Jean-Michel Robert

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dimanche 29 juillet 2007

optimisme

CHOSE ENTENDUE

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vendredi 27 juillet 2007

climat montagnard

PAS DE L'âNE

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"Or voici qu'un lépreux vint se prosterner devant lui..."

Bien que pouvant passer pour frôleusement goguenard à la proximité des familiers du divin, je ne démords pas d'une sorte de tendresse pour l'errance dont l'ultime affirmation humaine est une prière.

Tendresse pour celle ou celui qui, épargné ou exaucé, remercie, remercie au coeur de l'infiniment monstre, corps de gratitude agenouillée.

Cette errance-là, paumée dans le regard des saints, c'est l'orpheline absolue: la confiance.

Elle attribue à la miséricorde le miracle des rotules.

mardi 24 juillet 2007

la fenêtre bloque la nuit

HôPITAL 1981

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samedi 21 juillet 2007

initiation à la problématique structurale

TOME 1

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à la mesure

J'aimerais trouver les mots à la mesure de cet étonnement d'être, ce râle de nébuleuse dans la moindre souffrance, son fou rire dans l'amour, cet acharnement dans le vertige. Exister, exister sans dieu mais rongé de mystère, sans raison mais assoiffé, coïncidence errante; être soi sans y croire mais devenir obstinément; et cette trouille quand la distance s'impose... Oui, j'aimerais trouver le rythme, le lyrisme de la stupeur.

vendredi 20 juillet 2007

air du temps

Les choses les plus banales comme s'intéresser aux journaux, demander l'heure à un passant, se décider à se lever, regarder par une fenêtre où se mêle un reste de visage aux arbres et aux oiseaux, oui, ces choses sont difficiles pour des contours que tout enterre, car l'air du temps enterre, sans obsèques, dans la plus stricte intimité.

jeudi 19 juillet 2007

promenade

J'ai suivi certains sentiers naturels. Je connais les arbres, les ponts, je nomme les insectes, les oiseaux, les vieux rêves; j'aime l'eau limpide, avec tous ses regards, ses nostalgies; j'aime tout ce qui étanche la vraie soif, celle qui dessèche jusqu'à la rocaille de soi.

Mais aujourd'hui je suis trop fatigué, trop pesant de déception pour suivre le moindre cours. Les ponts s'effondrent sous mes paupières. Les layons me ligotent à mes os.

mercredi 18 juillet 2007

gouttes de Beauce

NOTES PRISES à L'ENNUI

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mardi 17 juillet 2007

harmonie du soir

Tu ne trouves pas ça triste, toi, ce soir où même la nostalgie est comptable de son retard?

Retour sur soi, retour sur investissements évanescents: la plaine insolvable allègue une trahison d'étang. On comprend les sourires, les lames.

Pas d'illusions, allons, pas de présence entre foulard et colombe. Le jour vous appartient puisque c'est encore le jour.

Tu ne trouves pas ça triste, toi, ces yeux qui maraudent en terres lucides?

les vacances de l'ange gardien

PAGE LOISIRS

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lundi 16 juillet 2007

chorale

Encore une fois ma mère me raconte quand elle était jeune fille, Boulogne, Saint-Cloud, la chorale qui la chantait, son passage à la radio. Je croyais avoir entendu trop de fois cette histoire. Mais aujourd'hui j'ai regardé ma mère, son visage si clair d'être soi, jeune fille au regard bleu-lointain. Je perçois l'espoir, l'avenir qui alors l'animaient, et qui reviennent au monde. Je connaissais les mots, pas l'histoire. Je l'écoute. Elle ne radote pas, elle revit. Et moi, attardé, je la comprends.

dimanche 15 juillet 2007

pèlerinage

Où est-il le café-épicerie-cinéma?

Où sont les voix à casquette, à béret?

L'absence prend l'apéro sans pistaches.

Au fond, dans un coin, l'horloge des temps emmurés pleure des mouches.

bief à sec

A travers la forêt, je suis le ru au long des reflets de notre temps commun.

Je n'ai pas le courage du détour vers ce souterrain, bief à sec attendant dans la broussaille qu'on y dépose un trésor pour les enfants.

Aux abords de Port-Royal, je ne suis qu'un marécage parmi d'autres, de ceux d'où s'évaporaient des fièvres mortelles.

Incapable de me promener, je tire le temps, sans partager les instants d'oiseaux et d'arbres, les repos, la soif d'eau fraîche, la silhouette de Pascal devant l'immense croix liquide.

Maintenant c'est le temps qui me tire. C'est sa seule pitié pour celui qui ne sait plus rien faire des distances, qui ne peut que marcher dans l'humiliation d'un été magnifique.

samedi 14 juillet 2007

la calme retraite de la vie privée

(...) Une fois abolies l'armée permanente et la police, instruments du pouvoir matériel de l'ancien gouvernement, la Commune se donna pour tâche de briser l'outil spirituel de l'oppression, le pouvoir des prêtres; elle décréta la dissolution et l'expropriation de toutes les Eglises dans la mesure où elles constituaient des corps possédants. Les prêtres furent envoyés à la calme retraite de la vie privée, pour y vivre des aumônes des fidèles, à l'instar de leurs prédécesseurs, les apôtres. La totalité des établissements d'instruction furent ouverts au peuple gratuitement, et, en même temps, débarrassés de toute ingérence de l'Eglise et de l'Etat. Ainsi, non seulement l'instruction était rendue à tous, mais la science elle-même était libérée des fers dont les préjugés de classe et le pouvoir gouvernemental l'avaient chargée...

(...) L'un des officiers bonapartistes engagés pour l'attaque nocturne contre Montmartre, le général Lecomte, avait, par quatre fois, ordonné au 81è régiment de ligne de faire feu sur des civils sans armes, place Pigalle, et, sur le refus de ses hommes, les avait furieusement insultés. Au lieu de fusiller femmes et enfants, ses hommes le fusillèrent, lui...

Karl Marx, "La guerre civile en France".

L'Histoire ironiserait-elle?

(...) Le législateur qui préfère la mort et les peines atroces aux moyens plus doux qui sont en son pouvoir outrage la délicatesse publique, émousse le sentiment moral chez le peuple qu'il gouverne, semblable à un précepteur malhabile qui, par le fréquent usage des châtiments cruels, abrutit et dégrade l'âme de son élève; enfin, il use et affaiblit les ressorts du gouvernement en voulant les tendre avec trop de force.

Le législateur qui établit cette peine renonce à ce principe salutaire que le moyen le plus efficace de réprimer les crimes est d'adapter les peines au caractère des différentes passions qui les produisent, et les punir, pour ainsi dire, par elles-mêmes. Il confond toutes les idées, il trouble tous les rapports et contrarie ouvertement le but des lois pénales.

(...)Ecoutez la voix de la justice et de la raison; elle vous crie que les jugements humains ne sont jamais assez certains pour que la société puisse donner la mort à un homme condamné par d'autres hommes sujets à l'erreur. Eussiez-vous imaginé l'ordre judiciaire le plus parfait, eussiez-vous trouvé les juges les plus intègres et les plus éclairés, il restera toujours quelque place à l'erreur ou à la prévention. Pourquoi vous interdire les moyens de les réparer? Pourquoi vous condamner à l'impuissance de tendre une main secourable à l'innocence opprimée? Qu'importent les stériles regrets, ces réparations illusoires que vous accordez à une ombre vaine, à une cendre insensible! Elles sont les triste témoignages de la barbare témérité de vos lois pénales. Ravir à l'homme la possibilité d'expier son forfait par son repentir ou par des actes de vertu, lui fermer impitoyablement tout retour à la vertu, l'estime de soi-même, se hâter de le faire descendre, pour ainsi dire dans le tombeau encore tout ouvert de la tache récente de son crime, est à mes yeux le plus horrible raffinement de la cruauté.

(...)On a observé que, dans les pays libres, les crimes étaient plus rares et les lois pénales plus douces. Toutes les idées se tiennent. Les pays libres sont ceux où les droits de l'hommes sont respectés, et où, par conséquent, les lois sont justes. Partout où elles offensent l'humanité par un excès de rigueur, c'est une preuve que la dignité de l'homme n'y est pas connue, que celle du citoyen n'existe pas: c'est une preuve que le législateur n'est qu'un maître qui commande à des esclaves, et qui les châtie impitoyablement suivant sa fantaisie. Je conclus à ce que la peine de mort soit abrogée.

Discours de Maximilien Robespierre à l'Assemblée constituante le 30 mai 1791

jeudi 12 juillet 2007

filature


"Poésie comme une jolie fille

Quand elle se sent suivie

Par quelque louche individu"

EUGèNE COLLIN


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mercredi 11 juillet 2007

méfiance

Je me méfie autant de la médisance de soi que de la vantardise. Les deux relèvent de la même complaisance. Quand celle-ci gagne l'un de mes interlocuteurs, je m'ingénie à encourager, stimuler, nourrir son discours. Je veille à ce que son verre ne soit jamais vide, je le soûle consciencieusement jusqu'à ce qu'il parle le vertigineux

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vendredi 6 juillet 2007

chouette!

Chouette! La grippe aviaire est de retour! Nous serons à nouveau solidaires des dindes!

jeudi 5 juillet 2007

rituel du fleuve et des saumons

Les fleuves qui remontent à la source pour mourir

souffrent dans le ventre des poissons

-

les saumons ramènent avec eux

tous les fleuves

-

Et les fleuves vaillants rament contre le courant

-

Les fleuves qui ont tant voyagé

de tropique en tropique

de pôle en pôle

sont exténués, éclats bleus et froids

-

Les fleuves qui remontent à la source pour mourir

ramènent avec eux le poème du désir

et du renoncement

-

et les poissons calment les fleuves

comme on calme dans la nuit noire les petits enfants

-

André Laude "Rituel des fleuves et des saumons" RITUEL 22 (éd. La Table Rase).

mercredi 4 juillet 2007

quatrain (13)

Ces murs épais frissonnent l'effondrement

En cette chair mal rêvée le sommeil

assassine en douceur

la musique et la jeunesse des chambres

mardi 3 juillet 2007

LMT

Ma mère servait les repas à la cantine d'LMT, tu sais: un chiot d'ITT et des massacres au Chili. Ce qui ne la dispensait pas d'éclairer midi de ses beaux yeux. Mon père disait: "Je les chie!", avec cette dignité de ne le formuler qu'en actes.

Quand on se voit, ils ont cette gentillesse de me laisser dire le premier: "Soyez tristes!"

en passant

En passant par les vaux de Cernay, je suis tombé, retombé dans le regard de Marie-Anne. Je ne me souvenais même pas de l'aveuglant vert de ses yeux. Mériter le regard vert: idéal à songer.

la flicaille arrive

Fais gaffe. Si les flics entrent, ils marchent sur les gosses. Rendez-vous quai Branly: on parlera désolation.

lundi 2 juillet 2007

ils

Ils sont là. Demain, tout à l'heure, bientôt, ils viendront, vêtus de bleu pourrissant, arrêter ton frère et matraquer la dignité de marcher et de laisser la tête frôler le vertige. Eh! eh! Aminata Traoré, Steven Bico, Jacobo! Je suis encore là, c'est-à-dire avec vous, avec encore assez de nausée pour dégueuler les cons.

musique

Ma fatigue est celle du jour qui a mis tant de pâleur à se lever, celle d'émietter des pas jusqu'aux mots, et d'aimer. Un visage est-il une révélation? Assieds-toi, dit-elle, on va en parler.

nez en l'air

On ne comprend pas toujours ce que la beauté dit à un quai de gare.

dimanche 1 juillet 2007

mener grand train

Le train arrive à 11h32. Aurai-je la souplesse de voyager sans ticket?