Jean-Michel Robert

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lundi 30 avril 2012

Scabdales (non scandales)

sexuels "touchant" le parti socialiste, ça revient à la une... Certes, pas de quoi élever une légère érection (vue leur allure), mais de quoi dessiner un petit sourire méchant. Ô perversion ! t'as pas honte ?

petite précison (suite2)

toute petite

dimanche 29 avril 2012

petite précision (suite)

Alors comment être anarchiste tout en restant au monde ? La question est pertinente puisque elle interroge, en fin de compte, la pureté. C'est pourquoi, depuis bien longtemps, je ne parle plus de pureté, conscient que cette notion est pleine de religiosité. En cette vie - je n'en connais pas d'autres -, rien n'est pur. Notre seul choix est d'essayer d'être le moins pourri possible. Aussi n'ai-je toujours aujourd'hui de supérieur(e)s que les personnes que j'ai choisies telles. J'ignore toute autre hiérarchie. Ô ignorance choisie !

Petite précision : Vive l'anarchie !

Je rappelle que pendant la Commune de Paris, même ceux qui se réclamaient du mouvement libertaire, entre autres les Blanquistes (Oui: "Ni Dieu ni maître" c'est d'Auguste Blanqui, pas de Ferré) ont voté. L'expression "élection piège à cons" n'est qu'une formule de jeunes cons des années 60 noyautés par les flics. Cependant, il est quand même parfois utile de rappeler que le pouvoir du peuple ne saurait se limiter au droit de vote. Demandez au syndicalistes, par exemple, et à tous ceux qui ont joui d'une garde à vue: Aminata, Youssef, Julien et autres terroristes...

Vraiment marre de tous ces "journalistes"

invités sur toutes les radios, les tv, pour radoter que les Français, quel que soit leur vote, devront se résoudre à "l'effort nécessaire" ( toi qui peines à gagner mille euros, tu dois encore faire l'effort nécessaire, sale privilégié: et, encore , modéré, je ne parle pas des putains d'assistés à 300 euros... qu'est ce qu'ils doivent se marrer quand nous nous levons tôt le matin...) 0ui. Quel effort ? Celui de rembourser les banques qui viennent encore de nous voler mille milliards, auxquelles nul politique, nul système judiciaire ne peut même faire la grimace? Le seul effort digne, est celui d'en finir avec les saints Marchés qui massacrent, entre autres, la Grèce, l'Italie, l'Espagne... bientôt nous, mes doux enfants.... trop doux. En Europe, la démocratie n'est plus qu'une charogne. Laissons aux charognards le soin de la digérer. Pour ma part, j'estime que tout acte de Résistance, même violent et illégal (à conditions) est désormais justifié. Vivent les paumés féroces !

Vous pouvez constater qu'il considère (oui, le feignant) ironiquement les gens qui se hâtent pour le bien de l'Entreprise, qu'il a un beau bonnet et qu'il est bien rasé ( le duvet, c'est moi qui le lui ai donné contre un service d'intérêt général : déboucher mes chiottes avec sa bouche.)

CROIRE

Alain Simon me disait : "Je ne crois pas à la mort." Considérant son immense culture, je pensais à la fois à son savoir scientifique autant qu'à la référence à Epicure. Je lui répondais : "Je ne crois pas à ma mort, mais je crois à celle des autres... la preuve : ils me manquent."

samedi 28 avril 2012

une belle histoire

à un moment j'avais un petit sac à dos

qui faisait aussi sac à coeur

plein de rires et de chagins on appelait ça un pique-nique

puis le pique-nique m'a mangé froid

ainsi je suis devenu sac à sac

vendredi 27 avril 2012

les vrai(e)s

J'ai été souvent honteux de ce que je pensais, ou de ce que n'avais pas pensé, ou pas fait, ou trop fait, ou trop dit, ou être au moins alors que je proclamais le plus... Il ne s'agit pas là d'une confession : nul n'est autorisé à me pardonner, à part celles et ceux qui n'y pensent même pas.

Oui,

on vieillit, mais pas seulement aux anniversaires, oui ON vieillit, mais pas moi, moi je passe le temps. Un beau métier. Je gagne bien ma vie.

jeudi 26 avril 2012

mémores fondues (2)

elle disait et je la croyais je suis

une fraise des bois

après c'était une myrtille et

je la croyais

après c'était une framboise

et je la mangeais

après elle n'existait plus

je la mangeais quand-même

histoire de confiture

de confiote me dit sa soeur

avril 2012

oui

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mercredi 25 avril 2012

C'est sûr,

nous eussions préféré foutre en pièces le FN, tout ce qu'il trimbale encore de 1934, nous eussions préféré que la majorité fût dotée de mémoire. Mais, rappelez-vous Louis-Napoléon : la sainte majorité a béni son coup d'état sanglant. Pendant ce temps, exilé, Victor Hugo écrivait "Napoléon le petit", en ces lieux qui sont aujourd'hui DES PARADIS FISCAUX. En 1875 la République n'a gagné que parce que la majorité royaliste était divisée, majorité venue d'indécrottables paysans, soumis à leurs bons maîtres, à leur curé, à leur clique d'anges et de saints patrons de la moindre chiure de mouche. Le premier mai, contre la provocation du mafieux Sarkozy, tous dans la rue ! Les syndicats, faute de Dieu, protègeront ceux qui le méritent. Amen.

mardi 24 avril 2012

C'est marrant (encore)

de recevoir tout à coup des NOUVELLES, je mets en majuscules pour que le lecteur ou la lectrice ne confonde pas avec les nouvelles, lesquelles ne le sont pas, comme d'habitude. Donc des NOUVELLES, gratuites, de quelqu'un ou quelqu'une qui sait très bien que vous n'avez aucun pouvoir et peu d'avenir. Mais cette personne a pris le temps de penser : je pense à lui, et je vais le lui envelopper, même si je dois être une queue de poste. Les NOUVELLES, l'avenir du naïf très méchant. Une raison de plus de faire des gosses.

Pour Eric,

ce petit mot à Léo, s'il préfère, histoire de lui dire que des personnes telles que lui nous encouragent à rester humains. Léo/Eric, poète vrai dont les mots savent colorer au profond ce que l'on croit du noir et blanc.

témoignage d'une coiffeuse

capté sur france inter : "Quand je pense que je travaille très tôt pour le smic et qu'il y a tant d'assistés qui gagnent plus que moi en faisant des enfants, souvent des noirs..." J'ai cru à un éditorial du Point, de l'Express, du Nouvel obs, ou à une chanson de ce pauvre mec très riche mais qui a mal aux vertèbres (lesquelles sont depuis longtemps le seul canal de sa "pensée"). Mais non, c'était vrai. Je veux dire : une humaine.

violence

Malheureusement, nous en serons une part. N'imaginons pas que le Capital qui domine l'omc, le fmi, la banque mondiale, les institutions européennes, les paradis fiscaux, l'ocde, la plupart des journaux, l'otan, la cia, la bourse, les agences de notation.... se laissera intimider par quelque suffrage universel, surtout si celui-ci, comme souvent, monte en cul de poule la voix du racisme, de la connerie fière d'être elle-même : rosâtre et lâche. Une guerre civile très nouvelle vous tuera, doux enfants, celle des étrangers contre tous les étrangers. Ce sera très étrange vu des étoiles. Artiste, sans doute.

Comme tout serait facile

si je n'avais la faiblesse d'aimer. Quel monstre serais-je si l'on ne m'avait tant aimé ? "L'amour fou".... André Breton, j'entends votre voix, elle me manque, alors que son évidence s'impose. Le surréel : misère de la beauté. Non, non c'est mal dit, je le sais : "réconcilier l'homme avec son langage" disiez-vous. Vous n'avez jamais dit trop tard.

Réconcilier le temps avec le désespoir, on en est là, Dédé : de quoi vivre, puisqu'il n'y a que ça.

lundi 23 avril 2012

mémoires fondues (1)

en ce temps-là il y avait des ours invisibles

qui nous lançaient des boules de rire

et tout à coup tout à

c'était blanc comme jamais la neige n'a osé

on appelait ça aimer

alors on balançait des boules d'aveuglette

comme jamais toujours n'a osé

après on grandissait

comme jamais fut la bassesse

mais au moins

ça faisait rire les vieilles veuves

après c'était maintenant

oui ça passait vite

mais ça dure

Cher électeur du FN,

Que tu sois chômeur, riche, alcoolique, ou connard sans vices (pléonasme), diplômé (droit des affaires) ou couillon qui ne sait pas calculer l'aire du trapèze, ou un mélange de tout ça.... que tu sois est déjà une preuve de l'inexistence de Dieu, mais, mais, comme dit la presse dominante, tu es "dédiabolisé". Tu sors, tout ébahi, du Moyen Âge.... toi, qui n'as été jusqu'à présent qu'un raciste prudent (on ne se lâche qu'au vestiaire, entre copains puant la même sueur bièrisée).... et bien te voilà star ! Jusqu'à la fin du second tour, tu seras seigneur, tu pourras trouver de grandes oreilles attentives à ta juste haine de l'étranger, de l'étrange qui a fait ce que tu ne seras jamais. Malgré ta naissance, tu n'es pas au monde.

Je te prie d'agréer, cher électeur FN, l'expression de mes prochaines cartouches.

JMR

Comme les français, comme la plupart du genre humain me dégoûte infiniment,

j'ai voulu me faire attribuer un passeport de Bonobo, de chimpanzé si plus rapide... impossible : pas assez de fonctionnaires.

Bon peuple

raciste, magouilleur, toujours prêt à payer le Portos ou le Bougnoule au noir, ou à éviter de payer le Noir, je te retrouve aux résultats de ces dernières élections. Un peu d'Histoire : Maréchal nous voilà ! Général nous voilà ! Marine nous voilà ! (ça sent le large). En ta majorité exprimée tu es la grimace de la lâcheté et des plus bas instincts, et des flics, à ton image, qui n'hésitèrent pas lors de la rafle du vel'd'hiv', n'hésitent pas plus aujourd'hui à enfermer les femmes et gosses "étrangers" qui travaillent et paient toutes leurs charges à notre beau pays depuis des années. Les Tyrans trouvent toujours des larbins pour torturer en leur nom ("J'ai une famille"). France, pays des Droits Humains. Electeur lepéniste, tu n'es humain que par notification administrative ! Et comme tu n'es pas très curieux, donc guère intelligent, tu comprends vite comment "l'étranger" te dévore, avec sa sale gueule, mais jamais de quelle façon le banquier te torture jusqu'à tes gosses. Normal : la facilité est le plus court chemin du crétinisme au crétinisme. Je ne te méprise même pas, (on ne méprise pas les protozoaires, on détruit, sans âmes, ceux qui infectent)..... Heureusement, il est une minorité dont la plus fragile tendance vomit ce soir, l'autre tendance charge déjà les armes. Fini le cirque démocratique : ça sent la merde de dompteur ! bientôt son sang. Après le ciel abolira les chapiteaux.

dimanche 22 avril 2012

Je pense à toi, Alain.

"J'écoute mieux la musique avec tes doigts dans la cervelle." ALAIN SIMON

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jeudi 19 avril 2012

pute de pouvoir, même pas digne des usées de trottoir (lesquelles sont humaines, me disait Yves Martin).

Je la trouvais charmante. Chanteuse nulle. Rien d'intéressant, donc. Mais voilà qu'elle baise avec un fasciste, raciste, une mec qui en dix ans (il fut ministre de l'intérieur, du budget sous Chirac) a détruit une part de l'éducation nationale, a enfermé des bébés dans les centres de rétention, a livré presque toute la médecine au privé, a osé prononcé les discours de Dakar et de Grenoble, a financé quelques campagnes avec les fonds blanchis par ses potes banquiers, envoyé les chiens policiers dans les collèges.... trop long d'énumérer toutes les saletés de ce mari hors du commun (ta sueur sang le bougnoule mon amour, ton sperme a un goût de sang-logis, va prendre une douche, que je sois encore de gauche). "HA! HA! (dialogue). Quand les sans-culottes reprendront le pouvoir, je vois bien le cul de Carla au bout d'une fourche.... on la reconnaîtra à sa voix.

belle gueule

J'avais un truc à ajouter, très important. Non : sans doute trop de trucs, de ceux qui font manquer les mots, ou ma maîtrise des mots. En tout cas ça manque. Le grand écrivain en moi -si je comprends bien - se fout de ma gueule, entre autres apparences drôles.

Pédagogie

L'école doit être gérée comme une entreprise, l'hôpital aussi, le mariage (certains sont sponsorisés : à charge de la mariée de citer les généreux financiers), univers de patrons, de petits chefs, de flics, de fichage, de vidéo-surveillance, de racisme décomplexé, de stars d'une demi-heure, de MARQUES fiertés des plus démunis, de procureurs suceurs de ministres, voire de présidents (la rosette, la rosette !)... thèmes de mon prochain cours d'éducation civique, morale et hypocrite. Faut bien (on se demande pourquoi) vivre.

mercredi 18 avril 2012

dans le train

c'était une fille - encore une - décidément

elles existent

comme beaucoup d'autres elle incarnait toute

la douceur la coquetterie le charme la cruauté lisse

l'ambition sinueuse la fragilité savante

bref l'adorable

après quelques mots concernant le livre que je lisais

elle m'a dit "je m'appelle Yasmina

ça veut dire jasmin"

"j'avais compris" j'ai répondu

"d'ailleurs je suis follement amoureux de Marguerite

ça veut dire coquelicotte"

mardi 17 avril 2012

vers pas très poème

Attention il ne s'agit pas dans ce texte

de généraliser d'essentialiser

quand je dis les hommes les femmes les mammifères etc

il s'agit de tendances sociologiques voire biologiques

peu contestables

-

MAIS l'autre existe

préambule plein d'amour

-

il reste que le pouvoir est l'idéal dominant

les hommes arborent le leur comme chefs : bagnoles

belle maison clubs charités costumes médailles grades arrogance licenciements vacances exotiques pour lesquelles

ils se paient un troupeau de belles filles qui

elles aussi assoiffées de pouvoir signent d'un sourire

le contrat du cul

que le cosignataire ait un gros bide où des abdominaux luisants

peu importe

rien que des gagnants

quant aux perdants c'est leur faute

n'ont qu'à manger bio

et ne pas regarder sur quels cadavres il marchent

-

MAIS

il y a l'autre dis-je

ô pur mammifère

lundi 16 avril 2012

campagne électorale

Si vous saviez à quel point je suis méchant, menteur, vicieux, cruel.... vous voteriez pour moi aux présidentielles car vous seriez conscients qu'un être humain, libre de tout conseiller, ose enfin être aussi moche que vous... mais je n'ai pas mes signatures. Dommage pour la patrie. Vive la peste !

J'ai vrament honte de l'avouer

mais j'envoie chier la honte

dans ses chiottes de planches trouées

âmes de la cabane sanitaire qui tremble au vent maritime

au bord d'une falaise rongée de mouettes ivres même pas d'alcool

oui j'ai honte d'avouer mon rêve d'un grand complot mondial qui

le jour J au temps T

tirerait une balle dans la tête des grands patrons grands militaires

grands de tous les services secrets de tous les mafieux de l'Union Européenne

de tous les éditorialistes économistes experts payés par les conseils d'administration

où leurs jetons de présence leur assure le luxe de ne pas prendre de retraite

de tous les "religieux" qui lapent la misère... et tant d'autres animés par la conscience supérieure.

Imaginez : à la même seconde, de par le monde, tous zigouilloumés

La terreur... les héritiers hésiteraient : vocation risquée

bien sûr il faudrait que les gens de peu en profitent pour saisir

l'occasion de prendre tous les pouvoirs

juste le temps d'abolir tous les pouvoirs

ô terrorisme de l'impossible

mon amour

C'est marrant

Tiens c'est marrant tout à coup aujourd'hui

bien sûr pas pour tous ceux qui souffrent

maladies guerres famines viols accidents tout ça

mais nous sommes habitués à de telles permanences

alors faut bien compenser en captant le marrant

du jour qui a encore le culot d'être

en triant sa lumière

pour en distribuer plaisamment les yeux à ceux qui peuvent en apprécier la cruauté :

les amateurs d'art

et les assassins sympas

vendredi 13 avril 2012

poèmes d'amour (3)

Mémoire de celle qui se louvait en douce

à quelques rancunes de nos sexes

Il y avait très diable à aimer

et je t'aimais beaucoup de mal

mardi 3 avril 2012

poèmes d''amour (2)

soir pluvieux rue de Rennes

lisse

vertige

patinages lumineux

tout se reflète en tout

la nuit attend

qu’on l’aide à traverser

-

Je n’ai pas que ça à faire

-

j’ai rendez-vous

avec une brune adorable

toutes les questions s’émiettent sous mes pas

l’évidence est là

- il n’y a pas que la peur qui sache

bien jouer

à cloche-pied dans le sang -

vivre

ça vaut le coup

ce soir

je pardonne comme je respire

Un soir, en pleine Ville Nouvelle, une pizza paysanne rivalise avec la lune. Je grignote parce qu’il faut dîner, s’intéresser. Conversation, profession, avenir. Je ne me montre que légèrement désagréable. Enfin, au revoir, à bientôt, dis-je à des gens que je ne reverrai plus. Je repars avec toi. Nous contournons enlacés le lac artificiel aux vaguelettes clignotantes, publicitaires, aux noyés sans la moindre chance de légende. C’est toi qui conduis. Je n’ai aucune raison sérieuse de me plaindre. Tu le sais. Tout à l’heure tu me consoleras à fleur de peau, comme ça, pour pas grand-chose, juste un peu de fièvre sur un rien de mort lente.

Le train de nuit m’emporte vers Vienne. Le bonheur : sentir le nuit blanche se sculpter peu à peu dans un sommeil de femme. Les villes ainsi traversées resteront éternellement nocturnes. Je laisse à l’autre son matin autrichien, son wagon-restaurant où il pourra tremper de la mie d’asthénie dans la mauvaise blague d’un café crème. Moi j’ai rendez-vous. Je te rejoins déjà dans l’une de ces villes vouées à cette nuit intime, à ce présent irréductible hors duquel nulle rencontre n’est possible.

Eté. Vacances. Vaste jardin.

La cloche sonne midi. Comme un propriétaire, je bave l’instant.

Le chien veut jouer, bonne bête, je jalouse la perfection de son temps circulaire.

La femme que j’aime entre dans la laverie (Nous nous embrassâmes dans la gare Versailles Chantiers. Tu ne pris pas ton train. La route vers Savigny brillait, un long frisson orange). Elle sort avec un panier ruisselant. Le chien la suit, le jouet dans la gueule (Ma louve mourut début juillet, je l’enterrai au fond du jardin. Le grand-père vivait, gagnait souvent aux dames. Peu d’années auront suffi. Il n’a rien, dirent les médecins après les examens d’usage. Il mourut quelques jours plus tard. Mort d’ennui. Les médecins avaient raison).

Le chien vient vers moi, plein d’espoir.

Au fond du jardin, la femme que j’aime étend un grand linge blanc avec des gestes bleus.

Dans les jardins du Luxembourg, passe le fantôme d’Eugène Cochet.

Il mâchouille un poème.

Les quolibets, les farces cruelles, la folie ne sauraient plus l’atteindre.

Il marche, contemplant l’irisation insolite d’une parole en l’air.

Je ne l’aborderai pas.

Je sens sous ma paume ton épaule, le lisse rappel à l’ordre.

Tu es belle. Ta robe est bleue. Ce bleu et moi n’avons jamais cru aux fantômes, nous nous foutons de la poésie,

et la même chair nous hante.