Jean-Michel Robert

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vendredi 30 mai 2014

Dans le secret du crime financier

est le titre d'un film de la série documentaire Infrarouge que diffuse, très tard (0h15), Antenne 2. Heureusement, on peut le regarder à l'heure que l'on a choisie en allant cliquer You Tube. Ce que je viens de faire.

Ce reportage pertinemment titré témoigne en toute clarté du crime organisé.

Organisé par qui, par quoi ? Vous le savez : les grandes banques, dont la Banque centrale européenne, les gros actionnaires, les agences de notation, le FMI, l'OCDE, l' Union européenne... avec tout ce que ces mafias comptent de mercenaires politiciens (y compris bon nombre de nos députés, sénateurs, notre Président et ses ministres), hauts fonctionnaires nationaux et continentaux, "experts", journalistes vendus des médias dominants...

Pertinence du titre, d'abord. Il s'agit bien de crime puisque la crise qu'ont générée les pratiques des individus et groupes désignés plus haut a tué, livré au pillage, terres et peuples. Combien de suicides, de victimes du froid, des canicules, de la faim, de l'absence de soins médicaux ?... Combien de désespérés, de familles détruites, surendettée, expulsées de leur logis

- S'impose à ma mémoire le grand poète Gérald Neveu, la photo de son expulsion, mars 1954, publiée par le journal La Marseillaise et reproduite dans le volume 222 de Poètes d'aujourd'hui, alors qu'il était malade et sans emploi, je le revois, maigre, dans un costume exténué, tournant le dos à ses effets répandus sur le trottoir*. L'année 1954, ça parle à tous les Français... comme l'abbé Pierre, cet hiver-là. -,

expulsées de leur camp insalubre, de leur pays, du nôtre ? Combien de jeunes qui, même diplômé(e)s, ricochent de stage en stage, d'emploi précaire en sous-emploi ; de "vieux" (de 45 ans et plus) virés pour "compétitivité" défaillante, virés de leur travail, de la société, et d'eux-mêmes ?... Mais impossible d'examiner "la scène du crime" dans sa totalité. Enfin, un documentaire télévisuel qui ose les mots exacts. On y découvre - surprise - un ancien de la DST démontant, entre autres, les mécanismes des subprimes, décrivant la porosité des minces membranes entre politique, finance, états, institutions de tout poil ; le dépeçage programmé de la Grèce, avec l'hallucinant armateur milliardaire qui, après la vente du port du Pyrrhée à des " investisseurs" chinois, formule son bel espoir (partagé mais le plus souvent nié par tous les ultralibéraux de droite et de "gauche") de contraindre tous les travailleurs à la discipline, la chinoise ou l'allemande, petits soldats sans syndicats, précise-t-il avec une bonhomie cynique, d'aucuns diraient "décomplexée" ... Bref, vous verrez et méditerez probablement sur la leçon islandaise. Pour l'heure, les balbutiements de révolte n'ayant pas atteint la masse critique, il n'est pas recommandé d'être à soi seul détonateur des lendemains.

  • On a prétendu que Gérald Neveu s'était suicidé, cette thèse, pour certains esprits, servait sans doute mieux l'image du "poète maudit". Faux. Son ami Jean Malrieu, dont je relis souvent "Le château cathare" et "Les maisons de feuillages", l'a affirmé avec force : Gérald Neveu est mort involontairement, de misère, six ans après son expulsion. Il avait 39 ans. Il fut enterré dans la fosse commune du cimetière de Thiais.

jeudi 29 mai 2014

charge d'âmes (2)

Un état d'âme

se reflétait en douce dans la

dernière flaque évaporée

d'un déluge négligeant

Quel amour fou

quelle fureur peut ainsi blesser l'Espace

maculer de sang transparent

la rotation vertigineuse des losanges ?

Pas étonnant que tant de poèmes soient encore

merveilleusement perdants : il n'est pas si aisé

de saisir l'âme au bond

avec les mots aveugles

Etrange trio Une mélancolie et demie

une nostalgie de trois quarts

et la fraction quelconque

s'éloignent en boitant

lundi 19 mai 2014

charge d'âmes

Au commencement était la musique

sans laquelle il n'y eût jamais eu de fausses notes

juste les vibrations du silence

béatitude de l'absence mélomane

L'ennui des masses de Temps provoqua

leur collision Laquelle cracha

une énergie folle grêlée de microparticules

que les sciences dures appellent âmes

Toute âme étant unique

pour se distraire

le Temps dispose

des infinies nuances de l'invisible

Quand il était petit il était

plus grand Ce n'est pas

un snobisme de paradoxe

C'est l'avenir raté

J'en suis sûr il y avait ce feu

Il ne brûlait que de la lumière

Temps modestes où nous n'avions

que l' ambition des cendres