APRRèS, J'IRAI CHANTER
Par jean-michel robert, lundi 25 juin 2007 à 17:54 :: JEAN-MICHEL ROBERT (poèmes épuisés) ( Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci) :: #215 :: rss
LE CHâTEAU à ROULETTES (8)
A la mémoire de Roger Bellini
Ici tout est loin. Il faut de bons mollets pour courir la moindre chance de hasard objectif. J'exagère: le Café de la Gare est à deux pas: mais je ne compte guère y trinquer la bouleversante coïncidence. Peut-être ai-je tort; Tonton y va bien, lui, Tonton presque aveugle, guidé par sa casquette. "Je vais vérifier l'horaire des trains", dit-il, souriant l'alibi. Et il marche, sans trébucher. A mesure qu'il progresse le Ricard et la casquette intensifient leur lumineuse connivence, pas besoin de canne. Même dans l'absolue cécité, il trouvera toujours le voyage vérifiable, il blaguera la vie parmi les cacahuètes de l'apéro, sans colère, sans veuvage apparent, à la hauteur de son rire. Pour Tonton tout est proche, la pure coïncidence c'est lui.
Mais moi non plus je ne me laisse pas aller. Je me concentre, contracte toute ma force d'Espoir, toutes mes distances.
Déjà les mollets gonflent.
(à suivre)