Jean-Michel Robert

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jeudi 27 février 2014

téléfilm fascisant sur FR3

Ce machin est titré "marge d'erreur". La morale à en tirer est que les droits de la Défense permettent aux "monstres" de s'en tirer, qu'il vaut mieux emprisonner un innocent, même sans preuves, que de risquer de libérer un présumé (...) quoi ? Télé pourrie, je le savais déjà ... Pourquoi ça me révolte encore ? Pourquoi cela me révolte-t-il encore ? Pourquoi écris-je ce texte dont personne n'a rien à foutre ? Parce que je n'ai pas la télé.

PS. Il va de soi que le "monstre" libéré par la laxité judiciaire est banlieusard et sans diplômes (Ils n'ont pas osé un Noir ou un Arabe.)

mercredi 26 février 2014

écrit dans le train

pas beaucoup suffit à qui

sait voir par exemple un beau cou

mais vous avez remarqué que le

jeu de mots est trop facile

un beau genou offre moins de ressources (linguistiques)

des chevilles à la folie

ça rejoint l'âme par juste un peu

de lumière qui ignore

lundi 24 février 2014

Si....

et puis pas de "et"... plus de coordination... Mais où est donc Ornicar ? Demande-le à ton bulletin de vote, nul par définition. Espèce d' Européen. Lâche, seul ton chien aura pitié de toi, parce que tu n'as plus pour seule conscience que la pâtée. Si tu n'as pas de chien, tu n'as qu'à aboyer : on te prendra peut-être pour quelques poils mouillés.

Temps, rien, ou seulement.

Depuis toujours ou jamais on

ne peut savoir puisque le Temps n'existe pas

seul le passé laisse traces

et je suis passé

à l'instant-même où tu es belle

ironie de la présence

Mémoire

Je me rappelle

quand j'étais gentil

je m'endormais contre la chaleur

qui s'appelait "Mon chéri, je suis là"

Maintenant que je suis méchant

je ne suis plus là

la voix non plus

inconsolable

de ce que je suis

ne serai plus

de tout lieu de tout temps et de toute musique

dimanche 23 février 2014

à ceux et celles qui votent et voteront Le Pen.

Je sais : la plupart des médias vous excuse d'avance sous prétexte de crise, de misère, de désespoir... toutes choses que connurent les morts de la Résistance, qu'ils soient français ou non. En vérité, électeur masculin ou/et féminin (Je n'ai pas le temps de mettre les nuances en E et en salopes) du FN, si tu n'es pas un inculte, un salaud, un raciste, un assassin, tu n'es RIEN et finira comme qui n'aurait jamais dû commencer. Allez, crie-le, ordure : "Vive la mort !", la mort borgne dont le seul oeil ne sait même pas pleurer. "Vive la mort de mon voisin juif, arabe, chômeur, poète, feignant !... Et que "ça"rechante, nom de dieu, en piétinant au pas et au rythme bottés, les enfants nés sans blancheur officielle."

faux paradoxe

-Pourquoi, quand on n'a plus le choix, choisit-on quand même ?

-Parce qu'on est que "on", crétin.

samedi 22 février 2014

Zéro

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Le choix :

il est cruel : il vous faudra être esclaves, complices (éphémères) du capital, ou le crever. Les banques n'ont pas de morale, elles sont éternelles, sauf si vous les massacrez. Je dis "vous", parce que "moi" est - et suis fatigué, et, en plus, ou en moins, "Je" "lui" aussi, et "il" non plus, ne crois (croit) (croient) (croyons) pas en "vous", seulement en "tu", lequel ne me prendra(s)(tu) jamais au sérieux. Sans compter "Elle". Bref : rien à attendre d'espérer ni de désespérer. Rien. Et aussi toi non plus.

Je jure, s'il est à ma portée,

de foutre mon poing dans la tronche de tout connard parlant d' "état providence" (si c'est une femme -une connarde-, un crachat suffira).

Ce terme est une insulte à tous ceux et celles qui ont souffert ou sont morts pour gagner la Dignité.

Et que la providence aille se faire torcher par les descendants des apôtres.

vendredi 21 février 2014

Pourquoi

ni les livres d'Histoire, ni les profs ne disent clairement et une fois pour toute que le régime Pétain Laval a VOLONTAIREMENT, avec le zèle de la police et de la gendamerie "françaises" massacré des familles entières de juifs et d'opposants ?...

Peut-être parce que Mitterrand allait tous les ans se recueillir sur la tombe du Maréchal sanglant, et qu'avant, de Gaulle et Pompidou avaient mis les collabos aux commandes (voir la carrière de Maurice Papon, lequel honoré par la 5ème République, poursuivit son honorable service à la Nation, après avoir fait massacrer les hommes femmes et enfants juifs,en massacrant les Arabes sans armes, à Paris, 1961 - de Gaulle a, d'après les historiens, bien dormi cette nuit-là.) Oui, pourquoi ? Non, paskeu.

Je sais bien

que mes coups de gueule de blog ne changeront pas le monde, peut-être même pas ta tranquillité ou ton intranquillité, toi dont le quotidien ronge la force. Je sais... "bien" n'est pas le bon adverbe. Je sais : "mal" n'est pas plus pertinent... Quand même, merde, quand même... m'aime serait trop facile... Sans munitions, morts et vivants ne signifient rien qu'un Bang hurlé par un enfant jamais né.

mécanique sans équations

La vie est sanglante, nulle, injuste, cruelle et encore beaucoup d'adjectifs que je néglige tant je suis las. La vie est comme ça parfois belle (question de chance) mais généralement horrible. Mais seul la vie existe, ou le semble. Ce n'est pas une raison de s'en accommoder. Comment inventer un autre truc que la vie ?

Toujours la même histoire

de ceux et celles qui ont massacré sur tous les continents : "J'obéissais aux ordres, je ne gérais que des numéros, des non humains... Il fallait que je gagne ma vie... j'avais des gosses à nourrir... On connaît les arguments de tous les complices, fascistes, racistes, pilleurs sans autre idéal que le fric : il n'hésitent pas à tuer les pauvres gens... pour l'avenir de leur femme qu'ils trompent et de leurs gosses qu'ils foutent en pension de luxe, avec, souvent, la complicité de L'Eglise (dont les pratiques sexuelles sont encore loin des enquêteurs honnêtes, il en reste). Toi, pauvre con de travailleur, si tu te trompes dans ta déclaration de revenus, tu auras à coup sûr l'huissier (Je fais mon travail, j'obéis à la hiérarchie, j'ai une femme, des gosses, faut que je paie not' pavillon). On en est là, alors que des gosses de quinze ans sont morts, dans les années 40 pour leur minable "eux", avec leur femme qui les trompe et leurs gosses qui les méprisent. Y aurait-il autre chose que la vie ?... ça serait à voir. En passant. Vite. Bon,

après tout, le monde sait qu'on meurt, qu'on ne sait même pas alors qu'on ne sait rien, même pas qu'on n'est jamais né. Et que le Rien s'en fout d'ignorer.

Depuis tant de jours et tant de nuits,

je ne parviens qu'à dormir que par surprise, au mieux quelques heures, dans mes rêves tous les êtres aimés sont vivants, et l'amour de ma vie est auprès d'elle et de moi, ce qui autorise "Nous". Mais "je" ou "on" me réveille pour que je souffre cruellement, mais, bien sûr, parce que j'ai de la chance, celle qui abandonne ceux et celles qui souffrent vraiment : chaque jour, chaque nuit de froid, d'enfants sans forces, sans nourriture, sans école, perdus dans l'amour invisible, impalpable, perdu dans l'odeur d'une mère, d'un père, de frères de soeurs que la police chouchoute selon les instructions sacrées de la hiérarchie. Je hais cette France inculte, prête à voter Le Pen, Je hais cette Union Européenne qui confisque la Démocratie au profit des lobbies, je hais la "démocratie représentative" qui autorise les élus à nous imposer des lois que leur programme électoral ne mentionnait pas... Démocratie ? Mon cul, et celui de toutes les victimes de ce système de dupes. Il faut briser l'Union Européenne par la grève générale, imposer des lois sociales dignes de celles que la Résistance française imposa, à la suite des Communards et des soldats de Valmy. Vive la lutte désespérée... Elle a toujours commencée par la révolte de quelques isolés qu'on traitait de fous... et qui gagnèrent, au prix de leur vie, ton droit à la santé, aux vacances, au vote, à l'expression, à l'éducation gratuite et laïque, à la fin du travail des enfants de cinq à seize ans... et tant d'autres respirations qui te semblent évidentes, alors que ton droit de disposer d'un peu d'air, ce sont les barricades et les grèves violentes qui l'ont gagné, tu respires les morts qui t'ont aimé(e) sans même savoir que tu naîtrais, qui ont, par exemple, recueilli humainement des enfants juifs au péril de leur modeste vie... Juif(ve) ou non, Tzigane ou non, communiste ou non, anarchiste ou non, patriote ou non, homosexuel(le) ou non, papillon ou merde... Tu ne dois d'être qu'à ceux et celles qui t'ont sauvé(e) sans te connaître. Dans mes rêves, tous les vivants ne sont pas morts pour rien. Et j'exige que l'on casse la gueule à tout connard parlant d' "état providence"... La providence de la guerre de classes les achèvera. Ou la providence partira en couinant.

Très méchant et travailleur de nuit.

Je jure sur les têtes qui me reconnaitont que ceux et celles qui ont usé de la bassesse pour me nuire sont loin d'être quittes. Ils le paieront sans argent, mais cher. Cher, en une monnaie que toutes les banques ignorent, en un temps que la pourriture ne soupçonne pas, tant elle se perd à pourrir.

Je n'oublie rien, je contourne.

Plus tard, c'est un temps qui vous dépasse, tant vous croyez être présents. Tant vous êtes certains que votre obséquiosité, vos compliments calculés, votre absence de dignité est payante.

"Soyons payés plus que nous valons !" c'est votre idéal (J'eusse pu ajouter un "ne" explétif, mais vous ne le méritez pas, vous, les chacals bouffeurs d'enfants et de parents perdus... Méritez-vous d'ailleurs la seconde forme du conditionnel, vous, les sans contours, même pas difformes ?). Ayez peur : ce sera votre dernier signe d'humanité, celui qui rejoint l'innocence des bêtes. On vous achèvera, pour laisser une chance aux bêtes. Oui, je suis rancunier et pas gentil. Je ne suis pas Jésus. Plutôt le dieu cruel de l'Ancien Testament. Belle carrière. Assez pittoresque.

Je suis rancunier et pas gentil

"L'ignorance du passé ne se borne pas à nuire à la connaissance du présent ; elle compromet, dans le présent, l'action-même" Marc Bloch (Grand historien, fusillé par les nazis, avec la complicité de la police 'française", le 16 juin 1944, et refusillé en permanence par des manuels d'Histoire nuls et certains enseignants dont le seul nom propre est Néant. Protégez vos enfants ! Tout cela est bien pire que la pornographie).

Je conçois un mélange de haine et de mépris contre deux femmes, profs d'Histoire, qui prétendaient forger nos jeunes esprits au pauvre feu de leur pétainisme. Ainsi, lors de leurs cours, elles défendaient Les Versaillais contre la Commune, et le pétainisme le plus dégueulis de vieillard fasciste. Je me souviens du nom de la première (classe de première) qui véhiculait un patronyme poétique : Martin-Lamouche, je me servirai sans doute de ça dans un roman cruellement surréaliste. L'autre, terminale, était aussi pourrie que l'autre, elle ne supporta pas que j'expose l'histoire de Front Populaire, avec enregistrements d'époque, ni que j'explique, sans notes, les rudiments du marxisme à une classe de jeunes très révoltés (années 70). Elles m'en voulaient aussi, probablement, d'être élu au conseil d'administration et à la commission permanente où elles n'étaient qu'absentes : transparence des non élues. En mémoire de la Résistance, et particulièrement de ces lycéens qui furent martyrisés dès 1940 d'avoir cru à la Liberté, j'espère que ces deux profs frelatées ont beaucoup souffert. C'est pas gentil. Mais ce serait juste et - pourquoi pas ? -, jouissif.

jeudi 20 février 2014

fou rire

Quand toutes les particules d'espoir ne

gravitent plus dans le champ d'âme

restent celles du désespoir

dont la charge négative attire la folie du rire

mercredi 19 février 2014

Même,

oui, même Jaurès, grand humain, grand intellectuel, je crois, n'aurait pas eu d'autre signifiant que de cracher un glaviot bien épais dans cette tronche "socialiste".

Un des assassins de Jaurès, après régime.

car

les femmes qui aspirent à être aussi méprisables que les hommes méprisables, mathématiquement, sont méprisables (voir Thatcher, Parisot, et quelques autres ordures que vous ne trouverez pas dans vos poubelles d'HLM, si vous avez la chance d'habiter à loyer dit "modéré"). Quant aux poubelles de l'Histoire, elles sont classées "secret défense".

Elle a dit : "Où commence le droit du travail s'arrête la liberté."

Elle a été jusqu'au bout l'amie active du boucher Pinochet.

pour en finir avec la "parité"

Une femme qui détient le pouvoir n'est pas plus respectable qu'un homme qui le détient (une femme PDG, ministre, sergent chef... humilie l'humanité autant qu'un homme pourvu des mêmes grades) . Dégradation totale, au sens hiérarchique, c'est l'objectif juste. Je le sais parce que je suis juste.

IL Y

-Il y a... Trois mots qui ne signifient que pour qui les accepte sans poser les questions : "Quoi il ? Que Y ? Qui a ?"

-Toi, par exemple.

-Non, puisque je suis tombé dans ce qu'il y avait déjà, et qu'il y aura malgré moi.

- Tu compliques tout.

- Non, tout est compliqué, et je ne dispose que de mots.

- Pourtant tu dis "Je".

- C'est comme ça que le langage me classe, je pourrais aussi bien être "on" si ma phrase ne commençait par "Je".

- Tu es donc victime de la syntaxe.

- Non, les victimes meurent, crient, pleurent sans syntaxe ni morphologie, elles sont elles : viande et âme de toute l'évidence de souffrir. "Il y a, Il y avait, Il y eut, Il y eût eu..." Rien, que de la souffrance pour rien, de la joie pour rien, sans vases communicants. Cependant "IL y a" parce que seul le passé existe. Et j'aimerais m'en foutre si ma phrase commençait par "On"et se prolongeait sans mots.

mardi 18 février 2014

Toutes les femmes ne sont pas ce qu'en disent les riches maris assassinés.

La grande richesse de ceux qui ne possèdent rien que des livres,

de la mémoire, un physique peu monstrueux,

et qui ne sont auteurs que de quelques livres de poèmes, de préfaces et de critiques ;

la grande richesse, donc, est que les femmes qui les ont aimés - même peu de temps - n'attendaient rien socialement et pécuniairement... des vraies, quoi, faites pour

aimer pour rien d'autre qu'un peu

de transparence qui rigole.

le meilleur des cas

Je ne doute pas qu'à certains instants

(souvent où la nuit est un miroir),

vous vous êtes dit : "Je suis seul, seul à choisir ;

merde : je suis libre ou rien. Ou youpi ! ou chouette !

youpi ! vive ce qui vit, chouette ! ", parce que vous êtes bons : vous êtes

la voix de la dernière chance des tout petits.

Bientôt il diront : "Maman, Papa", ou l'inverse et vous les aimerez

à tel point qu'ils vous aimeront

et généraliseront l'amour.

-

Qui leur apprendra la lucidité sans haine ?

lundi 17 février 2014

quantum

Elle courbait

si joliment l'espace-temps qu'il devint

graviton fou c'est-à-dire corpuscule

de la déception universelle

dimanche 16 février 2014

Espace

Un lointain me dit : Console-moi s'il te plaît

Et comme je suis trop proche je refuse

Alors il s'éloigne et disparaît derrière

l'horizon : ma vieille ride frontale

samedi 15 février 2014

Temps

Sous certaines paupières il y a assez de grains

pour étendre un désert ou corseter un sablier immobile

Une multitude de beaux yeux par pure nuance

n'y poussent plus

jeudi 13 février 2014

Haine des empires

Billet écrit en janvier 2014 et rectifié aujourd'hui

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mercredi 12 février 2014

enfant gâté

La chance l'a beaucoup eu : il est né en temps de paix, un temps

où les ouvriers qualifiés dotés de conscience avaient conquis un segment d'horizon,

arc, courbe à peine, mais assez pour bercer les petits par la vertu

d'un retournement appelé espérance. Où les travailleurs non qualifiés, dotés d'un peu de rage intime, se jouant

des adjectifs fossilisés, devinrent.

La chance

l'a beaucoup eu : il y avait un père, une mère, et des plus vieux, et des plus indéfinissables pour, aimant, prouver que l'amour est possible ; il y avait les médicaments, les médecins, les modestement grands, les sourires, les chansons,

les histoires à l'orée des dangers vrais et des peurs évanescentes, des petits jours parfumés de Périgord,

des légendes mêlées aux flocons d'avoine, le tout très nourrissant.

La chance l'a beaucoup eu : il rencontra beaucoup de natures, humaines et autres, ainsi il sentit tôt qu'il devait tout à une intersection qui, faute de mieux ou de pire, était lui.

Lui, sans handicap, pas du tout laid, connut l'Idéal, la déception, la consolation, et quelques solitudes de luxe : rien de définitivement mortel.

Alors pourquoi veut-il, ce chanceux, fondre dans ce demi-sommeil

qu'on ne trouve qu'en faisant, pour des oiseaux épuisés,

un nid de rides invisibles ?

samedi 8 février 2014

Ⓐ Vive l'anarchie! CNT AIT,FAI IFA,anarchisme,les anarchistes,anarchie Ⓐ

Sans vous commander (ce serait, en l'occurrence, mal à propos d'enjoindre), regardez le documentaire (titre de ce billet), sur Youtube, vous y apprendrez beaucoup de choses concernant la guerre d'Espagne que les manuels d'Histoire de nos "démocraties" occultent consciencieusement (conscients d'être complices).

dimanche 2 février 2014

équilibre des comptes dévisagés (2011 rectifié 2014)

Je suis surendetté, lendemains obérés : dettes de visages.

Même grands ouverts sur le monde - celui qui balade proches et lointains, constances et fugacités - , les yeux se doublent en leurs coulisses et captent le regard des autres,

lequel scrute, fixe, perce, aveugle, couve et louche le mien.

Ce n'est parfois qu'un frôlement de coïncidences, de lumières distraites,

alors qu'ailleurs, en d'autres temps, les microcollisions de leurs couleurs cribleraient d'invisibles iris. Leur étonnement écarquille les pénombres, leur oblicité filtre les rêves torves. Je dois aux visages leur crédit de nudité ;

maquillages, moues calculées, tentatives de chichis, de sourires, de fossettes faussaires ne sauraient les vêtir bien longtemps. Les visages sont toujours nus, et la pâleur les hante, quelles que soient leur peau et leur pilosité. Je leur dois la sédimentation des face-à-face, de ce que je crus être en eux pour ne plus ressembler.

Le lisse et le ridé des fronts confient au mien leur fièvre.

Je dois aux visages d'apprendre - de leurs lèvres - les cueillettes, les hold-up fruités ;

je leur dois que le parfum touche les doigts et invente les paumes ; que les joues et les paupières se boivent, que le menton protège la migration des nids ;

j'apprends de leurs cils le passage de ma peine, et,

de leur barbichette, la grâce du fou rire.

Ainsi, il me faut au plus vite prendre toutes mesures pour la rigueur et l'apurement des comptes. Je vais émettre des bons du trésor de croire encore ;

je vais semer des éphélides en fertilité des terres nostalgiques, instaurer l'octroi à l'entrée des grimaces, y compris des drôles ;

je patente l'ironie des miroirs ainsi que toute profondeur inversée ; je vends les bijoux de famille des nez rutilants ; je dépose ma collection de pattes d'oies au Mont-de-Piété.

Sûr que, demain, je décréterai une nouvelle gabelle

- les larmes et la sueur, débordements prometteurs -,

la dîme sur les clins d'œil, la taxe Eustache sur les regards entendus ; et, surtout, oui, l'épargne,

les économies... Il faut de toute urgence économiser les cris d'âme sans voix, sans gestes, à la lumière des espérances de bouts de chandelles.