La chimie du milieu fanatiquement juste lui-même

catalysait la saponification des âmes

On était à l’orée de l’âge parfumé

aux zombies de lavande

Convaincu d’intelligence avec

un sourire complice

les milices timides l’arrêtèrent

à l’aube d’une ironie

Vautré dans le déni de lumière

il se décompose à l’abri des volets clos

Non il ne fait pas jour

le soleil couve les rages ruinées

Dans le regard inconsolable

le bleu s’épuise

tandis qu’au plus gelé de la pâleur

le noir est un cerveau heureux

S’il se laisse regarder assez longtemps

l’arbre en fleurs se fait

monstre d’hésitation

Je dors dans ce monstre

Les rétines pianotées d’empreintes

de détails pointus de pistes sinueuses

en ces temps d’enquête et de quête

le détective souffrait à la loupe

Entre le rhum et la cendre

une silhouette déplace ses braises

Plus haut la chair paisible dort

de la catastrophe du juste

Où est-il le café-épicerie-cinéma ?

Où sont les voix à casquette à béret ?

L’absence prend l’apéro sans pistaches Au fond

dans un coin l’horloge du Temps emmuré pleure des mouches

Assez de patience pour

s’aimer à petit feu

les vieux mariés en trouvaient

dans une colère de jouvence

Le blanc

qui neige noir

sur ses propres terres

agonise en souplesse dans les chats gris

Etrange pays

où ceux qui marchent

dans la boue

du même pas salissent le ciel

Au cœur des pesanteurs

en un éclair

l’orage rature à la gorge

un instant trop vécu

Après une longue carrière de crimes parfaits

l’assassin savourait sa retraite

dans le confort tiède

d’une médiocrité bien méritée

On n’a pas beaucoup envenimé cette semaine

se disait la vipère

dans sa langue maternelle

saturée de mort caillée

La détresse dure dans la fatigue

d’un bouquet sans regard

La mémoire se dessèche

fane chez un visage impossible à sourire

Dans la gare désaffectée la nostalgie

se meurt

elle agonise des voyages mal respirés

bien au chaud sous les décombres

Autre ordre du Temps

Un instant d’enfance

colonise le ciel où le vertige du bleu

joue la toupie des mythes centrifuges

Le froid titube sa solitude

Les regards voyageurs lui rongent le front

Il n’en souffre plus vraiment Au ralenti

la gare de Lyon s’effondre dans son cerveau

Attention pèlerin !

Dans l’enfance des villages

dont le présent t’ignore avec tant d’évidence

une image sans reflet épuise les fenêtres

Tandis que je m’attardais

dans la végétation des losanges froids

les points complotaient

un réseau d’indémêlables rides

Chut Ecoute

La pleine Lune trinque avec les tempes

avec ses petites sœurs soumises

aux gravitations consternées

On la sent bien cette blessure d’univers

Les années-lumière coupent au hasard de leurs veines

Ca saigne du destin

au long des espaces ahuris

L’avenir raté signe

son inéluctable achèvement

Maintenant sûrement la liberté s’impose

Il faut d’urgence devenir bricoleur