Je ne sais pas où ma peau des pieds, semelle de feuilles mortes, conduit mon automne permanent. Je ne sais pas si je sème encore des pas, ni si les distances restent cette blague improvisée un soir d'humour sans horizon. Mais, quand même, je creuse avec les ongles, j'ouvre avec les dents, je défonce avec le front, je démolis avec le rire, histoire de croire, donc de parcourir. Jadis, on appelait ça: "perspective". Mais il n'est plus question d'appeler puisque mon regard suffit. Le voilà, cet individu qui déplace la présence à la vitesse d'ignorer. Certes, rien de vraiment efficace, les plaies restent des yeux, mais ça bouge jusqu'à ce que le ciel palpite sa part de sang. Je ne sais pas si je suis réveillé à l'instant où je vois les mots crayeux blanchir les lèvres, alors que le baiser agonise. Qu'est-ce que c'est ? Ah, oui, tu as raison, c'est un jour. Il va encore falloir agiter le visible.