Jean-Michel Robert

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lundi 30 décembre 2013

Si, si :

à Philippe, Marc, Michel, Thierry et Pierre François (celui-ci, en ces instants, des nôtres, sans le savoir)

il existe encore un espace-temps où le passé flanque un coup de boule dans ce qui se prétend "présent", voire "avenir", un espace-temps où rien ne compte que retrouver, retrouver au sens de revivre, le "Nous" étant la lumière qui ne doit rien aux astres, aux centrales ni aux bougies. feu sans fumée. Savez-vous la puissance du fou rire ? Une physique sans équations ? Même un mécréant comme moi appelle ça l'âme . Une âme pour cinq ça rassemble pas mal d'humains, et ça dure, au mépris de tout calendrier, quant à la nostalgie, contrairement à ce que l'on ose dire, elle n'est pas vautrée dans la pleurniche, elle est championne d'arts martiaux et son "spécial" est o'goshi à gauche. De quoi mettre au tapis tout ce qui a un prix. Au retour, avec Philippe, nous chantions Brassens, à voix basse.

dimanche 29 décembre 2013

idolâtrie

Quand je tombe parfois sur des actualités ou documents historiques où une / des personne(s) célèbre(s) "artiste(s)", politique(s) (dictateurs y compris), "sportifs", animateur(s) télé...) mobilise(nt) tant de pauvres gens avides de toucher, lécher... me vient ce vomissement appelé compassion, trop gentil que je suis.

Mais, trop gentil, est-on encore ?

finir

Les temps beaux finissent toujours mal puisqu'ils finissent.

Le Mal est dans l'absence de tant de visages, de voix... de ces silhouettes qu'on échangea à certaines heures hors monde connu.

Et quand je dis "Mal", c'est encore accorder une coquetterie au rien.

Il ne s'agit.

D'autant qu'il nous permit de nous retrouver, partager la petite monnaie d'être ensemble, oh si fragile, l'ensemble.

Il ne.

mardi 24 décembre 2013

jour fleuve

On a compris, on a compris : la journée s'impose, il va encore falloir hanter l'homme debout.

Les têtes sont si matinales que leur front c'est la brume.

On marche, on marche ;

des enfants tombent de tous les toits, c'est pourquoi l'on trébuche. On repart, on va.

Les rues sont si jonchées que les talons s'y blessent. On croise, on salue : - ça va le destin ? - ça fleuve comme ci comme ça.

Et quand, à contre-courant,

la beauté passe,

on se sent devenir si dur et méchant qu'on voudrait être une dent

dans un sourire de caïman.

lundi 23 décembre 2013

avenir

Déjà bien fatigués d'avoir rassemblé tant de fronts

pour élever un mur de fièvre

de faire de l'ici-même avec de l'ailleurs

pour si peu de présence

Nous ne serons plus l'alibi des jours

juste

des somnambules en équilibre sur la nuit blanche

mercredi 11 décembre 2013

à la mémoire d'André Breton

c'est l'heure où la nuit sort

mais ce n'est plus la mode des bottines vernies

c'est la mode des invisibles

sans bruit de pas

sans sang

sans

et rien en plus

pour l'élégance

Tu es présente

et tu lis peut-être ça maintenant sans savoir si tu comprends trop ou pas assez... Non, on ne comprend rien. Surtout pas "On".

mardi 10 décembre 2013

cachette

Je le sais bien : je n'en ai pas pour très longtemps. Mais comme je n'ai rien que des livres, longtemps ou pas, les mots s'en foutent. Je n'en ai, certes, mais nul ne trouvera la cachette de mon merveilleux.

instant

J'ai mis en image de fond, la photos prise dans le demi-jour, où toute ta féminité trouve ses couleurs photo prise mais qui m'échappe : je ne suis pas dieu des couleurs ni du temps. Et l'amour n'a rien à dire.

lundi 9 décembre 2013

bleus de travail

Il était une fois

mais ce n'était que cette fois

hors j'étais au boulot

et le petit chef n'était pas une fée

et je n'étais ni malade ni blessé (extérieurement)

alors j'ai gagné ma vie

huit heures

et perdu le reste

il était une fois

au sourire très infini

dimanche 8 décembre 2013

crevaison

Sous la pluie, le petit garçon cycliste avait crevé sa roue avant. Et ne sachant à qui s'adresser pour un peu d'aide, il erra longtemps sous la pluie le zéro sous le bras. Zéro commentaire.

samedi 7 décembre 2013

sac plastique

La seule chose qui m'a levé ce matin, c'est la tristesse de nous voir si soumis : savez-vous que les millionnaires (ardaires) ont plus gagné au loto des impôts que vous, les gueux, sous le pouvoir socialiste que sous Sarkozy ? Et vous payez : tva, saisie... vous n'avez pas le choix, sinon de voter pour la droite de droite et la droite de gauche, tous les cinq ans, ô citoyens ! gaveurs de riches ! chômeurs sans espoir ! enseignants payés à coup de pied au cul, enfants sans avenir, avenir sans poumons... Toutes les raisons de l'insurrection sont là. Mais nous sommes ailleurs, sans doute à quémander aux services sociaux sans le sou. Une seule solution, si vous excluez la violence, étouffez vous dans un sac plastique. Vos enfants, confiés à la voisine, feront comme vous à leur majorité. Les parents doivent être exemplaires.

Demain

Demain sera une déception de plus. Aussi serons-nous riches de déception, fortunés à l'envers, aux héritiers incalculables.

naïfs

Aimer c'est tout risquer, aimer des êtres. Ca commence souvent aux fleurs explosives, Ca finit souvent mal. Souvent on s'est trompé, ou on est trompé. Ou l'absence, la grande.

Mais je préfère la déchéance des naïfs aux clignotants des vainqueurs.

0ui la vie est injuste, mais à part elle il n'y a rien. J'aime les lucides du rien : naïfs à la folie.

vendredi 6 décembre 2013

La dette, la dette, la dette, la dette ... Bande de fainéants... la dette, la dette...

J'avais écrit un billet, hier, que j'ai effacé par erreur. Il disait à peu près aux jeunes personnes qu' elles et ils ne doivent rien qu'au coeur, qu'à ses extrasystoles sans prix : le soin, la solidarité, l'amour sans taux ni taxe, (rendors-toi chéri(e) , nous sommes là, le médecin dit que ce n'est pas grave, appelle quand tu veux...) Tous les droits de respirer vos pères, mères, et les beaucoup plus vieux vous les ont gagnés au prix de leur vie et de leur - et de votre - mémoire. On vous dit endettés... les marchés. Seriez-vous nés par pure spéculation, orphelins volontaires ? malades par esprit mesquin ? Tous mauvais payeurs par parturition ? Vous n'avez pas de dettes à honorer, vous êtres la vie, Uniques, Unique, soyez dignes des charniers, de cet amas de massacrés qui, eux aussi, aimaient pour rien. Beauté absolue. Définitivement insolvable.

mardi 3 décembre 2013

Il n'y a pas de mort naturelle.

Il n'y a pas, pour ce qui concerne l'humanité, seule espèce que je connais de l'intérieur, de mort naturelle. Il n'y a que mort biologique (oxymore). Il n'est pas dans ma nature de me soumettre au "jamais plus", jamais plus le visage, la voix, le regard, les gestes, et ce qui est hors mots. "Jamais plus" n'existe pas dans mes rêves nocturnes : tous les aimés sont vivants. Le réveil est sans pitié.

La tristesse à jamais : seule révolte possible. Définitive.

Jean-Mi




pleurez dans la hutte et le vison

dans le chevreuil et le cierge

pleurez dans les chaînes et le château



soyez tristes



pleurez sur la ville et la toundra

pleurez sur la mine et le maïs

pleurez ce peuple est inutile



nous sommes à l’écoute des sanglots

nous sommes à la charge des larmes

entre la mer et le trombone

entre la bouche et l’oreille

un navire fendant l’âme jusqu’à l’île

une île feuillue une île apaisée

une île offerte

une terre accueillante aux eaux glauques



le soleil y pousse beau corps



soyez tristes



depuis toujours ils dorment

dans les stèles de leurs vies

ils poussent leurs fleurs dans les tertres

des regards inoffensifs

qui ne pardonnent pas



pleurez



malgré les consolatrices

chevelures de la tendresse

scaphandrières de l’amertume

tentatrices ravagées par leurs jambes

coutelas frénétiques

billets doux

planètes baobabs



soyez tristes ils sont froids arides torrides et secs

malgré le brasier calme des lèvres

malgré l’oiseau le poisson la caresse

malgré la floraison des nerfs et la source

agile du sang

malgré l’éclatement des rocs

perpétuellement

remués par les mots d’amour

ce continent me trahissait

j’étais prisonnier de ses pores

prisonnier de ses blessures

plaie quotidienne

d’un espoir

ce continent me trahissait ce pays

ce cercueil

par le clocher la sentinelle

par la matraque et la plume

et la hanche portant sa fillette scalpée

les amours fleurissaient dans le fumier

pivoines de la folie (...)

Paul-Marie Lapointe