Jean-Michel Robert

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samedi 27 février 2010

je suis triste et content.

Bertrand Tavernier vient de dire sur France Culture qu'Yves Martin était un des plus grands poètes du 20 ème siècle (mort en 1999). Onze ans en gros après la mort d'Yves, qui nourrissait ses chats avant d'éprouver sa propre faim; Yves, à qui nul n'a pensé en 2009, parmi ceux qu'on écoute. Je suis content que nous soyons quelques-uns à l'entendre encore. Je suis triste de savoir qu'il n'a rien entendu, ce soir.

"Toutes les photos de ta chambre te crachent à la gueule."

Yves Martin

vendredi 26 février 2010

le prochain déluge

puisque votre sainte majorité - et sa sainte sécurité - masse molle videosurveillée - dont le moindre geste sera bientôt nanotechnologisé

- puisqu'elle ne connaît qu'un seul 11 septembre - celui de 2001 - et qu'elle a chié de sa mémoire - le 11 septembre 1973 - et les cadeaux de Noël 1972 qu'offrirent les bombardiers aux enfants du Vietnam

- puisqu'elle a oublié que Hoover, Kissinger... furent autant que Staline, Hitler, Molotov... des êtres monstrueux, indignes de l'humanité - celle-ci n'étant pas qu'une espèce animale, mais surtout un devenir culturel

- puisque vous acceptez que la France reprenne une loi allemande de 1933 - Eh! Allemagne... 1933... ça ne vous dit rien? - une loi appelée "rétention de sûreté" - approuvée par le conseil constitutionnel - chambre de sieste pour gâteux où siègent de droit les anciens présidents de la République - comme s'ils avaient la moindre compétence en droit - on attend toujours le procès Chirac, celui des responsables du SAC protégés par les cellules de l'Elysée - " cellule": ça doit bien faire rire ceux qui seront encagés à vie sans jugement en vertu de la RéTENTION DE SÛRETé

- ce serait trop long de trier par couleur ici les perles de votre lâcheté majoritaire, de votre trouille majoritaire, de votre mesquinerie majoritaire, de votre racisme majoritaire, de vote masse avachie ruminant le fascisme ordinaire...

- je n'arrive plus à vomir assez pour un nouveau déluge

- celui-ci viendra des crachats de vos enfants sur ce que vous osez appeler un monde. Et le seul, le dernier nommé Noé dira à Dieu: "Pardon, y a erreur, je m'appelle Oxibar.

mardi 23 février 2010

programme commun à moi-même

Si, au cours de cette année, on ne retire pas l'armée française des pays où elle n'a rien à foutre (que de pauvres filles, les soirs de permission), si on ne fait pas toute transparence sur les dépenses de chaque ministère - et de la présidence - (bagnoles, chauffeurs, "sécurité", cosmétiques, frais de caviar, dommages de culottes...), si l'on ne lève pas le secret-défense relatif aux frégates Taïwan avec ses rétrocommissions, si l'on n' oblige pas les entreprises subventionnées, exonérées, lubrifiées (avec NOTRE TRAVAIL) à rembourser, si l'on n' abolit pas l'OMC, le FMI, si l'on n'organise pas une Assemblée constituante de l'Europe, à la proportionnelle, contrôlée par les tricoteuses, si l'on n'abolit pas le bouclier fiscal, si l'on n'interdit pas aux éminentes personnalités de faire carrière de conseils d'administration privés en conseillers du pouvoir et réciproquement, si le Parquet n'acquiert pas une véritable indépendance, si chaque garde à vue n'est pas VRAIMENT contrôlée... (J'aurai d'autres exigences pour les années suivantes, mais, par pur réalisme, je limite à un an). Donc je m'engage, si ces justes et minimales conditions ne sont pas remplies, à ne plus payer mes impôts, car y en a marre de se faire vider les fouilles par tous ces incompétents, goinfres, cupides, esclavagistes, menteurs, assassins.... Heureusement, j'ai pensé à temps à la contraception, mes enfants seront fiers du père qu'il n' auront pas à aider sur la barricade. Il s'ensuivra, vous vous en doutez, un début de guerre civile à L. V. (ma ville). Aussi j'ouvre dès ce soir une souscription pour l'achat d'un fusil à air comprimé (écologique). Envoyez le chèque à "Où vous savez". Merci camarades.

Je crois c'est elle...

... je lui dis: "Viviane! Salut, tu me reconnais?" Elle répond: "Non, Jean-Mi: les fées meurent jeunes."

dimanche 21 février 2010

Ah oui, j'oubliais...

... jeudi, j'avais rendez-vous avec une demoiselle, premier troquet à gauche en sortant de la gare Montparnasse. Nous prîmes chacun un café (Jusque là, rien d'anormal.) en terrasse puisque je voulais fumer (Un fumeur consciencieux ne boit pas un café sans allumer une clope, sauf lors de périodes historiques bouleversées et bouleversantes). Elle et moi échangeâmes regards et propos doux (Jusque là rien d'anormal). Mais vint l'instant où, ayant soulevé le cendrier, je lus l'addition: 4 euros quarante ! (Là, on entre dans le fantastique). Je montre la note à la demoiselle. Elle avale difficilement la dernière gorgée. Je lui dis: "tire-toi et attends-moi sur le quai". Ce qu'elle fit. Je terminai la cigarette et partis sans payer. Mais le garçon me rattrapa sur l'escalator, il me reprocha vivement mon (notre) délit de grivèlerie (il l'a dit autrement, ignorant le mot), me sommant de payer. Alors, d'un ton innocent de lui demandai: "Where do you come from? Excuse: J pâl pas bien french, What's the matter?"... face à la mine réprobatrice des autres usagers, le garçon partit.

Si dans un troquet, le café coûte plus d'un euro, je vous encourage, chers lecteurs, à griveler de même, en fonction des alentours. Début, sans doute, de la Révolution (A partir de là, on sort).

(Les nôtres étaient servis sans petits gâteaux)

samedi 20 février 2010

oublier en avant

tout à l'heure sortant innocemment acheter mes cigarettes

(mais est-on innocent de nos jours de fumer?)

je remarquai que tous les gens reculaient

j'ai demandé à l'un d'eux : pourquoi vous reculez tous?

il m'a dit : nous reculons en avant

j'ai déduit : alors moi j'avance en arrière

il m'a dit : oui

alors j'ai demandé : et l'avenir dans tout ça?

il a répondu : l'avenir ! il a bon dos l'avenir!...

alors j'ai eu peur

je suis rentré chez moi à reculons vers le futur

mes clopes étaient là

deux paquets neufs

mais en me regardant dans la glace j'ai constaté

que j'avais vieilli de la nuque

alors j'ai décidé d'oublier tout ça en fumant tranquillement

en compagnie d'un verre de bière

et j'ai bien fait

car qui sait de quoi hier sera fait?

mercredi 17 février 2010

scandale immobilier et immobile.

Je m'avise que je n'ai visité que partiellement l'appartement que nous occupons depuis des décennies. Je dis à ELLE:

- Tu sais qu'on a cinq pièces, dont deux que je n'avais jamais vues.

ELLE n'est pas étonnée:

- Oui je le sais.

- Mais tu as vu que ce sont deux belles pièces claires, ouvertes sur quelques toits, des arbres et vachement de ciel?

- Oui, je croyais que tu le savais.

- Mais non! J'ai même déclaré à l'agent recenseur que nous ne disposions que de trois pièces.

ELLE dit:

- Pas grave: légalement elles ne comptent plus. Leur construction est trop ancienne.

Je suggère à ELLE:

- On pourrait s'en faire deux beaux ateliers, un chacun, ça débordéliserait un peu notre appart'

- Impossible, dit-ELLE, c'est du passé.

mardi 16 février 2010

de l'efficacité politique

Je viens d'entendre ce témoignage: "J'ai soixante-cinq ans, trimé parce qu'il fallait gagner sa tartine, on bossait dur, mais il ne fallait pas que les garde-chiourme nous emmerdent, sinon on leur cassait la gueule, de face ou de profil...Les gars qui se suicident sur leur lieu de travail feraient mieux de casser quelques gueules, ça leur ferait du bien, et ça découragerait quelques carrières de petits chefs..."

Voilà le début de la haute politique qui, de petits chefs aux grands, passant par les cadres moyens, finit parfois en roi coupé.

dimanche 14 février 2010

lyrisme ordinaire

hier il faisait moins froid

alors j'ai enlevé un pull

pour ne laisser sous mon blouson

que ma belle chemise bleue

oui tu sais celle avec un col noir à l'intérieur

et puis j'ai parcouru à pied les 3km qui séparent mon trou de mon gagne-pain

- quand je dis "gagne-pain", chacun comprend qu'il y a du fromage, des impôts, des cotisations, des loyers, des charges... pour garnir le sandwich -

il y avait encore pas mal de neige sur le sol

aussi ai-je glissé plusieurs fois

mais mon exceptionnelle vivacité

m'a évité la chute

la neige salement collée au sol

n'a pas eu la force de regagner le ciel en flocons dansants

moi non plus

dommage

j'aurais pu en faire un poème à la hauteur

vendredi 12 février 2010

fidéisme avec un peu de lardons.

Tu explosais de rire, d'amour et de mauvaise foi, comme nous tous, tes amis.

Aujourd'hui en ma lente implosion, j'ignore la physique des forces malignes, et leur faculté d'inversion; mais sûr, la foi, en l'occurrence, est mauvaise, mais c'est la foi.

Croire sans espérer. Seule honnêteté brute.

C'était bien

on faisait du feu en frottant les regards

c'était tout nouveau

de l'humidité de ciel étincelant du mouillé de noisettes pouvait

incendier

ce n'était pas dans les livres de sciences

seulement dans les lèvres d'indécences

l'indécence brûle doux

sa seule douleur en frisson blond

la fumée une ivresse

c'était tout nouveau

nouvelle préhistoire

seule sans fossiles

incendier doux

lumineux

cendres enfin dignes des braises

mais cendres

mes cendres

bruit de toux

sens de l'histoire

Je dis à la postière: "C'est un envoi en lettre." Elle demande:" Qu'est-ce que contient l'enveloppe?" Je réponds: "Un livre." Elle palpe mon courrier et en déduit: "Non c'est un cadre." Je gueule: "Non, c'est vous l'ancienne cadre du KGB!". Elle rétorque: "Pas encore."

Comme quoi la résurrection de l' URSS reste un espoir dans le coeur des modestes employé(e)s.

jeudi 11 février 2010

confidence (reprise revue et corrigée)

Je crois que j'ai décidé de quitter l'enseignement officiel quand, pour la rédaction des bulletins trimestriels, à la place d' EXPRESSION éCRITE, on m'enjoignit d'inscrire une note moyenne à la rubrique PRODUCTION D'éCRITS. Ainsi, pas de différence entre faire écrire cent fois le même mot à un élève, et l'encourager dans l'écriture d'une pièce de théâtre, un poème, un résumé...LA PRODUCTION DE CONS avait déjà gagné la hiérarchie, et ça contaminait comme la grippe espagnole (ô ! Apollinaire !).

J'ai appris, depuis, que l'on parlait de producteurs de soins à propos des médecins et paramédicaux...

Ah, je quitterais ce monde sans regret s'il n'y survivaient quelques ami(e)s,immunisé(e)s ; monde productiviste, de la compétition de tous contre tous, du caporalisme généralisé, video-surveillance, biométrie... tu me répugne... J'en vomis dès que je me rappelle ma jeunesse merveilleusement bébête, pur produit des hasards désinvoltes.

une expression qui m'exaspère (suite)

Alors bon, peut-on distinguer le milieu du centre?

Si l'on admet que toutes les diagonales d'un cercle sont sécantes en un point constituant le centre du cercle, lequel est un ensemble de points équidistants du centre, lequel est le milieu de toutes les diagonales, il est légitime de dire que tout point peut être décrété centre et milieu puisque nul n' a défini l'exacte dimension du point et que l'ensemble des point constituent le plan, ensemble infini de points. Tout cela n'est donc qu'approximatif puisque nul n'a jamais tracé un point égal à un autre. Autrement dit: "Il faut que l'intendance suive." ou la proposition hypothétique: "S'IL ON ADMET". ou " SI L'ON ADMET". Le L apostrophe de "L'ON" n'est-il qu'explétif ou change-t-il le sujet donc le sens?

Et encore, nous ne glandons encore qu'en deux dimensions... On peut donc affirmer que tout point dans l'infini est un centre potentiel et qu'il recèle lui-même une infinité de ... jusqu'à la mécanique quantique qui reste encore fort mystérieuse, et c'est ce mystère même qui passionne des gens meilleurs en maths que moi. Et le "Juste" la dedans? Son impossibilité découle à la fois de l'infinité, et des définitions admises par seule convention. Parlons sentiments: Y a-t-il un juste milieu à (ou de?) l'amour?... Est-ce le coeur équidistant de la passion et de l'indifférence?

Quant à la politique, on verra ça plus tard, vers 0 heure.

(A suivre...)

Je jubile:

l'actualité rattrape une fois de plus mon blog:

1) Quand en 2006 et 2007, je rappelais l'actualité de Karl Marx, extraits à l'appui, on me prenait pour un économiquement gâteux. Très bien, la belle crise mondiale dont SEUL le capitalisme féroce est responsable et.... gagnant continue, malgré les vocalises "politiques" de ceux qui l'ont servi (Vous vous souvenez: Friedman - prix Nobel d'économie, conseiller de Pinochet -, Tatcher, Reagan, Blear, Jospin, la sociale-démocratie... tous convertis au dieu Marché?) . " LE CAPITAL" est devenu best-seller. Ne reste qu'à oeuvrer pour la prochaine grève insurrectionnelle européenne, le monde suivra.

2) J' ai relaté aussi dans ces années ce qu'était une garde à vue à la française. Peu de réaction. Il semble que ces derniers temps les méthodes de nos chers fonctionnaires assermentés suscitent pas mal de protestations, ainsi que scandalise enfin la servilité du Parquet face à l'exécutif. Bref, la prochaine fois que je passerai devant un tribunal, avant d'observer le silence (observation pleine d'enseignement), je dirai: "Mes parents m'ont interdit de parler à des gens surgis du Moyen Âge."

dimanche 7 février 2010

de la vérité du mensonge

J'aime certain(es) menteur(euses) parce que leur mensonge ne visait pas à me tromper mais à vivre au moins verbalement leur idéal. J'ai fait semblant de les croire, menteur à mon tour, mais utile, puisque certains mensonges sont devenus vérité, pas seulement par mon écoute complaisante, mais en partie grâce à elle, puisque celle-ci a participé à l'énergie, à la foi de la personne. C'est un visage d'aimer. Je ne mens pas, disait l'enfant, j'invente.

être ou ne pas ce qu'on veut

Comme on me demandait récemment pourquoi je ne ma suicidais plus, j'ai répondu que c'était par curiosité, comme "la ménagère de moins de 50 ans", je suis (être ou suivre?) la série, c'est-à-dire toutes les gesticulations qui aboutiront, de toute façon, à la mort. A quoi ça sert de vivre? A connaître la suite que, forcément, j'oublierai, comme tout le monde.

jeudi 4 février 2010

Une autre expression qui m'exaspère

c'est "juste milieu". Milieu de quoi?... "juste"... pourquoi? Cette formule s'emploie généralement par qui veut passer pour équitable, raisonnable, modéré, objectif, honnête, indépendant.... faux-cul, quoi. Parlons d'abord du milieu: il s'agit souvent d'évaluations chiffrées, ou d'opinions. Ex: le journaliste dit: "Il y avait 500000 manifestants selon les syndicats et 5000 selon la police, la vérité est sans doute entre les deux..." Il ne lui vient pas à l'idée que soit la police ou soit le syndicalisme avançait la bonne évaluation. Ce "milieu" est-il le juste?

Quant aux opinions, l'un dit: "Selon les droits de l'homme et du citoyen, tous les humains naissent et demeurent libres et égaux en droit, alors pourquoi les homosexuel(le)(s) ne peuvent-ils ni se marier ni adopter?... Ne seraient-ils pas humains?... D'autre part, pourquoi existe-t-il une justice en comparution immédiate pour les pauvres et une justice en comparution reportée sine die pour les riches?" Là, le modérateur répond: "Il existe le PACS, c'est un bon compromis, ne choquons pas le Français moyen." (Français normal?)

Parlons du JUSTE à présent, nous l'articulerons impossiblement au MILIEU par la suite. Le juste relève à la fois de critères subjectifs et objectifs. Sous la féodalité, le servage n'était que justice puisque un bouseux n'appartenait pas à la même espèce qu'un noble, de même qu'aujourd'hui un veau ne saurait déposer plainte contre son éleveur...

(A suivre...)

DE LA FIERTé D'ÊTRE FRANçAIS

"Je suis fier d'être français, moi!" . Voilà une fierté qui ne présente qu'une vertu: celle de m'inspirer un mélange de colère et de mépris car, pour se dire légalement français, il ne suffit que d'un hasard de naissance ou l'aboutissement d'une procédure légale.

Quels Français? Villon ou Thibault d'Aussigny? Louise Michel ou Thiers? Cavaignac ou les ouvriers qu'il fit massacrer? Gérald Neveu ou Cocteau? Papon ou Germaine Tillon?... Ministres, préfets, procureurs, flics, juges qui, depuis l'élection de Sarkozy, enferment arbitrairement un nombre vertigineux de familles entières, enfants compris, dans des centres pudiquement appelés "de rétention administrative", où les journalistes se heurtent à l'interdiction de visite (pourquoi? La honte peut-être?), centres qui ne sont en vérité que des camps dont l'inhumanité n'a rien à envier à ceux de Compiègne, de Drancy... Soyez fiers, goinfrez-vous de votre grasse identité, avant d'énoncer: "J'ai confiance en la Justice de mon pays". Oui, soyez fiers avant l'épuration que vous subirez, car, quand nous serons les plus forts, il est hors de question que votre carrière de monstres tièdement repus suive son cours fangeux. Y en a marre des débats sur le ministère du racisme, sur l'état policier qui progresse discrètement mais sûrement, de votre presse à la dévotion de ses nouveaux patrons: Bouygue, Lagardère, Rotchild... Finis les débats bégayants: il faut dès maintenant que les puissants aient peur, plus aucune sécurité pour eux. Vivent les séquestrations de patrons, d'inspecteurs et recteurs de l'Education, Vivent les destructions d'entreprises promises à la délocalisation! Vive la réquisition des logements libres (laquelle est parfaitement légale)! Vive la grève générale européenne, l'interdiction des bourses... Vive encore, pour quelque temps, ma naïveté.

lundi 1 février 2010

testament (suite)

LVII

Au maître partageur des eaux

Qui offrit toujours gîte et livre

Aux marcheurs dont les pauvres os

Et le regard quelque peu ivre,

Par jours de chaud comme de givre,

Montaient à l'assaut du Parnasse,

Je veux que mon notaire livre

Ma mémoire des hautes glaces

LVIII

Du Pla d'Adet ainsi que celle

Des lacs aux rives de vertige,

De Pierre-qui-Vire, d'Ussel

Où plumes de l'amour voltigent

Encore à ce jour par prodige

Comme les voix de Cricri et

De Jacquy que nul poids ne fige

En l'ici-bas triste à crier.