Jean-Michel Robert

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dimanche 27 juillet 2008

après relecture (partielle) d'un des écrivains les plus doués de sa génération

"Moi qui frémissais / Toujours je se sais / De quelle colère..." On eût préféré qu'un être aussi doué qu'Aragon ne laissât pas cette colère tourner au dégoulinement poisseux... Ah, Elsa!... Ô Staline!... A tes ordres, Thorez...

Trahir sa colère: début de toutes les servilités, donc de toutes les lamentables complicités.

"On rira de nous..." écrivait-il, dans le 'Roman inachevé", tardive prise de conscience qui ne l'empêcha certes pas de continuer à se vautrer dans les "honneurs".

"On rira de nous..."

Non, Loulou, dans le meilleur des cas, on dégueule.

ni dieu ni maître

Quelques personnes croient que l'auteur de cette devise est Léo Ferré, lequel, il est vrai, a écrit une magnifique chanson ainsi titrée.

"Ni dieu ni maître" fut le titre du journal d'Auguste Blanqui, emprisonné pendant trente-sept ans pour avoir consacré sa vie à combattre le travail des enfants, l'inégalité hommes/femmes, l'esclavagisme industriel, la censure...

Cette immondice de M. Thiers refusa de le libérer en échange des prisonniers de la Commune de Paris. C'est donc bien lui, Thiers, l'assassin des "otages" des Communards.

"Ni dieu ni maître", quatre mots qui devraient féconder la dignité de toute conscience de se savoir humain.

On en est loin.

Aussi ne puis-je réprimer ma honte de voir mes presque semblables s'agenouiller encore, salir leur âme en même temps que leurs tendons rotuliens.