le poète maudit (suite)
Par jean-michel robert, mercredi 25 novembre 2009 à 09:39 :: NOUVELLES ET DIABLOGS (Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, consultez la catégorie "avertissement".Merci.) :: #1624 :: rss
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Epuisement, oui, c'était bien mon triste état après relecture de la préface où mon esprit trébuchait toutes les quatre cinq lignes sur des gros cailloux du genre : " au prépuce de l'axe paradigmatique, viol de la fonction phatique, fascisme syntagmatique, occurrence (ô cul rance!), ellipse/éclipse de l'être en tant qu'être... sans compter toutes les références à Flaubert et Mallarmé, lequel semblait avoir bouleversé l'auteur en énonçant à l'attention de Degas l'évidence suivante : on écrit avec des mots. Ca me rappelait ma grand-mère qui, lorsque je manifestais mon appétit de seize heures trente, me répondait : C' est pas avec de la faim qu'on fait un casse-croûte, c'est avec du pain et de la cochonnaille.
Je retrouvai vite le poème que je cherchais. L'auteur, chouchouté par l'anthologiste, occupait à lui seul vingt-deux pages. Voilà, le premier texte c'était ça : 1ère page:
"BAS -
-
-
-
HAUT"
2ème page:
-
''haut du po
- ................ème
- de l'étant hors
- ;;;;;;;;;du mot possible
- où dire ..............l''à-revenir?
-
que la peau ( ) aime
-
peau de ce dos
-
;;;;;;;;;;;........sans mains"
Voilà, ça suffisait, j'avais compris. J'allais moi aussi subvertir le sentimentalisme petit bourgeois en dynamitant le langage de l'oppression. Il me fallait au plus vite rédiger un brouillon sur mon papier orange. Oui c'est ainsi : éclairs dans la calepin, brouillons sur feuilles orange, poèmes achevés dans mon gros cahier Clairefontaine réservé aux happy few.
- Mélinette !
Elle était rentrée. Elle croisait SES mots, allongée sur la canapé du salon. La nonchalance de la pose contrastait avec la concentration du regard fixant le journal. Sans lever le nez, elle dit:
- Ouiiii?... Que veux-tu, mon moucheron adoré?
- Où as-tu foutu mon papier orange?
- (...)
- Alors... j'attends...
Son visage se détendit à l'instant. Elle s'exclama:
- Tonsure!
- Quoi "tonsure"? Je vois pas le rapport.
Radieuse, elle me considéra un bref moment d'un regard plein d'amour.
- Ah, chéri! Cercle religieux, cercle religieux!...
(A suivre...)
Commentaires
1. Le jeudi 26 novembre 2009 à 16:03, par Sissi
2. Le jeudi 26 novembre 2009 à 19:07, par l'insolent
3. Le jeudi 26 novembre 2009 à 19:29, par Jean-Mi
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