APRèS, J'IRAI CHANTER.
Par jean-michel robert, mardi 7 août 2007 à 16:48 :: JEAN-MICHEL ROBERT (poèmes épuisés) ( Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci) :: #300 :: rss
LE CHâTEAU à ROULETTES (13)
CA NOUS QUITTE (suite) Afin d'apaiser certaines inquiétudes suscitées par la lecture de ce poème, je tiens à préciser, parodiant Apollinaire: Et je chantais cette romance en 1993. "Le château à roulettes" a été publié en 1995 (voir la catégorie indiquée,16 février).
oui c'est ainsi on navigue à l'aveugle
banquise de cannes blanches
reflet parmi d'autres
dans la lenteur des lunettes noires
-
on sait qu'à cette heure des voisins passent
sous la déférence orange des réverbères
ils s'en vont vers la gare grignoteuse de silhouettes
les quais brillent sous la patience
tandis que d'autres instants fondent
sous les gestes de peignoirs tièdes
traversent les espoir after-shave
glissent de savonnette en solitude
de café en reflet de parking
de paupières lourdes en météo
quelque chose s'absente comme un voisin
une chose pluvieuse que l'on ne cherche même pas
à suivre
tant les draps collent à la peau
-
on n'entend plus comme avant cette sorte de folie froide
claquer les portes se coincer
entre les étages
hanter le vide-ordures les extases
les aventures les habitudes et les massacres
des bruits
seulement des bruits de schisme las
-
on fouille aussi les miroirs les paupières
ont gonflé les rides sourient sous les regards
rougis par l'insomnie aux langues de rhum
on se laisse vieillir parce que trop faible pour comprendre
cette chose qui s'en va traversant une multitude
d'alices transparentes et mortes
-
un jour on sait que ça nous quitte
dégoûté de nous on ne savait
ni quoi ni qui mériter alors ça part
on se sent un très vieil orphelin
ça n'apitoie personne sauf soi-même
alors on s'efforce d'être victime après tout ça
tout ça qui part
sans penser à mal
ce qui ne facilite rien
-
on sent le temps pourrir dans le confort cénesthésique
le bonheur ne se distngue plus de la félicité des larves
quelque chose se dégrade à merveille
peut-être l'univers finirait-il par tenir
dans ce demi-sommeil peut-être
deviendrait-on dieu aux paupières lourdes
si l'on pouvait échapper
à la prière des autres...
(à suivre)