Tout m'émeut et m'intéresse:
ce soulier qui roucoule
au milieu du salon (Prononcer "soulier" et "milieu" en diérèse)
me donne la chair de poule,
le temps me semble moins long.
-
Le moindre machin minime,
le bon gros truc très très lourd
glandant dans mes alentours
me ravissent et m'animent.
-
C'est passionnant ce mégot
mal éteint qui agonise,
ça me fascine et me grise,
j'en oublie tout mon ego.
-
Tout m'émeut et m'intéresse:
un document sur le re-
cyclage des plumes d'oies
ravive l'ardente foi
en un futur plus heureux.
-
Broutilles, vétilles, filles,
petits riens, châteaux de sables,
tout ce qu'on dit négligeable
en général, qu'on gaspille,
qu'on ignore, qu'on méprise,
oublie jmenfoutistement,
c'est pour moi de la surprise,
d'infinis questionnements.
-
Mais qu'est-ce qu'il fait donc là,
ce quarante-cinq tours nu?
Mon Dieu, ce qu'il a l'air las
de vivre sans sa tenue,
sans sa photo de Sheila
au sourire de pochette.
Mon Dieu, ce qu'il a l'air bête:
il n'est plus qu'un tour de trou
tout rayé, tout effrayé,
maintenant que l'art yéyé
n'abreuve plus son sillon.
-
De quel flirt en fleurs venait-
til, ce joli papillon,
piégé comme un benêt ("pi-égé")
et comme la rosée dans
la routine d'impalpable
quand pour l'épeire il est temps
de passer à table?... (Je sais, il manque deux pieds, mais l'araignée en disposant de huit, j' ai des réserves.)
(A suivre...)
