sept variations sur une secte aux paupières d'île
Par jean-michel robert, mardi 17 juillet 2007 à 03:37 :: LE DéMINEUR DISTRAIT (poésie en chantier)( Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci) :: #262 :: rss
COPEAUX D'HEURE DU CRIME (2)
Le temps passa
comme un crachat
entre les dents du bonheur
D'autres diraient: C'était trop beau
Un appel d'air peu respirable
nous fit tomber à l'horizontale
là où les points de fuite se rejoignent
au grand rendez-vous suffoqué
Fanatisée par la secte d'elle-même
elle apprit par coeur tous les miroirs
elle se récitait le visage à l'envers Lentement
doucement elle me perdait la face
Affamées de densité
les mouettes furieuses à chaque aube
attaquaient l'île
dormeuse de marées lasses
Une espèce de désir voulut palper
le front suant sa fièvre au monde
la paume s'écorcha aux rides
et mourut illisible
Coléoptère latent le coeur ouvre
lentement ses élytres sur la fragilité
d'un envol chuchoté aux nuits
et vibré au désert
On la sent bien cette blessure d'univers
Les années-lumière coupent au hasard de leurs veines
Ca saigne du destin
au long des espaces ahuris