... jeudi, j'avais rendez-vous avec une demoiselle, premier troquet à gauche en sortant de la gare Montparnasse. Nous prîmes chacun un café (Jusque là, rien d'anormal.) en terrasse puisque je voulais fumer (Un fumeur consciencieux ne boit pas un café sans allumer une clope, sauf lors de périodes historiques bouleversées et bouleversantes). Elle et moi échangeâmes regards et propos doux (Jusque là rien d'anormal). Mais vint l'instant où, ayant soulevé le cendrier, je lus l'addition: 4 euros quarante ! (Là, on entre dans le fantastique). Je montre la note à la demoiselle. Elle avale difficilement la dernière gorgée. Je lui dis: "tire-toi et attends-moi sur le quai". Ce qu'elle fit. Je terminai la cigarette et partis sans payer. Mais le garçon me rattrapa sur l'escalator, il me reprocha vivement mon (notre) délit de grivèlerie (il l'a dit autrement, ignorant le mot), me sommant de payer. Alors, d'un ton innocent de lui demandai: "Where do you come from? Excuse: J pâl pas bien french, What's the matter?"... face à la mine réprobatrice des autres usagers, le garçon partit.

Si dans un troquet, le café coûte plus d'un euro, je vous encourage, chers lecteurs, à griveler de même, en fonction des alentours. Début, sans doute, de la Révolution (A partir de là, on sort).

(Les nôtres étaient servis sans petits gâteaux)