Jean-Michel Robert

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dimanche 30 juin 2013

affaires courantes

on ne se retrouvera plus parce qu'on ne se cherchera plus

déjà nous ne sommes plus que "on"

et on sera comme il peut

comme ça peut

et rien ne cherchera rien

parce qu'il n'y a rien à trouver

rien

RIEN

ta dernière richesse

selon le notaire

on dit dieu parfois rigolant

samedi 29 juin 2013

nouveau billet

on appelle ça comme ça

nouveau billet

ça donne envie de faire de la fausse monnaie

nouveau billet de combien d'euros

combien d'échanges

qui ne sont qu'un petit café

dans le petit jour

dans l'espoir qui caille de rosée

vendredi 28 juin 2013

offrir

j'avais un cadeau

mais l'avais perdu

je voulais cependant l'offrir

à l'amour que je croyais de ma vie

je n'offris donc que moi

moi-même

moi t'aime

mais j'étais trop jeune

maintenant que je suis vieux

je n'ai plus d'idée de cadeau

plus d'idée de rien

plus de

mais quand même

celui qui fera

juste pour lui le lui qui pense nous

l'intime

le mauvais je de mot

que le verbe aimer

tolère parfois

"l'amour de ma vie"

"ma vie"

peu

depuis l'univers

un peu déjà trop

selon mes copines : les galaxies

sueur

au-delà des banquises des glaces plus ou moins flottantes

au-delà les mers pourries et des poissons qui voudraient hurler

au-delà des jours que seul un vague soleil justifie

au-delà de là qui n'est que du passé

scientifiquement prouvé s'il te plaît

au-delà haut de là il y a

il y a disait le bon Guillaume

il y a que l'impersonnel que la locution n'égare pas

mais sois un sentier

où suer

où suer

parce qu'au bout de la fatigue

il y a un truc qui ressemble à l'amour

ou à rien

à toi de voir

t'as pas le choix

mardi 25 juin 2013

nocturne

et merde je les entends encore, ceux qui volent le langage. j'en ai marre. je ne sortirai plus que la nuit pour ne fréquenter que des êtres brumeux si brumeux qu'on les pend pour des pauvres et qu'on les accuse d'automne.

vendredi 21 juin 2013

sans plaisanter

sans plaisanter y en a assez d'ignorer si c'est le jour la nuit

ou la visite d'une saison sans heures où tout peut être

rire et banquise où ça flotte ça flotte

parce que c'est si lourd que ça n'a pas le choix flotte

ça flotte comme si y avait de l'eau

ou un truc liquide

flotte si tu flottes bien

tu couleras à merveille

même à merveilles

et à mes veilles

C'est trop

C'est fatigant tous ces continents ces océans ces archipels

ces gens méchants ou drôles ou sérieux

sans compter les virus

et les prix de chimie

c'est crevant toute cette masse foutez-moi ça où je ne suis plus

Merci de ton aide

Lucette

mon premier amour

Cachette

pourquoi je pense à ta sueur en même

temps qu'à ton fou rire

peut-être pas si fou mais si folle en cachette

la cachette le seul pouvoir des gosses

qui ont compris sans le dire

parce que le dire c'est trahir la cachette

ma belle Cachette toi

qui me consoleras quand il n'y aura plus personne à consoler

plus personne à rien

du tout

dernières nouvelle

tellement nullard que même l'armée du Mali lui défèque à la tronche.... Vive la Patrie !

mardi 18 juin 2013

il y

je sais il y aura des parfums dansants ça te fera rire

y aura au bout de ce rire une saison inconnue

celle où les fleurs se planquent où repoussent selon

leur devinette pas trop difficile : " Tu t'appelles comment ?"

"C'est vous qui m'appelez."

"On t'appelle Devinette."

Moi je l'appelais "Divinette"

mais elle n'entendait pas

certitude

j'avais une certitude

le suffrage universel est la moins mauvaise

expression du peuple encore que ce suffrage a voté

Napoléon premier et Napoléon trois jusqu'au bout

puis le mauvais de Gaulle

et le traître Mitterrand

ils ont voté sarkozi car il était

franchement raciste

et hollande pask'il est franchement rien

Quand les révolutionnaires

détruiront Bruxelles

Londres

et autres putes capitalistes

de tous les continents

je ferai des enfants

s'ils le veulent bien

si ça existe encore

vouloir

bien

au mieux

mômes

il n'y a plus rien (sauf la beauté)

vous êtes contents vous bons démocrates

contents que "les partis de pouvoir" c'est-à-dire la droite

et le centre droit

ce qui vous reste au second tour

puisque la proportionnelle a été exclue

en même temps que vous

si vous n'êtes pas contents

voire révoltés

faites-le savoir avec plus de conviction que les "indignés"

nous ne sommes pas des indignés nous sommes des enragés

ce qui n'est pas le privilège des renards

mais la peur



il faut imposer la peur

peur au Capital

peur au Marché

peur à leurs larbins

je préfère inspirer la peur

(je fais de mon mieux pour avoir l'air très méchant)

qu'être inspiré

encore faut-il y croire

(je me rappelle comment on fait de la limonade explosive)

gamin

non mon petit

non t'es à personne

personne

lundi 17 juin 2013

plage

ensuite pour se détendre des plages de duvets d'oisillons heureux

de s'être envolés sans maman mais avec des potes

oui des plages où la mer prend son temps

et le nôtre vas-y prends vas-y vole si tu veux tu rembourseras

en écume en vagues horizons en improbables îles

en duvet blond sur des cuisses oh bronzées oh salées

si salées que des langues invisibles s'y lèchent

invisibles pour eux

invisibles pour ceux qui

meurent paisiblement alors que l'instant

n'en finit pas de les assassiner

Je n'ai fait que deux mois d'armée (obligatoire, la conscription)... C'est efficace... On apprend à être un homme.

on tente aujourd'hui (on n'en est pas à un fascisme près)

sous l'impulsion de cette sombre connasse de Ségolène Royale (les parents on fait fort)

de faire de l'armée un espace pédagogique

l'armée : on vous fout dans un camion où un caporal ou sergent

c'est et ce sont les mêmes pauvres mecs

vous informe que vous allez passer un an à vous branler (rires)

après ils vous filent des pompes pas à la pointure

il faut les leur foutre dans la gueule pour qu'ils réagissent

(car on a compris que la violence, la culture mélangées intimide le sous-of)

après il vous tondent

après ils vous imposent le rangement de votre armoire

les slips au-dessus les chemises etc.

après ils vous enseignent les grades

sergent c'est important

après il vous font chanter des chansons nazis : "Monika ma chère compagne..."

après ils vous ordonnent de hurler

parce que eux ne savent que hurler

de hurler des conneries relatives à leur section

ça ne dépasse pas le chien de garde

et tout à coup ils vous ordonnent

de vous précipiter tous à la porte d'entrée

bousculade pitoyable

pitoyables sont les simples soldats

crétins sont le sous-of

criminels sont les autres

parce quand ils diront : " tirez !"

les gosses le feront

le lac

quand j'étais au sommet de montagnes où

j'avais vu les chevaux défier la profondeur des lacs

quand mes amis et mes parents partageaient leur fatigue et leur joie d'un coup de bière

de pain de charcuterie de blagues

nul ne pensait au gel

ni à la hauteur

nul ne pensait à la mort des chevaux

faire

pourquoi tu me fais nuit tout à coup

pourquoi galaxies naines blanches

énergie noire

pourquoi compliquer tant d'énergie

quand la paresse suffirait

mais voilà : t'as un idéal

tu me fais nuit

heureusement j'ai la Lune

n'en reste pas beaucoup mais enfin

i reste un peu de blancheur

blancheur

blancheur

blancheur...

certes mais pourquoi tu laisses

la blancheur me consoler

alors que tu me consoleras

bientôt

pour rien

pour le plaisir

pour ta santé

quand tu feras jour

ou la saison

ou quelqu'une

paupières

quand j'étais cinglé de paupières quand

dingue de réveil ivre d'aube

quand attendre était un continent sans autre climat

que cette respiration

que cette poitrine qui

est le monde

que cette respiration

qui est un monde

si monde que ça fait peur

si toi que ça m'efface

c'est ça être dingue de réveil

être digne du jour

parce que je vais faire beau

sous ton imper bleu

sous ce que tu veux paskeu

y a pas de raisons

y a que des couleurs

quand je suis cinglé c'est comme ça

les paupières

le si peu de chair avant les yeux

avant voir

après n'existe pas

la vie le rend bien

je hais la vie

mais y a rien d'autre

des vieilles toutes noires vont me dire

y a la mort

y a que les vivants qui parlent de mort

leur dis-je

si j'ai le temps je finis par cette sentence :

la mort est un problème de vivants

on n'a pas le choix

y a que la vie

et ce qui aurait pu l'être

Mesdames

haÏr est crevant

oui c"est vrai je hais la vie paskeu

y a pas de vases communicants entre le bonheur et l'horreur

comment deux amoureux dans le soleil couchant

compensent-ils des torturés ?

des massacrés un Noël dont le Père était le président nixon ?

et sa pute kissinger

non pardon aux putes

elles n'ont jamais tué tant d'enfants

disons cet honorable kissinger

dont les best-sellers

sont vachement best

"you're under arrest

cause you're the best"

Brave Gainsbourg

et très méchant

juste la limite maitrisée

et qui se barre

se perd jusqu'à

et dieu créa les cons

sans déconner

je hais la vie en général

mon capitaine

je vous hais

je les hais

et leur accorde en cette haine

beaucoup trop d'honneur

seuls quelques êtres

des individus

des gens bien furent

et sont

c'est en pensant à eux que je ne

dégueule pas toute l'humanité

mais Dieu l'a fait avant moi : le déluge

le pire massacre

sauf Noé et sa petite famille et ses

couples de cafards de rats et autres virus

car Dieu les avait épargnés dans

son infinie miséricorde

et sa connerie qu'on ne mesure pas

si on ne veut pas être sodomisé(s)

par le Diable

Belle invention des Papes

et des Grecs

et des Romains

et de Barbares

et autres Indiens

et flics

et prisonniers

dimanche 16 juin 2013

grâce à un héritage

l'héritage de ma grand-mère italienne

qui dut fuir le fascisme et qui petite de douze ans

fut bonniche en France

puis fit les marchés à 4 heures du mat

puis éleva ses mômes tout en soignant son mari

puis qui perdit son mari

puis qui fut digne d'un nouveau mari

un être si adorable

qu'on se dit qu'être



c'est lui

qu'elle enterra aussi pour la première fois

je vis mon père chialer

moi j'avais chialé avant

oui l'héritage

c'est le courage d'une femme

qui tourne en haine

haine de jeune con de presque 60 ans

qui a connu ceux qui connurent les Résistants qui connurent les Communards

(Elle mourut à 99 ans)

moi j'ai 225 ans (mais fidèle à mes 60)

et demi

aveugle

mais en vérité le vrai me fuit le vrai

qui serait aveuglant j'aurais ma canne blanche

si blanche que plus sensible que le jour

et qui lirait à ma place

la misère en braille

et le bonheur en on ne sait quoi

c'est autre chose

on le sent avec les doigts

mais on le devine du bout de rien

àiseaux no oiseaux non non c'est-à-dire oui, en maths seulement, non arachnides, non.

et les fauvettes ? vous avez pensé aux fauvettes ?

et les épeires diadème ?

vous avez pensé à leur toile

et aux étoiles nos mères

vous avez pensé à votre mère si brillante

pour laquelle je suis trop lourd

mon petit

tu es trop lourd

trop

porte-toi bien

mieux

comme quand tu riais

sous le monde ou à peu près tes boucles blondes

c'est pas

c'est pas triste

y a tellement de malheurs dans le monde

tellement de raisons de révolte

qu'on ne sait plus que faire

maintenant qu'il n'y a plus d'Internationale ouvrière

juste des mouvements sporadiques d'indignés

qui meurent faute de projet politique

ça finira dans la violence

puisque aucun pouvoir démocratique n'est

accordé à ceux et celles qui dénoncent la DICTATURE

de la finance

LA VIOLENCE c'est ce qui ne peut manquer

d'être le recours de ceux à qui le Capital

aura tout volé

je ne souhaite pas à vos enfants de vivre ça

quant à moi -que nul enfant n'attend-

je serai

du côté

l'autre

c'est pas triste

c'est pas marrant

c'est et malheureusement

ce sera

on n'en

on n'en finira pas de vainement dire infini

infinie l'errance de l'aube où des banquises

se heurtent dans le cerveau qui crève de chaud

et la facilité

toujours la facilité de l'air conditionné de l'air

des faux airs l'air du temps fait trop chaud fait trop

blanc trop temps fait trop soi

fait trop moi ou

trop ce qui m'échappe

trop ce qui t'a blessée

j'ai beau respirer j'y peux rien j'ai moche

expirer j'y colore nul lointain

où nous avons voyagé avant nous avant tout

et après sans rire

de l'air

de l'air

de l'air du vrai

celui qui respire avant nos poumons celui

qui invente les yeux

puis le regard

puis la mémoire

de l'air de l'air de l'air

même ton air d' indifférence quand

tu dans les cheveux et la jupe si peu ou si trop

jupe

ton air qui finit en haleine

non qui fut haleine à jamais

enfin tu nous inspiras ou respiras je ne sais pas

tant c'est transparent

on n'en finira pas de sueur et de frisson

de cette peur qui se confond avec les lacs

eaux à la fois noyade et rire

fou rire

amour qui dynamite le temps qu'on croyait mort

on croyait

tellement naïfs

seule excuse

humains : l'espèce s'impose

l'espèce

espèce

amas de molécules qui ont

le tort d'aimer

sans équations

n'importe

n'importe quoi la vie et pourquoi pas

si c'était pas n'importe quoi quelqu'un

déciderait

peut-être même quelqu'une

un dieu une déesse ou ce genre de chiants

n'importe quoi me convient mieux

ainsi puis-je être n'importe qui

pour être si buée

que nul ne sait comment je peux

comment je fais

pour choisir mes importances

parfois mes

mes quoi

mes vitales c'est pas assez beau

on va dire mes amours

c'est plus banal

et banalement plus vrai

faute d'être juste

faute de toute façon

grande Histoire

et nous finirons mon pote mon copain mon ami

qu'est-ce que tu préfères ?

mon ami c'est bien

dire mon ami c'est la totale confiance

j'ai la totale

bon mon ami tu es mon ami

c'est vrai ?

oui pour pas longtemps

environ un siècle

c'est long

oui mais pas trop court

tu veux toujours avoir raison

non je veux parfois pas me tromper

un siècle c'est O.K.

je me trompe parfois malgré

malgré ?

oui c'est un mot compliqué

t'as dit :" nous finirons"

je voulais dire "on finira"

c'est pas la même chose ?

les choses s'en foutent

poètes (pas toujours comme il faut) dansantes.

je n'écris sur ce blog qu'en vers même

si vous et moi

ou si vous ou moi

ne trouvez pas ça poétique

c'est pas grave

la poésie ne fait plus la Une depuis longtemps

tant mieux

André Breton a dit mieux que moi la même chose

Joyce Mansour m'écrivait sans la moindre tristesse apparente

que ses poèmes n'avaient pas été republiés

(Ils ne le furent qu'après sa mort)

belle poète belle femme belle sportive

belle quoi comme la beauté touche tout être sincère

belle Thérèse Plantier

belle Jocelyne Curtile

belle Marie-Françoise Prager

Anna Jouy

et j'en oublie n'ayant pas ma bibliothèque à portée

Catherine Mafaraud s'impose soudain

la louve

je pense à vous paskeu une élève de Première

me disait ne pas connaître de femmes poètes

j'étais triste

je n'avais qu'un heure pour l'informer

et pas de livres sous la mains

bien que sous l'âme

biographies

aimer c'était aimer pas besoin

de

aimer c'était

on en souffrait tellement que c'était

de plus en plus

plus à tel point qu'on était aussi aimé

il fallait le mériter

alors on devint

homme

ou un truc comme ça

samedi 15 juin 2013

s'impose

puis s'imposa la haine

alors que j'étais plutôt gentil moi

mais gentil c'est trop pâquerette

on fait pas carrière

alors je fus combattant

puis cynique

puis désespéré

puis con

le meilleur état

pour ne regretter

que ce qu'il est trop dur de regretter

ou difficile à croire

yapousss

un jour ou pt-être une "'n'

un' nuit

ce ne sera ni jour ni nuit

ce ne sera

la vérité quoi

pour peu qu'elle soit

pour si peu

pour si ce qu'on décide

pour rien quoi

et dieu mettra le fumier

histoire de faire pousser

pour ce que ça pousse !

mais au moins ça pousse

je préfère mon pouce

que je ne suce plus

mais qui est fidèle

(je sais faut dire "qui suis" mais il n'est pas là.)

comme certaines déesses

ou le médius

ou la main tout entière

ou l'âme pourquoi pas

combien de doigts

combien d'ongles ?

vendredi 14 juin 2013

le Capital

mai 68

je me souviens que mon père un jour

m'avait amené à son usine

fallait dire au piquet de grève le mot de passe

c'était bien c'était la justice partout

c'était on dit ce qu'on veut on dit tout

pour ce qui sera mieux j'avais 12 ans

et mon grand-père parlait de 36

mon père l'écoutait avec les oreilles de

la grève générale

10 millions de grévistes

oui écolier

10 millions

et on en est là

non on n'en est

non y a plus de "est"

rancune

un jour ou peut-être une nuit ou peut-être autre chose

un temps mal défini mais définitif

une sorte de coucher de soleil ou de lever

à moins que ce ne fût qu'un lever de rien

naquirent des enfants

et les enfants avaient grande confiance

à l'égard des adultes paskeu les adultes n'avaient

aucun défaut puisqu'ils avaient droit

de battre les enfants

pour un gros mot ou un doigt dans l'anus

plus tard oui le plus tard finit par arriver

le plus tard finit

finit en gosses qui refusent d'être adultes dont la majorité

est une bande de connards

qui a fait toutes les guerres toutes les tortures

tous les massacres toute l'ignominie

humaine

et ils se permettaient de frapper

de punir les enfants qui avaient oublié de dire au revoir

ou bonjour



bonjour les mômes

bonjour la nausée

vomissez pas sur moi

dégueulez

c'est mieux

et moins pire comme disent les journalistes

et quelques intellectuels qui ne poussent pas

jusqu'à plus pire

on a de la tenue

jeudi 13 juin 2013

résumé

puis ce fut la décadence

la fin de l'empire

c'est vous les barbares ? vous avez

de belles moustaches

et vous vous avez répondirent-ils

alors on prend

servez-vous je vous en prie

après ce fut des dynasties

des républiques

des empires

des républiques

des fascismes

des républiques

des vastes bordels

et des pauvres gens qui disaient

y a plus à plaindre que moi

plomberie

dans ce temps-là y avait la mort

on mourait pour un oui pour un non

pour un cancer ou un caprice

du coeur

donc on mourait aussi d'amour

mais rarement

paskeu l'amour n'était qu'un mot

qui se vidait

paskeu le temps est une fuite

une fuite clip clop clip clop...

seul dieu serait le plombier compétent

alors je prie

clip clop clip clop...

et j'aime encore ou toujours je sais pas

clip clop clip clop...

la fuite

la fuite

la fuite

trucs naturels

à cette époque les fleurs existaient

ça s'appelait marguerite pâquerette jolie fleur bouton d'or

le bouton d'or était terrible

la fille vous le mettait sous la gorge

sous prétexte de savoir si j'aimais le beurre

en vérité elle voulait savoir si je l'aimais

elle

bien sûr que j'aimais son beurre

et toute la tartine

avec le miel

qu'on goûta beaucoup plus tard

après les roses

et avant le désert

mais si (facile, mais j'èpapurésister)

on avait tué tous les nomades

alors entre sédentaires on faisait

du surplace avec un peu de ricard

on jouissait du presque immobile

l'immobilité nous attendait un peu plus loin

ça s'appelait la mort je crois

mais ma mémoire et moi c'est plus ensemble

d'ailleurs les gens ne parlent plus qu'en mémoire de moi

un peu comme Jésus

mais avec moins d'épines et de clou

mais une espèce de bricolage

auquel je comprend rien