Jean-Michel Robert

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jeudi 1 octobre 2009

Quand on est triste,

on est tenté de croire à une précision actuelle de la tristesse. On se trompe :on sait depuis toujours que tout finira mal.

Non en fin de compte je me rappelle mal

les filles que j'ai baisées et dont le prénom m'échappe, les filles que je n'ai pas baisées et dont le prénom m'obsède, les filles dont je n'ai touché ni la peau ni le prénom, la petite voisine qui me faisait bander, innocemment Sylvianne (Elle ne pouvait imaginer la bandaison, à son âge.) Les filles trop grandes pour moi, les filles trop jeunes pour moi... La vie trop chiante pour tous et les autres.

ah!... bruquement, je m'en souviens:

c'était fort triste.

j'oubliais encore

J'oublouiais que j'ouobluie

J'oubliais

Il ya aussi de belles sales bêtes, et le courrier de mes ami(e)s.

habiter

Il y a des piles de livres crayonnés, des cendres peu soucieuses de cendrier, des pages arrachées de la Bible de Jérusalem, une gourde de randonnée, le N° 1 de la Révolution Surréaliste (1924), une fin de whisky, une fin de gauloises, les oeuvres de Henein, celles de Pessoa, des noms notés sur une feuille froissée, une guitare triste, des journaux, un duvet canapisant, des mouchoirs exténués, des plaquettes de xanax, une horde de stylos noirs, une radio, et surtout de la poussière, tant de poussière....Et une femme qui dort tranquillement... Suis-je chez moi ou dans mon esprit?