Jean-Michel Robert

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jeudi 23 juillet 2009

l'heure de rien

C'est l'heure, l'heure de rien, quand et où, bêtement, je ne crois pas au matin.

Voilà

chu rendu... ( J'aime parler le québécois) Mais ma pauvre tête insiste: la vie est chiante, nous finirons tous par être déçus, avant de ne plus être, et aucune fée ne nous consolera, Pasqueux a'xiste pas.

pied té

Je ne sens plus mes guibolles, et je dois parcourir trois bornes... Plaignez-moi, et priez pour mes distances. Merci.

mardi 21 juillet 2009

absence

Si tu savais comme je suis épuisé, tu serais gentllle belle et là.

Fatigue

Il va encore falloir être beau.

lundi 20 juillet 2009

Modestie

J'aimerais dire simplement les choses. Mais il n'y a pas de choses, juste des êtres.

dimanche 19 juillet 2009

absence, fin logique

Je crois me souvenir que je connus un âge où entre fille et mec on se disait et se faisait de l'avenir. L'avenir, le lâche, s'absente en cachette. On savait pas, nous !

petite bagarre, pas très longue mais assez courte.

Il m'a suffi de lui faire cadeau d'un coup de paume sous le menton, je n'ai même pas eu besoin de l'insulter, économie d'énergie. Je ne m'inquiète pas pour lui: ses cervicales n'ont pas souffert, privilège des invertébrés.

protocole

Elle m'a dit, la reine: "Pliez vous en sept parce vous êtes face à moi."

Je lui ai dit: "Je me plierai en quatorze devant la princesse, qui, à quatorze ans, est encore plus jolie que Charlotte de Montmorency, la petite chouchoute d'Henri IV".

Ensuite ce fut la guerre, période intéressante, mais avec trop de bruit.

petite photo d'un jeune couple (années 50)

Tu es belle, tu es beau, d'un sourire vous traversez Versailles. Vous ne me connaissez pas encore, mais déjà l'avenir vous aime.

conversation avec la petite trotteuse

Merde! il n'est que cette heure-là! On va encore m'accuser d'avancer...

vendredi 17 juillet 2009

hommage aux champions

Après quelques années d'entraînement, de musculation, de régime, de drogues, de fric, il a gagné deux centièmes de seconde. En hommage, je vais me marrer deux secondes.

L'avenir gâteux

Nous vivons en un pays de vieux cons. Qui dit vieux cons dit trouillards flasques. Ils ont peur, peur des jeunes, peur des dix euros qu'on pourrait leur voler dans leur slip exténué, peur d'un mal rasé, peur du voisin noir, peur des "pédophiles" (alors qu'ils ne risquent rien), peur des pédés, peur de l'art non figuratif, peur d'avoir peur... Bref: ils votent, quand ils se rappellent la date de l'élection, pour Le Pen ou Sarkozy. L'avenir leur appartient, le passé aussi. Plus de place pour la présence.

Camarade citoyen,

tu as le droit de voter tous les cinq ans, pendant ce temps tu es informé par tf1, souvent tu t'abstiens, car quoi, le choix est difficile: se faire sodomiser à sec par la droite, ou avec un peu de beurre par la gauche... Tu es en colère contre tes gosses, ta femme, et les plus pauvres que toi (tous des fainéants étrangers noirs ou presque). Tu t'appelles la Majorité, honneur de la démocratie.

Un truc qui se faisait pas mal aux siècles derniers:

l'insurrection. Car quand tu votes à droite tu te fais dépouiller, à "gauche" tu te fais dévaliser -si tu n'es que du peuple - quoi voter? Bon courage aux ouvriers et cadres qui menacent leur usine d'explosion, bonne bourre à ceux qui prennent leurs patrons en otages... Ils sont plus efficaces que nos semelles entre la République et la Nation. Ah oui!... grève générale et insurrection européenne: je ressusciterai, avec un sac des pavés qui ont rendu l'enfer carrossable.

jeudi 16 juillet 2009

esprit tolérant

Je viens d'écouter des témoignages en archives de tous les adeptes d'à peu près toutes les religions. Vaste désolation. Je vais prendre trois xanax et un verre de whisky. C'est plus efficace que Dieu. Bonne nuit.

fruité

Ayant invité Adam à prendre l'apéro, j'écoutais sa version de la Genèse énoncée entre des gorgées de whisky-coca:

- Ben, Jean-Mi, c'est facile à comprendre : avant de grailler le fruit de la connaissance du Bien et du Mal, j'ignorais que désobéir à Dieu c'était mal, j'étais donc innocent.

- Et Eve?

- Elle, pareil. Mais est elle plus maligne que moi.: elle vend des tartes tatin.

- Et le serpent?

- Il sinue des jours heureux dans le vivarium de Dieu.

le monde pue

le monde pue

pas seulement à cause des déchets chimiques

surtout à cause des déchets biochimiques

dont certains se disent humains

le monde pue de soumission (La Boétie l'a dit mieux que moi)

il pue de théocrates et de l'idolâtrie (ô Johnny! : 600 millions d'euros -payés par nous- pour ton récital "gratuit" du 14 ou 13 juillet... J'ai pas la mémoire des dates à la con.)

il pue de cette majorité qui vote Napoléon, Boulanger, Sarkozy...

majorité qui sera videosurveillée depuis son premier baiser jusqu'à son dernier amour

depuis sa première branlette jusqu'au dernier soupir

qui approuvera toute perquisition en son foyer toute fière de ne rien cacher

ô Orwell tu espérais peut-être te tromper

le monde pue de cadavres qui déambulent jusqu'à leur devoir

de gens qui obéissent (c'est leur job, faut bien nourrir sa famille) et tirent sur des foules désarmées

qui bombardent des civils, lesquel leur semblent aussi réels que Mickey

le monde chlingue de ceux qui dénoncent harcèlent expulsent

du quart de médecins qui refuse de soigner les pauvres

(ils ont évolué, les toubibs, depuis Hippocrate)

le monde chlingue des petits chefs qui pratiquent encore le droit de cuissage

des grands chefs qui, en plus, se blottissent sous le Secret Défense

ça chlingue de journalistes payés par tous les journaux propriétés des marchands d'armes

bref ce monde pue le monde

c'est pourquoi je ne respire que sur la planète Gouvlatriwistomich

où je fréquente quelques fleurs, arbres, fruits, pervers, bestioles et ami(e)s

(Moi aussi je pue: j'ai fait la grève de la douche ce matin... Mais je pue bon.)

codicille

Quand je serai mort, c'est vous qui verrez, puisque la mort (c'est connu) n'est qu'une affaire de vivants...église, croix, encens, piment, trèfles, poivre, fines herbes, moutarde, ketchup... discours chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes,.. et autres... Rien à battre; je n'aurai pas la faculté de protester... Et quand je dis je, c'est par abus de langage. "Je" ne saurai même pas si vous pleurez beaucoup. Suggestion: pleurez d'avance au téléphone (J'ai plein de mouchoirs).

mercredi 15 juillet 2009

Après un coup de fil.

Oui, vivre, ça pourrait être bien, si ça m'intéressait tous les jours... et s'il y avait tous les jours.

biologie

Le prochain qui me dira que la mort est naturelle, il apprendra par mes poings et mes pieds qu'elle est encore plus naturelle qu'il le croyait.

mardi 14 juillet 2009

donc est un mot pratique.

Je n'y comprends rien donc je suis vivant donc je vais essayer de dormir.

Une question qui me ronge:

une fois on a parlé de mes livres pendant deux minutes à France Inter, j'ai eu ma tronche à la télé pendant vingt secondes, on m'a consacré trois lignes dans Le Monde, j'ai séduit Mlle Debaïkoff, j'ai volé au moins trente livres quand j'avais vingt ans, j'enfile mes chemises sans les déboutonner, par la tête.... Suis-je célèbre?

lundi 13 juillet 2009

inexorable retour de la méchante connerie

La gentille connerie, l'idiot de village, l'imbécillité déambulant entre les vaches et le rire baveux ne sont pas à craindre; les quelques hameaux qui existent encore restent généralement protecteurs pour ce genre d'égarés. La connerie menaçante s'insinue progressivement, sinue dans l'évidence du discours dominant rabâché quotidiennement par la presse assoiffée de faits divers, de sport, langue chargée de tous les culs léchés. Gardes à vue inhumaines qui prolifèrent, avec doigt dans l'anus, prisons comme les connut Villon, enfants arrêtés à l'école pour avoir joué à touche-pipi, sdf matraqués, préfets et procureurs suceurs de ministres... Ah! vite! une nouvelle affaire de viol d'enfant(s)! Les associations de défense de la famille ne manqueront pas d'aboyer à la censure... Interdire Hardellet pour Lourde, lente, Nabokov pour Lolita, Brassens pour Princesse, Ferré pour Petite, Michel Bernard pour La négresse muette, Apollinaire pour Les onze mille verges, Serguine pour Mano l'archange... Et je ne vais pas jusqu'à l'enfer de la Bibliothèque Nationale dont quelques volumes souillent mes rayons. Je ricane intérieurement en me rappelant l'incroyable succès de David Hamilton lors des années 70 (modèles entre 10 et 15 ans, préfacés par l'excellent Robbe Grillet... Hé! le flou artistique, ça condense la Culture!)... Je risque gros: je détiens tous ces livres, sauf Hamilton, avantageusement remplacé par Balthus, Detrait et Ovenden. Ô saint retour des puritains pourris de péché, des mères de famille dispensatrices de La Bonne Nouvelle. Je suis content d'être presque vieux: je ne verrai pas votre victoire rampante. Tiens, au fait, hier, dans le train, près de moi, une fille (17 ou 19 ans?) s'autorisait, par la grâce de ses jambes vertigineuses, d'être merveilleusement elle-même... Je ne l'ai pas touchée... puisque le comble de se sentir vivant c'est séduire qui le mérite et le désire. Et puisque à la radio on parle encore de Lourdes et de Bernadette Scoubidou, je souhaite que les hémorroïdes des pèlerins soient miraculées, si la Vierge et sa famille ont le temps d'oublier la faim et l'ignominie du monde.

BALTHUS: LA LEçON DE GUITARE (ancien directeur de l'Académie de France à Rome, Villa Médicis...)

PS: J'eusse préféré que ma belle prof de CM1 m'initiât plutôt que de me contenter de la paluche pendant cinq ans. Cinq ans! ... c'est long à cet âge.

dimanche 12 juillet 2009

sentimental

au-delà de ce mur fantôme contre lequel le temps aime à lever la patte

qu'es-tu devenue Ilona berlinoise à quinze ans si jolie

aujourd'hui à notre âge tu es probablement assez grasse maman et mémé

volontiers tu permettais que j'aventure de doigts et paumes tes fesses et tes seins mais

c'est tout

toujours ta main gardienne pour assagir la mienne

et ta moue de refus bien gentil

quand je partis tu m'offris ton foulard et tes larmes

mais j'eusse préféré souvenir plus obscène garder

pour toi mieux que cette colère plus ou moins attendrie dont

on peut sans doute faire quelque chose

mais quoi

vendredi 10 juillet 2009

pour peu

Pour peu que je dispose d'un peu de présence - d'esprit, parmi toutes les arguties du Temps -, les autres ne peuvent s'empêcher d'être moi. Communion involontaire?... humanité distraite?... ou Bastille intime?

mercredi 8 juillet 2009

comme on dit

sous les cils bruns d'un tueur difficile à éteindre la nuit s'épuise

la souplesse d'un chat rassemble les distances

on récapitule un corps

et un reflet ruiné

le contre-jour menace il y a

ce mouvement des mains dans le courant

volonté d'envol vers un oubli palpable

ces lambeaux léchant cloisons et tempes il y a

comme on dit

des disproportions venimeuses

il faudra bien pourtant de tout le doux des lassitudes

peser

comme les dormeurs s'enfoncent dans la vase des lampes

la bouche ouverte

hurleuse de blés

samedi 4 juillet 2009

on n'est pas gouverné

à l'horizon les parfaits coupables échangent de sanglantes devises

tout en jouant à l'aveuglette un pauvre chapeau de paille

infiniment pourrissant

les rues se faufilent où les tentations pétaradent

la pluie se coquette en langue de vipère

-

saison peu avouable:

des nudités sautillent dans les yeux du montreur d'ours

s'aventurent même parfois dans ceux

de l'ours en personne

brute aux limpidités touffues qui danse sa vieille habitude

entre la haine et le dédain

-

triez vos appétits recoiffez vos remords

saluez l'innocente aux alibis majestueux

qui s'éloigne

tranquille

balançant dans la blancheur du short

son cul moulé comme mon âme

voudrait l'être

vendredi 3 juillet 2009

de la qualité du sommeil

Maintenant que j'appartiens à la dynamique communauté des seniors, il me faut bien constater que j'ai connu à peu près autant de cons et de salauds que d'êtres estimables, voire adorables, sans compter les mélanges... Aussi, à mon âge, ne puis-je toujours pas prononcer de jugement global quant à l'humanité. Dommage: j'eusse aimé ronfler noblement le sommeil du juste.

mercredi 1 juillet 2009

bon gars

En général, je ne tue pas trop les gens; sauf ceux qui - riches de leurs études supérieures - disent: "moins pire".