ça se détache par blocs de lassitude

ça craque mollement au bout des rides

quelque chose s'en va vieillir

vers des temps aux consistances inhabitables

on palpe les carotides

pour s'assurer qu'un détail vit encore

cependant ça s'éloigne dans les clapotements gris

on n'y peut rien on laisse la mutilation s'accomplir

sans même croire à ce mal dont la plaie

ressemble trop à un sourire béat

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quelque chose part et l'on reste

à sentir s'épaissir le pelage d'aboulie

on s'emmitoufle de paresse et de bruits lointains

on pleut sur les feuilles avec la fin du jour

on laisse les pas perdus piétiner les paupières

quelque chose s'en va peut-être chercher ses mots

une autre chair peut-être

ou un cri ça tâtonne dans la voix qui n'est plus

ni la nôtre ni celle du dieu rauque

qui saurait hurler vrai

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ça se fendille ça craquelle on s'amuse

à chercher où les lézardes

ressemblent à la ligne de vie

la paume pourtant ni les murs ne seront décryptables

on s'amuse plutôt on se distrait

quelque chose nous blesse qui nous ferait

jouer les saints si seulement

on n'en tirait aucun plaisir

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le fou rire et le foutre dernières chances

mais le rire ne ronge pas encore assez de folie

pour s'émietter comme on dit en bouquet

le sexe ne plonge pas assez profond

pour éjaculer tout le noir

et féconder cet instant intégral

qu'on appellera la mort androgyne

si on veut l'appeler à tout prix...

(à suivre)

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