CLIMAT MONTAGNARD


Aux temps où les alpages t’honoraient

d’être tes draps

tu dormais éminemment respirante

Tes seins commandaient au retour des troupeaux

Idéal repos pour le Temps ce paysage

où les sommets frôlent la tête des vieillards

et où la neige

digère les petites communiantes

Selon le décret émis par

la Béatitude pubertaire

il suffit d’une fiole de génépi pour boire

les hauteurs par la racine

Irréversible fonte

la détresse du froid c’est la reptation

invisible du glacier

dans un veuvage de haute moraine

N’aie crainte d’ahaner

au long du pas de l’âne cérébral :

le crâne a été promu

de pavillon d’octroi à refuge des myrtilles

Ici culmine le sens

vertigineux de tomber amoureux

élévation tremblante des grands cœurs

collectionneurs de précipices