Jean-Michel Robert

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jeudi 4 février 2010

Une autre expression qui m'exaspère

c'est "juste milieu". Milieu de quoi?... "juste"... pourquoi? Cette formule s'emploie généralement par qui veut passer pour équitable, raisonnable, modéré, objectif, honnête, indépendant.... faux-cul, quoi. Parlons d'abord du milieu: il s'agit souvent d'évaluations chiffrées, ou d'opinions. Ex: le journaliste dit: "Il y avait 500000 manifestants selon les syndicats et 5000 selon la police, la vérité est sans doute entre les deux..." Il ne lui vient pas à l'idée que soit la police ou soit le syndicalisme avançait la bonne évaluation. Ce "milieu" est-il le juste?

Quant aux opinions, l'un dit: "Selon les droits de l'homme et du citoyen, tous les humains naissent et demeurent libres et égaux en droit, alors pourquoi les homosexuel(le)(s) ne peuvent-ils ni se marier ni adopter?... Ne seraient-ils pas humains?... D'autre part, pourquoi existe-t-il une justice en comparution immédiate pour les pauvres et une justice en comparution reportée sine die pour les riches?" Là, le modérateur répond: "Il existe le PACS, c'est un bon compromis, ne choquons pas le Français moyen." (Français normal?)

Parlons du JUSTE à présent, nous l'articulerons impossiblement au MILIEU par la suite. Le juste relève à la fois de critères subjectifs et objectifs. Sous la féodalité, le servage n'était que justice puisque un bouseux n'appartenait pas à la même espèce qu'un noble, de même qu'aujourd'hui un veau ne saurait déposer plainte contre son éleveur...

(A suivre...)

DE LA FIERTé D'ÊTRE FRANçAIS

"Je suis fier d'être français, moi!" . Voilà une fierté qui ne présente qu'une vertu: celle de m'inspirer un mélange de colère et de mépris car, pour se dire légalement français, il ne suffit que d'un hasard de naissance ou l'aboutissement d'une procédure légale.

Quels Français? Villon ou Thibault d'Aussigny? Louise Michel ou Thiers? Cavaignac ou les ouvriers qu'il fit massacrer? Gérald Neveu ou Cocteau? Papon ou Germaine Tillon?... Ministres, préfets, procureurs, flics, juges qui, depuis l'élection de Sarkozy, enferment arbitrairement un nombre vertigineux de familles entières, enfants compris, dans des centres pudiquement appelés "de rétention administrative", où les journalistes se heurtent à l'interdiction de visite (pourquoi? La honte peut-être?), centres qui ne sont en vérité que des camps dont l'inhumanité n'a rien à envier à ceux de Compiègne, de Drancy... Soyez fiers, goinfrez-vous de votre grasse identité, avant d'énoncer: "J'ai confiance en la Justice de mon pays". Oui, soyez fiers avant l'épuration que vous subirez, car, quand nous serons les plus forts, il est hors de question que votre carrière de monstres tièdement repus suive son cours fangeux. Y en a marre des débats sur le ministère du racisme, sur l'état policier qui progresse discrètement mais sûrement, de votre presse à la dévotion de ses nouveaux patrons: Bouygue, Lagardère, Rotchild... Finis les débats bégayants: il faut dès maintenant que les puissants aient peur, plus aucune sécurité pour eux. Vivent les séquestrations de patrons, d'inspecteurs et recteurs de l'Education, Vivent les destructions d'entreprises promises à la délocalisation! Vive la réquisition des logements libres (laquelle est parfaitement légale)! Vive la grève générale européenne, l'interdiction des bourses... Vive encore, pour quelque temps, ma naïveté.