Jean-Michel Robert

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 28 novembre 2011

éthique

Les gentils garçons comme moi ont su très tôt que leur propre liberté est si peu consistante qu'ils n'ont pas voulu faire naître d'autres doutes en chair et en os. Car quand le doute se trouve ainsi incarné, il crie, chie, pisse, mange, veut devenir génial, bref : il trouble le doute des gentils garçons comme moi; les empêche, au total, d'aboutir au rien agonisant, lequel, au moins, sait qu'il n'y a pas plus.

Après c'est une histoire sans temps. Comme avant, quoi.

Seule certaines minorités sont vivantes :

le reste, accablé du jour-le-jour. Comment les factures ? Les gosses programmés ou "Hop!" ? Les marques, le loyer, l'eau, l'électricité, le gaz, la bagnole, les assurances forcées, le téléphone, le dentiste, le médecin, les médicaments de " confort", les petits plaisirs à taux usuraires?...

Le reste : la majorité.

Heureux, les zombies ?

Je me rappelle une époque où nous écrasions les fils de bourgeois avec leurs propres (savourer l'épithète) écrase-merdes (chaussures Weston) payées 20 sacs (à peu près 150 euros). Après digestion de leurs grolles, ils devaient se prosterner devant de très vieilles plantes.

Oh ! comme les filles se marraient quand on faisait avaler à ces héritiers leurs semelles de luxe. "Tu bouffes la distance, fils de riche, ne te reste qu'à dégueuler ton pouvoir... Non, non... On plaisante... Tiens : un Vittel-fraise..." Parce qu'on était gentils... idéalistes : nous croyions à la conscience. Ha ! Ha !

Sûr, on n'a pas fait progresser l'espèce. Mais on l'a cru comme du vent dans les cheveux (le casque n'était pas obligatoire).

Les filles se marraient

dimanche 27 novembre 2011

bulletin bullelin (suite)

Quant à toi, pauvre, parasite, fainéant, suceur de Providence, ou travailleur "qui se lève tôt"... je te sens, oui... je sens que tu es encore prêt à t'abstenir d'être libre : tu ne crois pas à la solidarité, aux syndicats, aux associations, aux grèves, très peu pour toi, libre de jouer au loto et de t'informer TF1. Quelle liberté spirituelle ! Quelle belle affirmation d'indépendance ! Tu ne sais même pas que tes aïeux - ou leurs voisins - sont morts sur les barricades, dans le maquis, sous la torture... pour que tu sois humain digne de l'être. Ton être, je le sens... merde, est encore disposé - je veux dire à la disposition de ceux qui décideront pour toi. Continue : dans ta pauvre zone d'influence, tu trouveras sans doute plus facilement l'étranger à lyncher que le banquier à sucer.

bulletin bulletin

Oui, je m'en souviens : en 1974, Le Pen père avait atteint le beau score électoral de 0, 74 % des suffrages. Je me souviens que j'étais un pauvre naïf confiant en la linéarité humaniste de l'Histoire. J'avais dit à Jacquy, mon père, que nous étions dès lors certains que le racisme, les prétendues identités, la connerie ordinaire ne concernaient plus notre génération, encore moins celles à venir. J'ai vu les yeux de mon père pleins de ce qu'il était : l' Espoir.

Comme j'étais piètre analyste... allons jusqu'à "con"... Oui... l'Histoire a bricolé tout le contraire : le capitalisme le plus violent, le plus inhumain triomphe, et pousse sa faculté d'adaptation jusqu'à prescrire plus de crimes pour se survivre aux victimes (seule cette acrobatie syntaxique résume compétitivement les faits).

Du coup, la fillasse Le Pen, comme dans les années 30, revomit le nationalisme et le fascisme... re... et "relookés" : facile pour elle de reprendre les revendications d'extrême gauche méprisées par un Parti Socialiste aussi socialiste que je suis une charmante ballerine. Facile pour "Marine" (presque pseudo de chanteuse sur la rampe de lancement) de balancer à la gueule des "journalistes" qu'ils ont assis sur la merveilleuse, la douce, mondialisation leur lamentable conformisme.

Je viens de l'écouter à la radio, la Le Pen.

Aucun de ses interlocuteurs de la presse autorisée n'a eu la culture, le courage, le temps, bref, le journalisme de lui foutre à la tronche l'histoire ultralibérale des programmes du FN, ni sa récupération in extremis de la détresse des pauvres gens. Aucun.

Pardon Jacquy.

bulletin météo

A jamais des châteaux des forêts des prairies

où je fus pape des papillons diable des vertes

sauterelles et des filles toujours infirmières

à jamais penchées sur la douleur des héros

des errants en haillons blessés de ronces

de branches de fougères

preuves de sang brave

à jamais les yeux mauves inventant la lavande

la rosée de midi

à jamais

de n'être plus pour toujours

à jamais

à haillons

à peau de l'été

anatomie

A l'âge de dix ans déjà on bousculait les points

cardinaux de nos caprices d'épaules

Plus tard le Temps s'en prit aux murs :

premières et dernières nouvelles du front

dimanche 20 novembre 2011

Oui, doux enfants.

Quand l'élite des sciences associées aura déchiffré la partition neuro-bio-astro-physico-mystérieuse qui musique cette évidence d'être soi sans y croire tout en étant farouchement tout par ma foi, - sera inventé le miroir définitif.

La première femme à s'y refaire une beauté y laissera la dernière buée des yeux.

samedi 19 novembre 2011

Manifeste des Marchés (De 1973 à nos nuits).

Je sais : ce titre sonne moins prussien que "manifeste de Brunswick" (juillet 1792). Mais rappelons néanmoins ce que fut, en 1792, la Dignité.

Dès que fut connue par l'Assemblée et par les Parisiens, renforcés par les révolutionnaires arrivés des "campagnes", la menace de massacre dictée au duc de Brunswick par les troupes de la noblesse émigrée - dès lors, donc -, que firent les Dignes ?... La Commune insurrectionnelle... instaurée par la FORCE, par une minorité en armes et la neutralité froussarde ou bienveillante du reste. Ils prirent d'assaut les Tuileries (10 août), emprisonnèrent la famille royale et proclamèrent la République (22 septembre). Contre TOUTE L'EUROPE capable de guerre. Louis XVI fut guillotiné le 21 janvier 1793 parce qu'un roi "doit régner ou mourir". C'était la dignité de cette époque.

Examinons la nôtre :

Les Marchés, tous (contrairement aux migrants de la misère) émigrés par nature , de partout, n'importe où, de n'importe quand, de n'importe quelle mafia, à la nanoseconde des richesses fantômes, menacent tous les peuples de destruction massive ; secondés par la valetaille d'experts, d'éditorialistes, d'agences, de communicants, de procureurs aux ordres, de flics et de militaires aux anges... Et les peuples, je veux dire "les travailleurs", car on sait depuis Ricardo et Marx que seul le travail crée de la valeur réelle. Quoi les peuples ?... Ils leur faut être gentils, responsables, trimer plus pour s'endormir mieux face à la baisse de leur salaire, l'augmentation de toutes leurs factures, le renoncement à la santé, à la culture, au chômage de leurs enfants (diplômés ou non)... s'habituer à l'indifférence quand l'assassinat social se pare pudiquement de l'acronyme SDF... Et le reste, encore de ce Monde, si peu monde.

Donc, notre dignité :

Voter socialiste pour le supplice lubrifié, ou voter droite franche pour supplice nature. Si les Marchés ne sont pas contents de ta droite, vote socialiste ; s'ils condamnent tes socialistes, vote nature. Tel sera le fondement de tout avenir.

Au total, nous sommes dédignés. Les manifestations dites "des indignés", pour sympathiques qu'elles soient, ne sont pas de nature à troubler la City, le Luxembourg, la Suisse, le FBI, l'OMC, le FMI, la Banque mondiale, les Mafias, les Gx, le FSB, Clearstream, la BCE, l'industrie militaire, l'industrie...etc. A quand l'assaut de Jersey par les sans-cul ?... Les Indignés sont déjà fatigués de n'avoir fait peur à personne... Peut-être même d'avoir fait rire les banquiers les plus artistes.

Vivent les soviets ! partout !... mais des vrais cette fois ! vain Guieu !

Carré Blanc (déférence gardée envers Joyce Mansour et... Mallarmé)

A trois corps moins le quart de l'amour

joueur l'Avenir s'endrôla retard général

avant de définitivement n'être pas

celles qu' en lui-même l'éternité les mange

lundi 14 novembre 2011

"Oisive jeunesse",

tu n'as pas connu les bonnets d'âne, les bons points, les coups de règle, les Prix... distribués par les maîtres d'école blouse-béret... Mais ! mais !... les marchés, les agences de notation les remplacent moderniquement...

Pauvres gosses sans encrier... Va falloir être très méchants.

Ce qui échappe

La même étoile nous mit au monde - mais attention quand je dis étoile c'est pour faire joli - dans la nuit par exemple - quand je dis monde c'est pour dire moi - qui aurais été toi - si le monde était bon en maths - si était comme si je t'étais pas là - oui

La crise

" La dame a perdu son sourire dans les bois"

__

dimanche 13 novembre 2011

gentil petit feu

J'aimerais haïr aussi loin que j'ai aimé

ça serait plus compétitif que cette lente fureur

toujours en retard de deux ou trois massacres

Ô misère de la Terreur tiède

vendredi 11 novembre 2011

"Vous n'êtes plus qu'un mot d'or sur nos places"

Dernier discours de Jaurès (25 juillet 1914)

Lire la suite

jeudi 10 novembre 2011

Ancien Testament (3)

dans ce temps-là tout le Monde avait quatorze ans

autour ne gravitait que la figuration

tout le Monde fumait des clopes

volées chapardait de minimes amours fous

exhalait des rapines bleues timidement

héroïques d'empoisonner l'invisible oui

toute la vie était oxymore s'ignorant

la peau rivage intense

le coeur existait

n'existait pas

existait

n'existait pas

exis

quel féroce

figurant inventa le destin ?

vendredi 4 novembre 2011

Ancien Testament (2)

Que l'on ne se méprenne pas : les temps désespérés

ne furent pas fruits des entrailles pourries des perspectives

mais de l'obstination du chant

de la beauté catastrophique