Jean-Michel Robert

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mercredi 30 avril 2008

le vrai

de vrai

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jeudi 24 avril 2008

précaution

Deux doigts de précaution dans un verre en cristal de Dijon valent tous les sermons des médecins des âmes, à l'aube de préférence, à l'heure de la résistance de la pompe à protons et du chat, la queue en drapeau, qui me salue d'un miaulement bref à cause de cette intolérance au fructose compensée par la gauloise du petit malheur d'exister.

mardi 22 avril 2008

mal barré

Et ça y est, elles me soufflent par le nez, je dois renoncer aux laitages, retourner à mon avoine, au tofu que je déteste : vais-je compenser dans mes poèmes, parler de sardines mangeant mes carottes que j'avais oubliées dans la pile des poètes du Pont de l'Epée ? Et qui vont en profiter pour se moquer de mes noix réduites à une vison d'arc-en-ciel dans mes poches.

dimanche 20 avril 2008

Jean-Mi, en direct de chez un pote. Merci à Alain pour sa médiation des jours derniers.

ATTENTIF

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mais non

Alors ça y est, on confond les corbeaux et les corneilles. Le mercredi, le jour du toilettage, c'est normal, mais le week-end ? Je ne joue pas au golf, je ne fais que lire et écrire, panser des plaies, mes doigts bourgeonnent. Alain me signale le passage des mésanges. Je ne vois que des hanches finalement assez crépusculaires en plein midi.

samedi 19 avril 2008

bizarre

Enfin la grêle ! Mais j'ignore pourquoi, lorsque je tends mon verre de scotch à l'extérieur, depuis mon fauteuil bas, pour arrondir mes fins de mois, je trouve une plume d'oie dans mon verre. Peut-être devrais-je boire de l'encre. Oui mais l'ordinateur !

vendredi 18 avril 2008

flanelle en compote

Boulevard de ceinture...j'ai le même poids qu'il y a 30 ans et pourtant une certaine amplitude de pensée m'oblige à concevoir un élastique autour de ma taille, c'est sans doute que le temps vous creuse la dalle sans qu'on s'en aperçoive.

jeudi 17 avril 2008

André Laude


Je ne t'attends pas
je t'atteins d'un seul coup d'aile
je te baigne d'eau douce
je dénoue tes frondaisons
chaque secousse du désir me rapproche
du centre de la flamme
on parlera bientôt de noces de feux
qui se sont croisés dans les campagnes
abordés avec cette fraîcheur de source aux lèvres
et puis apprivoisés à petits coups de
silences
on parlera bientôt d'un pays habitable
vérifié par le vol des abeilles
nous n'aurons pas assez de mains ardentes
pour cueillir le coton blanc des légendes
nous n'aurons pas assez de nuits transfigurées
pour faire cet enfant de jasmin et de jour
qui posera son front sur la mer
jusqu'à ce que la blessure se taise
dans chaque homme saccagé par les songes

Riverains de la douleur (Verdier 1981)

(transmis par Alain Simon, l'ordinateur de Jean-Michel Robert faisant défaut)


samedi 12 avril 2008

à l'oiseau, à la miséricorde

DEMAIN

Le vent demain lèvera mes ombres;

le poisson arrondira ses lèvres blanches sur mon nom;

la voix du feu secondera la mienne et le fil n'aura jamais été plus tendu ni plus musical.

Demain.

L'eau, la première, la très noire, dans ses gestes lavera le souffle qui ne m'appartient plus;

la bouche que je n'ouvrirai pas sinon pour entrer dans la tendre mort - et vous aurez tenu mes mains dans les vôtres -

Ah, demain, seulement demain;

il faut pour l'heure s'efforcer de ne pas défaillir à tâcher de pénétrer dans l'aiguille par la pointe

Roger Kowalski (1934 - 1975)

Le Silenciaire (Chambelland, 1960) La Pierre Milliaire (Les Cahiers de la Licorne, 1961) Augurales (L.E.O,1964) Le Ban (Chambelland, 1964) Les Hautes Erres (Seghers, 1966) Sommeils (Grasset, 1968) A l'Oiseau, à la Miséricorde (Chambelland, 1976) Un sommeil différent (La Différence, coll. Orphée, choix de poèmes par Claude Michel Cluny et présentation par Yves Martin.) Poésies complètes (Le Cerche-Midi, 2001)

vendredi 11 avril 2008

spécialiste

Je ne suis pas fou ! Vous n'allez pas me faire croire que c'est de la neige qui tombe, là, maintenant. Je sais les reconnaître - moi - les flocons d'infirmières: je fus coeur et cardiologue aux pôles.

jeudi 10 avril 2008

conjuration

Ils restaient encore longtemps après la réunion officielle dans la nuit souterraine de la section des métallos.

Ils restaient pour se taire, se regarder droit dans le silence jusqu'au petit matin.

C'est ainsi qu'ils espéraient, sans réserve, puisqu'alors le pire n'était pas encore certain.

mercredi 9 avril 2008

DéVOTION

Le Périgord se levait tôt, papa préparait le casse-croûte, on s'en allait tous les deux dans les bois, le matin se sentait bon, la rosée innocentait les araignées, papa nous parlait, nous chantait des poneys, il nous aimait, on n'avait même plus à pardonner, Dieu était vachement Amour, on n'avait même plus à y croire.