POUDRE D’OISEAUX


Sur la branche les voyages

se rassemblent et s’emplument

Enfin palpite un nid

où le ciel couve sa part de sang

Tout va bien

les miettes de fraternité tourbillonnent

Aussi peut-on voir le vent partager

le pain entre la pesanteur et les oiseaux

C’est quoi ce bruit ? Ca cogne ça cogne

Ne t’inquiète pas

ce n’est que la panique pointue

du rouge-gorge piégé par ma paresse

La blancheur fanatique

c’est ce cygne craché par une jeune banquise

cette pureté palmipède qui prêche

dans un désert de pages

L’aigle plane couleur d’orage dédaigneux

l’embrasement bêlant entre les serres

En bas la foule rassemble le chant

pour la célébration des foudres avachies

Autour du rire blessé

se resserre le cercle des busards

impatiemment gourmands de voyager

de l’évidence à la charogne

Impitoyables les rémiges de l’épervier

tranchent le temps naïf

La plaie saigne une intangible pluie

vitrioleuse de nostalgies

Perforant les paupières les martins-pêcheurs

sortent des yeux endormis

Dans chaque bec un rêve convulsif

agite encore l’agonie d’aimer

A un vertige épuisé

un vol sinueux de passereaux

entre les flaques de pesanteur

montrait la voie

Apaisement Repos

La femelle grèbe

menue conscience d’étang

balade sur son dos les remords nouveaux-nés