Jean-Michel Robert

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samedi 26 juillet 2008

poésie et chanson

Tout à l'heure, avec un copain qui composait des arrangements pour mes chansons, jadis, (les MJC) on parlait de la différence de potentiel poétique entre une chanson et un poème. On est d'accord: "tes lèvres comme un fruit sous la pluie" c'est nul à la lecture, mais, chanté par Reggiani dans "la chanson de Paul", ça t'emporte tous les scoubidous du coeur.

La magie poétique de la chanson: harmonie des mots, de la mélodie, de l'interprète et des arrangements.

Si un des éléments déconne, aucune poésie... Imaginez "et ils pissent comme je pleure sur les femmes infidèles" chanté par Enrico Macias...

Voilà, c'est donc plus facile d'écrire des livres: je suis moins nombreux.

allergie

Je ne supporte pas les gens qui disent:

"paradigme" quand "modèle" suffirait,

"accidentogène" pour "dangereux",

"bréneux" pour "crotté" ou "merdeux" (à relire ou lire "le poète crotté" de Claude Le Petit, trouvable en collection poche).

"effet spéculaire" pour "effet de miroir",

"Résidence" pour "cité",

"amour" pour "passe-temps",

"mon frère" pour "cher pigeon",

"hypochlorite de sodium" pour "eau de javel"

"modernisation" pour "massacre des droits sociaux",

"réforme" pour "destruction",

"justice" pour "répression",

"poésie" pour "phrases pas coupées comme d'habitude",

"concept" pour simple "idée",

"non-voyant" pour "aveugle",

"non-travaillant" pour "chômeur" ou " fainéant"....

Je pourrais égrener encore bien longtemps ce triste chapelet, mais je dois sortir d'urgence: j'ai entendu un voisin qui disait au gardien: "Pour répondre à ton assertion, il faudrait convoquer Hegel"... Faut que j'aille vite prodiguer des baffes...