Jean-Michel Robert

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 7 mars 2014

stratégie

Il faut peut-être tenter le coup : laisser

la vanité devenir incalculable

voir comment c'est quand elle a enfin

tout le pouvoir

jeudi 6 mars 2014

de l'Histoire (coup de colère à retardement et très incomplet)

En France, comme dans tous les pays, depuis toujours, l'Histoire est falsifiée, dans tous les manuels scolaires depuis qu'ils existent, dans toutes les instructions aux profs. Cependant, il fut une époque où les jeunes, intéressés au-delà des impératifs scolaires, pouvaient au moins s'appuyer sur une chronologie, des ruptures, des figures emblématiques... Tout ça est terminé. Un jeune ou une, même motivé(e), aura un mal de chien (enragé) à trouver dans l'enseignement officiel le moyen de repérer la Monarchie de Juillet, première et seconde Restaurations, la déclaration des Droits de l'Homme de 1793, la différence entre la Législative et la Convention, les événements ayant conduit à notre cinquième République... sans parler de Charles IX, des Croisades, des guerres de religions, de la Commune, de Jeanne Hachette, de Frédégonde, de Jaurès... Un chapitre qui m'a particulièrement révolté dans cette livrace qu'on impose aux lycéen(ne)s est ce thème : Démocraties et totalitarismes. Il y va de soi que les pays démocratiques sont l'Angleterre, la France, Les USA et que les totalitaires sont l'Allemagne Nazie, l'Italie fasciste, et le l'URSS, certes, mais on oublie la guerre civile espagnole et Franco qu'ont toujours soutenu les "démocraties", toutes les dictatures qu'ont fomentées ou soutenues les USA dans tous les continents, particulièrement en Amérique Latine (Ô ! Jacobo ! Guatemala !) et dans les pays pétrolifères (par ex : l'Arabie Saoudite)... Dans ces manuels, il n'est question que d'un seul 11 septembre, celui de 2001, alors que la CIA, les militaires, les multinationales (ITT, entre autres) ont préparé la fin du Chili démocratique, la mort d'Allende pour le 11 septembre 1973, l'emprisonnement, la torture, la mort des opposants sans armes... Je fatigue pour parler de l'Indonésie, du Viêtnam, des massacres colonialistes, des droits civiques des noirs américains... CIA, KGB... mêmes barbouzes au service de mafias ennemies et/ou complices - ça dépend des intérêts - appelées "Gouvernements"... Et ça continue, chers élèves à qui je n'enseigne plus. J'ai bien peur que l'Espoir soit moins bon avec ce que vous serez qu'avec ce que je fus.

__ Article 35. Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.__ (Déclaration des droits de l'Homme de 1793)

mercredi 5 mars 2014

protection fluette

C'était un corbeau idiot

Il croassait sans le savoir des pétales noirs

que consolaient sans un mot des blancheurs minuscules

rien qu'en se laissant appeler pâquerettes

mardi 4 mars 2014

Faire quoi ?

Oui, que faire dans ce truc appelé monde à la fois horrible, beau, ennuyeux, risible, triste. Faire rien c'est encore faire puisqu'on est. Ne rien faire c'est encore plus long.

Alors il faut agir : au coeur de l'invisible, faire hurler l'impensable... Sinon, on peut toujours commander une pizza.

lundi 3 mars 2014

0ui, ça fait

du bien (égoïstement) d'entendre à nouveau les gens qui eurent des couilles à l'âme, de l'âme au clitoris, enfin ce va-et-vient de la chair et du mystère d'être. Les grand(e)s étonné(e)s, les pauvres stupéfait(e)s. Je les entends chanter, même s'ils ou elles n'ont jamais eu la parole ni la musique.

Poème de Léo Ferré (à l'année 1976, et à chaque année, où se trouvent toujours des âmes de vingt ans qui furent et sont en droit d'aimer dans la révolte)

Léo Ferré - Vingt Ans

Pour tout bagage on a vingt ans On a l'expérienc' des parents On se fout du tiers comm' du quart On prend l'bonheur toujours en r'tard Quand on aim' c'est pour tout' la vie Cett' vie qui dur' l'espac' d'un cri D'un' permanent' ou d'un blue jean Et pour le reste on imagine

Pour tout bagage on a sa gueul' Quand elle est bath ça va tout seul Quand elle est moche on s'habitue On s'dit qu'on est pas mal foutu On bat son destin comm' les brêmes On touche à tout on dit: "Je t'aime" Qu'on soit d'la Balance ou du Lion On s'en balance on est des lions ...

Pour tout bagage on a vingt ans On a des réserv's de printemps Qu'on jett'rait comm' des miett's de pain A des oiseaux sur le chemin Quand on aim' c'est jusqu'à la mort On meurt souvent et puis l'on sort On va griller un' cigarette L'amour ça s'prend et puis ça s'jette

Pour tout bagage on a sa gueul' Qui caus' des fois quand on est seul C'est ç'qu'on appell' la voix du d'dans Ça fait parfois un d'ces boucans ... Pas moyen de tourner l'bouton De cett' radio, on est marron On passe à l'examen d'minuit Et quand on pleure on dit qu'on rit ...

Pour tout bagage on a vingt ans On a un' rose au bout des dents Qui vit l'espace d'un soupir Et qui vous pique avant d'mourir Quand on aim' c'est pour tout ou rien C'est jamais tout, c'est jamais rien Ce rien qui fait sonner la vie Comme un réveil au coin du lit

Pour tout bagage on a sa gueul' Devant la glac' quand on est seul Qu'on ait été chouette ou tordu Avec les ans tout est foutu Alors on maquill' le problème On s'dit qu'y a pas d'âg' pour qui s'aime Et en cherchant son cœur d'enfant On dit qu'on a toujours vingt ans

dimanche 2 mars 2014

Pas tous pourris... mais un bon nombre... et que, clairement, l'on considère, parmi les premiers pourris, ceux d'extrême droite.

Pendant les campagnes électorales de ces quatre dernières décennies, quels personnages politiques vous ont dit que leur projet consistait à livrer l'économie (en dernière instance, votre travail, votre vie, celle de vos proches) à l'internationale de la finance, à des flux de capitaux incontrôlés, à la titrisation, sous-titrisation, sous-sous titrisation de "vos dettes", le sauvetage (par vous) des banques, la baisse des impôts des plus riches, l'augmentation des vôtres, la baisse des salaires, la fin des subventions aux associations citoyennes, la retraite de plus en plus tard - y compris pour celles et ceux qui ont trimé dans les pires conditions depuis leur plus jeune âge - , le sabotage des services publics, l'agonie programmée des malades les plus pauvres, la fin de tout pouvoir du peuple quant au contrôle des élus (Union européenne) et de tout mot à dire quant à la politique monétaire (Banque centrale européenne)... Qui vous a annoncé ce programme réjouissant pour les nantis que vous êtes, bande d'assistés, de faux chômeurs, de malades fictifs, sale peuple d'électeurs qui ne savez même pas ce que vos élus préparent de longue main (gantée) pour vous poignarder dans ce dos confiant ou indifférent que vous leur tournez.

Qui vous a pas promis ça ?

Pourtant ils l'ont fait, le font et le feront...

"Contrôle et révocation par l'Assemblée générale d'arrondissement, à tout moment, de tout élu trahissant son mandat " : 1871, décret de la Commune de Paris.

Toutes mes excuses aux jeunes qui ne sont pas encore de mon âge. Ils peuvent cependant, à leur manière, probablement inattendue, résister.

"68, 68... Honneur du calendrier" Léo Ferré.

5h32, comme on dit.

il est tôt ou il est tard ça dépend

des gens : comment ils parcourent leur aventure

ou l'inverse

souvent trop tôt ou trop tard

adverbes modestement humains

pour dire non pas le Temps

qui n'a jamais existé que dans son mot

pour dire cette viande pourvue d'âme

enrobée d'univers

et du fou rire des années-lumière

samedi 1 mars 2014

vacances (3) -pour les deux premiers jours, voir en septembre et octobre-

J'ai eu beaucoup de mal à évoquer ce 13 septembre 2013 tant mon histoire, en sa partie coeur, se mêle à l'Histoire. Retour à La-Butte-aux-Cailles.

Voici pas mal de temps (20 ans ?), la femme que j'aime et moi ainsi que deux couples d'ami(e)s nous étions retrouvé(e)s à La Butte-aux-Cailles où, au petit caboulot " Le merle moqueur", on pouvait boire de la bière blanche et apprécier le spectacle que les gens du coin, tous les samedis, présentaient avec ce mélange de fraternité et de révolte tout inspirées de la Commune de Paris. Après, nous avons dîné en face, "Au Temps des Cerises", excellent restaurant, coopérative ouvrière, entreprise sans patrons mais conduite au mieux de la justice et de la qualité. Belle soirée : rires, discussions, bon vin, bons plats... et l'esprit de la Commune au-dessus de la fumée de cigarettes (Oui, l'époque n'était pas encore aseptisée). A la fin, l'un des couples nous ramena en voiture à la gare Montparnasse, et au moment de nous quitter, Sophie nous a lancé : "Faites un enfant, vous l'appellerez Parnasse". Comment dire que ces moments sont parmi les plus beaux et plus tristes de ma vie ? Jean-Baptiste Clément saurait peut-être trouver les mots.

Donc, le 13 septembre dernier, j'ai eu le plaisir de déjeuner "Au Temps de Cerises" qui existe toujours avec, collés à l'entrée, une affiche à l'éloge des luttes et de l'oeuvre de la Commune et ce petit mot : "Eteignez votre portable ! bordel !"

(à suivre)