jeudi 18 mars 2010
Par jean-michel robert,
jeudi 18 mars 2010 à 14:39 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
Ce matin -sans raison, par pur caprice - j'avais décidé d'être bel et bon. J'ai donc pris une bonne douche, me suis soigneusement rasé, évité d'écouter les actualités, j'ai tenu la porte du bureau de tabac à un nègre pour le laisser enter avant moi (sans même savoir s'il était en situation légale). J'ai dit merci bonne journée à l'employé. J'ai adressé un petit signe amical à l'automobiliste qui s'est arrêté pour me laisser l'humble passage de piéton. Je n'ai pas regardé les fesses des filles de moins de dix-huit ans (les papiers d'identité faisant foi), j'ai aidé une vieille dame à monter son cabas plein jusqu'au troisième, j'ai souri dans le vague, me suis attendri au passage des petits oiseaux et des petits morveux... bref, j'ai filé un bon coup de main à Dieu.
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mercredi 17 mars 2010
Par jean-michel robert,
mercredi 17 mars 2010 à 04:09 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
il est encore trop tôt
puisque le tabac n'ouvre qu'à six heures
il est toujours trop tard
mais ça tout le monde le sait
même sans se l'énoncer
on se dit je vais dire quelque chose
d'un peu plus joli que ce que l'on se dit à soi
car à quoi bon aligner des insultes à cette heure
alors on commence par dire n'importe quoi
on continue
ça pourrait finir n'importe comment
mais le quoi et le comment se rebiffent
alors on ajoute une ligne
en espérant qu'elle soit
constituée de mots
qui diront
à leur juste place
tant crier et pleurer sont déplacés
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mardi 16 mars 2010
Par jean-michel robert,
mardi 16 mars 2010 à 04:39 :: NOUVELLES ET DIABLOGS (Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, consultez la catégorie "avertissement".Merci.)
Je lui demande:
-Pourquoi portes-tu un voile?
- Ce n'est pas un voile, dit-elle, ce n'est qu'une distance de tulle. D'ailleurs tu me reconnais.
-Oui, mais pourquoi cette distance?... Je veux mêler encore mon visage au tien, mon haleine à la tienne...
- Trop tard (elle baisse les paupières).
- Pourquoi?.... Nous sommes là, tous les deux.
Elle s'impatiente comme face à un idiot:
-Nous ne sommes plus là! Le présent c'est de la brume, le tulle c'est du temps, et le temps n'a pas de visage, pas même le mien.
Je proteste, bien que sachant qu'elle a raison:
-Mais tu me vois, moi !... Même, tu me parles!
-Non, dit-elle.
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lundi 15 mars 2010
Par jean-michel robert,
lundi 15 mars 2010 à 01:06 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
Certains lieux donc certains temps donc certaines vies m'ont échappé parce que d'autres lieux donc d'autres temps donc d'autres vies semblaient s'imposer. Oh! ne pense pas à ça: les fantômes viendront frapper à ta tempe pour réclamer leur rôle et leur entrée (légitimes). Un conseil: tu leur dis: "Fais pas chier le voisin, sinon j'appelle la police."
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dimanche 14 mars 2010
Par jean-michel robert,
dimanche 14 mars 2010 à 14:06 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
De nouveau, "les forces de l'ordre" auront le droit de jeter à la rue les familles pauvres. Si les flics disposaient d'un minimum de conscience, ils refuseraient de se livrer à ces pratiques féodales.
Sois un homme, mon flic, et ne pleure surtout pas quand tu iras chercher le doudou sous le lit du petit.
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samedi 13 mars 2010
Par jean-michel robert,
samedi 13 mars 2010 à 10:29 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
Quand tes enfants te diront:
-Ils ont bousillé l'école publique, l'hôpital public, les crèches, la retraite par répartition, la justice de proximité, le droit du travail...
Tu diras:
- Ben ouais.
Alors ils te demanderont:
- Qu'as-tu fais contre ça?
Tu diras:
-Parfois, quand j'y pensais, je votais.
Sûr, tes enfants seront fiers de toi.
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vendredi 12 mars 2010
Par jean-michel robert,
vendredi 12 mars 2010 à 08:36 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
Depuis que j'en ai l'âge, je vote toujours, d'abord en mémoire de ceux qui sont morts pour gagner ce droit, ensuite pour essayer d'éviter le pire. Ce qui n'empêche pas de préparer la prochaine insurrection armée. (Au fait, je n'ai toujours pas mon fusil à air comprimé).

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mercredi 10 mars 2010
Par jean-michel robert,
mercredi 10 mars 2010 à 08:38 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
c'était bien
on croyait qu'on allait grandir
en même temps que l'humanité
je veux dire la justice et autres beaux mots
mais l'évidence s'impose
rien n'a grandi
ce monde ni moi n'avons grandi
l'évidence s'impose
d'une vie dont je suis déjà triste qu'elle gangrène déjà vos mômes compétitifs
- capital humain-
emprisonnés déjà par leur productivité
et les surveillances hautement technologiques
l'état policier est déjà là
selon la vieille technique du salimi
oui l'évidence s'impose
mais on n'est pas obligés se s'y rendre.
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lundi 8 mars 2010
Par jean-michel robert,
lundi 8 mars 2010 à 22:03 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
dans cette goutte s'agite
une bestiole que je ne parviens pas à identifier
c'est pas une goutte, me dit la fée
c'est un instant
c'est quoi comme bête? que je demande à la fée
elle me dit : tu parles de l'instant ou de la bestiole?
je lui dis c'est toi la fée à toi de voir
alors elle m'a servi plein de gouttes dans un grand verre
c'est à toi de boire, a-t-elle dit
mais c'est plein de petites bêtes! me suis-je exclamé
elle a dit on appelle ça le temps :
avaler des bestioles
dont certaines sont toi par hasard
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dimanche 7 mars 2010
Par jean-michel robert,
dimanche 7 mars 2010 à 23:32 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
quoi de nouveau?
l'hiver faisait froid
le matin était trop tôt jusque dans les yeux du soir
le soir dès le matin rongeait des bleus encore si jeunes de voir
la hâte des corps amusait le temps
les morts étaient plus morts de vivre encore
les vivants avaient une tronche de montre
les montres croyaient leur heure venue
on me demandait : t'es qui toi?
quand je tenais la porte du magasin à toutes mes grands-mères
j'ai refusé une cigarette à une gosse aux narines pleines
de ce qu'elle ne renifle pas encore
j'ai donné un croissant à un type qui crevait de froid
et de n'avoir pas une gueule à remercier
j'ai fraudé dans le bus pour moins fatiguer mes élèves
le contrôleur m'a dit : Monsieur, je loue votre parfaite transparence
J'ai rêvé le monstrueux et la merveille et pleuré
de ne plus les distinguer au réveil
j'ai traversé la forêt où je me pendis jadis
la brume ne s'en souvenait plus
tant mieux
elle m'a rappelé la honte
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samedi 6 mars 2010
Par jean-michel robert,
samedi 6 mars 2010 à 22:46 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
Si je considère la probabilité de ma naissance, je ne peux nier qu'elle était proche de 0; si proche, que 0 et moi partageons la même membrane. Mais je ne cache pas 0, mon frère siamois, ce qui peut susciter quelques malentendus. Mais il en va de même pour vous qui ne croyez ni en la providence ni aux crèmes amincissantes.
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vendredi 5 mars 2010
Par jean-michel robert,
vendredi 5 mars 2010 à 02:07 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
J'avais pour une fois des choses gentilles, parfumées, légères et ailées à exprimer, mais j'ai oublié. Comme quoi ces choses sont éphémères. Si vous en retrouvez malgré tout dans votre jardin ou votre pot de fleurs. Informez m'en: j'en serai moins lourd et donc plus léger. Merci
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jeudi 4 mars 2010
Par jean-michel robert,
jeudi 4 mars 2010 à 23:16 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
petit à petit
ils détruisent les hôpitaux les écoles
les aides sociales
la justice de proximité
petit à petit
ils subventionnent les patrons qui virent malgré leurs profits
petit à petit tu es plus petit
toi le chômeur l'étranger le malade la femme partiellisée de force
mais toi aussi le cadre qui vit chez tes dettes
et qui ferme ta gueule
parce que les dettes ne font pas dans la douceur
et parce que tu aimes tes mômes
le droit du travail le droit de grève le droit à santé au logement....
sont-ils droits ou privilèges?
une question qui nous "voyage" au Moyen Âge
charmant tourisme
petit à petit ils rongent ta dignité
la seule chose qui n'appartient qu'à toi
mais petit à petit ils la détruiront
petit à petit tout petit être
non pas "être", c'est fini
"marchandise" est plus pertinent
maintenant à toi de voir
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mercredi 3 mars 2010
Par jean-michel robert,
mercredi 3 mars 2010 à 05:53 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
mais laquelle?
celle que je vis ou celle que la montre impose
au fait c'est qui ce C'?
et qu'on ne me me fasse pas le coup du temps subjectif
C' n'est rien
et vous aurez beau diviser l'heure à l'infini
vous vous trouverez un peu cons face au mystère
aussi quand on me demande : quelle heure est-il?
je réponds : c'est un mystère
aussi ai-je peu d'amis
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Par jean-michel robert,
mercredi 3 mars 2010 à 04:35 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
"Derrière chaque grande fortune un crime se cache", disait à peu près Balzac ("Le Père Goriot?"). je n'ai pas vérifié le texte exact, mais ça voulait dire ça. Si l'on considère notre masse actuelle d'informations, sans déprécier la lucidité de l'écrivain, on pourrait affirmer: "Derrière chaque grande fortune, des massacres, génocides, guerres... n'ont plus la pudeur de se cacher." A vous de repérer VOS ennemis. Sinon y a TF1.

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mardi 2 mars 2010
Par jean-michel robert,
mardi 2 mars 2010 à 01:55 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
Quand les "journalistes" n'ont rien à dire (je veux dire analyser, enquêter, recouper...), ils invitent un "spécialiste", dont ils évitent de dire dans quels conseils d'administrations il siège (jetons de présence bien payés). Les "spécialistes" vous expliquent que la crise était imprévisible, alors qu'une dizaine de livres l'avaient annoncée, y compris un prix Nobel (français) jamais invité par les médias (je mets un S à média pour faire chier les snobs qui veulent faire croire qu'ils connaissent les langues mortes, entre zombies qui ne savent même pas que l'accent est en trop... N'est-ce pas, Oxibar, toi, mon fidèle medium?). Les spécialistes donc -économistes officiels- qui n'ont jamais rien prévu, ni suggéré la moindre solution, sont en train de vous dire que la finance a ruiné ton pays et que logiquement il te faudra serré ta ceinture, si elle serre (serrer) ce qui te reste. Pour la suite, il te suffira de gifler tes mômes, et ta femme, si elle n'est pas en garde à vue.
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lundi 1 mars 2010
Par jean-michel robert,
lundi 1 mars 2010 à 23:14 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
Le sage : Tu n'as pas le droit de dire "je suis triste", car l'attribut et son sujet n'énoncent que l'illusion coincée dans le verbe copule.
L'imbécile : Et si je disais seulement "triste".
Le sage : Alors, il faudrait le dire tout nu, au petit jour, dans la rosée d'une clairière.
L'imbécile : Et si je disais : "T'es un vieux con gâteux!"
Le sage : Surtout pas!... la rosée saurait de qui tu parles.
L'imbécile : Et alors?
Le sage : Voilà, tu dois dire "Alors?", à poil chez les flics.
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Par jean-michel robert,
lundi 1 mars 2010 à 22:10 :: NOUVELLES ET DIABLOGS (Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, consultez la catégorie "avertissement".Merci.)
Comme je la croyais morte depuis longtemps, dès que je l'aperçus, toute pimpante, je l'abordai:
- Eh!... pardon!... C'est bien toi?
- Oui, répondit-elle, c'est moi, mais pas "bien".
- Abuserais- je donc des adverbes? demandai-je.
-Non, tu abuses en général, de tout, y compris de ce que tu dois ne plus voir.
C'est ainsi que je devins timide.
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Par jean-michel robert,
lundi 1 mars 2010 à 16:27 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
il était à la fois très en colère et très las
et comme c'était un manuel
il parvint à faire un petit tas de colère d'un côté
et une petite colline de lassitude de l'autre
ce travail accompli il devint intellectuel
il se demanda : face à mes deux amoncellements théoriques
comment les articuler à la pratique?
alors la fée arriva
articula quelques chuchotements convaincants
et ils séparèrent les petits tas d'amour, de hasard, de rire, de stupeur, de nostalgie, de nuit blanche...
elle lui dit : tu as bien regardé? Oui? Alors fous-moi tout ça en l'air, EN l'AIR, j'insiste.
depuis lors il respire sans poumons
c'est pourquoi il ne tousse plus que pour dire un truc du genre : moi aussi j'ai connu ça
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