limaille de poétique (version complète et définitive)
Par jean-michel robert, samedi 20 décembre 2008 à 16:52 :: LE DéMINEUR DISTRAIT (poésie en chantier)( Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci) :: #945 :: rss
Pas à tergiverser :
seul regard présent
celui qui croise d’évidence
l’étonnement sauvé du massacre
Bien que voltigeamment énergumène
c’était un brave homme qui en toutes saisons
neigeait silence
pour que les mots y laissent des traces de lynx
Le demi-jour
et le regard chuchotaient leur complicité
dans une boîte crânienne
truffée de micros
Lorsque les yeux s’absentent les couleurs
mènent grand tapage Elles volent pillent troquent
mélangent contours chairs et parfums
Seul le rouge sans fruit a peur d’être libre
Notre héros dormait bouche grande ouverte
en un rêve gobeur de manque
Ainsi la capillarité du grand Poumon pouvait purifier
aisément les prosodies inconsolables
Oh tu peux bien
te retourner brusquement
tu ne verras jamais l’enfant
au regard brûleur de nuques
Tu veux savoir ce qu’est
le contre-courant
C’est la mémoire lumineuse :
le sang remonte au flanc de son taureau
Courage ! Aie l’esprit d’épeire !
Sache tisser ce regard innocemment
impitoyable où la rosée meurt
dans le même piège que les mouches
L’infini nez rouge éternue la révélation
d’un grouillement comédien gavé d’alcestes
mais nuancé d’ophélies pendues à l’étranglement
des didascalies coulantes
Il ne mourait pas trop souvent mais
quand ça lui arrivait il s’enterrait
dans la sage dérision pour conjurer le fou
rire saturé de veuves
J’épuise le jour dans mon élevage d’ombres
rigoureuses sélections croisements abstraits urgence
de créer la belle éternelle nuit blanche
la Vierge des chuchotements
En vertu des chimies du lieu
dans la cour de la Sorbonne
une légèreté sans masse se condense
au front de Victor Hugo
Un cri d’atmosphère
capturée par une géométrie tranchante
C’est à peu près ainsi que le regard résume
la perspective douloureuse
Chut Tais-toi Regarde le cirque
Les fauves rejoignent la part féline du silence
D’un fouet flâneur le dompteur encagoulé
soumet à son âme la cage
D’iridescences en jeunes reflets
tout à sa dévotion fruitée
la lumière mûrit à son image
autour du gris à vif
Ce silence taille directement
dans la masse épuisée qui progresse
colonise en dentelles féroces
les vestiges d’une voix sans défense
La lumière en présence n’était pas
assez fluide pour purifier le Temps
laver la voix affranchir le visible
d’un regard rongé par ses propres archives
Des copeaux de langage se rassemblent se mêlent
mélangent se contractent en présent super-dense
Une petite question naïve fait détonateur
Du haut de l’explosion pleuvent des journalistes
Ce craquement des mots
c’est une douleur cachée sous son bois sec
qu’infiniment piétinent
de trop lourdes transparences

Commentaires
1. Le samedi 20 décembre 2008 à 22:23, par phil
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