Jean-Michel Robert

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lundi 27 septembre 2010

coeur léger

de tant les ressasser ses pisseuses déesses

il finira sans doute par y croire

déjà quelques sectes pétillent

au pointu de la langue

à la moindre occasion

ce rien tremblant de duvet blond

le délicat d’une cheville

il se récite les blancheurs

chaparde les tout petits

sourires de fruits confits

n’hésitant pas à essuyer de l’âme

ce que le Mal n’a pas pu digérer

il accomplit son devoir d’humilité

en attendant le jour

où des murmures qu’il a semés

il récoltera la tempête

un vent phénoménal à décorner tous les démons

à voltiger toutes les raisons

de vivre et de mourir alors

peut-être apprendra-t-on

ce que légèreté veut dire

mercredi 22 septembre 2010

aventures de septembre

Hier matin, je suis parti à l'aventure, la poche lourde de six euros vingt. J'ai acheté mon pain avant de me rendre au bureau de tabac pour m'y procurer mes gauloises. Après ces opérations, je me suis avisé que, merde, j'avais oublié mon briquet. Il me restait quinze centimes. "Combien coûte une petite boîte d'allumettes?" ai-je demandé au buraliste. " N'y en a plus", a-t-il répondu, sans le moindre signe d'affliction. Comme je devais me rendre à Maurepas, et qu'en cette douce ville il y a aussi un café-tabac, je me suis dit que l'espoir était encore permis. "Combien coûte une petite boîte d'allumette?" ai-je demandé à la maurepasienne buraliste. "Vingt centimes", a-t-elle répondu sans honte. " Ah, dommage, il me manque cinq centimes" ai-je dit, m'apprêtant à sortir. C'est alors que ce qui reste de bonté humaine s'est coulé dans une voix de jeune femme:

- Il vous manque combien, monsieur?

- Heu, cinq centimes.

Elle a fouillé dans un grand porte-monnaie, en a sorti la petite pièce qu'elle m'a donnée en même temps qu'un sourire sans chichi.

Ayant repris ma route, alors que je me cancérisais de fumée bleue, l'avenir se demandait quelle mèche il eût allumée si cette femme secourable avait poussé la gentillesse jusqu'à être jolie.

mardi 21 septembre 2010

catastrophe

la nuit

certaines fois

les bâtiments s’effondrent tous

mais doucement

sans réveiller personne

en grand silence

-

au matin

nul n’a rien remarqué

sauf les veilleurs

qu’on reconnaît à l’air qu’ils ont

de chercher dans les décombres

lundi 13 septembre 2010

Dans deux minutes ce sera la demie...

Non c'est passé! Encore un truc qui déconne!

Comment

ne pas être désolé d'entendre toute cette bande croyant encore à la voyance, aux miracles, à travailler plus pour gagner plus... Je les haïrais si je ne les plaignais pas. Probablement, je suis gentil, en toute fin de compte.

dimanche 12 septembre 2010

Pour bien faire,

il faudrait emprisonner tous les riches malhonnêtes (pléonasme), mais pour ce faire il faudrait disposer de flics et de juges honnêtes. Voilà l'absurde. Vous avez raison, les jeunes, incendiez les bagnoles: je n'en ai pas.

vendredi 10 septembre 2010

j'agggggggrave mon cas: je suis méchant...

sauf avec les gentilles, ce qui est rare quand elles sont belles.

l'utilité d'un blog

c'est de se laisser aller à la haire, la colère, la violence... parfois reste un peu d'amour. Pas aujourd'hui.

lundi 6 septembre 2010

Je suis fatigué, n'ai plus d'idéal...

mais ce n'est pas pour ça, ce petit état d'âme, que je renonce à ma belle et juste colère, gare à votre gueule, CRS, gare Montparnasse, sans ticket, comme nous prenions d'assaut les trains en 1973. Quoi?... Je n'ai pas vieilli: je reste irresponsable de ce monde qui n'est pas celui que j'avais programmé quand j'étais Dieu.

dimanche 5 septembre 2010

démocratie, démocrassouille, démocradingue?...

La France, état de droit! Mon cul !... Non, pardon, rien de ma précieuse personne pour cette "démocratie" dont les représentants - oui, leur pouvoir c'est le vôtre - attendent en piaillant les ordres des Marchés... Les Marchés, les Olympiens... Dis, tu n'as pas encore vu cette France officiellement raciste, ploutocrate, qui se "lepénise" goutte par goutte?...La rasade... encore un peu?... Tiens, par exemple, la présomption d'innocence -une loi !- véhémentement rappelée par cette douce et pulpeuse Alliot-Marie s'agissant de Woerth , mais piétinée par la même ministre et les autres soft-fachos dès qu'il s'agit d'un présumé coupable, puisque jeune de quartier maudit. Le juge des libertés - le Siège est en principe indépendant -, après examen du dossier, n'a trouvé aucune raison d'emprisonner un type dont la police avait fignolé le flingage. Aussitôt, haro (encore), sur les magistrats du Siège, ces laxistes, ces gauchistes, ces pédophiles... L'utopie sarkozienne: "Je suis président de droit divin, flic par la volonté de Dieu, juge nommé par la Providence, maffieux par nature, Je par Moi." Rien de très nouveau, quoi, mais d'actualité", comme on dit au Café de la Gare avant l'insurrection.

vendredi 3 septembre 2010

"Aimer sans foutre est peu de chose, / Foutre sans aimer n'est rien." (La Fontaine)

Décidément, même dans le déduit, Jeannot ne pouvait réprimer ses pulsions de moraliste. La volonté d'édifier pousse ses fables hors poésie. Mais je n' apprécie pas QUE la poésie, aussi me suis-je souvent régalé de lire ou dire ses apologues dont la subtilité, l'élégance lucide sont l'oeuvre d'un grand écrivain. Parmi celles que je sais par coeur, "Les animaux malades de la peste" reste malheureusement d'actualité. " (...) On n'osa trop approfondir / Du Tigre ni de l'Ours, ni des autres puissances, / Les moins pardonnables offenses. / Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins, / Au dire de chacun, étaient de petits saints..." On sait le réquisitoire du loup contre l'âne coupable d'avoir brouté en douce un peu d'herbe... et la condamnation à mort qui s'ensuit. "Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal...", ce fainéant, ce chômeur, ce SDF, cet assisté, ce bougne, ce nègre, ce romano, ce youpin, ce métèque, ce rouquin, cette sorcière.. cet être toujours tout désigné pour l'expiation, le voilà de nouveau, et comme jamais depuis Vichy, peste essentielle. Les lamentables "débats" préfectoraux ayant vainement bavé "l'identité nationale", les brutes gouvernantes ont trouvé de nouveaux baudets pour remplacer avantageusement les sans-papiers qui commencent à s'user ( pire: s'organiser et se défendre ) : les Roms. Oui, tu sais: les Romanichels, les Bohémiens, les Tziganes et autres Gitans qui savent même pas où qu'i z' habitent et qui z'en profitent de not' sécu ces loqueteux voleurs, mendiants et guitaristes. D'après les sondages, même ceux publiés dans les feuilles de "gauche", les Français (les simples mâtins) approuvent majoritairement. Pas étonnant: la conscience n'a pas fondamentalement changé depuis les temps féodaux, les temps de France profonde abrutie de misère, de superstitions (parmi lesquelles, bien sûr, la religion) et de haine vague. Bel été en vérité. Me croirais-tu, mon enfant, si je te disais que j'ai connu une fugitive époque où l'on n' osait s'avouer "de droite", encore moins raciste ou xénophobe?... Mais c'était une époque complexée. N'en parlons plus: à trop revivre, je risquerais de vieillir .