lundi 13 juillet 2009
inexorable retour de la méchante connerie
Par jean-michel robert, lundi 13 juillet 2009 à 07:30 :: JOURNAL DéCOMPOSé.(Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci.)
La gentille connerie, l'idiot de village, l'imbécillité déambulant entre les vaches et le rire baveux ne sont pas à craindre; les quelques hameaux qui existent encore restent généralement protecteurs pour ce genre d'égarés. La connerie menaçante s'insinue progressivement, sinue dans l'évidence du discours dominant rabâché quotidiennement par la presse assoiffée de faits divers, de sport, langue chargée de tous les culs léchés. Gardes à vue inhumaines qui prolifèrent, avec doigt dans l'anus, prisons comme les connut Villon, enfants arrêtés à l'école pour avoir joué à touche-pipi, sdf matraqués, préfets et procureurs suceurs de ministres... Ah! vite! une nouvelle affaire de viol d'enfant(s)! Les associations de défense de la famille ne manqueront pas d'aboyer à la censure... Interdire Hardellet pour Lourde, lente, Nabokov pour Lolita, Brassens pour Princesse, Ferré pour Petite, Michel Bernard pour La négresse muette, Apollinaire pour Les onze mille verges, Serguine pour Mano l'archange... Et je ne vais pas jusqu'à l'enfer de la Bibliothèque Nationale dont quelques volumes souillent mes rayons. Je ricane intérieurement en me rappelant l'incroyable succès de David Hamilton lors des années 70 (modèles entre 10 et 15 ans, préfacés par l'excellent Robbe Grillet... Hé! le flou artistique, ça condense la Culture!)... Je risque gros: je détiens tous ces livres, sauf Hamilton, avantageusement remplacé par Balthus, Detrait et Ovenden. Ô saint retour des puritains pourris de péché, des mères de famille dispensatrices de La Bonne Nouvelle. Je suis content d'être presque vieux: je ne verrai pas votre victoire rampante. Tiens, au fait, hier, dans le train, près de moi, une fille (17 ou 19 ans?) s'autorisait, par la grâce de ses jambes vertigineuses, d'être merveilleusement elle-même... Je ne l'ai pas touchée... puisque le comble de se sentir vivant c'est séduire qui le mérite et le désire. Et puisque à la radio on parle encore de Lourdes et de Bernadette Scoubidou, je souhaite que les hémorroïdes des pèlerins soient miraculées, si la Vierge et sa famille ont le temps d'oublier la faim et l'ignominie du monde.

BALTHUS: LA LEçON DE GUITARE (ancien directeur de l'Académie de France à Rome, Villa Médicis...)
PS: J'eusse préféré que ma belle prof de CM1 m'initiât plutôt que de me contenter de la paluche pendant cinq ans. Cinq ans! ... c'est long à cet âge.