ça continue ça continue ça traverse

son reflet dans les flaques

ça trouble les routes de longs frissons publiciaires

ça perce la nuit et les tempes ça boit

les éloignements peut-être

que ça nous emporterait si l'on trouvait

la force de sortir

mais non c'est la force qui nous cherche alors

qu'on glande dans l'introuvable

-

oui ça finit mais on reste

au monde à se laisser

couver par l'ennui bien sûr

l'alcool ouvre parfois des balafres de lumière

mais on en vomit toujours les caillots

la pesanteur ne vient jamais avec

alors on reste au monde à se laisser

humilier par son foie

-

la buée de la vitre invite

à une communauté de nostalgies

sous le front un enfant nous dessine de l'index

une maison liquide

où malgré tout on se sent habiter

entre des murs d'haleine

-

on ne croit plus en nos fureurs

les noeuds coulants de la viande se serrent

sur une absence de cou

les lynchages vides s'entassent

on ne venge rien

alors on laisse la rage inerte

tourner au ridicule...

(à suivre)