APRèS, J'IRAI CHANTER.
Par jean-michel robert, jeudi 7 juin 2007 à 16:27 :: JEAN-MICHEL ROBERT (poèmes épuisés) ( Nouveaux visiteurs, avant toute promenade dans ce blog, cliquez la catégorie "avertissement". Merci) :: #189 :: rss
LE CHâTEAU à ROULETTES (5)
Dix-sept heures, nationale encombrée; l'immobile grésille dans ses milliers d'autoradios. On se regarde dans le rétroviseur. Le vertige se refait une beauté dans un miroir d'aquaplaning. La vitesse renaît de son excès de cendres. Les pulsations cardiaques s'affolent, carambolage artériel. Il faut à tout prix détourner le regard, croire hors de soi. Non, on n'est pas seul: la place du mort est la passagère idéale.
Un temps du temps nocturne s'ouvre où passe la nuit blanche, l'extrême blancheur, coïncidence de toutes les veilles.
La nuit blanche passe, et ses lèvres sourient l'unité de nos bouches invisibles.
C'est une putain, la belle prostituée de l'instant pur; elle frissonne dans le plus vieux présent du Monde.
Pourtant elle passe.
Un soir, en pleine Ville Nouvelle, une pizza paysanne rivalise avec la Lune. Je grignote parce qu'il faut dîner, s'intéresser. Conversation, profession, avenir. Je ne me montre que très légèrement désagréable. Enfin, au revoir, à bientôt, dis-je à des gens que je ne reverrai plus. Je repars avec toi. Nous contournons enlacés le lac artificiel aux vaguelettes clignotantes, publicitaires, aux noyés sans la moindre chance de légende. C'est toi qui conduis. Je n'ai aucune raison sérieuse de me plaindre. Tu le sais. Tout à l'heure tu me consoleras à fleur de peau, comme ça, pour pas grand-chose, juste un peu de fièvre sur un rien de mort lente.
(à suivre)
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.