APRèS,J'IRAI CHANTER
Par jean-michel robert, vendredi 3 août 2007 à 19:53 :: JEAN-MICHEL ROBERT (poèmes épuisés) ( Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci) :: #292 :: rss
LE CHâTEAU à ROULETTES (9)
Je cours dans les bois. Une adolescente en maillot-short rayé m'a trouvé beau. Un bref regard a suffi pour prendre la mesure de l'impossible. Je fais mine de courir, alors que je désire.
Et puis oublier, courir vraiment. Pourquoi?
Pas l'heure des questions, l'heure du souffle. Je ne mérite pas mon coeur: il fonctionne à merveille (La finale ne dura qu'une minute, je terrassai l'adversaire d'un contre foudroyant. Il pleura dans les vestiaires).
J'ai offert ma médaille à un gosse qui la méritait plus que moi. Et puis oublier, tricher vraiment: écrire que je cours dans les bois.
C'est vrai: on se laisse aller à vouloir vivre tout haut ce que les jours tuent tout bas. Ce n'est pas bien grave, juste un peu ridicule.
Comme d'habitude, on sort; l'heure se craquelle autour d'une toux matinale; le gardien, en passant, trébuche sur son Bonjour.
Certes, on se méfie.
Mais la tentation est trop forte, malgré tout, de répondre au premier signe venu, au moindre clin d'oeil maritime perdu dans l'indifférence des fenêtres.
On est, décidément, indécrottable.
Ca y est: j'ai tué le voisin du dessus, cet infâme bricoleur perforateur de petit jour.
Finis les clous, le marteau, les crucifiés aux paumes palpeuses de cloisons et de nuques.
Je suis enfin en moi, tranquille dans mon matin.
Sous les paupières, la cave: celle où les chats ne miaulent plus, ne violent plus les poubelles; il ne marchent à présent que sur le crime parfait.
Bientôt je sentirai la terre. Elle sera grasse, comme une matinée.
(à suivre)
Commentaires
1. Le vendredi 3 août 2007 à 20:09, par anna
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