Il trouva en plein hiver

un printemps d’épiderme

au sens frisson du terme

et au sens des douleurs à l’envers

A quelque chose

noise est bonne

Cette fureur dans tes yeux

prouve la labilité des noisettes

A la grande fête amoureuse les pseudonymes

soûleront leurs reflets On fera éclater les anges

en confettis coupants tout en chantant très fort

très faux des cupidons chafouins

Le profil émorfilé de frais

trancha dans le vif de la face

Le Haut Conseil des Aberrants

appela ça bouder

Coléoptère latent le cœur ouvre

lentement ses élytres sur la fragilité

d’un envol chuchoté aux nuits

et vibré au désert

Quand de sourires en moues boudeuses

ses lèvres fanatisent le rose

faire son portrait précipite

l’inexorable massacre des nuances

Les murs épais frissonnent l’effondrement

En cette chair mal rêvée le sommeil

assassine en douceur

la musique et la jeunesse des chambres

A son fil dégénéré dégénérant

le temps les fera meilleurs amis du monde

douce durée rongeuse

l’acide liqueur des démons pleurnichards

Fanatisée par la secte d’elle-même

Elle apprit par cœur tous les miroirs

Elle se récitait le visage à l’envers lentement

doucement elle me perdait la face

Une frénésie surgit au milieu du salon

crie des horreurs

puis elle s’enfuit par la fenêtre

Un sourire se lance à sa poursuite

Affamées de densité

les mouettes furieuses à chaque aube

attaquaient l’île

dormeuse de marées lasses

Mon désir la parle

Les mandibules de parfums

articulent chaque syllabe de sa peau

énoncent les lois violées de sa nature

Elle rassembla toutes les caresses

en lisse boule humide

elle l’éleva en tourbillon et frissonna

enfin à la hauteur

Requise de présenter ses éphélides

à la Haute Cour pâlichonne

la jeune rousseur s’exila

dans un hâle de Bohémienne

Aimer génère de singuliers espaces

étendues irriguées d’angles

Ainsi les dimensions à vif préparent le règne

de la géométrie spongieuse

Une espèce de désir voulut palper

le front suant sa fièvre au monde

La paume s’écorcha aux rides

et mourut illisible

Un appel d’air peu respirable

nous fit tomber à l’horizontale

là où les points de fuite se rejoignent

au grand rendez-vous suffoqué

Dormeuse lisse

insolemment paisible en ta chair tiède

nul ne songe non personne

à te réveiller en sursaut dans un lit de miroirs pilés

Perdu dans le désert de soi

l’amour crevait de faim de soif et de mémoire

Pendant ce temps les jeunes transcendances

jouaient à la dînette

Baignant dans sa propre jurisprudence

la lassitude ordonna la liquidation

des profondeurs au motif

de fleurs de peau endettées d’étamines

Que le frisson adresse sa requête

aux autorités frisquettes

Je n’y peux rien moi si mon froid

est ta couleur de peau

Elle étend de grands linges blancs

avec des gestes bleus

L’ennui fait mine de jardin

prémédite en parfums d’interminables constrictions

Trop d’été lisse ton front

On y déchiffre les glissades du silence

Souffre qu’une petite pluie oh juste une petite

ride l’instant en mon nom

Le temps passa

Comme un crachat

Entre les dents du bonheur

D’autres diraient C’était trop beau

Seul c’est les cubes de distances

aux reflets réciproques

qui s’effondrent dans la fatigue

d'une chair impossible à éteindre