Jean-Michel Robert

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mardi 30 septembre 2008

veuvage

La nuit achève sa corvée de blancheur Le ténébreux

le veuf le cerné

l'assiégé de matin rassemble les décombres

dans la grimace de cette lumière

petit jour mauvais fou

histrion de rosée

dont les couleurs mettent la moindre fleur en délibération

-

Le veuf chausse les chemins menant à la défunte

il traverse les absences jusqu'au signe lointain d'une main envolée des fenêtres

aux jours jadis des transparences peuplées

-

Une âme rejoint son visage lisible

et une silhouette palpable aux perspectives

La solitude creuse le temps crayeux

Le regard calme la blessure d'espace et sculpte les peines sans contours

-

Ainsi chaque jour s'élève la prière du veuf

pour affronter la longue saison des vents où les tempêtes

même asthmatiques

déracinent les doux rêveurs et les hautes colères

-

Oh vienne cet âge où l'infinie fidélité vouera sa fièvre à la fonte des défuntes

où la pâleur s'écoulera en mémoire des sources

où le sang circulera ses pointes

dans le sens des aiguilles

lundi 29 septembre 2008

pour une nouvelle axiomatique (25)

Les collisions des sphères tristes font un bruit de colère vague.

Corollaire: sagement, les cubes se contentent de leurs faces.

dimanche 28 septembre 2008

l'idéal

COMME JE VIENS DE LE CONFIER à UNE TRèS TRèS VIEILLE AMIE:

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samedi 27 septembre 2008

pour une nouvelle axiomatique (24)

Tout espace mélancolique annonce l'inexorable fanatisme des triangles.

Corollaire: la sagesse isocèle est désolante.

vendredi 26 septembre 2008

gagner sa vie

L'éCRIVAIN

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jeudi 25 septembre 2008

pour une nouvelle axiomatique (23)

Toute joie sécante d'elle-même est une blessure.

Corollaire: les parallèles se foutent de tout.

mercredi 24 septembre 2008

espérance agricole

QU'EST-CE QUE C'EST ENCORE QUE CETTE éPOPéE?

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mercredi 17 septembre 2008

oh! un nouveau jour!

Pas trop de réel, s'il vous plaît.

lundi 15 septembre 2008

pour une nouvelle axiomatique (22, ou presque)

Tout ordre des choses est un désordre de moi.

Corollaire: que les choses aillent se faire trucs.

les termes de la loi

Dans le temps, il existe des heures errantes, qu'on dit "nomades", pour avoir le droit de tuer leurs enfants.

dimanche 14 septembre 2008

à l'étage

on marche à l'étage - bruit qui me dérange - bruit oui - sinon ce sont des sons - qui ne m'en veulent pas - des voix, parfois -

Ecouter la radio

m'en a appris cette nuit sur Otis Redding dont je me demandais à douze ans comment il pouvait chanter si violemment "try a little tenderness".

samedi 13 septembre 2008

perfection de la nuit

Prends une lune timide, ajoute lui des oreilles pleines de bruits, ferme sa bouche avec des sales doigts, crève ses yeux et sa mémoire, avec les mêmes doigts... la nuit sera parfaite.

nihil (deuxième époque)

voilà - j'ai été poli - j'ai pas trop mangé -pas trop bu -fumé beaucoup -mais j'ai couru -au moins une demi-heure - Je n'ai vu que des filles au-dessus de dix-huit ans -au-dessus de quoi? - premier jour de sainteté - pour la visite du pape - et pour l'absence - l'absence de quoi? - L'ABSENCE, j'ai dit -

de la foi et de la raison

C'est pareil : c'est chiant.

vendredi 12 septembre 2008

oui,on se tutoie

T'es où?

jeudi 11 septembre 2008

11 septembre

Le 11 septembre c'est lui, et eux, et elles et nous.

mardi 9 septembre 2008

On

je me demande - encore comment on peut être juge - procureur - flic - préfet - "être" - non - je me demande simplement comment on peut être - sans prédicat pétillant - si "on" est un sujet - ce que l'indéfini doit prouver - quand il aura le temps - ou quand le temps l'aura -

lundi 8 septembre 2008

rien

Bon d'accord: RIEN. Je vais relire "les deux infinis" de Pascal dont je doute que Dieu occupe quelque place dans son vertige.

Commentaire de zéro

Parfois je me demande pourquoi je me fatigue à trouver des mots. Ou pourquoi ils se fatiguent à me trouver. Après j'oublie. Ou je me souviens mal. Ou la mémoire n'est qu'un mot. Qui ne trouve rien. Tant il pourrit sous la langue.

bistouri

Me sont de plus en plus insupportables les gens qui s'expriment comme des profs, même s'ils ne sont que chirurgiens. La prochaine fois que je serai obligé d'en fréquenter (chirurgiens), je leur demanderai de m'opérer de mon zeugma. Sûr, ils trouveront un bout de barbaque à facturer.

mémoires d'un temps mécontent.

Au début, c'était pas mal. Après c'était de plus en plus chiant et vieux. Après on m'a dit "C'est la vie". Après j'ai créé Ensuite; mais je ne suis pas sûr que cette petite pute m'obéisse (ou "m'obéit": les deux se disent, ou se dit).

dimanche 7 septembre 2008

pour une nouvelle axiomatique (21)

Les chiens de ma chienne ignorent la mort de celle-ci.

Corollaire: c'est à moi qu'elle pense pour la promenade.

samedi 6 septembre 2008

ennui absolu (5)

tentative de convaincre une abrutie que les races humaines n'existent pas - un oiseau mort dont je ne sais que faire, même avec des kleenex - signer un chèque - le recyclage de la plume d'oie - le recyclage des historiens - les prix nobel d'économie - le mec heureux d'être une bagnole - la fatigue du présent - l'épuisement de l'avenir - la viande sans chagrin - le bouton d'or sans gorge - ramasser une pièce d'un centime - parler jeune - se taire hors d'âge.

pour une nouvelle axiomatique (20)

Entre des points quelconques la géométrie ne voit pas pourquoi elle se ferait chier.

Corollaire: entre le point de vue de ma grand-mère et le mien on ne trouve que des traces de canne blanche.

vendredi 5 septembre 2008

la douleur

La douleur du corps est un fascisme qui se déguise en chair et en os. La douleur morale n'est qu'une conscience à la fois naïve tremblante et indécise: un oiseau seul;

le Mal, ce que les religieux ont déguisé en Diable (il vous fait marrer, vous aussi?) grignote l'ensemble.

Souffrir concerne à la fois corps et biens, comme on disait à propos des naufrages, des disparitions, des disparu(e)s.

Naufrage: truc inévitable, même "hors d'eau."

Merci à toi, esprit qui surnage avec Robert Desnos.

"Jai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.."

élections américaines

Vont-ils voter à droite ou à l'extrême droite? Carrie Noland, toi qui lisais la poésie française, renseigne-moi, tant je ne voudrais pas en arriver à croire que tout un peuple est un gros con.

pour une nouvelle axiomatique (19)

Toute droite quelque peu digne se résout à la courbe pour éviter les points pourris.

Corollaire: les points pourrissent dès qu'on les définit.

Corollaire N° 2 : restent quelques points indéfinis grâce à la virgule qui les aime.

pour une nouvelle axiomatique (18)

Les rêves (ceux du sommeil) n'existent que selon une causalité défiant tout réveil.

Corollaire: l'espace-temps ne fait le malin qu'après le premier café-gauloise.

ennui absolu (4)

toutes les déclinaisons de la foi officielle - ma voisine en pilou - mon voisin en cravate - sa femme voilée - mon double de clef de l'énigme - mon double en général - même pas de brigade - trier ses déchets - trier ses poèmes - feuilleter ses déceptions - les livres de paul de roux - une femme flic ("fliquette"est un mot trop mignon pour la dénotation d'un taf de sales cons ) - ne marchez pas sur la chaussée - ancien testament - thorez "fils du peuple" - jeune chrétien osant toucher une guitare - vieux bouddhiste réincarné en boîte de cassoulet - date limite échue - beautés échues - laideur non datée - christ jouissant sur la croix - jouisseurs de cette jouissance - règles du jeu - jeu de société - bout de ficelle - temps à bout.

ennui absolu (3)

merde je n'ai plus de rasoir - la sauvagerie convoite ma tronche (à suivre, si on a la santé)

ennui absolu (2)

esclavagisme de mon banquier - rêves séparés - réveil - réel qui s'obstine en sa présence - femmes qui mentent innocemment - mecs qui violent à la légère - pages littéraires du Monde - massacres économiquement programmés - toi qui fais la gueule parce qu'il pleut - toi qui aimes pleuvoir d'être un peu ma gueule - décorations - ça clignote - oui oui regarde cette guirlande de crétins qui n'ont rien à se reprocher - ça clignote - propos du curé à l'enterrement de mon ami - vertige de vous aimer quand vous étiez autres - si vous pouviez - si maintenant était ailleurs - c'est-à-dire où je veux. .

jeudi 4 septembre 2008

ennui absolu (1)

"non, je ne peux pas, ma mère m'attend à quatre heures et demie" - trouve-moi la clef de douze et n'importe quel marteau - la phénoménologie de l'esprit - vous devrez être à jeun pour la prise de sang - huis clos - le cinéma de duras - les champs-élysées - attendre que l'eau monte à ébullition - attendre que la nuit visite la rosée - les bouquins de robbe-grillet - une robe-grillon qui ne chante pas sa chute - on n'en sait rien - les femmes en retard (pléonasme) - les hommes rigolargement racistes (plus inquiétants) - les yeux des fauves encagés - ta photo qui n'est pas toi puisqu'il est interdit de sourire à son image pétrifiée - attention attention le train annoncé au quai 2 bis arrivera au quai 1 sous réserve que la Terre tourne encore - la "musique" perforatrice de tempes au restaurant où on allait sans doute comprendre les mots de l'autre - "vous êtes allergique aux boutons d'or" - rédaction de l'ordre du jour - mutisme des désordres de la nuit - émission médicale: caprices du duodénum - retraités pourrissant devant les séries TV - arbres pourrissant d'être ignorés - hommes politiques citant léon dierx - bulletin météo - santé de la bourse - histoire "drôle" rabâchée - la tronche des mannequins - ma tronche dans mon oeil morne - l'insupportable présence de certains - l'absence de l'Autre - les coups contenus qui rongent les poings - les tentatives de séduction des salsifis - les tentatives de séduction des avocates d'affaires - le rien, ma seule affaire promise à l'avenir - le vrai qui se tient pour tel - la maîtresse du lieutenant français - la bavasse de "poètes" - les chansons et la voix de Vincent Delerm - la mouche sur le nez de l'Amour.

pour une nouvelle axiomatique (17)

Un ensemble vide regroupe des éternités d'ennui impatientes de faire rien et de ne rien faire.

Corollaire: toutes les bulles de savon vous diront -si vous les interrogez - que je suis un mignon petit garçon.

pour une nouvelle axiomatique (16)

Dans un regard qui voit, le temps est toujours à l'orage.

Corollaire: toute ligne brisée foudroie son propre espoir.

Plus le temps

Lisant et relisant, je me rends à l'idée que le pollen de grèves, de luttes, de justice ne fécondera que par actions minoritaires, spectaculaires et violentes.

Vous pouvez toujours entasser vos manifestations traîne-savates... les pouvoirs, pour l'instant, s'en chatouillent..

Quémander quelques biscuits à l'heure du thé?... à quelques dentiers souriant leurs blancs frais ?...

Quel savoir vivre accorde une pitié de rouge à lèvre à l'absence de bouche de tête de mort?

Les derniers mots de Lucie Aubrac appelaient à la grèves générale européenne. Si vous n'en êtes pas, préparez vos genoux, et un avenir qui ne soit pas vos enfants.

mémoires de non-guerre

Cette bande, mélange d'idiots, de brutes et de chiens méchants, de fayots, de soumis aux gradés de l'avenir galonné me font encore dégueuler, à mon âge, ce qui prouve qu'ils furent experts en transmission, celle de la nausée: Oui c'est le matin, mes respects sergent-chef Soleil, à vos ordres, adjudant de la Brume... Ces abrutis qui plaisantaient, finement, ricanant à l'accueil des conscrits, tout en les entassant dans leurs camions pourris: "Ah, les bleus, vous en avez pour un an de branlettte", comme si on abolissait à l'intant le coeur en vertu de putrides exhalaisons... abrutis, dis-je, dont je fus maintes fois l'assassin... Cependant, étant mauvais tueur, je les retrouvais tous les matins; ils nous obligeaient à reproduire tout un tas de gestes ridicules devant un chiffon qu'ils arboraient, bleu blanc rouge, si j'ai bonne mémoire. Et encore, j'ai pu m'échapper au bout de deux mois. Je pense à toi, Poilu, qui écrivit à ma tante de l'Indre, à la dignité de ton encre -pleine, bleue et déliée - pour quelque mots, au-delà des tranchées qu'ils creusèrent en toi.

mercredi 3 septembre 2008

pour une nouvelle axiomatique (15)

Entre l'oiseau et la fenêtre qui le tue, voler saigne la vitesse.

Corollaire: toute transparence immobile est une ruse du froid.

La trahison, une gueule qu'on aimerait défoncer à coups de tatanes.

En ces temps où la presse appartient à quelques néoféodaux: Hersant, Bouygues, Arnault, Rotschild, Lagardére, et peut-être deux ou trois autres marchands (d'armes, entre autre), quand les "journalistes" se livrent à l'autocensure, droit de cuissage contre l'esprit, j'étais encore abonné à Charlie Hebdo qui me semblait un journal hors de portée de l'immondice intellectuelle qui nous empeste. Je me trompais - encore une fois -. J'ai demandé à la collaboratrice de Philippe Val de ne plus m'envoyer ce qui est devenu un sous-torchon essuyant plus ou moins les écoulements pituiteux du centre-gauche. Cabu, Cavanna, Polac, Luz, Charb... vous me manquerez. Je me demande si vous ne manquez pas déjà à cette dignité qu'on appelle "Insolence".

pour une nouvelle axiomatique (14)

Toute année-lumière sans étoile est une étourderie des distances.

Corollaire: l'instant même est toujours négligemment trop tard et trop loin.

mardi 2 septembre 2008

confession

Lors donc, l'ange me dit:

- Voilà: tu es au monde.

Après une brève inspection, je demandai:

- Vous n'auriez pas autre chose? Pourriez-vous me vouvoyer?

Après, j'entendis un gros rot de tonnerre.

Je crois que c'est depuis ce dialogue boiteux que tout déconne. Pardon.

pour une nouvelle axiomatique (13)

Dormir est le plus court chemin d'un point au même point.

Corollaire: la sieste est un sentier sacré.

lundi 1 septembre 2008

pour une nouvelle axiomatique (12)

Tout coup de vent non nul croit aux voyages des arbres.

Corollaire: chaque feuille morte est le miroir d'un lointain fatigué.

pour une nouvelle axiomatique (11)

Tout être n'est tel que dans son intime singularité, aussi souffle-t-on à chaque vraie encontre l'éloignement des points limites.

Corollaire: les limites c'est moi.

pour une nouvelle axiomatique (10)

Toute demi-droite pleure un infini.

Corollaire: tout chant triste protège un bruit de source.