Jean-Michel Robert

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dimanche 29 juin 2008

mise à jour

MES EXCUSES

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optimisme frugal

ce qui était sûr

c'était son réveil dans le silence hirsute

dans le fourmillement des particules de présent

aïe ça pique grognait-il

oui ce qui était sûr c'était que ça piquait

pendant ce temps les autres particules

les inoffensives de la confiance

s'agglutinaient dans l'évasif

en moles de matière à conjectures

samedi 28 juin 2008

ornithophanie

Alors que je rêvassais tout autour de l'étang, une mésange chaussée de pataugas a eu le culot de me dire: "On ne plaisante pas, même en vers libres, avec la cachexie des lendemains." Puis elle s'est envolée. Pas de quoi s'inquiéter, c'est rien: encore un avatar de Vishnu.

vendredi 27 juin 2008

L'Homme s'attarde au téléphone.

L'"Homme" dans sa formulation générique m'inspire toujours une sorte de colère délayée. "L'Homme est naturellement bon, l'Homme est naturellement égoïste et violent, l'Homme est un jouisseur, l'Homme possède le libre arbitre..." Quand mon interlocuteur use de ce vocable, je lui demande: "Quel homme? quelle femme? Jean Moulin ou Maurice Papon? celui qui collectionne les revolvers ou celui qui apprend le chant des oiseaux? L'occidentale clignotante de bijouterie ou la mère africaine à des heures de marche du premier puits? celui qui naquit serf au dixième siècle ou celui qui naît marchand d'armes aujourd'hui? Louise Michel ou Margaret Thatcher? Nixon ou Allende? Christine de Pizan ou ma concierge? Darnand ou Manouchian? Déroulède ou Artaud?..." Inutile de m'objecter les déclarations des Droits de l'Homme: elles ne constituent ni définition ni prédicat, il y est question de la dignité de CHAQUE être humain... Enfin, bon, comme la colère était délayée, l'interlocuteur reste un pote.

maniaque

Au matin, je n'éprouve aucun appétit avant d'avoir vu naître de mon café une corneille. Après son envol, je peux à ma guise croquer un peu de nuit retardataire, beurrer le mauve hautain, avaler la perplexité végétale du vert, savourer à petites lampées la transparence amère. Ainsi je prends ce qu'il faut de forces pour aller vivre. Alors j'y vais. Je déplore, croyez-le bien, cette funeste manie.

jeudi 26 juin 2008

ÂME INTRA-MUROS (à Louis XVI)

Ca y est: j'ai changé ma serrure. Les fripouilles ne se baladent plus avec mon intérieur dans la poche.

ciel à aimer le matin

Le bleu élève en haute migration l'évanescence des toits.

mercredi 25 juin 2008

NOUVELLES DU FRONT (rapport de caporal chef Dutilleul)

Je me suis réveillé brusquement vers trois heures du mat'. J'ai entendu des types qui chuchotaient dans la cuisine (Je m'étais endormi la fenêtre ouverte, et j'habite au rez-de-chaussée). J'ai bondi. J'ai surgi, allumé la lumière. Ils étaient deux, 18-20 ans. Je leur ai dit: "Qu'est-ce que vous foutez chez moi !" Ils ne disaient rien, tout surpris. J'ai vérifié qu'il n'avaient pas piqué les carnets de chèques posés sur le frigo. Je leur ai dit "Y a rien à voler ici!". Et je les ai virés. Ils sont partis en courant. Après j'ai fermé volets et fenêtre et j'ai bu du café en fumant. Après je me suis avisé qu'ils avaient pris la clef de la porte d'entrée et l'adaptateur Wi-Fi de l'ordinateur. Après il a fallu sortir malgré l' obsession qu'ils détiennent ma clef. Avant de sortir j'augmente le volume de la radio. Aujourd'hui, après la paperasserie à la sous-préfecture de Rambouillet (permis de conduire), je suis allé acheter un câble. C'est ainsi que je puis vous remette le présent rapport. Demain je change le barillet de la serrure. Après le monde sera parfait (Garou-Garou est un copain).

mercredi 4 juin 2008

l'âne vint à son tour et dit: "J'ai souvenance qu'en un pré...."

Puisque, de toute façon, on n'a pas le choix, le choix s'impose, je réclame (puisque c'est plus compétitif que "Je sollicite") l'attention des jurés du Hasard. J'allègue l'errance, la stupeur et le charme. Mais quel que soit le fruit (ô, framboises!) de votre délibération, il sera injuste, aussi ne sais-je même plus qui vous êtes, et, au fait, êtes-vous? Le fruit de la connaissance, qui ne fut jamais une pomme (les gens confondent probablement avec Discorde) est une pêche melba dont on n'apprend rien . C'est pour ça que c'est bon. C'est pour ça que c'est. Le reste n'est même plus Littérature.

capital variable

Je me rappelle avoir essayé de comprendre, puis d'expliquer ce que Marx appelait la baisse tendancielle du taux de profit. Les rapports entre capital constant et capital variable, et la misère qui, forcément s'ensuit. Mais, sûr, dans la soirée la guitare aimantait mieux les filles que "Le Capital". On se dépolitisait assez vite, pour peu que la nuit soit assez elle-même pour mépriser l'Histoire.

réflexe citoyen

Plus je relis et plus je me dis que le titre "l'homme approximatif" était en soi une oeuvre. Au fait, t'avais des papiers en règle, Tzara? Ne me mens pas: je demanderai à Ionesco, Cioran, Voronca...

S'il vous plaît

SI VOUS AVEZ UNE MINUTE DE LIBRE, CE SOIR,

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pages perdues avec marques déchirées de spirales

trop de monde chez moi

trop c'est trop

trop nombreux

je suis trop nombreux

bon y en a marre à la fin

quand je dis la fin je parle pour ma seule perspective

à vous de vous arranger de creuser

si vous avez encore des incisives dans vos yeux

assez de rongeurs de lumière et de Temps

pour croire

ça ne me regarde plus

d'ailleurs je me demande comment et pourquoi

je me suis laissé regarder

alors que les rétines ne méritaient pas le plus petit miroir

sans doute étais-je trop gentil

mais c'est fini

retournez dans votre corps au-delà du fleuve

votre famille et votre bétail n'ont plus rien à brouter

seules des corolles de poison désormais

auront droit d'être couleurs sur mes terres

et je vous interdis d'avoir un visage si le face-à-face s'interpose

vos yeux sont trop sales

je ne veux pas qu'ils souillent mes larmes

toute la peine

la bonne grassouillette peine qui s'avance essoufflée

celle qui marche beaucoup tout en bouffant trop

dont les bandes de crétins se moquent dès qu'elle ose une jupe au-dessus des genoux

mais elle s'en fout

ses gros nichons de mammifère

pour n'être pas érotiques

n'en creusent pas moins l'espace

ainsi les oiseaux trouvent le repos

et y déposent le duvet de la grande migration

quant au petits chats sédentaires et routiniers

mon cerveau pour eux

est la cave idéale

mardi 3 juin 2008

hésitations de l'interprète

Bien sûr plus on vieillit, plus on connaît des morts. Les connaître ça veut dire qu'ils sont nous. CA VEUT DIRE. Alors on vit, traduction approximative.

déférence gardée envers vincensini

je viens de me faire photomatonner pour que la sous-préfecture agrée ma tronche à l'accueil d'un permis de conduire refait à neuf. Au hasard d'un tiroir, une photo de mon visage de vingt-cinq ans me regarde. Je compare avec ce que je viens d'imposer à la lumière. Pas de doute: c'est moi, sans l'être, et sans ne l'être pas.

leçon d'histoire

LES GRANDS NAVIGATEURS

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lundi 2 juin 2008

identité évolutive avant la grande crispation

OU

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apothéose de la tartine

COURS D'éCONOMIE (valeur d'usage / valeur d'échange)

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dimanche 1 juin 2008

crédit

J'ai beau expliquer à mon banquier que je suis l'Empire à la fin de sa décadence qui regarde passer les grands Barbares blancs en composant des acrostiches indolents d'un style d'or où la langueur du soleil danse. Il me refuse sa confiance, je dois au plus vite combler mon découvert. Il va encore falloir que j'emprunte à mon vieux pote, le pauvre Lelian.

Travailleurs de nuit

Le grognement d'espace annonce la prochaine morsure. Déjà la chaleur. Déjà la dilatation du nocturne en soi. Réquisition du moindre espoir de rêve pour le grand nettoyage de la tristesse et de la trouille. Que tout soit propre et sain pour l'imminente arrivée du grand jour, du grand Prétexte.