Certains soirs, quand la buée d'haleine s'évapore, le visage revient sourire, immobile, dans ma grande fenêtre. Visage de femme, douceur gelée filtrant silhouettes et feuillages, envols et lenteurs, passages et lointains.

Ses yeux, fixement, regardent. Je ne sais pas si elle me voit.

De l'index j'éprouve ses contours visibles et devine ceux qu'estompent reflets et transparences. Je ne sais pas si elle frissonne.

Ne sourit-elle que pour elle-même, pour le vague d'un instant rêveur de lèvres, pour l'image pétrifiée d'un jeune secret, ou bien à son miroir, derrière moi, qui chuchote mon dos et ma mélancolie?

Me sourit-elle?

Quand mon front touche le sien, je sens fondre lentement ma présence au long de la nuit lisse. Il n'y a plus de visage, juste ce souffle encore qui réchauffe, là-bas, le retour friable du pochard.