Jean-Michel Robert

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samedi 31 décembre 2011

Bon instant à vous, circonstances

qui m'avez offert souvent involontairement, comme ça, en passant, par distraction... l'instant, lequel ne commence ni ne finit à soi-même. Autrement dit : il n'y a jamais de nouvel an, il n'y rien de nouveau : seul le passé laisse traces. Notre passé en fera ce que nous ne pourrons plus faire.Tout simplement.

vendredi 30 décembre 2011

amour gratuit

Quand elle me plaint tout en me consolant et en affirmant que je la protège, je me dis que certaines femmes ont des raisons de l'être.

jeudi 29 décembre 2011

Malgré l'armée de scientifiques grouillant autour du problème,

nul, à ma connaissance, n'a songé que le plus authentique de l'âme humaine s'écoule dans la voix cassée de Michel Simon chantant "Mémère".

manuscrit retrouvé (traduction de la petite-nièce d'Hésiode)

"...Ce matin c'était marrant parce que

le matin faisait grève et les gens ne

savaient même plus si c'était l'heure des croissants

ou celle de l'insurrection N'étant pas réveillé (toujours solidaire des grévistes)

je n'ai rien éclairé

A l'heure qu'il est c'est moins marrant

parce que j'éclaire sans le vouloir (intervention des flics)..."

(extrait de "Les mémoires d'Apollon")

mercredi 28 décembre 2011

Si j'avais été un honnête père, c'est-à-dire un type normal,

j'eusse dit à ma petite ou petit : Ne crois rien d'autre que ce que tu n'éprouves d'amour fou, considère tout individu portant uniforme (sauf parmi les pompiers, et les majorettes de moins de quinze ans) comme un ennemi, même s'il semble sympa : demain il te tortureras parce que son métier, devenu sa nature, c'est obéir : parce qu'il faut. Il ne sait pas ce qu'est un verbe impersonnel parce qu'il ignore sa propre personne, et, s'ensuit, toute personne. Vomis, si tu as les viscères assez pleins, sur toute autorité qui ne se prévaut que d'elle-même. Tu choisiras celles et ceux qui ne savent qu'essayer de savoir un peu t'aider parce qu'ils se rappellent l'aide qu'ils ont reçue sans toujours se souvenir de son visage. Et surtout, quand tu entends "Dieu", meurs de rire. C'est une belle et juste cause.

Alors la petite ou le petit m'eût dit : J'y comprends rien.

Alors (encore) j'eusse encouragé : Je suis fier de toi.

mardi 27 décembre 2011

Bonsoir les grands.

Tous ces guignols en uniforme de dignitaires de toute religion, de toute armée, de toute "dignité" officielle, de toute soirée pleine de gonzesses gloussantes repeintes et de mecs rephynanciarizés (lire Jarry pour l'orthographe) qui font semblant de chauffer le cognac dans leur paume où ils croient avoir une ligne de vie... me feraient désespérer de l'humanité si mon corps n'avait la capacité de vomir jusqu'à l'âme et de croiser presque chaque matin un petit gosse -inconnu- qui me dit : "Bonjour", juste parce qu'il sait que je lui répondrai : "Bonjour mon grand."

"Le laboureur et ses enfants" (résumé pour collèges)

Un riche laboureur ainsi de suite... ses enfants (que des mecs)

leur parla sans témoin (sauf La Fontaine)...

"Un trésor dans ma boue... Allez-y, leur dit-il, trimez !"

-

S bien qu'après avoir vendu la boue,

ça rapporta davantage aux fils et aux promoteurs.

-

Mais le père fut sage de leur monter avant sa mort

que la mort arrive après avant.

lundi 26 décembre 2011

Ecoutons les aînés.

J'avais un grand frère simple qui, chaque jour de l'année, souhaitait joyeux Noël à toutes celles et ceux qu'il croisait, lesquels ne lui répondaient avec grâce qu'au jour officiel.

Mon grand frère me disait alors : "Ils ont fini par me donner raison."

"Oui, nous comprenons lentement" que je répondais.

samedi 24 décembre 2011

Avant l'arrivée du Père Noël,

LE PAPA - Je me dois de te prévenir, mon enfant, mon amour, que tu n'as rien à espérer de nous, les adultes : on te ment depuis toujours : le Père Noël, Dieu, les anges, tout ça c'est de la connerie, axiste pas. En revanche, nous sommes tellement cons que nous avons confié notre vie aux agences de notations et autres mafieux qui pillent notre travail. Au total, ton maître d'école devrait nous infliger plein de coups de règle sur les doigts et nous coiffer chaque matin d'un bonnet d'âne tout neuf - encore que les ânes ne méritent pas l'humiliation de notre crâne d'esclave. Voilà, mon enfant, mon amour... Nous sommes des triples nuls, soumis et souvent mesquins. Mais comme nous sommes plus forts que toi, on te fait la morale.

L'ENFANT - J'ai le droit de vous aimer quand même ?

vendredi 23 décembre 2011

Temps, gymnaste (à la mémoire de "soeur, gymnaste")

Demain sera demain si tel est mon bon plaisir

car si je veux un bon plaisir c'est forcément la sienne

il faudra que le le temps obéisse -C'est qui IL quand "il faudra" ?

- C'est elle fallait

linguistique diachronique

ça faisait longtemps que ça durait longtemps

alors il décida que ça ne durerait plus que montemps

bien sûr les montres les pendules les cloches... protestèrent

c'est ainsi que le verbe foutre s'enrichit de "s'en"

Joyeux Noël aux 30000 dames

que les chirurgiens subventionnés (au moins moralement) par les autorités officielles subventionnées (totalement) par les industries médico-cancérigènes ont charcutées...Joyeux Noël donc... aux seins naissants qui désignent déjà l'avenir.

jeudi 22 décembre 2011

utopie (recette)

sur la table de la cuisine trancher

trois haines et demie pour en faire de la colère

c'est-à-dire de la violence humaine

ajouter les bons épices et manger cru (les BONNES épices seront abolies)

pour dégueuler juste après

l'âme

prendre une pince à épiler

trier les morceaux divins

les plus drôles

ce seront des truffes

...ce qui n'empêche pas d'empêcher

que ça se produise au moment qui ne serait pas le bon... car le bon moment est destiné à devenir merveilleux, c'est-à-dire l'instant : juste de la fleur de peau, l'épiderme absolu. :

C'est pas facile (conte fainéant)

Il était une fois c'était justement ma fois (Je m'étais une fois)

donc je fus là obligé d'être prince charmant

donc je fus charmant mais pas prince ce qui

me contraignit (Quel boulot !) à mentir honnêtement

après j'appris que c'était de la poésie

donc

j'en suis fort aise

Les flics, aux dernières nouvelles, vont briser - sous ordre du gouvernement toujours soucieux des services publics - la grève aux aéroports.

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du cirque démocratique (perspectives 2012)

Pas d'illusion : le peuple ne gagne jamais les élections

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mercredi 21 décembre 2011

Enfin honnête !

en tant que tas de matière de configuration à peu près humaine qui parmi ses sécrétions

a repéré des émotions parfois même des sentiments

des pensées des rêves plein de trucs comme ça

je tiens à témoigner que je ne suis que témoin

de ce que je n'ai pas fait mais que je

mardi 20 décembre 2011

poème d'amour (ou "ça pourrait être tout naturel")

je m'amuse d'un rien

par exemple une vieille dame

qui n'a pas peur des jeunes et qui leur dit : ptikons ! vous êtes moches bande de gâchis !

ils n'en reviennent pas les gâchis : enfin une leçon d'Histoire

ils lui disent "mamie" en riant

et rotant leur bière

puis la mamie rentre dans son âge

par exemple aussi savoir

que la dynastie bonaparte est morte

piquée par les zoulous (sagaies)

je trouve ça gai (nougaro a dû trouver ça avant moi)

zoulou y es-tu qu'entends-tu que fais-tu ?

je bois un vittel fraise

menteur !

oui je bois de boulogne

ha ha ha

je boa sinueuse

hi hi hi

je m'amuse d'une rienne

qui m'use

c'est féminin si je comprends bien

oui même si tu comprends mal

et non m' aime si

contrat social

Depuis que la France est un pays officiellement raciste grâce à celles et ceux qui ont élu ça :

et qui ne pousseront la bravoure que jusqu'à peut-être élire ça :

,

je me suis dépeuplé pour tenter au moins un beau désert.

lundi 19 décembre 2011

Haute politique

Pour Noël, j'ai commandé un triple A taillé dans le foie gras enrobé de chocolat aux dents de noisettes. Quel plus merveilleux cadeau puis-je espérer quand - malgré l'âge qui m'a - je reste le doux enfant sage au coeur pompant, pompant, pompant... confiance et démocratie ?... Si ça ne se trouve pas dans la hotte, tant pis : je me contenterai d'une panoplie de citoyen. Oh ! quelle belle fête !... quel que soit mon présent !... Quant à l'avenir, ce sera l'Epiphanie, puis le massacre des Innocents. De quoi rassurer les parents et les Marchés.

dimanche 18 décembre 2011

Le jour, l'infirme.

La lumière : une catastrophe

qui s'acharne aveuglément sur l'amas bipède

sourd aux caresses dont le parfum c'est

oublier la mémoire.

Pas le choix

J'ouvre un temps qui m'ouvre c'eût pu

être un ou plusieurs autres mais

si et seulement si car seul existe le passé

On ne relève pas d'autres traces

De l'évolution des espèces.

Non, ce ne furent pas des monstres :

.................. :

mais un peu de l'espèce humaine, parfois très cultivée... Ils commencèrent tous à peu près ainsi :

vendredi 16 décembre 2011

Roland Dubillard avait prévenu (2)

DONNER (extrait)

Donner un arbre est-il possible ?

Cet arbre-là, que j'avais sous la main,

je l'ai donné ou j'ai cru le donner.

J'aurais donner des feuilles de laurier tout aussi bien.

J'ai demandé autour de moi

quelque chose à donner, la première venue.

J'ai vu l'arbre et j'ai dit : l'arbre.

Il résonnait comme un silence où la parole est prête.

L'ai-je coupé ? Je ne l'ai pas coupé.

Ai-je parlé de chaque feuille ?

La nuit était si grande ! On aurait dit qu'avec son clair de lune,

elle avait chaque feuille à elle ;

et elle a emporté dans son silence mon silence intact.

Qu'ai-je donné ? Est-ce qu'on donne ?

La moindre pierre ne m'appartient pas.

Qu'ai-je donné ? Mais ce grand désir de donner

lui-même ne m'appartient pas.

C'est par la nuit que tu me tiens, ma belle.

C'est par la nuit que je disparaîtrai.

Roland Dubillard ("Je dirai que je suis tombé" Gallimard, 1966)

jeudi 15 décembre 2011

Roland Dubillard - mort hier - avait prévenu : " Je dirai que je suis tombé."

DE L'EAU

Comme l'eau, entre les doigts,

Fait penser à la profondeur

De toute l'eau,

Mais aussi de tout ce qui est gouffre :

Comme le vol d'un seul oiseau...

Comme de l'eau paraît partir,

Ton sourire entre mes deux doigts,

S'en va, - mais c'est pour m'en aller.

Roland Dubillard ( "La boîte à outils", éd, L'Arbalète, 1985 ).

jeudi 8 décembre 2011

Les nouveaux tyrans (conte pour enfants trop sages).

LE PAPA - Il était une fois des banques, des "investisseurs", que les mercenaires politico-médiatiques avaient sacrés Maîtres du monde. Ces nouveaux tyrans étaient animés d'un merveilleux idéal dont Hayek et Friedman, jadis, avaient été les doux prophètes : briser toute forme de solidarité sociale, de régularisation économique, de service public; bref, livrer les peuples à la sainte Trinité Marché, Rentabilité, Compétitivité.

C'était quand même moins ringard que Liberté, Egalité, Fraternité.

Lors donc, les banques, les "investisseurs", dès qu'ils disposèrent de tous les pouvoirs, accomplirent leur idéal. C'était magnifique ! ils jouaient, jubilaient, cassaient, ruinaient, ruinaient, cassaient, jubilaient, jouaient... Comme c'était beau ! Quand quelques-uns des joueurs, dans cette grande cour de récréation, se faisaient bobo ( gémination n'ayant rien à voir avec bourgeois bohème), ils hurlaient " Y a pouce !" Alors, les mercenaires couraient partout partout partout en hurlant à leur tour "Ya pouce !". "La crise" ça s'appelait.

L'ENFANT - Qu'est-ce que ça veut dire, Lakriz ?

LE PAPA - Ca veut dire que les peuples doivent donner beaucoup beaucoup beaucoup de temps, de travail, renoncer à leurs droits, à toute dignité pour soigner les bobos. Bon... Une fois guéris, les joueurs recommençaient. Mais d'autres joueurs hurlaient "Y a pouce !" sans même avoir le moindre bobo. Les mercenaires, un peu étonnés, leur demandaient : "Qu'est-ce qu'y a ?" Les joueurs pouceux disaient : "On a peur que, si on se fait bobo, y ait plus assez de temps, de travail, etc. pour nous soigner". Alors, les mercenaires couraient encore partout partout partout et criaient encore "Y a pouce ! c'est encore la crise, à cause de vous cette fois ! faut faire des efforts bande d'inconscients, tas d'assistés flasques !" C'était encore la crise... Bon, faut dormir maintenant, mon enfant.

L'ENFANT - Mais, t'as pas fini l'histoire !

LE PAPA - Tu la finiras toi-même, si tu n'es pas trop sage.