs JE et TOI C´est tout comme Et l´on s´en va mourir au club des nuits cassées

Qui donc réparera l´âme des amants tristes Qui donc réparera l´âme des amants tristes Qui donc réparera l´âme des amants tristes

Qui donc?

mercredi 16 juillet 2014

"Il n'y a plus rien" Léo Ferré

Écoute, écoute... Dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le cœur à l´heure, avec le sable qui se remonte un peu, comme les vieilles putes qui remontent leur peau, qui tirent la couverture.

Immobile... L´immobilité, ça dérange le siècle. C´est un peu le sourire de la vitesse, et ça sourit pas lerche, la vitesse, en ces temps. Les amants de la mer s´en vont en Bretagne ou à Tahiti. C´est vraiment con, les amants.

Il n´y a plus rien

Camarade maudit, camarade misère... Misère, c´était le nom de ma chienne qui n´avait que trois pattes. L´autre, le destin la lui avait mise de côté pour les olympiades de la bouffe et des culs semestriels qu´elle accrochait dans les buissons pour y aller de sa progéniture. Elle est partie, Misère, dans des cahots, quelque part dans la nuit des chiens.

Camarade tranquille, camarade prospère Quand tu rentreras chez toi Pourquoi chez toi? Quand tu rentreras dans ta boîte, rue d´Alésia ou du Faubourg Si tu trouves quelqu´un dans ton lit Si tu y trouves quelqu´un qui dort Alors va-t´en, dans le matin clairet Seul Te marie pas Si c´est ta femme qui est là, réveille-la de sa mort imagée Fous-lui une baffe, comme à une qui aurait une syncope ou une crise de nerfs... Tu pourras lui dire : "Dis, t´as pas honte de t´assumer comme ça dans ta liquide sénescence? Dis, t´as pas honte? Alors qu´il y a quatre-vingt-dix mille espèces de fleurs? Espèce de conne!" Et barre-toi! Divorce-la Te marie pas! Tu peux tout faire T´empaqueter dans le désordre, pour l´honneur, pour la conservation du titre...

Le désordre, c´est l´ordre moins le pouvoir!

Il n´y a plus rien

Je suis un nègre blanc qui mange du cirage Parce qu´il se fait chier à être blanc, ce nègre, Il en a marre qu´on lui dise: " Sale blanc!"

A Marseille, la Sardine qui bouche le port Était bourrée d´héroïne Et les hommes-grenouilles n´en sont pas revenus... Libérez les sardines Et y aura plus de mareyeurs!

Si tu savais ce que je sais On te montrerait du doigt dans la rue Alors, il vaut mieux que tu ne saches rien Comme ça, au moins, tu es peinard, anonyme, citoyen!

Tu as droit, citoyen, au minimum décent A la publicité des enzymes et du charme Au trafic des dollars et aux trafiquants d´armes Qui traînent les journaux dans la boue et le sang

Tu as droit à ce bruit de la mer qui descend Et si tu veux la prendre, elle te fera du charme Avec le vent au cul et des sextants d´alarme Et la mer reviendra sans toi, si tu es méchant

Les mots... toujours les mots, bien sûr! Citoyens! Aux armes! Aux pépées, citoyens! A l´amour, citoyens! Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la gueule à nos aînés! Les préfectures sont des monuments en airain Un coup d´aile d´oiseau ne les entame même pas, c´est vous dire!

Nous ne sommes même plus des Juifs allemands Nous ne sommes plus rien Il n´y a plus rien

Des futals bien coupés sur lesquels lorgnent les gosses, certes! Des poitrines occupées Des ventres vacants Arrange-toi avec ça!

Le sourire de ceux qui font chauffer leur gamelle Sur les plages reconverties et démoustiquées C´est-à-dire en enfer, là où Dieu met ses lunettes noires pour ne pas risquer d´être reconnu par ses admirateurs Dieu est une idole, aussi! Sous les pavés, il n´y a plus la plage Il y a l´enfer et la sécurité Notre vraie vie n´est pas ailleurs, elle est ici Nous sommes au monde, on nous l´a assez dit N´en déplaise à la littérature

Les mots, nous leur mettons des masques, un bâillon sur la tronche A l´encyclopédie, les mots! Et nous partons avec nos cris! Et voilà!

Il n´y a plus rien...plus, plus rien

Je suis un chien? Perhaps! Je suis un rat Rien Avec le cœur battant jusqu´à la dernière battue

Nous arrivons avec nos accessoires pour faire le ménage dans la tête des gens Apprends donc à te coucher tout nu! Fous en l´air tes pantoufles! Renverse tes chaises! Mange debout! Assois-toi sur des tonnes d´inconvenances et montre-toi à la fenêtre en gueulant des gueulantes de principe

Si jamais tu t´aperçois que ta révolte s´encroûte et devient une habituelle révolte, alors Sors Marche Crève Baise Aime enfin les arbres, les bêtes et détourne-toi du conforme et de l´inconforme Lâche ces notions, si ce sont des notions Rien ne vaut la peine de rien

Il n´y a plus rien...plus, plus rien

Invente des formules de nuit. CLN : C´est la nuit! Même au soleil, surtout au soleil, c´est la nuit

Tu peux crever. Les gens ne retiendront même pas une de leurs inspirations Ils canaliseront sur toi leur air vicié en des regrets éternels puant le certificat d´études et le catéchisme ombilical C´est vraiment dégueulasse! Ils te tairont, les gens Les gens taisent l´autre, toujours Regarde, à table, quand ils mangent Ils s´engouffrent dans l´innommé Ils se dépassent eux-mêmes et s´en vont vers l´ordure et le rot ponctuel!

La ponctuation de l´absurde, c´est bien ce renversement des réacteurs abdominaux, comme à l´atterrissage : on rote et on arrête le massacre Sur les pistes de l´inconscient, il y a des balises baveuses toujours un peu se souvenant du frichti, de l´organe, du repu

Mes plus beaux souvenirs sont d´une autre planète Où les bouchers vendaient de l´homme à la criée

Moi, je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches Si on ne mangeait pas les vaches, les moutons et les restes Nous ne connaîtrions ni les vaches, ni les moutons, ni les restes Au bout du compte, on nous élève pour nous becqueter Alors, becquetons! Côte à l´os pour deux personnes, tu connais?

Heureusement il y a le lit : un parking! Tu viens, mon amour? Et puis, c´est comme à la roulette : on mise, on mise Si la roulette n´avait qu´un trou, on nous ferait miser quand même D´ailleurs, c´est ce qu´on fait! Je comprends les joueurs : ils ont trente-cinq chances de ne pas se faire mettre Et ils mettent, ils mettent Le drame, dans le couple, c´est qu´on est deux Et qu´il n´y a qu´un trou dans la roulette

Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir! Te marie pas Ne vote pas Sinon t´es coincé

Elle était belle comme la révolte Nous l´avions dans les yeux Dans les bras, dans nos futals Elle s´appelait l´imagination Elle dormait comme une morte, elle était comme morte Elle sommeillait On l´enterra de mémoire

Dans le cocktail Molotov, il faut mettre du Martini, mon petit!

Transbahutez vos idées comme de la drogue. Tu risques rien à la frontière Rien dans les mains Rien dans les poches

Tout dans la tronche!

- Vous n´avez rien à déclarer? - Non - Comment vous nommez-vous? - Karl Marx - Allez, passez

Nous partîmes. Nous étions une poignée...

Nous nous retrouverons bientôt démunis, seuls, avec nos projets dans le passé Écoutez-les...écoutez-les... Ça râpe comme le vin nouveau Nous partîmes...Nous étions une poignée Bientôt ça débordera sur les trottoirs La parlote, ça n´est pas un détonateur suffisant Le silence armé, c´est bien, mais il faut bien fermer sa gueule Toutes des concierges! Écoutez-les...

Il n´y a plus rien

Si les morts se levaient? Hein?

Nous étions combien? Ça ira!

La tristesse, toujours la tristesse

Ils chantaient, ils chantaient Dans les rues

Te marie pas Ceux de San Francisco, de Paris, de Milan Et ceux de Mexico Bras dessus bras dessous Bien accrochés au rêve

Ne vote pas

Ô DC-8 des pélicans Cigognes qui partent à l´heure Labrador, lèvres des bisons J´invente en bas des rennes bleus En habit rouge du couchant Je vais à l´ouest de ma mémoire Vers la clarté, vers la clarté

Je m´éclaire la nuit dans le noir de mes nerfs Dans l´or de mes cheveux j´ai mis cent mille watts Des circuits sont en panne dans le fond de ma viande J´imagine le téléphone dans une lande Celle où nous nous voyons moi et moi Dans cette brume obscène au crépuscule teint Je ne suis qu´un voyant embarrassé de signes Mes circuits déconnectent Je ne suis qu´un binaire

Mon fils, il faut lever le camp comme lève la pâte Il est tôt. Lève-toi. Prends du vin pour la route Dégaine-toi du rêve anxieux des bien-assis Roule, roule, mon fils, vers l´étoile idéale Tu te rencontreras, tu te reconnaîtras Ton dessin devant toi, tu rentreras dedans La mue ça se fait à l´envers dans ce monde inventif Tu reprendras ta voix de fille et chanteras demain Retourne tes yeux au-dedans de toi Quand tu auras passé le mur du mur Quand tu auras outrepassé ta vision Alors tu verras... rien!

Il n´y a plus rien

Que les pères et les mères Que ceux qui t´ont fait Que ceux qui ont fait tous les autres Que les "Monsieur" Que les "Madame" Que les assis dans les velours glacés, soumis, mollasses Que ces horribles magasins roulants Qui portent tout en devanture Tous ceux à qui tu pourras dire :

Monsieur! Madame!

Laissez donc ces gens-là tranquilles Ces courbettes imaginées que vous leur inventez Ces désespoirs soumis Toute cette tristesse qui se lève le matin à heure fixe pour aller gagner vos sous Avec les poumons resserrés Les mains grandies par l´outrage et les bonnes mœurs Les yeux défaits par les veilles soucieuses Et vous comptez vos sous? Pardon, leurs sous!

Ce qui vous déshonore C´est la propreté administrative, écologique, dont vous tirez orgueil Dans vos salles de bains climatisées Dans vos bidets déserts En vos miroirs menteurs

Vous faites mentir les miroirs! Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes Cravatés Envisonnés Empapaoutés de morgue et d´ennui dans l´eau verte qui descend des montagnes et que vous vous êtes arrangés pour soumettre A un point donné A heure fixe

Pour vos narcissiques partouzes Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître Tellement vous êtes beaux Et vous comptez vos sous En long En large En marge De ces salaires que vous lâchez avec précision Avec parcimonie J´allais dire "en douce", comme ces aquilons avant-coureurs et qui racontent les exploits du bol alimentaire, avec cet apparat vengeur et nivellateur qui empêche toute identification Je veux dire que pour exploiter votre prochain, vous êtes les champions de l´anonymat

Les révolutions? Parlons-en! Je veux parler des révolutions qu´on peut encore montrer Parce qu´elles vous servent Parce qu´elles vous ont toujours servis Ces révolutions qui sont de "l´Histoire" Parce que les "histoires" ça vous amuse, avant de vous intéresser Et quand ça vous intéresse, il est trop tard, on vous dit qu´il s´en prépare une autre Lorsque quelque chose d´inédit vous choque et vous gêne Vous vous arrangez la veille, toujours la veille, pour retenir une place Dans un palace d´exilés, dans un pays sûr, entouré du prestige des déracinés Les racines profondes de ce pays, c´est vous, paraît-il Et quand on vous transbahute d´un désordre de la rue, comme vous dites, à un ordre nouveau, vous vous faites greffer au retour et on vous salue

Depuis deux cents ans, vous prenez des billets pour les révolutions. Vous seriez même tentés d´y apporter votre petit panier Pour n´en pas perdre une miette, n´est-ce-pas? Et les vauriens qui vous amusent, ces vauriens qui vous dérangent aussi, on les enveloppe dans un fait divers pendant que vous enveloppez les vôtres dans un drapeau

Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis Vous avez le style du pouvoir Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes Comme si vous parliez à vos subordonnés De peur de quitter votre stature, vos boursouflures, de peur qu´on vous montre du doigt, dans les corridors de l´ennui, et qu´on se dise: "Tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper" Soyez tranquilles! Pour la reptation, vous êtes imbattables Seulement, vous ne vous la concédez que dans la métaphore Vous voulez bien vous allonger, mais avec de l´allure Cette "allure" que vous portez, Monsieur, à votre boutonnière Et quand on sait ce qu´a pu vous coûter de silences aigres De renvois mal aiguillés De demi-sourires séchés comme des larmes Ce ruban malheureux et rouge comme la honte, dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage Je me demande pourquoi la nature met Tant d´entêtement Tant d´adresse Et tant d´indifférence biologique A faire que vos fils ressemblent à ce point à leurs pères Depuis les jupes de vos femmes matrimoniaires Jusqu´aux salonnardes équivoques où vous les dressez à boire Dans votre grand monde A la coupe des bien-pensants

Moi, je suis un bâtard Nous sommes tous des bâtards Ce qui nous sépare, aujourd´hui, c´est que votre bâtardise à vous est sanctionnée par le code civil Sur lequel, avec votre permission, je me plais à cracher, avant de prendre congé

Soyez tranquilles, vous ne risquez rien!

Il n´y a plus rien

Et ce rien, on vous le laisse! Foutez-vous-en jusque-là, si vous pouvez Nous, on peut pas Un jour, dans dix mille ans Quand vous ne serez plus là Nous aurons tout Rien de vous Tout de nous

Nous aurons eu le temps d´inventer la Vie, la Beauté, la Jeunesse Les larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux des filles Les bêtes enfin détraquées La priorité à gauche, permettez!

Nous ne mourrons plus de rien Nous vivrons de tout

Et les microbes de la connerie que nous n´aurez pas manqué de nous léguer Montant De vos fumures De vos livres engrangés dans vos silothèques De vos documents publics De vos règlements d´administration pénitentiaire De vos décrets De vos prières, même Tous ces microbes juridico-pantoufles Soyez tranquilles! Nous avons déjà des machines pour les révoquer

Nous aurons tout

Dans dix mille ans

TOI, si jolie,

ne gagnant que le SMIC, tu ne pourras pas te payer un logement, une bagnole, l'électricité, le téléphone, l'ordinateur, la mutuelle, les assurances, le gaz, les loisirs et une saine alimentation... (Si tu as la dignité de vivre sans maquereau) Tu ne boufferas que des boîtes, des nouilles et des patates... Bonne chance, ma grosse.

On aura beau

, on aura moche falsifier l'Histoire à force de profs ignorants et de manuels baveux, il y aura toujours le témoignage des Républicains espagnols, et des Grecs livrés par les "alliés" au fascisme et au napalm (Oui c'est en Grèce que les bons Américains ont testé le napalm contre les Résistants. Oui, les Résistants... Plus tard, ils ont soutenu la dictature des colonels, tu n'as pas appris ça, jeune attentif ?). Quand l'Histoire dira-t-elle que Churchill, Roosevelt, Truman, de Gaulle furent assassins, presque à envier Staline ? Les démocrates espagnols et grecs le savent, pas vous... chers lycéens. ( Je vous souhaite belle mention, même passable).

vers la sainteté

Mourir, je m'en fous : je ne saurai pas que je suis mort. D'ailleurs, "je" ne sera rien, ne sera (Epicure l'a dit mieux que moi). Le seul truc, j'aimerais bien être assassiné de mon vivant, victime d'une juste cause : les justes causes ne comptent que des victimes... Un saint laïc me conviendrait... Mais c'est toi qui vois.

Je hais

Je hais ce monde. Pourtant seul ce monde existe. Toutes, toutes ces années qui ne se résument qu'en minables négociations... Joyeuses naissances !

Donc,

Nous savons depuis des décennies que les laboratoires privés empoisonnent et pillent les peuples. Que font les autorités sanitaires ? Elles approuvent. Que fait la justice ? Rien. Les gouvernements ? Rien. Les députés et sénateurs ? Rien. Les médecins ? Pas grand-chose. Les journalistes ? Ce qu'ils peuvent, très tard.

Toi qui viens de faire avaler un médicament ou un poison à ton enfant que te reste-t-il, à part un bon fusil ?... Les larmes, bien sûr... Elles ne feront aucun mal, sinon à toi, tes yeux, tes joues, ta pauvre pâleur, ta peau sans valeur.

mardi 15 juillet 2014

Au début,

la Sécurité Sociale naquit du Conseil National de la Résistance, c'est-à-dire de gens qui risquèrent leur vie, et que la vie des morts proches hantait - POUR NOUS, POUR VOUS...

Où en est la sécu ? Elle doit des milliards à l'industrie pharmaceutique qui a corrompu tous (ou presque) les gens de comités et commissions (dont votre santé est sujet à et d'(à toi la préposition, la conjonction.. ou quelques mots d'abruti... Faut-t-il l' S ?) humour noir), par ailleurs payés aussi par vos impôts... Cela ne mériterait-il pas un bon procès civilisé ?...

Ou, faute de crédits, des balles dans la tête ? Comme en Chine ? (la famille paye les balles).

à mon père, à ma mère.

Le beau-père du voisin de Jacquy s'est institué, à l'occasion d'une pose de grillage, despote de travaux sagouins.

Il n'a pas hésité, pour sceller un piquet,

à sauvagement arracher un arbuste planté par Jacquy ; il a définitivement condamné les limbes dorés effleurés de vert, au mieux, au feu,

au pire, au sac-poubelle.

Tout plein de colère maîtrisée, Jacquy l'a calmement engueulé et a négocié un nouveau plant. Mais après

- toute colère évaporée -,

profonde, noueuse mélancolie.

Planter l'arbuste c'est accorder un peu de son présent à un avenir d'arbre. Déjà le feuillage boit la lumière et colonise le ciel,

les racines élèvent en sève le cœur, sous l'écorce l'aubier bague de chair le Temps.

Infiniment plus digne que la grande Histoire,

l'arbre : frémissante anecdote de la Hauteur.

Un point de détail : "les médicamenteurs".

Depuis bon nombre d'années, la belle " Commission d'autorisation de mise sur le marché" composée "d'experts" payés par l'industrie pharmaceutique t'empoisonne... Toi ce n'est pas grave, mais tes enfants aussi... Tout cela, bien sûr, dans le respect de la Démocratie et du secret... Allez, bonne bourre ! (Quand j'entends encore les petits chiens de la radio publique ajouter, dès qu'il est question d'un produit alcoolique, "à consommer avec modération", j'ai envie de distribuer du rhum à tous les gosses qui glandent sur les pelouses.) Je suis très méchant, j'avais oublié.

Il y a quelques documentaires sur youtube "Les médicamenteurs" en est un.

Question : Que foutent les médecins honnêtes ? !

l'Agité a de la voix

De : l'agité Le mardi 15 juillet 2014 à 05:53

Merci Jean-Michel, ça réchauffe.

oui, ''je conserve en mon sang des microbes étranges qui font la part du feu entre la bête et l'ange qui font la part du lion à ce qui me détruit. ce sont des amis surs qui travaillent sans bruit ils tracent des sentiers précis sur mon visage plus je les vois courir et plus je perds courage

moi qui n'ai voyagé qu'à petit pas prudent je n'aurai bientôt plus que la peau de mes dents''

bon, là, l'agité s'est voulu fidèle, mais à petits pas, même prudents, c'est de la vantardise !

et je ne dirai pas tout pourtant j'aimerais qu'on me laisse le temps et peut-être l'espace -et qu'on me dote de talent-

de raconter tous ceux que j'ai aimé, tout ce que j'ai reçu, tous ceux qui m'ont construit, tout ce qui m'a nourri, toutes ces belles et bonnes personnes.

et qui, parfois même, m'ont fait le don de leur amitié.

Si je racontais ma vie, je commencerai par Michel.

Enfant de rue, il commença tâcheron pour un garagiste. il en avait gardé un mépris radical pour les amateurs de belles voitures: ' plus ça brille dehors plus ça pue dedans''.

Puis sa vie ne fut que progrès . il apprit à lire à l'usine, grâce à FO. '' le seul Syndicat qui t'apprend à lire avant de te faire signer ta carte.

Jusqu'à son apothéose : patron de bar-tabac-presse.

Plus que tout autre, il m'a appris la valeur de la culture,de la connaissance, de la curiosité et du travail que cela exige.

A l'heure où le café se calme, il lisait les journaux; choix éclectiques: les alimaux sauvages, Géo ( autre revue sur les pays, et le monde, libé, les échos, la croix, le quot.du médecin etc. (mais pas 'le figaro: pas le temps de me laisser emmerder par des conneries.

Parfois, à cette heure de sieste, , il m'apostrophait. L'agité, t'as vraiment rien d'autres à foutre? non, Monsieur, à part le lycée,mais y'a trop de marches et trop de cons- pour les marches, j'sais pas: j'ai jamais été" .- c'est lui qui m'a surnommé l'agité, parce que je passais des heures assis chez lui, à écouter le monde réel-

Alors il ramenait 2 cafés, et 2 exemplaires du Diplo ou des Etudes ( les gés) : chacun le sien. Et parfois il me demandait sans aucune gêne ni honte, telle explication sur un mot, une tournure.

Un vrai don de confiance et d'amitié.

les soirs moins studieux mais plus houblonnés, il aimait m'entendre dire 'mes ' chanteurs : dimey, leclerc, caussimon, vigneault, ogier higelin, Bertin, bobby,etc. Pour sa fête, avec un ami, on avait ramené un petit piano droit. J'ai commencé, car mon ami jouait beaucoup mieux que moi. un petite pièce de Mozart ( k 511) et le 24° prélude et fugue du clavier bien tempéré de bach. il était muet,il pleurait fort et calme, puis il alla chercher un vieil armagnac de sa cave qu'il entama. Merde! A c'niveau-là,j'aurais pas cru qu'ça existait, la beauté sans les mots .

plus tard,il est mort, comme tout le monde.

En haut de son faire-part : '' N'allez pas réveiller les flicards ni les prétres Un simple coup de fil à 2 ou 3 copains.'' (dimey)

Puis,j'ai reçu son Enc-Univ :malgré son respect absolu pour ce livre, bien des pages étaient tâchés ou abimées, comme les bréviaires des vieux curés.

ultime don de son amitié si précieuse.

Il est mort de mort naturelle et professionnelle. cyrrhose.

lundi 14 juillet 2014

sans déconner

Le vrai de l'individu moral est le temps où il se demande: "Suis-je fier de moi ?". Le "moi" en question n'est pas narcissique : il s'agit de ce que j'ai fait, n'ai pas fait, et refusé. C'est tout. C'est l'immensité de qui n'est pas plus qu'essayer, jusqu'aux larmes, ou la rage. Ainsi la fierté s'écoulera poisseuse.

leçon de morale

L'Histoire prouvant que les Peuples se sont toujours fait -au mieux entubés, au pire massacrés - par des caprices historiques qui, finalement, ont toujours favorisé les puissants, il n'y a pas d'objection moralement fondée à ce que tu voles, tues, mentes et tisses une toile infâme pour finir ton mois, payer ton loyer indécent (ton TOI)... Un seul problème : la répression. Ben oui, si tu n'es pas copain avec quelques procureurs, juges, hauts flics, députés, sénateurs, Signatures journalistiques ou universitaires, tu te retrouveras jugé à-la-va-vite, avocat commis d'office n'ayant pas eu le temps de lire ton dossier, juge dont le visage a peine à se distinguer des chemises de dossiers en retard (tout dossier judiciaire est en retard), ne compte pas sur les preuves matérielles, les scellés perdus dans quelque cave Empire des rats et des cafards. Ils osent dire "Justice". Ils se distribuent médailles et compliments, fréquentent les mêmes restaus, hôtels, et putes de classe, vont ensemble chasser le chevreuil... Bon, pas de révolution ?... Oui alors à d'main, au loto, c'est ton tour. Je crois que la vieille du 5ème a 125 euros sous son matelas... si ça te tente... Après tout, tu n'as qu'à te faire passer pour un banquier, on te remboursera les frais de JUSTICE.

(Je viens de recevoir un mail d'un ami juge. Il me dit que ce que j'ai écrit est "satirique mais vrai"... Je vous invite à méditer sur le "mais". (14 / 07 / 2014, 20h 41)

reprise (4) "Bref :"

Vivent les ploucs, les hors tendance, vivent les paumés dans leurs paumes gribouillées d'illisible ,

les laboureurs, les blessés de leurs sillons, le gris hurleur de ciels,

le soleil flemmard bavant vaguement un Est vaseux, les balançoires du vertige, la chute des eaux suicidaires,

la sueur au front des prolos de la nostalgie, la pipistrelle qui du front fait un grenier, le grenier qui d'une poupée fait une enfance, vivent la pluie sur le crâne de la sagesse,

la calvitie de l'espoir, l'hymne coquelicot, le rat qui ronge le jour, les mots qui digèrent le silence, le silence qui défèque la fable, les voix égarées dans la toux,

l'équilibre qui doute, vivent les drapeaux troués qui éternuent leurs couleurs, les rencontres déchirées bégayant leur transparence, le culot des insectes et des amours d'être visibles, la sève qui pactise avec les yeux fermés,

les rires dans le miroir inerte,

vivent les chiens qui laissent leurs puces aboyer, vivent les clowns au trapèze avec les feuilles hors saison, le cafouillage de trop voir,

le vent dans l'émotion jupe-culotte, l'amour fou en son asile, la brillance des lèvres, les fruits improvisés à chaque caprice du rouge, le rouge opportuniste de la timidité, de la révolte, de la honte, de la colère, des joues giflées et des fuchsias, le temps qui pleurniche ses lilas,

le sommeil des loups dans la rage fauve, les fées qui pétaradent dans mes chaussons, vivent les chats félinement eux-mêmes, vivent les passereaux dont ils font un petit jeu agonisant, les vieilles dames dont la vie se distribue déjà en bijoux sans mémoire,

les routes pluvieuses frissonnant les lumières, vivent les héros incompris, ils ont sauvé le Monde mondain de l'évasif,

vivent les pâquerettes qui rappellent au désordre le vert des gazons pleutres, l'immensité assoiffée de grands yeux, vivent les maladresses d'éprouver,

de risquer ce qui reste de soi, les chatouilles par surprise sous les doigts sans empreintes, les soeurs des copines de la miséricorde, le courant d'air entre le naître et le mourir,

le rhume qui s'ensuit, bref :

vivent les détails.

   Genre : Poème

spiritualité

- Mais tu ne vas pas t'en sortir !

- Si, puisque je vais mourir.

- Mais tu vas laisser un sacré bordel !

- Je m'en fous, puisque je vais mourir.

- Mais y a un monde après toi.

- Je ne le saurai plus, puisque je vais mourir, et que "je" n'existera même plus pour s'en foutre. Le Paradis, quoi.

- Tu ne sais pas ce que tu dis... Je te pardonne.

- Je préférerais un whisky avec un glaçon.

charge d'âmes (6)

Le vrai miroir

est stupéfaction

l'écarquillement des yeux

qui se croyaient nomades

Quand les larmes forment leur fragile volume

brillent et sinuent lentement

sur les pâleurs d'accueil

tous les espoirs se permettent

Qui vous a permis ?

Certaines questions rendent

le pouvoir de sourire

au rose errant des lèvres

Quant aux dents

si peu incisives

elles pousseront désormais dans l'esprit

racine de tous les crocs

dimanche 13 juillet 2014

minuscle résistance

Depuis l'âge de douze ans, j'ai décidé de ne jamais appeler personne par son titre : M. l'inspecteur, Mme la directrice, M. le président, M. le Maire, Mme le Préfet, M. le Curé, Mon colonel à moi, Docteur, Maître... Dit-on Mme la Femme de Ménage ?... Monsieur, Madame, Mademoiselle, tout secs, suffisent largement. Et, bien avant douze ans, toute personne voulant s'imposer à ma faiblesse d'enfant, je l'imaginais à poils - pas nue -, à poils, et en train de déféquer, tout en viande plus ou moins molle, plus ou moins excréments, pilosité comique et puante... Ainsi j'ai toujours tenu le pouvoir à distance mentale : le pouvoir a la viande comique.

Mais, hélas, les uniformes, même invisibles, cachent la violence de ces masses de matière.

Bon défilé et joyeux 14 juillet (soldats et spectateurs) ! Allez enfants, et les morts de juillet 1789, d'octobre de la même année, ceux du Champ de Mars 1791, ceux d'août 1792... A vous de remonter : je fatigue... Oui, admirez la marche au pas, les chars, les avions criminels (mais acrobates), admirez en gros plan les mentons volontaires... ça a de la gueule ! Décidément :

le pouvoir a la viande comique.

La Fayette massacrant le peuple désarmé (Champ de Mars, 17 juillet 1791)

reprise (3)

oh jeunes et vieux

désespérez

désespérez de l'avenir et de son absence

désespérez du travail utile aux autres

qui n'existe presque plus (critères des saints marchés)

désespérez de voir toute foi quelque peu humaine

devenir dollar ou pute

désespérez de votre carrière dans un monde agonisant

désespérez des derniers animaux encore sauvages

et des groupes humains qui demandent encore pardon

à L'ESPRIT des bêtes et des plantes

désespérez des experts spécialistes enrichis par

des multinationales qui ont assimilé votre santé à leurs profits

désespérez de vos élus-sergents de leur pseudo-majorité

désespérez de ces pauvres gens dont le vote raciste

vaut le vôtre

désespérez de guantanamo de staline de bush de hoover de beria de sarkozy de hollande des vietnamiens napalmés, des hongrois massacrés, des polonais tronçonnés, des juifs gazés, des noirs lynchés, des palestiniens bombardés, des algériens torturés ou jetés dans la Seine par la police de de gaulle (oui, saint de gaulle qui imposa la 5ème république par un coup d'état), de rumsfeld, de galaad... (Ah, que l'immondice humaine est longue... et épaisse... ça fatigue.)

désespérez du vatican et de ses mafieux

désespérez du sexe et de l'amour

qui trainent encore la rougeur du péché

désespérez de dieu de ses anges et de votre horoscope ainsi que du père noël

désespérez de ces élections où vous n'êtes

que l'alibi des droites

désespérez de savoir tout ce que je viens de pleurer

et pire encore

désespérez comme des oiseaux sacrifiant

à la foi leurs couleurs et leur envol

comme les chats rassemblant l'immensité en un simple bond

comme l'ivrogne qui chante juste et justement la chanson oubliée

comme le chômeur dont les loques prouvent qu'il fut cadre supérieur

comme si la hauteur s'encadrait

comme le paysan dont les semences lui ronge les paumes

désespérez désespérez désespérez :

vous finirez peut-être par finir en beauté

(la beauté n'est qu'à la fin)

sinon, on peut toujours se doter d'un écran plat.

reprise (2)

ne te laisse pas ensevelir

par ce qu'ils appellent jour soleil couleurs

ne te laisse pas articuler par le mensonge

ne te laisse pas ensevelir par leurs mots faux

toi dont le langage signifie même l'absence absolue

parce qu'il eut cette présence

la tienne

je ne te laisse pas ensevelir

ne nous laisse pas ensevelir

je te déterre toutes les nuits

tu m'en sors

et même les étoiles les plus futiles

rigolent des galaxies

oh éphémères tourbillons d'années-lumière

parce qu'elles te reconnaissent

en moi que le sol ignore

on ne peut t'ensevelir

je suis l'insomnie de toute les nuits d'entre la nuit

elles m'offrent la bougie

qui nous offre de nous voir à jamais

l'à jamais

le Visage

reprise

J'avais écrit un billet, hier, que j'ai effacé par erreur. Il disait à peu près aux jeunes personnes qu' elles et ils ne doivent rien qu'au coeur, qu'à ses extrasystoles sans prix : le soin, la solidarité, l'amour sans taux ni taxe, (rendors-toi chéri(e) , nous sommes là, le médecin dit que ce n'est pas grave, appelle quand tu veux...) Tous les droits de respirer vos pères, mères, et les beaucoup plus vieux vous les ont gagnés au prix de leur vie et de leur - et de votre - mémoire. On vous dit endettés... les marchés.

Seriez-vous nés par pure spéculation, orphelins volontaires ? malades par esprit mesquin ? Tous mauvais payeurs par parturition ?

Vous n'avez pas de dettes à honorer, vous êtres la vie, Uniques, Unique, soyez dignes des charniers, de cet amas de massacrés qui, eux aussi, aimaient pour rien. Beauté absolue. Définitivement insolvable.

charge d'âmes (5)

Les regards qui stupidement

prétendaient à la pureté

éclatèrent sous la décharge

d'une chevrotine d'iris

Imagine-t-on

des cécités hallucinées

des cannes blanches

qui martyrisent les couleurs ?

Imaginer profond constitue un danger

dont seules les souffrances facétieuses

ont la faculté de traduire en

sifflotement de crime parfait

De quoi se mêle-t-il ce Temps

alors qu'il n'est question

que des égratignures de vouloir ?

Le vinaigre mesquin suffira

samedi 12 juillet 2014

"Le Seigneur est mon berger." (citation extraite du "traité de philosophie ovine")

Depuis la confiscation du "NON" de 2005 à la constitution européenne ( PUTSCH appelé "traité de Lisbonne") par les prétendus représentants du Peuple (les "socialistes" se sont abstenus, ô traîtres délicats) - même pour ceux qui en doutaient mais qui s'informent -, l'Union européenne ne peut de toute évidence ne représenter qu'une dictature dont les banques et les multinationales ont dicté les lois : chapitre à venir : le traité (secret pour l'heure) de libre échange avec les USA, c'est-à-dire la déréglementation mortellement définitive des droits sociaux, naturels (au sens Nature de l'adjectif), et l'avenir des êtres humains soumis à la justice privée, très bien payée (euphémisme ou litote ?), hors de tout contrôle. Ils vous ont déjà imposé une "dette" frauduleuse, la baisse des salaires, le chômage programmé, les "bac + 5" à mille euros mensuels (s'ils ont de la chance, les petits jeunes) ; la "flexibilité", comprendre : l'abus légal du pouvoir patronal... et ils vous ont habitués aux gens sans abri crevant dans les rues sous un ciel de carton , à une presse qui - à 90 % - appartient à des marchands d'armes et des banquiers, aux soins médicaux restreints pour les plus pauvres, au sabordage des services publics... Savez-vous que vous faites partie de l'OTAN, qui plus ou moins directement a fignolé bon nombre de massacres, lesquels, évidemment, vous font horreur (toutes les guerres et bombardements massifs ou "chirurgicaux" - depuis 1991, mais "avant bien avant" ne manque pas de napalm) ? Je n'aime pas le gaullisme 5ème République, cependant de Gaulle eut au moins cette dignité de refuser l'OTAN, de résister à l'empire étasunien et de rejeter comme ubuesque "l'Europe", sachant bien qu'elle n'était que le cheval de Troie (voir ses textes et conférences de presse). L'expérience récente montre que voter ne sert plus à rien, manifester, même par centaines de milliers non plus... Ils passent... Ils ont leurs grands médecins, leurs propriétés, leurs palaces, leurs bons comptes et bons amis, ils ont verrouillé le FMI, la Banque Mondiale, l'OMC, les traités, les paradis fiscaux (enfers pour les simples gens), ils ne craignent plus l'URSS, ils s'échangent les culs de haute administration en conseils d'administrations (l'S est là pour attester la confusion) ou de surveillance, vous êtes leurs jetons de présence, vous avez l'air malin, avec votre bulletin de vote qui, de temps en temps, choisit son maître incontrôlable, irrévocable avant le prochain grand spectacle électoral étoilé de communicants... Lisez, voyez les documents relatifs aux Résistants, de la seconde guerre mondiale, certes, mais de toute époque... Ils ont tant souffert pour vous, juste pour l'idée naïve du Juste... Et quand je dis "vous", je suis dans le pronom, parce que je me vouvoie quand j'espère à en vomir.

jeudi 10 juillet 2014

charge d'âmes (4)

Attention : celles

qui naquirent de l'insomnie

s'étendent villes à jamais nocturnes

éclairées de nids de frelons

Toutes les folies ne sont pas furieuses

Il en est

saignements fins d'une transparence

ligotée de ténuités amoureuses

La contemplation concentrée

par une loupe de temps

pulvérise en frissons les absences les plus denses

Le zéro s'éprouve fleur de peau

Ne croyez pas aux fronts

murs du silence Derrière toujours

la vitesse espérante y précipite

et cogne les multitudes du chant

Rendez-vous sur le site là-bas.org

Le 19 juin dernier, j'ai rédigé un billet à propos de l'émission "Là-bas s'y j'y suis". J'ignorais alors l'attaque brutale qui se préparait. Ce que n'ont réussi ni la chiraquie ni la sarkosaille (étrangler quelques voix libres de plus), la hollandouille l'accomplira-t-elle ?

"Là-bas si j’y suis" c’est fini,

Daniel Mermet ne sera plus à l’antenne en septembre, et l’équipe est suspendue.

Le vendredi 26 juin, au lendemain de la dernière émission de la saison, Laurence Bloch, la nouvelle directrice de France Inter mettait brutalement un terme à l’une des émissions la plus populaire, la plus originale et la plus engagée de la radio.

Madame Bloch assure que l’audience baisse, alors que LA-BAS a apporté plus de 350 000 auditeurs à France Inter sur un horaire difficile. Madame Bloch dit à Daniel Mermet qu’il est trop vieux, alors que la moyenne d’âge de l’équipe est de 37 ans et que Mermet a convenu de passer la main avec son équipe.

Depuis longtemps le pouvoir tentait de faire taire la voix beaucoup trop dissidente de cette émission. La nouvelle direction l’a fait. A l’intérieur de la radio comme parmi les auditeurs, la stupéfaction a fait place à la colère.

" C’est une erreur et une faute", dit le comédien François Morel .

De partout, sur tous les réseaux, circulent des pétitions et des dizaines de milliers de messages consternés ou rageurs.

« J’ai 30 ans, j’ai grandi avec les reportages, j’ai appris à tendre l’oreille, j’ai appris à réfléchir plutôt qu’à recevoir. C’est l’ouverture à la pensée critique (à la pensée tout court ?) que l’on flingue aujourd’hui. Mais on touche aussi à un petit bout de moi, à une bande de potes, là, dans le poste. J’ai les boules et je le ferai savoir. On ne lâche rien. »

POUR QUE LA BAS CONTINUE !

Paris, le 27 Juin 2014

Signez la pétition (là-bas.org)

"Prends garde à toi, Philippe, tu as pensé au bonheur de l'humanité."

vendredi 4 juillet 2014

à l'Agité

Sais-tu, camarade, qu'on peut être en manque de voix ?

"Je ne dirai pas tout

J'ai le sang plein d'alcool d'un alcool de colère

Et je vais achever ma vie dans un bocal

comme un poisson chinois

Peut-être un coelacanthe ...

J'aurai, j'en suis certain,

de l'intérêt plus tard,

Vous aurez des machines

à faire parler les morts

Je vous raconterai mes crimes

et ma légende

Et je vous offrirai des mensonges parfaits

Que vous mettrez en vers, en musique, en images,

Mais vous aurez beau faire

Je ne dirai pas tout!

Or, tout me reste à dire."

Bernard Dimey

charge d'âmes (3)

Jamais sans l'aide du vertige

l'Espace n'eût réussi à injecter

en de si minces détails

les immensités sensibles

Chacune s'étonnait

fugitivement d'être au monde

le caprice

de la seule combinaison possible

Seules celles qui

dans le moindre regard

peuvent voir les grands yeux

entendent les fracas de la lumière

mardi 1 juillet 2014

ménage

Quelques personnes qui ont la sympathique curiosité de lire ce blog se sont étonnées de voir certains billets disparaître. Il ne s'agit en aucun cas de suppressions dues à leurs commentaires mais simplement à une relecture critique de ce que j'ai écrit. L'espace d'expression qu'ouvre un blog, s'il offre les belles perspectives que chacun peut apprécier, n'est pas sans pièges. La spontanéité est le signe d'une certaine affirmation de la vitalité, mais elle est bien loin d'être toujours pertinente. Je cède parfois à la facilité de donner libre cours à des émotions qui, autrefois, seraient restées à l'état de brouillons intimes. Ce laisser-aller est souvent celui de la colère et de la mélancolie mal dominées, ce qui entraîne des considérations injustes, outrées, insignifiantes, maladroites, voire tout à fait idiotes. Ainsi je m'impose un "ménage" mensuel qui me permet également de corriger quelques erreurs d'orthographe, de ponctuation et quelques tournures malheureuses.

Voilà. Je dois à présent appliquer cette même discipline à la dignité de mon salon que des hordes barbares viennent de traverser.